lundi 6 juillet 2009

Sonic Youth - The eternal

Un joli cassage de collection. Un joli "t'aurais mieux fait d'acheter le vynil". Un joli "on a changé de structure, ça se voit même dans ton étagère". Vous l'aurez compris, les disques qui se veulent le remplacant du vynil ça me gave, surtout quand c'est un Sonic youth. Pourtant l'artwork est vraiment loin d'être dégueu, un peu fouilli, mais pas moche. Une sorte de pot pourri de différentes versions artistiques, du tableau sea monster tronant au milieu comme sur la galette, thématique récurrente d'un album axé sur l'eau, la vie flottant comme un bateau (leaky lifeboat) au désert gris angoissant ou tronent les montres (pour le coup pas du tout flottantes, bien imposantes comme des épées de damocles sur la tête de vieux dinosaures, en passant par les enfantins délires au crayon de couleur, dignes de gosses de 2/3 ans.
Cohérent finalement. Ils tremblent les Sonic youth. Parceque même lorsque la musique n'est qu'un hobbie, et que tu n'as plus rien a te prouver ni à toi même, ni à ton public, ça doit foutre les jetons de s'aventurer en studio quand on s'appelle Ranaldo,Moore, shelley et Gordon (plus maintenant Ibold, ex Pavement, pote de route de Gordon dans son groupe de poufiasses survoltés). Et ya pas de quoi finalement. Car c'est lorsqu'on les a les moins que ça se passe le mieux. Et lorsque l'on ne cherche plus à contenter qui que ce soit, si ce n'est soit même. Car Sonic Youth ne contentera jamais tout le monde, entre les râleurs qui les ont lâchés il y a bien longtemps, ceux qui les ont recupérés sur le carreau, ou encore ceux qui disent que ce groupe ne sert tout bonnement à rien, les seuls qui ont raison sont les gamins qui vivent dans le sein de ces musiciens qui ont révolutionné la musique rock.
Enfantin, puéril, mais tellement alambiqué et adulte, tellement protéiforme, plein d'humour, plein de gaieté, sautillant, punk, enlevé mais grave. The eternal est rempli de riff ténus et teigneux, un brin tenace sur la longueur, made in thurston, le métalleux refoulé de la bande, plein de mélodies toutes plus enchanteresses les unes que les autres, de distortion savamment agencée, de structures eclatées, de passage de micro à trois, de copulation rythmique a quatre, de délire sonique tous seuls et accompagnées, de pop song writing inspiré. The eternal c'est un peu ce bric à brac tellement bien rangé, tellement limpide, tellement évident, d'entrée, mais encore plus sur la longue.
C'est aussi et surtout cet enfant dans ce corps d'adulte, ce doux rêveur qui nous parle comptines et espoirs avec une voix sexuelle orgasmique (et oui, Kim Gordon devrait definitivement chanter plus, Massage the history le prouve, she's the one, c'est elle qui porte la culotte). The eternal est définitivement ni la suite, ni le retour, ni la boucle, ni le renouveau, c'est un disque de rock n roll, qui n'irrite pas par sa perfection, qui ne déborde jamais par son trop plein, qui reste assez pop pour ne pas réediter, mais pas assez pour ne pas réediter, qui reste assez punk pour pas réediter, mais pas trop pour ne pas réediter.... vous m'aurez compris non?
The eternal c'est le truc que t'attendais pas là, qui ouvre juste grand ta bouche pour en tirer le plus grand sourire béat que t'ais tiré depuis... Chrome dreams II de Neil Young? Ouais, c'est un peu ça.

lundi 29 juin 2009

SUNNO))) & PANSONIC- Che 10"


La voilà!! La collaboration Pansonic/ SunnO))), attendue depuis des lustres a enfin eu lieu, couché sur bande, gravé dans un beau sillon blanc limité a 3000 copies, merci Blast First petite, label des premiers, d'éditer enfin ces... 6 minutes. Ah oui, en plus du rapport attente/ quantité (non-mesurable me direz-vous) absolument ridicule, faut-il préciser que seul la moitié de Pansonic est effectivement présente ici? Joe Preston fait les voix, Moore joue de l'hammond, Ritter au moog. Sur une reprise plutot bien senti de "che" du premeir album de suicide, qui lui reprend son thème, son développement et ce même calme désarmant Vainio brode derrière quelques effets sonores et un infra kick qui rythme lourdement et subtilement le déploiement orchestrale de la formation. De l'autre coté, un live de Vega issu de son dernier album et une autre reprise de suicide, par Stephen Burroughs tout en guitare acoustique. Accessoirement, le visuel du disque est à l'intérieur de la pochette. Même si les morceaux sont bons, ce disque se présente donc comme une énigme, à tous les niveaux.

lundi 22 juin 2009

VISION OF DISORDER met le feu en enfer.


Et un de plus: nouveau featuring sur BTN. Cette fois c'est JJ, guitariste des coreux de Golden District (faites une recherche sur googole, feignasses!) qui pose sa prose délicate ici. Pourquoi? Simplement parce que JJ a réaliser le rêve de tous (du moins le mien, et le sien, bien évidemment, mais ça vous allez le comprendre à la lecture): voir Vision Of Disoder sur scène -accessoirement pendant le fest breton du rock de Satan ce week end de la fête des pères. Vision Of Disorder fait partie des plus grand groupe de hardcore de tous les temps, que cela soit dit, et JJ en intrépide fan, nous conte ce qu'il a vu. Bavons, tous ensemble, donnons nous la mains:


"Résigné à rater Machine Head, je me dirige d'un pas décidé vers le chapiteau encore fumant après le passage de kickback. Dix ans que je rêve de voir ce groupe. Je ne pensais jamais les voir, même dans mes délires les plus fous et pourtant... Première constation, pas mal de fan dans mon cas sont présents et on fait le déplacement uniquement pour ça. Quelque chose de spéciale flotte dans l'air, ce sentiment particulier que l'on peut ressentir lorsqu'on va assister à un évenement rare, unique! Cinq minutes avant, le show, encore peu de monde sous le chapiteau. Il faut dire qu'à deux pas, une légende du métal s'apprête également à jouer devant une affluence très certainement record pour le Hellfest (ndlr: JJ a visiblement abusé d'une matière illicite pour en arriver à de telles conclusion, concernant Machine Head). Mais finalement ça se rempli peu à peu. Beaucoup de curieux et kids. Ils ont fait le bon choix. Ils ne le savent pas encore, mais ils vont se prendre une claque monumentale. L'attente est à son comble lorsque Tim Williams et ses comparses débarquent sur scène sous les hurlements de joies des fan de la première heure. Pas de blabla, pas de fioritures, ça commence direct. Le son est énorme. Un peu trop chargé en basse, ce qui ne nous permet pas apprécier toute la subtilité du jeu des guitaristes, mais qu'à cela ne tienne, de toute façon, je connais chaque notes de chaque morceaux par coeur. La grande question était quid de Tim William ? Certes sur album, c'est un génie du chant, mais en live?? Lorsque le premier hurlement retenti, je demande pardon au ciel d'avoir seulement une seconde douté de ses capacités. Incroyable! Il est en forme! Il confirme qu'il est bien le plus doué de sa génération. Quelle puissance ! Du coup deuxième question, avec un tel déballement de haine, de rage et d'énergie, va-t-il assurer correctement les passages chantés?? Et bien oui! Stupéfiant, il enchaine les deux registres sans l'ombre d'un soucis. J'en tombe de l'armoire, et celle ci tombe ensuite sur moi! Ce type est un génie de base, mais ce show le fait entrer dans le panthéon. La playlist, est sensiblement la même que sur le DVD pour ceux qui l'ont (ndlr: On en parlera un de ces 4). Chaque refrain est culte, repris en coeur par tous, je suis en transe, et ce matin, je n'ai plus de voix. Tim Williams est déchainé. A de nombreuses reprises, il se fait porter par le public, toujours en vomissant ses trippes à la perfection, fait tourner le mic dans le public. Ses petites camarades sont sensiblement statiques mais dégagent une présence incroyable. Les morceaux sont joués à la perfection. Ca va vite, trop vite, et c'est déjà la fin. On aurait voulu un rappel, mais c'est un festival et il faut vite laisser sa place. Seul regret, pas un seul morceau de From Bliss To Devastation (ndlr: On en reparlera), leur dernier fantastique album, il est vrai, loin du HC de leur début et très contreversé. La bonne surprise, les morceaux inédits présent sur For The Bleeders(ndlr: on en reparlera) passent extrement bien sur scène. Les morceaux qui ont eu le plus de succès sont bien ceux issus des deux disques sorti sur Roadrunner(ndlr: devinez quoi....?!). Enfin un inédit sorti de nul part (je pense en tout cas connaitre leur discographie sur le bout des doigts) et qu'il laisse espérer les choses les plus folles. VOD a frappé un grand coup. Assurément la claque du festival même s'il reste encore une journée (je suis quand même curieux de voir coalesce et j'attends énormement de sucidal tendencies !! héhéh). Ce groupe est un Ovni dans la scène du NYHC, totalement inclassable. Et en qualité d'Ovni, il plane très haut au dessus de cette scène, en dépit de ce qu'en dise les "true coreux" du NYHC. Mais ils planaient également très haut au dessus du Hellfest. Oublié la déception de ne pas voir MH. Vite oublié le bon show de kickback. Les autres groupes de HC de la journée, sont certainement repartis la queue entre les jambes. Je m'attendais à voir quelque chose d'exceptionnel, mieux, j'étais là le jour où VOD est entré dans le panthéon. Voilà, je quitte tranquillement le chapiteau, Davidian, l'hymne métal, retenti sur la scène principale, du monde à perte de vue, un son excellent, une légère impression que je viens tout de même de rater un très grand show de MH. Tant pis. Une petite erreur d'horaire de programmation quand même de la part du Hellfest. Et VOD aurait gagné à jouer sur une des deux scènes en plein air. Nombre de métalleux se serait mis à écouter du hardcore ce jour, comme le jour où j'ai mis pour la première fois Imprint dans mon lecteur CD il y 11 ans !"


Un grand merci à JJ pour ce billet. Il l'a écrit dans la tourmente d'un dimanche matin pre-hellfest part.3, donc sous le coup d'une émotion toute justifiée. Je vous passe le post scriptum du monsieur, qui m'était destiné et où notre brave convive m'a rappelé que j'allais me bouffer les couilles jusqu'a la fin de ma vie pour avoir raté ça.


ps: La photo est une capture d'une vidéo du concert de VOD la veille, à Londres. Monde injuste.


samedi 20 juin 2009

THE WASHINGTONIANS-s/t


Le punk/ Hardcore avant gardiste? Finalement, quand on regarde les merdasses qui pullulent sur MTV aujourd'hui (entre deux émissions de real tv) niveau "metal", beaucoup des catins qui s'égosillent doivent leurs gimmicks à Vision Of Disorder, Turmoil, Indecision, Strife etc... non? Aujourd'hui la scène semble s'orienter vers l'avant garde du support: fini les pressages couteux (pensons à la planète), du MP3 gratuit, et quelques cdr pour les puristes. Dans ce qui semble être un magnifique digipack sérigraphié (chronique digitale donc, c'est pas une habitude mais ça arrive), Washingtonians lache un gros punk gras, qu'ils définissent eux même comme punk-trash-hardcore-grindisant. Voix hurlé, titres expéditifs, rythmiques soutenues, mosh part, pointing finger, tout ça quoi. Avec un son qui annonce la guerre, la formation exécute une musique puissante, qui rappel His Hero is gone en plus punk encore, avec ses riffs qui sentent un peu le soleil, genre skate en bandana, et perso, je vois aussi une touche de benümb dans la mixture. Ca faisait un bout que j'avais pas jeté une oreille sur ce genre de disque, et celui-ci le fait plutôt bien. Recommandé.


vendredi 19 juin 2009

COALESCE-Ox


Chez relapse ils doivent avoir pris gout au truc: signer des disques de groupes qui se sont grattés le cul ces 10 dernières années. Après Brutal Truth, voilà l'autre grand retour du label de l'extrême, Coalesce, le groupe de bouseux le plus brut du hardcore US. Coalesce a sorti dans les années 90 une poignée de disques, pas franchement des albums, mais pas non plus des EPs qui ont tous marqué au fer rouge la scène indé américaine de par sa puissance, ses innovations, sa façon de faire. Give them rope était un album étouffant, lourd, compact mais révolutionnaire-allant jusqu'au bout de dazzling killmen, rorschach- tandis que leur vision de led zep' en avait fait bondir plus d'un, le chant devenant (forcément) hurlé. La formule Coalesce peut se résumer simplement: une musique brut, agressive, lourde, riche en riffs décisifs, en breaks, en astuce rythmiques, et singularisée par une voix, forcément porcine, de Sean Ingram. Ceux qui suivent ce site depuis quelques temps avaient déja remarqué qu'on avait causé Coalesce pour disséquer les deux morceaux offert par le groupe sur le 7" du come back "salt and passage". D'ailleurs, on avait déja souligner le rapprochement avec Tool, comme une version punk et expéditif du combo de "metal depressif": rythmique riches, compositions tortueuse en permanence en reconstruction, paroles totalement étranges, hermétiques, et désormais les visuels qui semblent directement issus du même genre d'esprit. Alors quoi de neuf depuis 10 piges? Coalesce resemble à Coalesce, il a le même visage-bien que du line up d'origine, il ne reste plus que Steineger et Ingram: riffing, chant, rythmique très semblable. Ed Rose assure toujours le son. La formule se précise à quelques endroits: voix claire (sur un seul passage) breaks plus rythmé encore qu'auparavant, plus épuré, plus essenciels, et aussi ces choeurs qui accompagne le chant ou le refrain, simplement. La différence existe cela dit, le groupe semble aérer sa musique comme jamais auparavant, comme la continuité exact de "functionning on imatience" que l'on avait déja évoqué ici. Les compositions sont entrecoupées de passages que le groupe a exécuté lui même plus country, folk, comme de lointains échos à l'amérique qui a vu naitre la formation. Si bien que le disque me parait presque comme la réponse punk (car oui, Coalesce se définit comme Punk, alors allons-y) du chill out de KLF, une sorte de voyage en voiture, une traversé express du pays, où chaque élément vient ici s'incorporer dans la bande son de ce road trip. Puis un fermier chante à son boeuf quand un nid de poule réveille l'autoradio, la bande s'emballe. Le tempo change. Mais la musique reste cohérente, car finalement, Coalesce, même avec 10 ans dans les dents, fait toujours du Coalesce: ni plus, ni moins.

vendredi 12 juin 2009

HINT- 93-99


J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour Hint. Je les avais découvert tardivement (par rapport à leur existence), quand "wu-wei" sortait. J'aimais beaucoup la façon dont le duo envisageait sa musique. J'ai mis beaucoup de temps encore à me procurer un de leur disque car ceux -ci sont assez difficile à dénicher, et aujourd'hui la tache est encore plus rude. D'où l'intéret de ce double cd proposé par Jarring effect. L'écoute de l'oeuvre fabriquée par Hint offre une vision très singulière de la musique. Comment un duo, il y'a de ça plus de 10 ans pouvait produire une musique aussi dense, riche et complexe? Les climats de Hint me paraissant, de manière très singulière, inexplicablement français. On ressent ce même sentiments que l'on peut avoir à l'écoute de Bästard, par exemple, ce son spécifique, baroque, qui trouve ses résonnances dans le cinéma de Jeunet (pour l'esthétique), qui se reverbère dans les couleurs vertes et ocres, un peu comme celle de la pochette, qui sont également les mêmes que sur wu wei. Ce double disque donc permet de couvrir l'ensemble de la discographie du duo. Il me parait utile de préciser que 80% des 3 albums sont présentés dans le disque, il doit manquer une paire de morceaux de chaque disque. C'est à dire que TOUT Hint n'est pas là mais une bonne partie. Le premier disque propose un mélange des 3 albums, réparti aléatoirement, sans ordre de chronologie. La musique du groupe est passé de début industriel, martial, dure, vers des contrées plus perosnnelles, indescriptibles, faisant appel autant à un post rock naissant (slint , tortoise) qu'à une musique électronique teinté de dub alors émergente (scorn, osons le dire, massive attack) tout cela étant mis au service d'une éxigence sonique remarquable. Hint solicite les boites à rythme, les guitares, mais aussi les violons, les cuivres pour ne poser aucune limite à sa quête. L'univers n'en est que plus complexe et total. Le second disque propose lui d'aller plus en profondeur dans les faces B, les inédits, les morceaux issus de split (avec unsane, siouplé) et les reprises (et re-unsane) dont a pu se charger le duo, en live ou en studio, accompagné parfois de petits camarades. La cohérence est donc moins évidente sur le second disque, mais il n'en reste pas moins que Hint fait bonne figure dans un paysage français musicale parfois maladroit. D'ailleurs, il est facilement possible d'extraire le duo de sa géographie car Hint est avant tout un excellent groupe, tout court.

BRUTAL TRUTH-Evolution through revolution


Brutal truth s'étaient séparés en laissant derrière eux une poignée d'albums qui tous, sans exceptions, ont une valeur particulière pour les fans. Le premier reste le préféré de la frange plus death classique, assomée par la violence et l'armée de classique qu'alignaient l'album. Need to control presentait une première ouverture vers la bizarrerie, à mi chemin entre un début de carrière et une sutie plus experimentale qui s'illustrera à merveille sur le dernier jusque là, sounds of animal kingdom et sa pochette qui rentre facilement dans le top des plus laides de l'histoire. Production poisseuse signé Anderson, Brutal truth saluait son public avec un album des plus étrange, déstabilisant. Au milieu vegète un double live chaotique et un EP, kill trend suicide culte. L'annonce du retour de la formation culte, débarassée de son guitariste historique, Grun, a fait son petit effet et une tournée a permis de vérifier ce que l'on avait pu imaginer alors: BT reste les maitres du Grind core surpuissant, et l'age et les kilos n'ont pas eu raison de la puissance de feu du combo. Armé d'un nouveau guitariste qui a moins à voir avec un death metalleux classique mais plus avec un texan en boots qui joue du hardcore, Brutal Truth sort son nouvel album après un silence de 10 ans-et ils ne sont pas les seuls chez relapse dans cette situation. Certains se posent la question: quelle est la pertinence de Brutal truth en 2009, après Dying Fetus, Nasum, Agoraphobic nosebleed, Kalibas-dont est issu le nouveau guitariste ici présent, pig destroyer, crowpath? Et bien c'est clair dès la fin de la première minute. On a là les maitres du grindcore. Qu'on aime ou pas le genre si particulier, BT affiche une forme olympienne et ils sont clairement en haut du panier dans le genre. Le son est moins poisseux que sur sounds of animal kingdom, plus précis, permettant cette fois-ci à tous les membres de s'amuser dans leur cour de jeux respective sans aller taquiner le voisin en le perturbant via le magma orchestré. Niveau composition, Brutal truth se présente à son top: compositions alambiquées, changement de rythmes, cassures des phrases, variété du registre servi par une éxectution parfaite. Le petit dernier du clan n'a pas peur, et impose son jeu précis qui sait parfois aller voir dans des registres plus éloignés, comme le hardcore ou le sludge le temps de breaks ou de morceaux plus lents, imposant BT comme une entité grind des plus particulière, unique, barré. Finalement, le quartet n'a peut-être pas besoin d'être qualifier de Grind. Entre la complexité, la richesse, la folie inhérente à la fusion de tels musiciens (les lignes de basses parfois trash, les rythmiques, mais aussi la voix de Sharp, le bouseux alcoolique le plus cintré du rock) ne sagirait-il pas, tout simplement, d'une forme explosée de punk?

GEISHA die verbrechen der liebe


Je n'ai jamais réussi à mettre la main sur le precédent album de geisha, et voilà que de manière assez inattendu, je me procure enfin ce second album. Ce nouveau disque est donc sorti par crucial blast et est limité, je crois, à quelques milliers de copies. A l'heure où les formations du genre pullulent en citant jesus lizard dans tous les sens, geisha s'inscrit dans une logique plus bruitiste que ses contemporains, et a probablement plus à voir avec Todd qu'avec Pissed Jeans. D'ailleurs les braves petits gars, non content de produire assez de bruits avec les instruments traditionnels du rock, ajoutent à leur mixture quelques élements électroniques, histoire d'enrichir la saleté déja produite dans un premier temps. Mais n'allons pas croire que geisha c'est du bruit pour du bruit. La rage, la bave aux lèvres. La musique se construit et joue même de variations, en proposant de longues montées psychédéliques, presque post rock parfois qui viennent trancher sèchement avec l'ossature de base. Ensuite, pourquoi se payer le luxe d'avoir un son dolby surround quand tout ça est de toute façon destiné à être copieusement détruit par le bruit? Solution: avoir le son plus cosmique et crade possible. Tout cela sonne très garage stellaire au final. Une fois que vous aurez atteint la dernière plage, il ne vous restera plus qu'a endurer l'épreuve de feu: un "theme from diana" qui filera une crise cardiaque à ceux qui n'auraient pas pris soin d'être prudent. Pour tout ceux qui ont survécu au premier Mogwai à bloc, mais aussi à Todd ou a White mice, ce disque est pour vous.

VENETIAN SNARES-Sabbath dubs 10"


Très loin de ses travaux classiques, Funk s'est offert une petite récréation en 2007 pour deux morceaux sur un 10" sorti discrètement chez Kriss. VS, qui ne signe pas complètement ce disque (signé "snares", donc) revisite deux morceaux de black sabbath issu du premier album en dubstep. Quoiqu'on puisse bien penser de ce sous-genre, les deux titres de Funk ont du sens: le fantome de la voix d'Ozzy se mèle aux énormes basses du dub, aux beats profonds et tout en rondeur. Les échos classiques du genre viennent se répercuter dans les sonorités de guitares, qui sont isolés de la section rythmique: Funk a tout reconstruit, et redonne aux morceaux un coté brumeux des plus appréciables. La face B est plus orienté sur les claviers, les moogs analogiques venant rendre la ligne de basse plus remuante pour l'intestin que jamais.

CULT OF THE 13TH HOUR- Wickedness 12"


Kevin se disperse: il sort de façon anonyme ce 12" sur souljazz accompagné de spaceape, le même qui avait enregistré au coté de KODE9 l'excellent memories of the future pour hyperdub. Mais kevin reste cohérent, sous ce fourreau militaire, demeure un morceau de dubstep assez classique, up tempo et presque dansant. Sirène, beat enlevé... et une version instrumentale en face B. Finalement, on en revient au début: on attend d'autres disques; K-MART se disperse.

THROBBING GRISTLE- The Third Mind Movements


Le cas Throbbign Gristle devient une énigme parmis les plus hermétiques de l'histoire de la musique. Outre les évidences (des quinquas dont un transexuel qui font du bruit improvisé lors de longue messe) il demeure cette question: pourquoi ce groupe existe encore? L'an dernier, le concert de la villette avait révélé aux yeux de certains que le groupe ne pouvait plus se sentir et que la second fin allait arriver de manière imminente. Pourtant, un an plus tard, voici que le groupe repart en tournée et laisse même sortir de ses studios ce nouvel album. Ce third mind movements est en plus obscur: s'agit-il de chute de studio du précédent album, le grandiose "endless note" dont nous avions dit le plus grand bien ou de compositions neuves, s'imbriquant remarquablement avec son prédecesseur? Il y'a là une cohésion dans le son, une continuité, un prolongement logique du précédent qui le laisse croire. D'ailleurs, le groupe ne propose plus grand chose qui puisse avoir à faire avec de l'indus ou de la noise, on est désormais dans une ambient déterriorée, salie, visqueuse qui se plait dans un bain de sonorités claires, élégantes. TMM est un compagnon logique qui fait bonne figure, qui traduit difficilement la situation actuelle d'un groupe légendaire. Et même si il ne dispose pas de la puissance du chef d'oeuvre de 2007, cette nouvelle étape n'en est pas moins des plus agréables. Le problème reste de savoir quelle valeur à ce disque et donc de revenir à la question initiale: car cet album ne fut que distribué lors de leur tournée américaine de ce printemps 2009. Quelques bonnes échoppes vous le dégoteront, mais l'accès à ce disque demeurera, pour le moment, difficile. Pour fan hardcore?

PIXEL-the drive


Si vous avez plein de disques de chez IMPULSE, lorsque vous les mettez tous ensemble et que vous faites une belle pile, ça vous fait une bonne colone assez homogène d'un point de vue coloris assez sympa. Y'a des chances que si vous aimez la musique électronique minimale vous ayez aussi quelques disques de chez Raster Noton et dont la pile commence à former une réponse à votre colone impulse dans des tons blancs plus cliniques. Le nouveau Pixel va venir s'insérer dans le reste de la pile sans trop de difficultés, aussi bien au niveau esthétique que musicale. Pixel s'inscrit dans la parfaite logique des productions du label. Musique électronique minimale, discrète. Tout vient d'une matière sonore créée, aucun sample, aucune réutilisation de bandes déja existante, pas la moindre trace d'un son accoustique naturel si ce n'est maltraité par une machine le désorganisant totalement. Pixel produit des compositions plus abstraites encore que ses camarades, le son est plus habité de nappes diffuses, des sonorités éloignées se mélangeant à des rythmiques toutes digitales, mais moins centrales que chez certains petits camarades de maison.

lundi 8 juin 2009

The Warlocks - The Mirror Explodes

Quelque chose était jusqu'au boutiste dans Heavy deavy skull lover, laissait transpirait un desespoir facile a discerner, easy listening dans les mélodies. Les warlocks font partie de ces groupes nouvelle génération, bercés par de grandes influences, qui façonnent à leur forme la nouvelle mouture du rock psychédélique. Ca shoegaze un peu par ci, post punk un peu par là, mais gémit beaucoup. LEs warlocks sont la version mid tempo du brian jonestown massacre sur cet album, la version descente de drogue, la version chimique et fatiguée. Ça prend plutot, surtout pour la maitrise sonore de l'ensemble, ça sent un peu le démaquillant, et ça gémit toujours autant qu'á l'accoutumée. Des fois on a envie de dire "ta gueule", et des fois cette ambiance nous enveloppe et nous accueille. Le groupe n'a de toute façon plus rien à dire, et la mélancolie qui enveloppe the mirror explodes est rêveuse, matinale, là où la rougeur du précédent était clairement nocturne. A conseiller pour ceux qui aimaient le groupe, où cette bande de new rockers assoiffés de revival, mais tout de même largement décu par cet effort sans grand interêt.

AKRON/FAMILY-Set 'Em Wild, Set Em Free


Michael Gira, avant de libérer son backing band de son label, a décidé d'offrir des vacances à ces petits hippies à la croix de bois, histoire de s'aérer le cerveau bien obstrué par des tensions toute médiévales du précédent album où les joueurs de luthe nous chantait l'air niais "love is simple". "Prenez le fric et payez vous des vacances, enjoy the sun!" a dit papa Gira, qu'on écoute toujours soigneusement dans ces cas-là. Du coup, les deux morceaux qui ouvrent l'album donneraient presque une fausse image renouvellé du groupe. Une sorte de Tortoise qui aurait découvert les bienfaits des chants en canon sur la plage avec une guitare sèche, tentative déséspérée de ramener de la gueuse au camping pour coppuler. Ca groove sec au début, avant que le calme et l'ambiance forestière reprennent leur place dans la musique du groupe. La suite n'est pas de tout repos, parfois le groupe cache un mur de guitare derrière une fougère touffue qui surprendra même le plus préparé à la blague qui file une crise cardiaque. Combat de pomme de pins. Retour à la plage, où les américains malmène leur drapeaux. Energie retrouvé, folklore maltraité, les étoiles sont transformées. Le fanatisme de la tache de javel sur les t-shirts ne suffit plus. Cintrés, Akron family danse. Autour du feu. Sacrés américains.

ISIS-wavering radiant


C'est embêtant de dire du mal d'Isis, mais c'est presque une obligation maintenant. On est loin, très loin de l'excitation d'un mosquito control, de la tourmente d'un celestial ou encore de la fraicheur d'un oceanic. Depuis 2003 Isis est devenu une bête de scène (tout est millimetré) qui joue à la note près son disque (même si le batteur, dès qu'il tente un truc à la double ralentit systématiquement) lors de concerts fleuves. Il va en falloir de bonnes raisons d'apprécier ce nouvel album. Turner a fini son obsession du paysage avec forme géométrique collé au photoshop dessus depuis quelques temps déja (et oui, monsieur est graphiste!), et ces tentacules ne sont pas glamour pour autant: on repassera sur le visuel. On se raccroche à ce qu'on peut: ce nouveau disque est mieux que celui d'avant. Autre chose? Euh... Isis est quand même au dessus du lot des groupes qui pondent 7 morceaux, basé sur 7 riffs différents déployé sur 7 minutes minimums et qu'ils appellent couramment "album". C'est déja ça. Etonnament, reste quelques personnes qui arrivent à trouver tout cela excitant. Choisir son camp? A part lors d'un long trajet en voiture, soleil couchant, il n'existe pas beaucoup de possibilités d'accrocher à ce disque un peu chiant.

Wolves in the throne room - Black Cascade

Entre mythe et réalité. Là où on les attendait depuis ce Two hunters qui avait crée le mythe. Indissociables avec la nature. Une ambiance largement plannante, aérienne, et pourtant assez terrienne pour rester black métal. Le fils De drudkh, Neurosis et Skepticism en version rapide. Skepticism pour ce son grandiloquant, bourré de riffing épique et lumineux, parfois proche de textures claviers. Le black metal de Wolves in the throne room ne se rapproche définitivement pas des grands noms du sympho masturbatoire, se touchant sur des structures. Bien plus axé sur les émotions, sur les répétitions de mélodie, sur cette limpidité et cette simplicité des chansons. Une production magnifique, rendant grâce à une rythmique binaire, à des claviers qui (sup)portent le tout, à un riffing bestial et lancinant fait de ce Black Cascade le digne successeur, où surpasseur de Two Hunters. Là où le précédent surprenait un minimum, même pour le fan de drudkh (une influence claire du groupe), Black cascade va encore plus loin et brasse une quantité de sons éloignés du carcan black metal de base. Jamais la violence ne prend le pas sur le reste, jamais un élément n'ecclipse l'autre et cette bande de hippies illuminés se perdent dans un dédale de quatre compositions toutes plus axées sur la beauté originelle des ambiances. On se perd dans le riffing, le groupe insiste sur des répetitions mélodiques, les broie et les aggrave pour ne jamais en terminer. WOlves in the throne room est ce groupe que l'on remerciera pour réaliser nos fantasmes, celui où l'on demanderait qu'une mélodie ne s'arrete pas, qu'une chanson se rèpéte et que la durée se chamboule. La contraction du temps par le son, de manière à créer la transe. Au final il ne reste peut être pas grand chose de black metal dans ces 4 paysages de métal beau et lourd, lancinant comme un coucher de soleil au milieu d'une clairière, sombre comme un feu s'éteignant dans la noirceur la plus totale, mais lumineux comme une colonies d'étoiles au dessus de nos têtes. WITTR c'est un peu ça, les `pieds dans la terre, mais la tête au ciel, les racines de noir métal, mais sublimées par une ouverture d'esprit radicale bien plus passionnante que la plupart des groupes de la scéne, où le folklore en vient à ecclipser les fondements même de la musique. Je pense au dernier Blut aus nord, même si joli en soi, ravagé par ce côté kitsh épique, ou au OM de Negura Bunget. Une cascade de noirceur s'écoulant dans un bain d'étoiles. Sublime et abouti.

mercredi 3 juin 2009

Sonic Youth - Les éternels

Sonic youth - A thousand leaves (1998)

Le tournant s'était donc fait sur un Washing machine bancal mais réussi. Pourtant c'est uniquement trois longues années aprés ce précédent que sort A Thousand leaves. Trois années pendant lesquels Sonic youth a sorti les trois premiers SYR sur son label expérimental, trois longues années pendant lesquelles ils pensaient avoir tout dit, pendant lesquelles leur seule sortie sous le nom de Sonic youth restait un live batard, rejouant pas mal Sister et des covers des Ramones. Alors A Thousand Leaves est important pour le groupe, et son virage arty pop se montre encore plus extrème. A la base ce disque se devait d'être instrumental, peut être même un SYR. Le son se fait bien plus brouillé, moins direct, moins rock n roll, largement moins mainstream que sur goo ou Dirty. En quelque sorte une sorte de SYR batard, que l'aspect pop certain propulsera sur les sorties estampillées SY, et où le chant se posera à pleins de moments. Disque de musiciens, disque d'artistes, ATL réalise le rêve que Goo avait tué, en replongeant dans les origines d'un groupe jouant d'abord et surtout sur les larsens et les ambiances, avant de livrer quelque chose d'immédiat.

Sonic Youth - NYC, Ghosts and Flowers (2000)

Immédiat ne sera pas celui ci non plus. Hommage à la ville qui aura vu naître et éclore toute une scéne, avec eux en tête de file, hommage à ce pot pourri artistique avec comme pochette un tableau de William S burroughs, un des poètes beats. Toujours aussi aventurier, aussi peu facile à rester en place le groupe va encore plus jouer sur l'épuration des formes, pour livrer un disque froid à l'exterieur mais pleins d'émotions à l'intérieur. Fort de nouvelles influences plus post rock (je pense à Slint passé par là), mais aussi en jouant encore plus largement surles distortions (même les voix sont parfois modifiées). Pourtant malgré cette apparence brute, ce son froid, lesmélodies sont d'une beauté déconcertante, peut être comme á l'époque de l'album éponyme, à l'image de la ville de New York, austère et froide, mais grouillante d'une vie. Aprés avoir dit adieu au vingtième siècle sur leur SYR 4: Goodbye to the 20th century, Sonic youth rentre dans le 21ieme siècle en continuant son exploration des sons, et en étant là où on ne les cherchait pas.

Sonic Youth - Murray Street (2002)

Et encore une fois c'est là où on les attendait le moins aprés ces deux albums plus austères qu'ils seront. Cette fois ci en quintet, avec la présence de Jim O'Rourke, musicien touche à tout ayant plutot une formation jazz/noise, ayant joué à la fois avec Derek Bailey ou Stereolab, et producteur du fou tony conrad ou des krautrockeux de Faust, le groupe revient avec son disque le moins enlevé et le moins passionant de toute sa carrière. Ne pas dire que tout est délaissé, que les expérimentations sont mortes, car ce disque présente des morceaux plutot longs, avec des structures trés alambiquées, sur la recherche des instruments et des canevas mélodiques. Les voix sont bien plus mises en avant, et leur feeling pop se dégage majoritairement, laissant de côté la rage sexuelle typique des vocaux, se calant sur un riffing rock n roll. Ici , beaucoup d'arpèges, et les disrtotions se font sages, mème si bien entendu présentes. Le tout est maitrisé, et fait trop disques de musiciens pour sonic youth, on a la sensation d'avoir à faire à leur disque de prog pop, de post pop/rock, bien entendu trés intelligent, toujours juste mais rapidement lassant et ereintant sur ses 45 minutes. Surement l'album le moins réussi du groupe...

Sonic Youth - Sonic Nurse (2004)

...mais aussi un des virages essentiels. Effectivement, sur Sonic Nurse, le groupe digègre ces éléments progressifs et plus pop du son, pour le sublimer. Sonic Nurse n'a de pop que...pas grand chose. Le son est sec, racleur, bien plus maitrisé que sur goo par exemple, et bien plus vivant que sur le précédent effort. UN artwork magnifique cache un disque trés sexuel, surement le plus chaud du groupe dans ses sonorités. Cachées au gré de mélodies trompeuses, une quantité énorme de sons se greffe au canevas de guitares et d'effets. Kim Gordon est LA réussite de ce disque, avec un côté vieilli encore plus chaud qu'avant. L'album aurait d'ailleurs gagné à n'être uniquement chanté par elle. Sonic Nurse est surement le disque de la période moderne du groupe le plus interressant, car à la fois accessible mais pleins de détails, fourmillant d'idées et surtout faussement pop. C'est aussi le dernier album sur lequel participera Jim O'Rourke. SOnic Nurse sublime les trois précédents efforts, qui aboutissent tous à celui ci. ENcore une fois l'assemblage d'idées, de touche à tout passé se comprend et se digère dans cet effort central du groupe.

Sonic Youth - Rather Ripped (2006)

http://beyondthenoize.blogspot.com/2008/09/sonic-youth-rather-ripped.html






Sonic Youth - The Destroyed room: B sides and rarities (2006)

Compilation de raretés, d'instrumentaux en majorités, qui rasasient la soif de certains fans du groupe à entendre quelque chose d'autre que des morceaux immédiats, ceux là même que rather ripped ont plus que déçu. D'ailleurs, je les encouragerais à écouter les SYR, surtout que le 6 était recemment sorti sorte de déluge de percussions psychédélique, héritage du A saucerful of secret des Pink Floyd. Alors cette compilation est pas forcément utile, mais largement jouissive pour certains points nous rappelant le disque éponyme du groupe, et cette capacité à maitriser les instrus comme aucun groupe. Itérations aux limites du post punk, tout comme morceau plus acoustique et etherées, cela reste une compilation donc ne possède acune cohérence. D'ailleurs je me demanderais toujours l'apport de The diamond Sea en version extended (5 minutes de plus), chose qu'ils auraient pu directement poser sur Washing machine (car effectivement elle est mieux, mais bon, couvre un quart d'un album qui méritait à se remplir différemment).

mardi 2 juin 2009

Sonic Youth - L'apogée stylistique et commerciale

Sonic Youth - Sister (1987)

Le tournant marqué par Evol était bien une sommation. Un avertissement. Le groupe est un groupe de rock n roll, un groupe de scéne, un groupe de tubes. Sister est un peu son réservoir à tubes, son disque bardé de mélodies cinglantes toutes plus efficaces les unes que les autres. La machine Thurston Moore livre riff sur riff, la rythmique se fait toujours aussi lancinante et les echapées bruitistes de plus en plus maitrisées. Chaque morceau recèle un orgasme caché au gré de mélodies triturées jusqu'àplus faim. Mais Sister va plus loin en proposant un son bien plus incisif, où les guitares proposent un vrai plan d'appui au reste. Steve shelley pose ses marques avec un son de batterie tout en retenu, jamais envahissant. Véritable passage à tabac vocal, Lee depuis evol possède ses propres compositions. Régal rock n roll, massacre tubesque du début à la fin. La simplicité apparente du format cache un côté bien vicieux, les guitares envolées laissent place à un aspect plannant et les guitares se répondent plus qu'elles ne combattent. Mais Sister c'est aussi la fin de la collaboration avec SST, du aux problèmes de non paiement et à l'arrivée sur Enigma.

Sonic youth - Daydream Nation (1988)

Arrivée tonitruante d'ailleurs, pour livrer le plus gros brûlot rock n roll du groupe, le disque le plus long aussi, double album d'une cohérence impressionante. Sister était la collection de tubes, Daydream nation gardera ce feeling mélodique et cette énergie rock n roll pour revenir à quelque chose de plus unitaire, comme á l'époque bad moon rising. L'ambiance à son apogée, sorte d'enchainement vers un but commun rageur, complétement sublimé par une production où le larsen est roi, où chaque déraillement, où chaque entrée de riff sonne comme un poing dans ta gueule. Sorte de tornade sonique, rempli de psychédélisme qui ne fatigue jamais mais monte en puissance pour arriver à une trilogie finale menée de main de maître Daydream nation reste bardé de tubes, qui prennent leur sens ál'écoute du précédent. Thurston et Lee jouent vite, bien et déroulent des compositions fleuves s'enroulant sur elles mêmes, bardé d'idées et remplies d'ambiance différentes. La rythmique enveloppe le tout, bardée d'effet, tel un cocon protecteur pour des riffeurs en transe. Tornade sonique surement car se cachent une montagne de détails subtils, rendant le disque hypnotique de bout en bout, sans jamais sombrer dans le bruitisme le plus imbécile. Daydream nation est surement l'apogée de cette epoque rock n roll et rageuse, où la haine s'incarnera par un riffing efficace et des rythmes binaires de Steve shelley. Onirisme dégouté, fatigué et las, Daydream nation va plus loin que le nihilisme punk passé en crachant ses brulots anti rêve américain, pourri par la crasse d'une ville New yorkaise décadente, mais encore nourri d'un idéalisme adolescent (Candle).

Sonic Youth - Goo (1990)

Idéalisme adolescent qui s'incarne par la signature sur une major, Geffen Records. Branle le bas de combat chez les fans hardcore qui ne comprennnent pas ce revirement de situation, et ce retournement de chemise. Apogée commerciale donc avec un album suivant les traces de ses prédécesseurs. Album rock n roll culte, pourtant en deça des précédents. Le groupe n'a d'ailleurs jamais aimé le son sur ce disque et lui préférait ses démos qu'il réeditera l'année d'aprés puis joindra en 2005 à une édition deluxe. Ce disque ne présente pas d'avancée immense, mais serait le petit frêre d'un sister se voulant plus "cool", plus posé. C'est d'ailleurs le disque le plus apaisé du groupe pour le moment, qui comporte une esthetique rock classique, trés tubesque, beaucoup moins vicieux que les précédents opus et que son grand frêre daydream nation. Steve Shelley marque son empreinte sur un disque où il varie son jeu, délaissant la binarité des précédents opus et les guitares savent se faire plus plannantes tout en gardant leur côté insidieux distordu sur des morceaux de bravoure tels Mote. PLus insouciant, mais tout de même sacrément efficace, Goo restera un disque plus stable d'un groupe en pleine expansion, surement moins risqué mais rempli de tubes.

Sonic Youth - Dirty (1992)

Tubes noise rock d'ailleurs. C'est un peu le crédo de Dirty, qui suit l'évolution plantée par Goo, en s'offrant un son bien plus incisif et adéquat. En quelque sorte Dirty est la suite de Goo, en laissant les erreurs de côté et en se payant le luxe de jouer de manière plus aérée et aérienne à certains moments. Plannant sans pour en devenir chiant, les escapades émotionnelles (theresa sound's world) atteignent des sommets. Plus dosé, plus maitrisé, mais aussi plus noisy dans son approche, moins calibré vers le tube, plus basé sur la trituration d'un riff, Dirty trouve le mélange parfait amorcé depuis le brulot daydream nation, en faisant la nique à toute une scéne noise rock/grunge en pleine éclosion commerciale. Toujours un temps d'avance, et cette loyauté underground incarnée par la présence de Ian Mckaye (minor threat, fugazi) sur Youth against fascism, SOnic Youth passe encore un cap.

Sonic Youth - Experimental Jet set, trash and no star (1994)

Etonnant. Car si Sonic Youth était arrivé à son apogée commerciale, avec des albums au son plus lissés et au style moins extrême, avec cet album ils remettent en cause toute cette avancée pour dérouter encore. On le savait bien qu'il fallait les attendre là où ils ne seraient pas. Un disque bien plus varié, plus aventurier, plus novateur, surement plus arty donc, qui renoue avec la tradition du groupe à ingérer d'éléments d'autres scénes dans son propre rock et à digérer ces éléments dans un son novateur. Ici, les guitares passent à la moulinette un nouveau groove lancinant, déglinguent des tubes dans des disrtotions asphyxiantes et jouent même rythmiquement de manière plus jazz. On voit là toute l'importance de Steve Shelley souvent relegué au second plan par les trois autres showman(woman) mais qui prend son importance en studio sur l'apport des rythmiques. Imagerie punk DIY (ouais n'abusons quand même pas), sonorités plus aventureuse, morceaux plus sexuels et dejantés, cet EJSTANS reste un pas énorme de franchi et une nique impressionante au major qui s'attendait surement à une suite aux lissés goo et au tubesque dirty.

Sonic Youth - Washing Machine (1995)

EJSTANS n'était sûrement pas un coup dans le vide dans une discographie commençant à être fournie. Sa suite sera encore plus bancale, avec un côté je m'en foutiste jamais atteint, où Kim gordon jouera encore plus de guitares pour arriver à former une presque formation de trois guitares, une batterie. Éloignement des racines punk, pour livrer un faux album de pop bancal, insidieux et remplis de clins d'oeil, sorte de pot pourri stylistique où les jeux de sons se font rois, où le moindre tube possède quelque chose de tellement bancal qu'il n'en sera jamais réellement un. Puis Washing machine c'est aussi l'apogée d'un songwriting qui n'a plus à faire ses preuves, où le tube pop ultime se transforme en déluge noise plus chaotique que jamais, mais à la fois ambiant (the diamond sea) et où le choix sonore se fait limpide. Disque trompeur, à la fois facile d'accés et limpide, il annonce une nouvelle ère du groupe qui deviendra le plus grand composeur de pop songs qui n'en seront jamais moderne. Le tournant se fait içi.

Sonic Youth - Les débuts

Sonic Youth est surement l'entité rock la plus marquante de ces dernières décennies. Autant un groupe avec un son marqué qu'une éthique marquée, le groupe a été associé à différentes scénes dites underground, de la No wave au post rock en passant par le grunge. Quelle que soit la réalité, ces etiquettes sont juste des barrières visant à situer un groupe de rock issu de la scéne new yorkaise facilement intellectualisables qui s'est illustré dès ses débuts par un son peu orthodoxe basé sur des guitares trifouillées avec divers objets (baguettes, tournevis) visant à créer un magma sonore des plus mélodiques. Mais SOnic Youth est aussi une des icônes, si ce n'est l'icône de toute une frange de rock des années 90, dit rock indépendants pour leur capacité à passer outre les constructions faciles, à laisser vivre certaines mélodies et a ingérer une quantité d'influences non rock. C'est aussi un groupe ayant ingéré les influences punk, à l'image d'un Neil Young par exemple, pour livrer sa propre vision d'un rock sale et expéditif (ouais certains disent grunge, moi ça me fait rire). Pour finir, SOnic Youth c'est aussi un groupe ayant lutté pour cette scéne dite indépendante en donnant sa chance à certains groupes, en ayant une activité musicale et artistique variée sur ses différents labels (je pense notemment à son activité expérimentale sur les Sonic youth recordings).
Pourtant, au début des années 80, c'est un tout autre groupe que l'on connait sous ce nom là. Thurston Moore (ancien fricoteur de l'orchestre pour guitares electriques de glenn branca, aux côtés de page hamilton mais aussi de Lee Ranaldo), rencontre Kim Gordon et forment avec Richard edson le groupe connu sous le nom actuel. Leurs premiers concerts ne ressemblent pas vraiment à grand chose, si ce n'est quelque chose de forcément bruitiste et chaotique, qui conservera une énergie punk sans concession. C'est à la suite de cette série de concerts que Lee Ranaldo intégre le groupe.

Sonic youth - Sonic Youth (1982)

C'est en cette année 1982, avec ce line up (richard Edson ayant préféré revenir, malgré son départ), que sort le premier vrai enregistrement du groupe, réedité en 2006 avec une série de live d'avant sa sortie, ou de versions alternatives de morceaux du disque jamais sorties ailleurs.Cet album restera une sortie historique pour le groupe, et agrémenté de ses bonus sur la récente réedition permet de cerner les débuts du groupe avec des versions abrasives et folles en concert, pleines de triturations d'instruments, de riffing cheap et d'experimentations sonores. Quant à l'EP en soi, il nous présente une face bien plus apaisée du groupe que sa réputation concert, largement inspiré par ses travaux passés, dont la participation aux orchestres de Glenn branca pour le côté atonal desmélodies, les insistances mélodiques et rythmiques et le côté incantatoire. Le ton présente un panel sonore inouï avec des dissonances, des répetitions rythmiques proches du post punk, perceuses passées aux pédales d'effets et surtout un déjà fort feeling mélodique. Alors certes, ce disque sonne plus marqué par ses influences, et reste trés rythmé par le jeu de batterie de Edson, trés funky et enlevé, donc forcément moins rock (est ce un mal?) mais reste quand même une grosse pierre angulaire du rock de ce début des années 80, et agrémenté de ses multiples bonus nous permet d'ores et déjà de cerner les différentes faces d'un groupe protéiforme, à la fois abrasif en concert, comme interessé par le choix de mélodies et la recherche sonore. Cet album permettra au groupe de tourner avec les Swans, tournée qui orientera le groupe vers un côté encore plus chaotique que par le passé.

Sonic Youth - Confusion is sex+Kills your idols EP (1983)

C'est donc sur cette sortie que le groupe livrera son côté le plus haineux et bruitiste, proche des concerts du début, proche de son énergie directe.L'expérimentation sur les mélodies se poursuit, mais revêt un côté bien plus punk (la reprise de I wanna be your dog n'est pas anodine), bien plus raw et direct. Pourtant cette dualité reste toujours présente, avec un côté arty psychédélique encore là. Des mélodies oniriques ou KIm Gordon s'impose comme le côté sexuel du groupe. Changement de batterie qui n'en finissent pas, avec l'intégration d'un Bob bert jugé trop cool pour l'essai, puis d'un ancien Teenage jesus and the jerks, avant le retour de Bob Bert pour la tournée. Ce qui fascine sur ce disque est cette facilité à maitriser des ambiances grâce aux choix sonores du groupe, qui ne maitrise pas forcément encore ses instruments d'une réellle manière. Brûlot arty bruitiste, disque clé pour comprendre toute une scéne, disque marquant pour le groupe lui même pour lequel il reste référence, COnfusion is sex alterne passages angoissées claustrophobiques et rage non maitrisée, avec un passag aux effets distordus des instrument complétement arrachés. A 2000 lieues de la musique de club, de la musique maitrisée, dansante et gentille, Confusion is sex est l'expression de terroristes du son bien décidés à prendre en contrepied toute une scéne.

Sonic Youth - Bad moon Rising (1985)

Contrepied poursuivi sur la suite de la discographie.Aprés un brûlot sans aucune concession sonique, le groupe revient avec un album marquant vu qu'il marque l'arrivée de Steve Shelley à la batterie sur la tournée de l'album, batteur actuel du groupe. Bad Moon rising accentue le côté angoissant des compositions du groupe dans un disque sans aucune pause à l'ambiance étouffante et au son cauchemardesque. Les compositions sont lancinantes, à l'image de protect me you sur le précédent opus, mais laissent transparaitre un sens de la mélodie aiguisé, un sens de la chanson pop masqué par un apparât bruitiste et un son sans aucune concession. LEs vocaux se font moins itéraitf et froids et de réels sentiments transparaissent de la voix de Thurston et Kim. Ce disque est terrifiant, et malgré son apparence plus posé ne laisse aucun espace vide dans des morceaux monstrueux où la plus simple des ballades pop se transforme en un cauchemar auditif agrémenté d'un sens de la mélodie annoncé. I love her all the time en en l'exemple parfait. Pourtant les influences sont encore là, ce côté no wave, où Lydia Lunch en personne apparait sur death valley 69. Bad moon rising joue avec les allées et venues rythmiques, l'entrée de sons et leur sortie pour créer une ambiance jamais aussi cohérente pour le groupe, et malgré tout une beauté transparait dans cet opus.

Sonic Youth - Evol (1986)

Le cauchemar est terminé. Ce serait plus le réveil, toujours un peu angoissé, entre rêve et réalité. Evol est un peu tout ça à la fois. La maitrise acquise des instruments, la domination du son, qui ne se fait plus subir par le groupe, mais que le groupe nous fait subir, l'acquisition de ce feeling pop malaxé et déglingué. Shadow of doubt montre que le tout est encore là, inconsciemment, en arrière fond, dans cette aisance des mélodies angoissantes et itératives, issues du post punk. Mais Evol montre la lumière, l'ouverture possible, l'accés vers de nouvells contrées. La beauté simple, lumineuse et à la fois si fragile d'un Tom Violence, où les triturations d'un expressway to yr skull sur lequel Neil Young aurait pu écrire une dissertation (d'ailleurs s'il passe parlà, qu'il se livre à l'essai, c'est une requète). Pourquoi Evol est charnière? Tout simplement car c'est l'essai qui synthétise le mieux la schizophrénie palpable depuis les débuts du groupe, entre violence aigu, bruitiste agressif et beauté limpide dans le choix des mélodies, feeling pop romantique et sexuel. Mais c'est aussi sûrement aussi là que Sonic youth arrive à allier les deux à la fois, en livrant des mélodies à base de violence aigue et sonique, sublimées par une aisance des choix sonores. C'est aussi le début d'une stabilité du line up au niveau batterie, qui créera un réel combo uni (premier disque où Steve shelley participa à la composition). Puis Evol, c'est aussi l'anagramme de love, là ou les démons de l'amour se rencontrent, et luttent pour en extraire la quintessence.




lundi 1 juin 2009

Sunn O))) - Monoliths and Dimensions

Une cathédrale. Depuis des années nous sommes maltraités, au gré de vrombissements qui construisent un édifice des plus fascinants. Là ou les Grimmrobes demos étaient un hommage sonore à Earth 2, fascination pour la possibilité du son à être touché, à être palpé et façonnés par nos mains, véritable synesthésie totale, où l'on pouvait attraper littéralement ce qui nous était fourni; 00 void commençait les bases d'une des plus grandes cathédrales païennes jamais construite. Des bases solides, terriennes, indestructibles et peu malléables, véritables fondations s'enfonçant profondément. Puis peu à peu s'élevait l'édifice, avec des colonnes plus protéiformes (White 1 et 2), plus abstraites et moins monolithiques. C'est à partir de Black 1 que le décorum s'est mis en place, avec les gargouilles, les bouteilles de vins, les cercueils tout au long de ces colonnes, toutes ces petites choses noires et à la fois pleines de clins d'oeil nous rappellant l'humour des constructeurs, toujours plein de second degré sur leur ouvrage. Maintenant l'édifice est monté, bien plus aérien sur Doomkirke, plein d'un lyrisme effroyable, les chanteurs d'opéra ont testé l0'acoustique, les joueurs d'orgue aussi, pour élever la dimension spirituelle de l'endroit.
Monoliths and dimensions serait la première phase de construction d'une toiture pleine de failles. Le son Sunn ne veut plus rien dire, le drone non plus. Ici la richesse sonique laisse place au souci du détail, de la beauté des éléments, de la lutte contre l'humanité d'une construction difficile. LEs murs de guitares ne sont plus terriens du tout, le son vrombit de moins en moins et le feedback laisse place à la richesse émotionnelle de l'édifice. Tout architecte sait que pour construire quelque chose de grandiose, les bases doivent être solides. MOnoliths and dimension laisse place à un son cotonneux, agréable pour y séjourner. Lorsque Aghartha livre ses premieres incantations, le son se fait porteur, accueillant, en aucun cas agressif. Et même Attila et sa voix d'outre tombe nous berce, dans une incantation rassurante et onirique. M & D s'élève, ne cesse de grandir, de murir un son sans aucune limite de beauté, de tisser une quantité de samples sur des nappes de guitares mélodiques où sont déjà brodées les tapisseries d'une victoire. Les vitraux sont colorés (cuivres, vocaux feminins), et finis d'une main de maitre, au pinceau filliforme. Le souci du détail. Sunn ne joue plus dans le brut de decoffrage. Les sons nous transportent plus que nous les transportons. LEs experimentations ambiant du passé savent s'intégrer au tout, les vocaux d'outre tombe prennent tout leur sens dans la messe noire, la lumière filtre à travers les trous, à travers les vitraux. Sunn O))) n'est plus cette bête rampante des grimmrobes, mais se déroule tel une toile, une toile dont nous aurions vu les esquisses petit à petit. La cathédrale ne sera peut êtrejamais finie, car certains ouvrages architecturaux n'ont pas de point final, mais l'avancée prend tout son sens sur cette partie du travail. Sunn O))) a laissé les pioches, les maillets et les instruments lourds pour élever sa construction. Ils toucheront les cieux.

Current 93 - Aleph at hallucinatory mountain

Inlassablement. Le précédent effort nous avait fatigué, et l'ep aussi. Current 93 n'était plus aussi prophétique qu'avant. La voix de Dieu avait un chat dans la gorge. Orphelin de sonorités nouvelles, orphelins de disques vivants, orphelins de voyage dans de nouvelles contrées. Nous avions perdu notre porte parole, surement en bouée dans sa piscine, complétement perché. Et quand Douglas Pearce se permet de devenir une icône complétement folk, qui peut se targuer de pouvoir reprendre le flambeau apocalyptique?
Un joueur de flûte, un joueur de xylophone, pour servir le disque le plus psyché d'une discographie labyrinthique. Le plus rock et le plus électrique aussi, comme si la collaboration avec OM l'avait bouleversé. Des contrées sanglantes, décrites dans des morceaux sans queue ni tête, remplie de solis agressifs, d'écarts soniques fleuves, sur le retour d'un tibet plus conteur que jamais. Des délires à la réalité, des structures hallucinées qui nous perdent, proches parfois de mantras, où la moindre explosion electrique reste ejaculatoire, sur des choix rythmiques plus que percutants. Le tout reste porté par une solidité de l'ensemble, ou Tibet arrive à lacher le lion dans un zoo végétarien, où même la guitare acoustique qui lui est si chère a des sonorités indiennes, où les violons se font menacants. Finies les echappées religieuses dans sa forêt rassurante, où la vierge se ballade à poil en se tripotant les tétons. Aleph at hallucinatory mountain est cette terre brûlée, où se balladent les démons, et nous sourient, jusqu'à nous rendre fous et se jouer de notre santé mentale. Aleph en est le chef, du haut de sa montagne rouge sang il joue du clavier, debout, entouré d'une farandole d'êtres mystiques, aussi réels et palpables que nous mêmes. Vaincu, la folie et l'insouciance nous gagne, et nous partons rejoindre ses rangs, dans une douceur colorée.

Menace Ruine - The die is cast

Un étrange bâtard que ce disque, éloigné des débuts plus black métal du groupe. Plus qu'éloigné d'ailleurs, tellement lointain qu'il ne reste que cette rigidité du son, sans concession aucune. Saturé jusqu'à plus faim, le son des canadiens se fait pourtant bellement lumineux, pour livrer un drone à l'ambiance médievale, drone proche d'un mantra assez rapide, évolutif au sein de morceau courts (ce qui constitue d'ailleurs leur gros défauts). La variété des ambiances fait la part belle à la maîtresse de cérémonie vocale qui flotte au dessus de ce magma sonore mélodique avec une belle envie de nous faire planner. Proche d'un Nico pour certaines tonalités bien gothiques (époque desertshore), la demoiselle fournit son côté The moon lay hidden beneath a cloud à une musique complétement incantatoire et d'une lourdeur pour une fois pas toxique mais libératrice, ayant plus empruntés au son aérien d'un Asva qu'aux nappes des grimmrobes demos (et je ne dis pas ça pour les vocaux féminins). Le ton est bien ficelé, assez accessible, et nous entraine dans les méandres de mélodies psychédéliques enfumées, sans jamais nous laisser atteindre vraiment la transe de part le côté expéditif.

dimanche 31 mai 2009

Primavera Sound 2009

Comme l'an dernier, votre servant se colle ce festival toujours mieux dosé, et toujours aussi rempli. D'ailleurs cette année est un peu plus déroutante niveau horaires, et l'on va devoir perdre des choses que l'on souhaite voir.
Notre festival commence par Dälek, soir de la victoire du triple titre du FC Barcelone, qui commence en retard pour attendre les fans de foot (sic) et nous permet donc d'arriver à l'heure (pour les non fans de foot un peu lents). LEs ayant vus le mois dernier à Montpellier, dälek balance un set bien plus rageur et expéditif (surement du en grande partie aux contraintes du festival) mais qui dégage une haine palpable et une urgence bien industrielle. Oktopus se régale de nous envoyer de gros marteaux piqueurs mélodiques et de maltraiter son microsillon pour rendre les morceaux encore plus violents que normalement. Dälek quant à lui se fait plus humain, surement parcequ'il communique, et pose avec classe sa voix sur beaucoup d'instrus de Gutter tactics et de désormais quelques classiques (je pense a Ever somber).
Pour suivre, Zu va envoyer son jazzcore cartoonesque trés pattonien (pas forcément un compliment), set duquel on retiendra quand même un excellent jeu de batterie, varié et créant une ambiance aux limite du chaotique neurosien à certains moments. Le reste est quand même ultra mélodique dans la destructure et joue énormément sur les effets d'un bassiste (sur?) triturant son instrument aux confins du possibles grace aux pédales. Un peu surfait peut être, mais le côté rigolo rend le concert pasprise de tête et rapidement prenant.

Suite à cela s'annonce le festival en plein air à proprement dire. Lighning bolt va chauffer la scéne, en sorte de clows pas si drôle que ça, et occuper l'espace sonore d'une trés belle manière à deux. Le batteur/chanteur/catcheur livre une prestation possédée, endiablée et l'on reprochera surtout au bassiste de trop en faire par certains moments. Jesus Lizard vont donc bénéficier du son fabuleux de la scéne ATP (vous vous souvenez OM, fuck buttons l'an dernier, c'était là bas) pour livrer le concert de la soirée, et un des meilleurs du festival. Mon collégue a parlé de la prestation à Paris, juste rajouter que j'ai été totalement conquis et que le fantôme du rock n roll flottait sur cette prestation au son carré. C'est donc l'heure de se faufiler sur la grande scéne pour My bloody Valentine. Je ne suis pas trop fan sur disque, je trouve ce groupe un peu surestimé, bien que plaisant et la curiosité poussait mon choix plus qu'autre chose (ouais, j'ai raté the Bug). Alors ouais, c'est plannant, ouais ils jouent trés fort, mais au dela de cette montagne d'effets pas forcément bien maitrisés (les balances étaient bien horribles, impossible de capter un seul vocal), le maitre mot est de jouer quelque chose de simple et pas trés efficace sur un son TROP fort pour le genre. Shoegaze surement, plannant surement, car ça n'est pas dégueu, mais de là à se toucher sur cette prestation aux confins de la pop et du rock noisy, il y a un pas que je ne franchirais pas. Découverte des effets? Je retourne a Psychocandy. C'est sur Aphex twin que se passera la première énorme baffe du festival, avec une aisance stylistique, rythmique et mélodique impressionante. J'ai rien compris mais jsuis d'accord. Au gré de mélodies connues de son registre, de breaks salvateurs, AFX asséne un son d'une lourdeur prenante, aux confins des genres technoides/electroniques/hardtek rendant le tout palpable. J'ai touché le son, et celui que je n'arrivais pas à attraper me lacérait le face. Alors aprés, Squarepusher et sa basse funky qui tourne un dvd, forcément ca parait un peu fadasse.

Le lendemaon s'ouvre sur Sleepy sun, sorte de rock 70 ayant mangé pas mal de black Sabbath, se la jouant fonsdé, et livrant du cool materiel pour soirées canaps. Pas transcendante non plus la prestation de Tokyo sex Destruction en open air. Les ayant vus en petite salle, leur énergie se décuplait pour arriver a te gifler, dans un mélange des stooges et de at the drive in avec un chanteur hyperactif. Pourtant assez convainquante, bien energetisée, l'espace ne se pretait pas forcément au groupe.
Redirection scéne ATP pour voir Sunn O))) jouer les robes. Enorme déception. Le début met du temps à se lancer, deux coupures au bout de 4 minutes, on se demande ou est l'arnaque. Le son manque de puissance (ouais sans boules quiès ça passait comme une lettre à la poste), j'en ai a peine les jambes qui vibrent. Puis 45 minutes de prestation, au moment ou on commencait vraiment à rentrer dedans, à se laisser submerger par un son pas du tout sumbmersif. Alors c'était cool ouais, mais ça faisait bien pose humoristique, du sunn bien second degré se foutant largement de nous en plus d'eux même. Théatral mais largement ridicule vu qu'ils ne nous ont pas mis KO du tout. Un concert de sunn ou il faiisait bon être, ca parait pas problématique?
Et c'est pas The drones qui va changer quelque chose au lourd constat. Etant déçu par des préférés, leur rock inspide participe juste ála débacle.
Heureusement, c'est Shellac qui va sauver la soirée, en chevalier, comme l'an dernier. On était prévenus, je le savais que c'était une machine live, et j'en suis encore plus convaincu. Vainqueurs par KO. This is the end of the radio.

POur boucler ce festival dense et ereintant, la journée la plus remplie nous attend, journée qui commence par un ratage de Jesu (même raison qui a fait que j'étais à l'heure pour dälek, la mollesse), puis par une prestation marrante de Plants & Animals, qui passé le côté inutile de la chose se rèvéle plutot libératrice, pour se diriger vers Neil Young. le loner est là, et c'est émouvant de le sentir si boosté. Un paquet de classiques (hey hey, my my, down by the river, cimmanon girl, Heart of gold, old man...) pour boucler sa prestation sur un rappel d'A day in the life (quand même ouais). Nostalgique, c'était notre pote ce soir là, notre pote qui nous remplit le coeur de bonheur, qui nous chante des comptines maintes fois entendues et qui nous retourne sur des morceaux épiques.
Plus long set de mon festival, il nous fera rater Oneida, concert que j'attendais pas mal et qui au vu du final avait l¡air bien explosif (ils jouaient forts eux), mais sans trop de rancune. C'est sur fond de Liars que l'on enfile la tenue de combat pour Sonic youth. Alors, a mes yeux ce concert était excellent, mais largement trop carré. Ils sont éternels, selon le titre de leur nouvel album qu'ils joueront à profusion, et ils doivent surement le rester en s'économisant les oreilles (ouai t'as vu, ils jouaient a un niveau indecemment bas). Pour des terroristes sonores ça faisait un peu teletubbies sur le coup. Puis bon, sur le rappel ils auraient pu nous la jouer moins edulcorée sur l'experimentation sonore, du genre "t'as vu on sait encore le faire, juste qu'on a pas le temps". C'était un fest, c'était de la promo, mais c'était quand même génial, rock n roll à souhait. El-P enchaine, et nous livre sa vision de la guerre. Elle se fera à base de samples. Il nous balance de tout, de lou reed à rage against the machine et les deux mc's s'en donnent à coeur joie pour jouer avec ironie sur les différents registres et caricaturer leur propre son. Bonne teuf, bien en musique. J'approuve. Le festival se clora sur une deuxieme gigantesque baffe: Zombie Zombie. Ne rigolez pas, ya tout là dedans. De l'humour, du sérieux, du Carpenter, du crotte rock, de l'énergie, de l'électronique, de la maitrise sonique, du jeu et un grand plaisir à balancer de longs morceaux évolutifs à rendre fous, et à lobotomiser ton caniche depressif. A revoir, encore et encore cette chose francaise visiblement, duo de bons geeks, dont le batteur joue aussi dans Herman Dune visiblement.

jeudi 28 mai 2009

JESUS LIZARD & SUNNO)))




J'ai largement vanté les mérites de ce festival parisien l'an dernier grace à une affiche hallucinante pour notre capitale. Cette année je ne prends mon billet que pour le premier soir, ce qui est dommage (rien ne me poussera à me bouger pour une autre journée) mais qui tombe bien (fin d'année, tout ça...).



Problème: je n'ai probablement pas à dire grand chose de plus que ce que tout le monde en dira, de ce premier concert. Le groupe de première partie, est normalement un duo entre Simins, batteur du blues explosion et Dan the automator, l'homme derrière Gorillaz et Dr Octagon pour la mise en son, rien-que-ça-madame. A cette équation complexe, vous retirez Dan pour le live, vous ajoutez une violonosite chanteuse (qui mènera d'ailleurs un des meilleur morceaux de la prestation, simple avis), d'un bassiste, d'un premier guitariste qui joue aussi un peu de nord lead (c'est mon coté geek de matos, je précise quand je connais), et surtout, d'un guitariste qui ressemble à Ben Stiller avec une coupe de cheuveux type Caniche Royal post-sêchage. D'ailleurs un moment je finis par croire que c'est vraiment le gland de Zoolander tant son jeux de scène est excessif, poussif, ridicule.

SunnO))) sur scène, je sais plus si on en a déja parlé ici, mais c'est une messe noire qui vous tombe dessus. Je vous raconterais bien les conneries que vous lirez ailleurs type "voyage interne", "profondeur de l'âme", "noirceur insondable", "pénétrantes dérives soniques" ou autre, mais je ne suis pas d'humeur "à fleur de peau" pour vous sortir le jargon du pauvre qui se pisse dessus quand l'infrabasse de MK ULTRA BLIZZARD me ruine le bas ventre. Le concert de Sunn de ce soir est bien supérieure à celui du nouveau casino en 2005, mais moins fort, moins assourdissant. Mais la sauce prend mieux, même si SOMA reste ce guitariste classe nerd supérieur, bon gôut inclu, incapable de jouer en rythme ou en accord (!) avec son comparse Anderson, qui du coup génère à lui seul l'intérêt de voir Sunn sur scène. Bien sur que le duo est impressionnant, et entendre les personnes dans le public prêt à subir leur dépucelage pousser de grands soupirs devant le mur d'amplis quand celui-ci apparait est jouissif. Mais difficile aussi, quand du coté gauche de la scène nous prenons un retour de basse des plus asphyxiants qui soit dans l'intestin, de ne pas rire et faire abstraction du second degré revendiqué par les géniteurs de l'entité qui injecte l'épais venin ce soir.




Ce qui m'a poussé à venir ce soir, ce sont les différents témoignages concernant Jesus Lizard depuis 5 ans un peu partout: groupe culte, cité à tort et à travers par n'importe quel groupe à guitare qui n'a aucun rapport avec les inrocks. Les premiers avis suite au concert de l'ATP sont unanimes, le groupe reste cette brute de scène qu'il était dans les années 90, peut-être le meilleur groupe selon le NME à l'époque (les temps changent!!) qui perpétuerait sa propre tradition. Et j'aime bien JL sur disque, mais je ne fais pas partie du clan qui voue une adoration démesurée à Denison, Sims, Yow et McNeilly. Du coup, oué, c'est cool, fun, drole, énergique sur scène, c'est très bon...Mais on est loin de la méga mornifle promise! Certes, pas mal de groupe devraient en prendre de la graine. Lorsque j'ai vu Pissed Jeans l'an dernier, je me disais que voilà peut-être le remplaçant de JL. Je me trompais. JL est au dessus de ça. Mais je ne suis pas transcendé par le concert. Pourtant il s'en passe des choses sur scène: Yow est dans le public à la moitié de la première note, insulte Sunn et MWP, crache, tire le chapeau de son pêcheur au micro, dégomme le tee d'un malheureux, pousse les gens qui s'aventurent sur scène, fait des pompes le micro coincé dans le gosier, et surtout, assure ses paroles même dans les situations les plus improbables, sans que cela ait l'air spécialement hors du commun pour lui. Avec sa bonne tête de poivrot, Yow assure son show, pendant que derrière ça joue velu et carré: il chante presque pas si faux, et fera le coup du MJK qui fait une clé de bras à une fille qui pendant plusieurs minutes avant était à négocier la haute teneur en stupidité de son future act ("j'le fais? j'le fais pas?! Ahahahahahahahahj'crois j'vaisl'faire!!"). Hop, corrigée la gamine.

mercredi 27 mai 2009

PRODIGY-Poison


Dissertation sur un thème imposé. Resultat ici:


Merci la famille.

mercredi 20 mai 2009

Enslaved - Vertebrae

N'a de black metal que son passé j'ai envie de dire. Et certains de ses fans aussi. Les autres ont fui avant d'en arriver là. Ils auraient du fuir depuis Below the lights finalement, qui était la première sommation. A quoi bon s'attacher au passé viking du groupe, qui a surement fait ses preuves en son temps, mais aurait rapidement tourné en rond. Aucune raison donc, de surcroit en connaissant la capacité du groupe à avancer, à ne jamais tomber dans une redite putassière de la précédente livraison. C'est d'ailleurs pour cela que ce groupe est si à part, si respecté dans le monde métallique. A petits pas, le groupe est allé trés loin. Etant l'un des groupes les plus blacks de la dynastie black, ayant même partagé à ses débuts un split avec Emperor, Enslaved n'en a eu que faire. Bien leur en a pris, vu ont sont restés les groupes de black originels norvégiens (mis à part satyricon et Mayhem, en gros, en passant sur les deux derniers Satyricon, taillés pour faire rêver une pucelle hongroise en mal de sensations).
Enslaved se libère à chaque fois plus de ses références, obligations, et insère à chaque fois une once d'experimentation supplémentaires pour teindre son métal d'influences progressives. Voila, le mot est laché. De black il ne reste plus rien sur ce Vertebrae haut en couleurs, Runn ayant fait la transition pour en arriver à ce degré de tons fauves. Voix claires, textures psychédeliques, oniriques, guitares et riffing plannant, Vertebrae est un peu le repaire des dieux vikings. Le buvard nordique en quelque sorte, celui qui va t'agresser par ses sonorités colorées. Puis la production est d'une justesse troublante, avec Joe Baressi aux manettes, Enslaved atteint son valhallal, largement lancé depuis trés longtemps. Quand on voit comment les premières salves avaient été lancées dans Below the light, pour porter ses fruits dans un Isa majestueux, puis pour éclater dans un Runn aux limites black, on se demande quelle saveur pourrait avoir la suite. Enslaved sera rock, floydien, à l'entente du soli de ground, des guitares acoustiques qui l'accompagnent, des constructions. Belle surprise, pour un disque éblouissant qui laisse béat.

Deathspell Omega - Chaining the Katechon

La scéne black française a quelque chose à part. Surement ce son qui restera à jamais gravé dans le savoir faire collectif de nos groupes. A partir de là on nous colle le côté expérimental intellectualisant, surement aussi à cause d'interviews de certains acteurs de celle ci qui sont bien fiers de cette intellectualisation à outrance. Deathspell Omega est à posteriori le projet le plus passionant (avec Blut aus nord) de l'aventure black française. Quoi de mieux pour en parler que ce dernier ep sorti l'an dernier, contenant un unique morceau. Evidemment, kénôse a plus ou moins tout dit, dans un disque jusqu'au boutiste ou trois périodes livraient une quantité d'ambiances impensables, et surtout aboutissaient le son de DSO dans des guitares acérées labyrinthiques flottantes. Ici, ils s'essayent à l'unique piste progressive, essai réussi avec un condensé d'ambiances toujours aussi bien degurgitées et un sens de la progression sonore à glacer le sang. Black metal il reste surtout cette noirceur d'apparat, et ce crachat ambiant qui paralyse l'ambiance. Puis cette sensation de ne pas réellement avancer, que la progression ne fait que s'enfoncer dans un vaste marécage sonore, ou nous perdre dans un dédale sonique.
POurtant quelque chose a legerement changé chez Deathspell Omega. Le son se fait plus limpide, les guitares, entre autres, donnent l'impression de commencer à revivre, sont moins flottantes et pesantes qu'à l'acoutumée. La production leur permet de se vetir de plus de decorum et cela rend chaining the katechon leur sortie la plus humaine à ce jour.

Watain - Casus luciferi

Pourquoi casus Luciferi et pas Sworn to the dark vous vous demandrez? Car c'est le moment de ressortir les fonds de tiroir, et d'être sincère avec le lecteur. Même si le dernier Watain est bon, c'est surement le moins bon des trois, sorte de réservoir tubesque qui reste facilement en tête. Alors oui, Sworn to the dark est bon, mais reste le Watain le moins marquant.
Et rabid death's curse? Il lui manquera surement un petit quelque chose, au niveau de la production par exemple, ou de l'étirement des compos, pour arriver au niveau de celui ci.
Car Casus luciferi est un pavé black metal comme rarement il s'en est fait. Clinique, appuyé sur un son d'une froideur moderne pasforcément typique (on est loin de satyricon post Rebel Extravaganza ou de Mayhem post Grand declaration of war tout de même), mais accés sur la justesse du propos. Le riffing est limpide, jouant sur les rythmes et sur les coupures sonores, sur un riff qui résonne, le tout laissant en quelque sorte des espaces monstrueux pour l'incision de parties plus aigues raclant le sol. Watain livre avec rare violence des mélodies d'une beauté violente, sur des vocaux sans aucune concession. La concession, c'est surement ce qu'ils accepteront plus tard dans leur discographie, et que jusque là ils ne laissaient pas filtrer. Clinique, un brin martial sans trop l'être, Casus luciferi est noir, mais nous déclare la guerre. Et de si belle manière! Je pense à puzzles ov flesh épique au possible, ou à certains moments de gloire libérateur. Watain joue largement dans une autre cour, là où beaucoup s'inspirent du trip viking, là ou d'autres s'inspirent du trip progressif, eux reviennent à l'essence même de la violence.

MC SOLAAR-Prose combat


Dans le truc qui nous sert d'histoire du hip hop, on a souvent tendance à ne retenir que l'axe paris-marseille avec NTM et IAM (3 lettres à chaque fois, histoire de pouvoir charger niveau intellectuel derrière), l'oubli de l'ami Claude MC dans la période 93-97 (en gros, des premiers gros morceaux rap jusqu'a l'explosion médiatique et le relai de skyrock pour épouser la loi Toubon) est réccurent et pourtant injustifié. Peu après le temps où il était cool à l'école - le temps des juppes-culotte- Claude commit un premier album au nom gentiment poétique mené par une paire de single aussi niais qu'introductif de bonne humeur en mode pantalon zoulou, chapeau embarassant et toute la panoplie. Prose combat sera, et restera, le chef d'oeuvre que l'on pouvait attendre du jeune talent. De Solaar on garde l'image d'un gentil garçon, posé et doux, plutôt porté sur la recherche du mot juste. Mais c'est peut-être réduire un peu au plus simple le bonhomme qui s'illustre sur les 15 morceaux de ce deuxième long. Claude est entouré d'une équipe rodée depuis le premier et s'articule autour d'un DJ au nom qui fleure bon l'amérique (la caution true?), Jimmy Jay et surtout de ce qui deviendra Cassius, à savoir Philip Zdar et "pigalle" Boom Bass. Le travail des deux producteurs n'est pas des moindres et place la possibilité d'un hip hop français avec du corps, une sorte de paire au Paris sous les bombes qui pourtant ne sortira qu'un an plus tard. Les samples sont amples (j'écoute, je m'inspire et voilà le travail: jeux de mots vaseux), se collent sur des beats rarement surprenants mais souvent épais et langoureux. Le duo gonfle sévèrement le son sur l'ensemble des morceaux d'énormes basses, toujours puissantes et tout en rondeur. Si l'élément rythmique est parfaitement maitrisé, le reste du spectre sonore n'est pas négligé. Aubade ou dévotion présentent d'énormes claviers, spacieux, vertigineux. Sur le 9ème morceau (les curieux comprendront pourquoi je ne recopie pas le nom du morceau après avoir vérifié ça) le morceau se construit progressivement sur un empilement de léger larsen encerclant un beat sec, ce qui n'est pas sans rappeler le travail de Mick Harris. D'ailleurs, en 94 on rapprochait souvent Harris du trip hop naissant, courant que Zdar et Boom Bass semblent maitrisé aussi (les premiers massive et les débuts de portishead ont-ils tournés?! De toute façon cela reste un dérivé de hip hop). Les ambiances sont lourdes et dégage cette mélancolie typique 90's, notamment grace à l'utilisation régulière de samples de sax et de trompettes. Bien sur, la musique s'aère du gimmick via des cordes douces et blues sur "Dieu ait son âme" ou "la fin justifie les moyens". L'autre pic de production de l'album est évidemment ce "nouveau western", gonflant magistralement un sample de Monsieur Gainsbourg. Sur cette épopée sonore à part entière, Claude nous compte sa vision du monopole US via son verbe, et marque des bons points. Son mot est souvent juste, tout au long de l'album, la rime riche, imagé et juste. On sait Solaar fanatique de l'écrit et il rend justice à sa passion la plupart du temps. Ainsi il est tout à fait capable de passer de brillantes accélération bien menée qu'à de sombres jeux de mots un peu raté. On pensera notamment à "la concubine...", un des morceaux les plus datables de l'album, à la production lourde et facile où Claude y va de son mot sur la guerre (pas bien), cette dernière qui niqua Guernica tout ça, tout ça... Il parle aussi du biz dans lequel il rentre, d'un regard sur son auditoire qui trouve rapidement ses limites, de l'amour ou de ses contemporains, en nous épargnant le regard sur la situation en banlieu, sujet alors peu attirant pour les médias à l'époque tout en collant parfois d'habile verset ("allez vous faire F...non, je prefer passer outre!" grand). Sinon Claude MC est plutôt obsédé par le passé (qui lui revient comme un bilboquet), qu'il décline à plusieurs reprise, allant jusqu'à l'autoparodie. Si l'artisan du verbe baigne son disque dans la mélancolie, il trouve rapidement la limite de son discours dans l'incapacité qu'il aura par la suite à développer des choses plus pertinentes. Dès le suivant, la magie disparait, "Les temps changent" n'étant qu'une redite, sans parler des calembours, 10 ans plus tard type "da vinci claude". D'ailleurs il ne sera pas le seul responsable de cette chute puisque le duo de producteur, probablement plus motivé par le projet Cassius alors naissant, habillera de façon bien pute le "paradisiaque" qui succèdera 3 ans plus tard à ce second jet. Reste donc ce disque, un peu seul dans cette discographie aride en qualité, mais qui peut, à lui seul, justifier d'un intéret certain pour "l'homme qui capte le mic et dont le nom comprend double A".

mardi 12 mai 2009

AGORAPHOBIC NOSEBLEED-agorapocalypse


ANB, le retour. Un mec s'est barré y'a quelques temps déja, laissant la place à une demoiselle tout en rage qui hurle comme une tough girl s'égosillant sur du hardcore moshpit 2.0 dans tes dents. Sur moults passages d'ailleurs, Hull ralentit un peu le BPM et ANB semble plus proche du hardcore/metal que jamais. Mais ne vous y trompez pas, ANB reste le maitre du grind new school ultra violent, et comme le disait Broadrick, le groupe joue tellement vite que ça en devient parfois psyché. La production est ultra massive, mais le plus étonnant reste la programmation de la BaR. On savait que Hull s'appliquait tout particulièrement dans cette étape, mais désormais, l'illusion est totalement bluffante, d'autant plus qu'elle ne sonne plus comme une simple BaR, mais comme un réel batteur, Hull ayant très probablement travaillé avec des samples. Si bien que vers le milieu du disque, ANB offre un...solo de batterie! Bluffant, et ultra recommandé pour ceux qui ont un intéret dans la chose.

SCORN-Stairway 12"


Dans le genre "je suis atteint de collecitonnite aigüe, voilà un disque mono face de Scorn pas dégueu. Rien que le principe du disque ferait regretter de ne pas s'être rendu, ce soir là, au concert: tout est expliqué sur la face B du 12", et voici ce que cela raconte:

"★★★★★ Cheers for coming along to the Scorn launch night at The Crypt! You are now the proud owner of this special ltd edition one sided promo 12" by ~ Scorn. Only 250 made! The track featured is "Stairway" - taken from the forthcoming Scorn album "Gyral" (released in October '95) Your ltd edition number is → ___/250. Collectors price £50!!! Etched by Chin!!"

Ultra-Enjoy!

GRAILS- Doomsdayer's holyday


Grails est passé en peu de temps (à vrai dire, le temps d'un split) de gentil groupe de "post rock" à celui d'excellent groupe tout court, sans post ni rock. L'entité s'est développé son propre son, s'éloignant de n'importe quelle école, et s'affirmant à chaque enregistrement avec une identité bien singulière. En effet, Grails semble plus à voir avec le progressif et le rock psyché qu'avec ses petits contemporains avec qui ils partagent parfois un label. Amos et son posse dessinent une musique sans barrière, qui pioche vers la musique de film, les mélodies orientales, les rythmiques free jazz. Une pincé d'Art Ensemble of Chicago, une louche de King Crimson, une cuillière de Can, un zeste de Morricone. Le groupe tisse ainsi cette musique trouble, aussi bien dans les compositions, tortueuse, instables, que dans le son même, vaporeux, imprécis (ici, en qualité) qui semble apte aux "hallucinations sonores" comme ils se plaisent à présenter eux-même la belle affaire. Aidé ici de Randall Dunn, qui assure production et synthés analos, Grails redéfini une musique qui s'enferme trop facilement dans le cliché pour offrir un disque ambitieux, qui brise les cases de la composition rock moderne. En un mot comme en cent, ce groupe est passionnant.

samedi 9 mai 2009

SND-Atavism


Quand d'habitude je mets une photo avec une certaine mise en scène de l'objet, c'est que, tout simplement, je n'ai pas eu le choix, y'avait rien d'autres de dispo sur le web qui me paraissait utilisable. Celui ci pourra être l'exception: il me semble que cette photo met plus en valeur les qualités visuels de cette pochette qu'un simple scan de face.

SND est un groupe assez discret, et intrigant. Assez connu et respecté dans le milieu, ils sont pourtant parmis les plus discrets activistes de l'Electronique exigente et pointue -je devrais déposer cette appelation EEP...ou EPE...je sais pas. Quelques albums chez Mille Plateaux, puis Rob Hall, moitié du duo s'est occupé à d'autres projets. L'an dernier, ils ouvraient pour Autechre, et sortaient un maxi "4,5,6" aussi vite écouté qu'épuisé (et donc disponible sur ebay contre une rétine). Si j'avais trouvé leur musique sur scène un peu facile de par son hermétisme "tout au laptop", il y'avait néanmoins des agressions de maitrises sonores qui méritaient attention (le pasage de l'infrabasse qui retourne le boyau, foutrement bien planqué entre deux morceaux, rappelez vous!). Curiosité "on". Finalement, Raster Noton vient à la rescousse de l'auditeur désespéré et sort ce nouvel album. SND y fait ce qu'on pouvait attendre d'eux: une musique electronique...exigente et pointue! Minimalistes, les compositions s'articulent autour d'idées simples et progressent lentement vers d'autres formes, comme des glissements électroniques passant d'un plateau sonique à un luxuriant geyser digital. Froide, la musique l'est, mais propose une sorte de mélancolie presque impalpable tant elle apparait sous entendu derrière la rudesse des structures. Derrière un hermétisme évident, grouille en effet une sorte de plaisance auditive qui n'est pas sans appeler -excusez le raccourci- l'album amber d'autechre, ou encore un boards of canada mais qui aurait viré la chaleur analogique pour essayer de faire sonner un oscilloscope avec leurs propres règles. Ce qui se dégage c'est qu'au bout du compte, la formule fonctionne et que passé une première écoute qui peut dérouté, l'album amène l'auditeur loin de là où il pensait se rendre: vers un disque passionnant, extrêmement bien construit et obsédant, mais dans le bon sens du terme.

Si ce magnifique album vous tente, je ne peux que vous conseiller de vous le procurer via le label directement, car les magasins le revendent une fortune dûe au prix de l'import.

Curiosité "off".

dimanche 3 mai 2009

VENETIAN SNARES-Filth


Funk avait un peu joué le jeux du "retour de l'electro rave à l'ancienne" l'an dernier avec detrimentalist, qui multipliait les sons de vieilles bornes arcades mais aussi des sons de bécanes empruntés aux premiers morceaux techno des années 90. Bref, l'an dernier , il y'eut ce retour de l'ancien son electronique avec son album, mais ausis la réedition de Basic Channel, ou encore le dernier Prodigy qui affichait la même mine. Aussi, quand on a vu la pochette de Filth et que, de surcroît on avait lu le titre, on pouvait penser que le ton allait considérablement se durcir chez Funk. Et pourtant, pas vraiment. Les sons sont moins jouasses que sur le précédent, mais la débauche de beat et de breaks en tout genre est moins virulente que sur le précédent, comme si le rythme s'était calmé tandis que la bassline s'était déchainée. Alors certes, il reste cet esprit gabber à la yahourtière mais VS continue de proposer une vision différente de son trip sonique à chaque disque, et bien que la TB soit dans le formole, visiblement, cette démarche est tout à son honneur.

KODE9-Black sun/2 far gone


Kode9 fait parti, à mon sens, de ceux qui ont prouvé qu'il était possible d'imposer le format album pour le dubstep. Car le disque sorti précédemment avec Spaceape avait cette touche supplémentaire, cette aura qui lui conferais une légitimité à rester dans la durée, à dépasser le cadre du simple maxi, au même titre que de trop rares albums. Jusque là, si vous passez régulièrement ici ce discours ne vous est pas inconnu. Mais il faut croire que, simplement, les artistes de ches HyperDub ont ce petit truc en plus, cette capacité à ne pas pondre juste des suite de morceaux où finalmeent pointe l'ennui passé les 5 premières plages (Distance, Pinch, 2562...). Bref, nous n'avions pas chroniqué le disque de Kode9 mais il fait parti des excellents albums du genre, une réussite totale de par ses ambiances travaillées, ces voix soufflées discrètement comme toiles de fond. Kode9 revient en solo avant un album à paraître cet été avec ces deux faces gravés. Le beatmaker livre deux titres qui sortent les mêmes sons old school type jeux vidéos de l'album, mais les colle à des rythmiques plus cadencé, plus riche, orné de percussions digitales venant gonflé le beat premier. Une jolie sensation mélancolique se dégage de ces deux plages, courtes, comme vous l'aurez compris.

samedi 25 avril 2009

CYPRESS HILL- Stoned raiders


On est quand même rarement méchant sur ce site, et pour une bonne raison: vu qu'on ne nous envoi pas de promos, on chronique ce qu'on se procure (légalement la plupart du temps). Et sincèrement, se payer des disques de merde ne fait pas franchement parti de nos loisirs. J'ai pourtant fait l'incroyable, redonné une chance à un album que j'avais soigneusement planqué, genre dans l'endroit le plus rude de chez moi pour dénicher un disque, avec l'espoir de ne jamais retomber dessus. J'aurais pu choisir n'importe quel autre disque de Cypress, mais non, il fallait que ce soit celui-là. Pourtant je crois bien être capable de trouver des qualités à Skull & Bones, pourtant loin de fracturer une patte à un canard. J'aurais pu parler de temple of boom, leur chef d'oeuvre mais ça sera pour plus tard -demandez pas quand. Mais non, par je ne sais quel concours de circonstance c'est celui-ci que j'ai été déterrer. En effet, cette semaine j'ai entendu des gens dire du bien de ce disque, alors que j'étais resté sur l'idée d'un album plutôt raté. Verification. le fait est que tout dans cet album est embarassant, si bien que si je le pensais peu aboutit à sa sorti, maintenant il n'y a qu'une seule possibilité: c'est une merde. Tout dans ce disque est mauvais, Cypress tourne à vide, ils se parodient eux-même, B Real devient non plus un MC intéressant de par sa voix mais plutôt une sorte d'élément des plus pénibles à écouter. Muggs, le patron du posse conçoit des instrus plates, sans le moindre intéret. Les morceaux en général sont niais, le groupe imite Cypress Hill en faisant du remplissage: un mauvais morceau typé metal en ouverture, riff zéro degré, une reprise/coda de "how i could just kill a man", ou encore un morceau retrospectif un peu laborieux. Les mecs de fear factory sont mis à contribution pour les parties rock, Bobo fait les batteries, et un morceau plutôt pute avec MethodMan et Redman: Rien de mémorable, au contraire. Sur les photos du disques, tous se sont laissé pousser les cheveux. Visiblement, c'était une période difficile pour le crew.

lundi 20 avril 2009

ZENI GEVA: Pan!


Je me rappel quand le dernier album de Zeni Geva est sorti, la bio promo commençait par "Zeni Geva are legends". Aujourd'hui -soit 8 ou 9 ans plus tard, le temps passe tellement vite- aller voir ZG sur scène c'est être sur d'aller voir des légendes. Noise depuis le début, brut, composé de KK NULL, le nom qui arrache un sourire aux plus scéptiques, le noise maker japonais himself, de Tabata, ex boredoms et du batteur originel, également artisan chez Ruins, Zeni Geva foule le sol Parisien -ou presque- après une tentative avorté l'an dernier suite à des problèmes familiaux. Je passerai vite sur Stuckometer, j'en attendais plus de ce groupe que la salle a bien vendu sur son site, car je crois qu'en ce moment, le free rock bruyant abstrait et surtout aproximatif ne me fait ni chaud ni froid, si ce n'est que ça m'ennui et que pendant tout leur set, mentalement, je me demandais comment ça se passait entre un promoteur et ce genre de groupe pour boucler une soirée. Ils sont payés pour ça? Derrière, ZG enquille sauvagement, avec un son d'une extrême lourdeur -par rapport à cette sympathique salle, on peut en déduire que dans une plus grosse structure, le trio aurait tout brulé sur son passage. A l'heure ou tant de groupe se tente à une noise qui peut vite pêcher par quelques maladresses, Tokyo envoie une de ses plus brillantes comètes, une de celle qui affiche une maitrise du son, une éxécution exemplaire. Du coup, pas la peine de palabrer des heures sur ce set majoritairement articulé autour du dernier album en date, car simplement, le niveau de ce groupe est au dessus du lot, largement. En un mot comme en cent: Zeni Geva are legends.
ps: On me signal que j'ai oublié de parler du public. Ceux qui passent régulièrement ici savent une chose: je suis un poissard, dès qu'un casse couille vient en concert il me trouve, et se fout à coté de moi. Pire encore , il me poursuivra si jamais je tente une évasion. Cette fois-ci ce n'est pas un mais plusieurs indigènes. Une tribu, car comme le disait Alan Grant au début de Jurassic Park: "ils se déplacent en troupeau". L'équipe nous a prouvé l'interet d'avoir des drealocks - pour des coups de fouets- et d'avoir bien manger a la cantine étant petit -la graisse collante, ca dissuade. Je ne parlerais bien sur pas de la consommation de houblon, signe distinctif des plus beaux énergumènes. Je finirai par dire que l'hygiène et rock'n'roll reste quand même deux notions qui peuvent ne pas aller de paire, car comme me l'a si bien fait remarqué Monsieur Drago pendant un de leurs exercice Decathlon: " En plus ils puent!".

vendredi 17 avril 2009

VENETIAN SNARES aux caves Lechapelais


Ambiance techno crust teuf-moi-non-plus-j'y-étais-pas-en-94, défilé de dreadlocks, sarouel, Queshua, sketchers et treilli Celio*-finalement la geekomunity electro qui martèle a plus de lien avec celle du hardcore punk qu'elle ne pourrait le penser. Moults première partie (quelques bonnes pistes de la part de Krumble, même monsterX) puis le Canadien enchaîne et va plus loin que les autres, un truc en plus, ça marche mieux, ça sonne moins gabber thunderdome à la Yahourtière, même si ca bourre du beat dans un genre des plus délicat. Le fun. Aussi percutant qu'en disque, le son en plus, les danses embarassantes aussi.

jeudi 16 avril 2009

(HED)P.E.- s/t


Y'a quelques temps, mon collègue sous forme de défi avait décidé de causer d'un des rares bons disques de Néo Metal. Rares? Oui, il y'en a eu quelques uns, vous pouvez les compter sur les doigts d'une main, même en ayant perdu des doigts, mais à condition d'exclure la formation de Chino Moreno. Les noms? Le premier LB, l'unique (à ce jour) Snot (et encore, on est vraiment plus proche d'un punk-metal/funky qu'autre chose), et ... le premier album de (Hed)PE-responsable de cette immonde pochette qui vous a probablement froissé la pupille, en plus de rentrer facile dans le top 5 des visus les plus laids jamais osé. La formation Californienne dépose sur un album aussi discret que fantaisiste une suite de compisitions tordues, qui tout comme le groupe Floridien au même moment s'affranchie complètement du format chanson pour étaler ses compositions jusque dans des outros indéfinies, des breaks sans fins, confus. La guitare se mèle aux samples de façon troublante, sort de son cadre d'instrument rock et va tacler les sons SF (en relation aux paroels type "conspiration partout") en passant par la case WahWah si chère aux beastie boys qui ne doivent pas être le dernier de la liste "inspirations". Le son de la batterie, tout en tension et en précision marque une rythmique très légère (qui ne déborde pas) et maitrisé, qui se couple à de profondes basses très loin des grosses baveuses délivrées par le rock noise de la même époque. Helmet devrait cependant demander des royalties? Y'a de l'idée. En fait ce disque, tout comme la bande à Borland jouit d'une certaine approche innocente de la musique, presque originale puisque ces morceaux se construisent de tout et de rien et, au risque de me répéter, sortent du cadre de la composition classique, mais se relance continuellement d'accidents sonores. Le DJ n'est bien sur pas innocent dans l' approche particulière du groupe, sorte de pirates dreadlocké (pas encore à l'époque) qui jette les disques qui ne lui serve plus dans la foule en concert et fait du skate entre les autres membres quand ses platines ne sont pas sollicité. En fait (hed) pe éxécute sur ce disque un album...fun. Pas prétentieux, la musique du combo s'articule autour de thématiques distillées par un chanteur qui aurait presque toute légitimité à pratiquer ce rap/metal/reggae maladroit puisqu'il est un des trop rares "minorité visible" avec le gazier de Candiria à officier dans le genre. Problème, les gimmicks ne passeront pas le cap du "difficile" second album, le groupe se perdant en facilité pré-metalcore avant de se perdre tout court dans un turn over des plus hallucinant. Ce disque, sorti en 97 (rappel toi les chemises attachées bien jusqu'en haut avec un dickies) demeure cependant une sorte de sous-beach boy orienté metool rap pas dégueu, mais aussi un exemple de créativité pour pleins de jeunes gens qui dans leur garage, reprennent encore une fois Killing in the name. Audacieux.

mercredi 15 avril 2009

100% DYNAMITE! Dancehall reggae meets rap in New York City


Soul Jazz a déja été évoqué ici. Si vous ne vous en rappelez pas, il y'a une chose de sur: c'était pour en dire du bien. Car ce label est excellent, mené par de vrais passionnés de musique au sens large, très large. Les mecs derrière Soul Jazz piochent dans les plus obscurs bacs à disques (ceux de leur propres magasin, sounds of the universe à londres?) pour dénicher perles rares, très rares, 7" épuisés et pressé à peu d'exemplaires. Non, ils ne vont pas à la recherche de références d'AmRep, mais plus vieux encore, genre premier 45 tours de Throbbing Gristle ou dubplate de Lee Perry (dans l'idée). Voyez? Ils sortent depuis plusieurs années des compils qui suivent des thématiques précises (les débuts de l'acid house, les dub du studio one, le post punk brésilien, les premiers disques DIY, le funk de la new Orleans, les premiers enregistrements hip hop de la grosse pomme etc...) toujours accompagné d'une trame graphique propre au label: coloré et à la limite du mauvais gout, mais quand même agréable et toujours bien documentée. Alors certes, tout ne peut pas intéresser le chalant chez Soul Jazz, mais prendre le simili risque de se plonger dans une de leur compilation est la quasi certitude de s'ouvrir à de nouveaux horizons tant ce qui domine ici n'est finalement pas le style mais l'amour de la musique. Le dernier exemple en date est cette excellente double compilation des formations qui ont mélangé hip hop et reggae à New York (only). Vous n'êtes pas franchement du genre à vous enquiller ce genre? Pas grave, vous avez quand même de grande chance d'apprécier ce double. SoulJazz déterre des trucs aussi obscurs que Fu Schnikens, Mad Lion, Lady Appache ou même Shaggy, le même looser de Boombastic, qui dans ces premiers essais imitaient le cheval en beuglant sur des beats minimaux et enragés. En démontrant que le dancehall peut être agressif et créatif, les productions massives des morceaux compilés ici forment un ensemble cohérent et invite à découvrir un genre quasi inexistant (finalement). Bref, une compil Soul Jazz dans toute sa splendeur: indispensable et singulière.

DISTANCE- Repercussions


Après une écoute succinte au casque d'un magasin qui me poussa vers la caisse avec le disque en main, je pensais que Planet µ s'était spécialisé dans la violence y compris dans ces signatures dubstep. Que nenni, même si les corones de ce brave DJ sont effectivement parfois moulinées par une pédale de distortion, la musique de Distance est quand même plus délicate que celle de Jamie Vex'D, pote de label, ou que de Mr Harris, leur maître à tous -quelle drole d'obsession on fait ici. Distance semble typiquement le mec qui s'est interessé aux musiques électroniques suite à son incapacité à intégrer un groupe de metal. Bref, encore un metalleux contrarié. Et quelle option avait-il, ce pauvre bonhomme, si ce n'est celle de trafiquer un fruityloop pour se faire plaisir? On vous le demande. Second album ici décliné sur deux disques: un premier qui semble être purement l'album, un autre une sorte de ...compilation de single (?). Le premier fait son rôle d'album, se construit, monte, redescend, bref, tout le travail "dramatique" tout en tension de l'érection d'un album, envisagé tel quel, alors que le deuxième rassemble un amas de morceaux allant du bon au passable, comme ce terriblement mauvais misfit qui mélange violons classique et guitare trash old school- qui a dit "indigeste"?? Comme souvent dans le genre, les maladresses peuvent largement faire passer un album de bon vers "dispensable", ce qu'est exactement ce disque, à défaut d'être mauvais.

GODFLESH- songs of love and hate+love and hate in dub+in all languages


Broadrick s'évertue à dire à qui veut bien l'entendre que son dernier projet, Jesu, est bien plus libre que Godflesh ne l'a jamais été. Peut-être que monsieur Flesh devrait prendre un peu de son temps pour se repasser les bandes de songs of love and hate. Bon, l'espingouin en a déja parlé, et il était même étonné que je n'en ai causé avant lui. Semi-réparation, l'essentiel a déja été dit. Cet album reste néanmoins un des sommets de Godflesh, celui de l'intégration parfaite d'éléments plus organiques (comprendre la batterie de Brain Mantia) dans la musique plus industrielle du duo Green/ Broadrick. Le son du duo se réchauffe, moins froid et clinique que le précédent Selfless. Le groove refait une entré fracassante après une premier immersion dans Pure. Et la fin de l'album offre un de ces moments où les anglais, de manière inattendue, pose un morceaux des plus mélodiques, puissant, où la voix de Broadrick, à la limite de la justesse, guide le magma sonique, préfigurant ainsi une large partie de ce qui se prostituera plus tard sous le nom stupide de "post hardcore".

A peine cet essai transformé, Broadrick et Green, toujours dans ce projet sans liberté (sic) dilate leur version "rock" d'un alter égo "dub" qui renforce le coté rythmique déja extrêmement présent sur l'original. Le son y est cette fois colossale (suis-je un des seuls à déplorer la production de l'original qui aurait pu être un poil supérieur?), la basse de green vrombit comme jamais, ramone le bas du spectre toujours avec cette délicatesse de bûcheron qui, encore une fois, fera largement école plus tard. Si les voix peuvent devenir cette fois-ci hors de propos-ou tout du moins singulières- Love and hate in dub demeure un album primordial dans le parcours du duo, et pose ainsi un album de remixs des plus interessants.

Enfin, ce petit coffret de misère proposé par EAR"beurre dans les épinards"ACHE ressort aussi le plus que dispensable "in all languages", dvd regroupant un ensemble de clips tous miséreux, avec peu de moyens. Presque aucun interet, sauf pour le fan hardcore, mais qui n'entache en rien l'intérêt de se procurer cette boite pour l'ensemble, puisque les albums de godflesh deviennent de moins en moins évident à dénicher.

Et si, à l'occasion d'un ATP, Green redonnait signe de vie pour nous pondre une reformation évenement de Godflesh (et la france de rester sur le carreau pour une tournée éventuelle)?

mardi 14 avril 2009

FIEND-Agla


Alors que le genre se sursature de groupes médiocres qui jouent plus mal les uns que les autres - car il ne faut pas mentir à nos lecteurs, savoir repéter un seul riff pendant un morceau de 7 minutes n'est en aucun cas une prouesse technique- Fiend fait plaisirs aux oreilles et conforte le consommateur que cette fois, ces deniers n'ont pas été vainement perdus dans un "disque de plus". Avec un line-up assez hallucinant (composé d'anciens... non laissez tombé, vous l'avez déja lu partout) Fiend dépose une poignée de compositions qui vont piocher dans le doom stellaire, inspiré et surtout magnifiquement branlé. La voix d'Heitam, pote d'Adam Jones (je voulais le placer) et MC de Senser (notez avec quelle subtilité je vous amène tout cela pour simplement dire que ça brasse large) va s'encanailler loin de ces performances de frontman techno/hip hop/rock pour aller piocher du coté d'un Ozzy dépossédé du blues originel, accompagner par l'incroyable frappe de Monsieur Doucet, celui la-même qui par son savoir faire rythmique faisait en grande partie et à lui seul une des forces de Kickback (sur scène comme sur les 150 passions). Accelérations, breaks, China placé tout en puissance, Doucet habille et dynamise les compositions tissées par le quatuor tout en aisance et martèlement. Les deux autres qui se partagent les 10 cordes présentes -Heitham assure aussi quelques guitares- ne sont pas en reste, mais ce qui reste en tête, à la sortie de ce trop court disque, c'est qu'il y'avait un moment qu'un disque du genre n'avait pas été simplement ...bon!

jeudi 9 avril 2009

Oddateee - Halfway homeless

It's the O, the O, the double D, the A to the T to the triple E. Elle nous marquera celle là. On aimerait tous se présenter de cette façon. On aimerait tous avoir autant de références aussi. Et de bon goût dans le métissage de celles ci. Cet album est frais, il suinte l'urbanité. Il vient du bronx, de là d'où viennent tout ce qui nous a façonné (des baggys à la violence, des drogues à la critique de la société). Quelque chose est touchant chez cet homme, dans sa façon d'aborder des thématiques souvent surjouées, mais terriblement réelles. Oddateee raconte sa vie, crache sur tout et pas grand chose, laisse transparaitre une rage anxieuse et triste. Son flow d'ailleurs nous rappellerait presque des grands noms du Wu tang, de la maladie de Ol' dirty bastard à la classe de Method man. Puis ce jeu sur les ambiances, cette variété assumée, entre electro industrielle, beats ravageurs, piano, ambiance plus groovy (Ricans) ou ces nappes éreintantes (Godbody, pagan baby). Oddateee donne l'impression de faire partie de notre bagage hip hop depuis trés longtemps car indéniablement il surfe sur des acquis (c'est sensé être négatif si c'est bien fait?). Il sonne vrai, terriblement généreux, et c'est pour cela qu'Halfway homeless s'impose comme un des disques hip hop de l'année. Wake up son this is just a dream! Mais alors un trés mauvais (Not even one).

Made in Mexico - Guerillaton

Yo soy hijo de la revolución, pendejo. Que os den por culo a todos y que se vayan a la chingada estos gringos. He quedado claro wey? Que nunca más vea tu pinche cara por aqui.
Mitigé. Forcément sur papier ça fait rire. Mais de suite le son fait moins rire. De la no wave, du noise rock joué avec des rythmes latino (et c'est même pas qu'un truc alléchant, vrai de vrai sur les envolées lyriques). L'ex guitariste d'Arab on the radar use du côté aigu de son instrument, des sons saccadés, assez similaires tout au long de la galette, terriblement groovy et péchus. Le courant passe rapidement, c'est assez easy listening de bout en bout, en quelque sorte un Mc lusky ayant mangé trop de frijoles et de chile. Par dessus la maitresse de cérémonie réhausse le niveau total avec des vocaux complétement possédés et variés, incantatoire, délirants, chuchotés ou même criés.
Le gros problème, c'est que sur la durée, ça a fortement tendance à nous fatiguer et a répéter la même sauce. Et ce qu'on aime dans le bon chile made in mexico, c'est justement que jamais deux n'ont la même saveur, même si les deux piquent. Ils auraient gagné à livrer un ep plus cohérent et moins lassant.

mercredi 8 avril 2009

Doctor Flake - Minder surprises

On l'affuble de tous les noms, de toutes les comparaisons possibles, de toutes les etiquettes inimaginables entre abstract et cie, sorte de dj shadow français (lu quelque part, vous ne rêvez pas). Avec ce Minder surprises, il faudra se résoudre à l'évidence, trip hop lui convient bien. Surement du à cette intrusion de guitare, de feeling pop, de vocaux et d'ambiance sexuelle qui nous rapelle evidemment le mezzanine de Massive attack. Cette chaleur on la retrouve tout au long d'un court album qui ne s'use à aucun moment, se livre facilement et soutient la comparaison avec ses précédents efforts. On virevolte entre certaines ambiances, en commençant par cette reprise de la BO de requiem for a dream (decidemment cette chanson fait fureur dans la scéne française, on repense à l'hommage live que lui a fait Ez3kiel sur son versus tour). Richesse des instruments, variété des ambiances, on navigue entre un mélancolique fightclubbing et des morceaux plus rageurs, où la rythmique hip hop (let us play with your brain, eclarcie) se mélange parfois à la rage d'un flow (hip hop tourist). Finalement ce doctor flake n'invente rien, on rapprocherait les samples et les morceaux de pleins de groupes différents. Mais il reste frais, et s'écoute tout seul.

Khanate - Clean Hands go foul

Ya quelque chose de pourri dans le royaume. Tout ce temps pour sortir cet epitaphe douloureux, chute de sessions de Capture & Release, tout ce temps pour le retoucher, tout ce temps pour l'améliorer. Tout ce temps pour livrer l'oeuvre la plus aboutie de l'entité doom/pré doom/post doom/apocalyptique la plus interessante de toute la masse des projets de O malley et compagnie. Khanate marque quelque chose de différent, Things viral nous l'avait prouvé en son temps. Khanate est un peu le depottoir public, la catharsis ultime, la tension jamais déchargée. Et ici ils poussent encore plus loin. Dubin et consorts restent fidèles à eux même, poussent toujours le vice des silences à leur paroxysme, l'intensité du son suivi d'un rien qui rend le son posterieur encore plus intense que le précédent. Mais quelque chose dans les textures est largement différent, plus blindé d'effets, plus travaillée, moins évident, encore plus rampant et vicieux. Le tout est moins lourd, bien plus ambiancé et donc d'autant plus glauque. Plus retenu, plus sobre, plus maitrisé aussi surement, Clean hands go foul explore des contrées où n'était jamais allé khanate: certains riffs se font même plus bluesy, des distortions, des reverbs passent plus dans les aigus, la rythmique se fait plus bruitiste, moins calé, jouant sur la variété des textures possibles (importance des cymbales). Dubin se ballade toujours au dessus de ce magma haineux, de ce désert d'amour, en éructant comme jamais, possédé comme à son accoutumé. Le dernier Khanate, mais surement le meilleur. Et ca n'est surement pas ce morceau fleuve final qui me contredira, cauchemardesque comme peut l'être un disque de megaptera, éreintant car plus proche de l'ambiant que du doom, khanate est allé bien plus loin, pour la dernière fois...

Mi Ami - Watersports

Avec un nom de groupe pareil, un nom de disque pareil, ça sent la future hype. Et qu'est ce qu'elle serait meritée. Parceque j'ai rien compris. Il t'arrive quelque chose de fort dans ta gueule, tout déconstruit, sans aucune concession, des mélanges de partout, et pas des plus mauvais, sur une difficulté des structures plus que déroutante. Imaginez Talking heads qui aurait copulé avec un groupe psychédélique, à tendance funky. Ouais c'est ça en fait, les Talking heads modernes. On pourrait en dédier un chapitre dans American Psycho. Et c'est pas ce chant sous hélium complétement délirant (qui a dit irritant? reecoutez moi ça) qui me fera dire le contraire. Ya du meurtre dans ce disque, de la folie non contenue, ou plus sournoise (Pressure). Puis la continuité est trop forte, nous avons à faire avec une seule piste, de ce post punk tribal funky halluciné, qui virevolte avec les émotions pour mieux nous lacérer ce qu'il nous reste d'agressivité. Aprés je mets mes oreilles au calme, promis.

The Prodigy - Invaders must die

Alors c'est pas moi celui qui en parlerai le mieux, et c'est pas moi le premier qui en parlerai. Mais bon, le collègue ayant parlé du live, et de Invaders must die sur sa sortie single, je me colle au disque, car ça commence à faire quelques temps qu'il tourne. Et le temps fait son effet avec ce disque. Au tout début on trouve ça pas terrible, voire complétement faisandé, kitsh à souhait (les claviers sont des fois insupportables, certains vocaux hispanisés dignes d'un des pires morceaux de makina: refrain de take me to the hospital) ou resucés. En même temps Howlett nous avait déjà quasiment tout dit sur Music for the jilted generation, dans un disque d'une densité accablante et d'une richesse sans fin pour l'époque toujours aussi actuel dans une musique rapidement obsolète. En 2004, le AONO avait plus que déçu, suite à un fat of the land en forme de cercueil d'inspiration, mal caché par une ribambelle d'invités qui rendait l'écoute entière fatiguante.
En 2009 Prodigy renoue finalement avec le plaisir, avec ce qui les caractérisait depuis le début, la folie des beats, des changements rythmiques, cette fusion rock/punk/electronique/dance allant à l'encontre de l'intellectualisme, véritable teuf sur cd, rassembleuse et fédératrice. C'est un peu tout ça à la fois ce invaders must die, du chanteur reggea de thunder, au retour de la voix dance féminine de warrior's dance, de la folie mélodique qu'est take me to the hospital, le funk groovy de colors, ou même l'hymne house que peut représenter Stand up. Invaders must die n'est rien de plus que du prodigy version 2009, au sommet de sa forme, donc rien de bien décalquant pour ta face vu que de l'eau a coulé dans les musiques electroniques dansantes depuis music for the jilted generation, et que pleins de groupes se sont accaparés ce créneau electro/rock. Mais il faut quand même dire que malgré des premières écoutes laborieuses, ce disque nous met tous d'accord sur l'arrivée, et laisse bien loin les justice et autres fatiguants suiveurs. Contrairement a AONO, Howlett a renoué avec l'inspiration, l'envie de renouer avec sa passion pour la teuf musicale.
En prime, un objet plutot classe, qui contient un dvd un peu light mais plaisant, surtout pour les vidéos live de world's on fire et warrior dance. On y voit le potentiel live de ces morceaux (décrits par l'autre à paris) et surtout un prodigy toujours aussi en forme. Pour les clips de Omen et Invaders must die, les vidéos sont belles, mais j'ai encore du mal avec invaders must die.
Rien de nouveau, rien de moderne, mais le retour de l'efficacité qui caractérise ce groupe depuis pas mal d'années. Il m'aura bien eu au final...Pourtant c'était pas gagné.

mardi 7 avril 2009

Dälek+Oddateee@Rockstore (Montpellier)

Pas trés original de suivre une chronique par une autre, à croire que l'inspiration ne coule plus. En même temps, si je me permets de chroniquer l'écho provincial de ce concert au nouveau casino c'est sûrement car certaines choses seront à ajouter ou nuancer par rapport a la torgnole parisienne (visiblement).
Déjà on a eu le droit à notre salle quasiment vide, et bon, déjà que le rockstore n'est pas forcément la meilleure salle que j'ai fréquentée, vide elle laissait une sorte de malaise palpable. Puis c'est aussi tout ce public non hip hop , qui venait surement à son premier concert de hip hop en majorité.
Et c'est sûrement d'ailleurs sur ce point là que Dälek revient aux sources de from filthy, dans ce retour au hip hop, aux bases old school qui forme son son et ses origines. Fini les premières parties de groupes de post rock/core hypes, dälek s'entoure d'Oddateee qui vient pour nous parler du "real hip hop". Le gazier m'avait pas forcément marqué sur cd, avec quelques moments cools mais une ambiance sonore un peu lointaine. Bon, Montpellier ne dérogera pas à la règle, on aura notre session DJ, plutot cool d'ailleurs, avec du scorn, du dälek (!), un peu de dub, un peu de ragga, de dancehall, et même du missy elliott (sic). Mais bon, il aura pour mérite de chauffer le peu de monde présent pour lancer sur sa propre prestation (des plus cheaps) ou il s'accompagnera tout seul a l'aide d'un mac. Bon alors le mec est visbiblement enchanté de cette tournée, et il nous fait bien rire, ya même de trés bons passages, virulents et haineux, mais certains gimmicks deviennent repetitifs: tuons notre ex girfriend, NY sucks my dick, gimme a O to the double D to the A to the T to the triple E. Ouais, ok.
Mais lorsque Oktopus s'empare des machines, le son prend une ampleur agressive, quelque chose nous assaille. Déjà, la puissance sonique, mais aussi et surtout a quel point les samples vivent pendant que cette guitare nous triture le cerveau. Les samples sont ronds, ricochent mais nous agressent de face, comme une autoroute que nous prendrions en contresens. Peut être qu'ils auraient pu jouer encore plus fort (lorsqu'on voit la puissance sonore developpée sur le dernier morceau ou tout le crew se retrouve sur scéne) mais déjà quelque chose etait eprouvant.
Je rejoins Damo d'ailleurs, quelque chose de haineux, de noir, dans le flow plein de venin, dans ce bidouillage de samples toujours poussées a l'extreme. Vivant, le set evolue peu à peu vers quelque chose sans concession et d'une agression sans aucune pause. Dälek ne communique pas, il nous laboure juste ce qu'il nous reste de discernement. Surement trop court (je ne sais pas ce que le set a reellement duré ailleurs) du au manque de public, aux problemes de micro, et surtout legerement frustrant car on en demande toujours trop, on aurait voulu qu'ils nous rendent sourds, à vie.