mercredi 8 juillet 2009

Deftones - White Pony

Tout le monde s'est retrouvé face à ce poney blanc au moins une fois dans sa vie. D'accord, ce n'est en effet pas un gage de qualité. Pourtant elle est bien présente car ce disque représente le tournant d'un groupe prodige qui a anticipé sa propre mort en donnant une suite à un Around the fur pas forcément exempt de tout reproche. White Pony est surement le moment où Deftones, groupe de fans divergents: entre un guitariste coreux qui assume son côté néométalleux, "je joue sur une 7 cordes et je droppe mes accords pour etre plus lourd", un chanteur fasciné par la scéne new wave et les musiques plannantes, un batteur plus accro aux musiques cérébrales ou alambiquées, et le tout formant une belle bande de branleurs defoncés; arrive à faire du deftones. Alors oui, ça donne la sensation d'être accouché dans la douleur, surement pour converger vers un point d'accord pas forcément évident, mais aussi et surtout car ces types là sont les plus gros fatigués de l'histoire des studios. La magie opère, le feeling dépasse l'etiquette et les influences sont sagement dispersées et digérées. C'est aussi l'apport indéniable de franck delgado, poseur d'ambiances essentielles au deftones post white pony, joueur de textures de génie et allongeur d'inspirations soniques. C'est aussi Abe qui affirme enfin son sens du jeu, sa frappe nette mais plannante, aérienne et cyclonique. C'est par dessus un Moreno flottant sur un disque de manière plus qu'inspirée, posant des textures vocales qui restent avec les nappes de delgado les rassembleurs premiers du groupe. On passera outre le besoin de Carpenter de jouer ses riffs typiques, qui restent tout de même plus durcissants que dans les efforts précédents.
White Pony c'est aussi des morceaux d'une rare puissance, je pense au feat de Maynard (rien que ça) sur Passenger, à l'épique Pink maggit, à l'étrange teenager. Deftones est un groupe de rock,la droite lignée des Smashing pumpkins, l'héritier de la beauté simple,de la séduction immédiate. Depuis ce disque le groupe n'aplus rien à se prouver, à chercher. Deftones c'est l'ado qui tombe amoureux alors qu'elle est déjà partie, la souffrance du vide surpassée par un paquet d'idéaux, la croyance en l'avenir toujours sur la brêche, des surdoués bien cultivées...qui livrent avec white pony leur manifeste. Beauté romantique, écrin surprenant. A ne pas refouler sous pretexte que c'est ton passé, tout comme mellon collie and the infinite sadness, ce disque est encore là, et la suite le prouve.

4 commentaires:

gulo gulo a dit…

leur sommet, en effet
magnifique

Raphaël a dit…

rien à redire. Très belle chro. Et effectivement, c'est un album d'ado qui reste, ce qui n'est pas le cas chez moi de toutes les soulflyeries diverses et variées avec lesquelles mes rapports furent aussi divers qu'enrichissants

DMDFC a dit…

Depuis cette album, pas de faux pas de leur part. Mais ils ne l'ont pas dépassé, même si les suivants n'ont pas de quoi être jaloux.

idlewoodarian a dit…

Franchement j'avoue avoir un peu de mal avec cet album. Il est excellent, c'est clair, mais bon, je préfère Around the Fur, plus concentré et presque égal en termes d'ambiances et de classe...