vendredi 6 novembre 2009

WHITE MICE- GANJAHOVAHDOSE


Nous sommes menacés par une terrible maladie depuis quelques temps. Une pandémie mondiale pire que tout. D'abord apparue en amérique, cette maladie gagne progressivement l'europe et inquiète de plus en plus. Avant tout, elle touche une certaine frange de musiciens, qui sont tous plus ou moins issu du hardcore et dérivé. Certains ont même eu une période neo metal, mais ne l'admettent qu'à demi-mot. Les symptômes? Ils sont très simples à décrire. Ils se manifestent d'abord par le port obligatoire de t-shirts noires à l'effigie d'un groupe de rock'n'roll, le plus obscur ou le plus culte possible (au choix). Cela va ainsi du classique "black sabbath" au plus osé -avouons-le- Corrupted (par exemple). Les plus avenants ont même commandé des vêtements à l'éffigie de groupes tellement sombres qu'ils n'ont sorti qu'une cassette démo. De plus, l'aquisition d'un tatouage est monnaie courante. Une carpe, des fleurs, un crane, un slogan en latin, tout est assez éloquent et loin du cliché bien entendu. Ces musiciens ont une tendance naturelle à tout ralentir, dramatiquement, comme pour souligner que tout le malheur du monde, à porter, mine de rien, c'est lourd. Les accords de guitares sont souvent scandaleusement simples, mais efficaces. Oui, issu du hardcore, n'oublions pas qu'être un piètre musicien, en plus ne de pas être une tare, est surtout un truc à cacher absolument. Le batteur, souvent le pire de la clique, se contente de jouer affreusement fort histoire d'au moins faire croire qu'il a de la "gouache" (terme qui est apparu dans son langage à l'epoque du collège, alors qu'il découvrait machine head, et qu'il a transmis jusqu'à son amour de neurosis). Vu que tous se sont évertués à dresser une ossature musicale digne de ce nom ils embellissent au mieux cette première idée. Disposant d'un seul et unique riff enrobé de sa basse et de sa batterie ils décident de broder autour de ce thème fort nauséeux, en l'allongeant (7 minutes est un temps convenable pour un morceau court) au maximum. L'arrangement est alors un travail très subtil: sans disto, avec disto, sans guitare, avec guitare, sans deuxième guitare, avec deuxième guitare, sur les toms, sans les toms, avec basse, sans basse, avec disto, sans disto. Les plus singuliers ont même achetés un korg avec lequel ils ajoutent une nappe inaudible dans un passage des plus lourds et "chaotique" (terme utilisé pour décrire 80% des idées soumises par le guitariste dans la plupart des cas, aujourd'hui remplacé par le très en vogue "psychédélique"), c'est à dire un passage avec basse-avec cymbales-avec disto-avec deuxième guitare. L'autre astuce judicieuse, pour ne pas perdre les auditeurs c'est de tout gaché le peu de talent purement musicale qu'il restait jusque là en administrant une dose de chant. Celui -ci est forcément beuglé, et pas que de trucs malins. "I'm so lonely in the darkness of my room" et autre conneries sur "l'amour, la mort, la colère, la frustration et tout ce qui habite le groupe"est hurlé pendant 4 minutes (ca fait une monté de 3 minutes instrumentales pour un morceau court, vous suivez bien sur ?!) pendant que les autres font au moins l'effort de rejouer ce qu'ils ont lentement mis en place pendant 5 répetitions avant. Parfois même, quand le chanteur a eu un bac L, il cite Bataille, Céline, Debord. Enfin, cette terrible maladie se traduit même jusque dans le choix des visuels, souvent composé de créatures humaines ou pas, relativement déformés (un bébé sans jambes, un loup qui bave, un tigre-&-dent-de-sabre aux yeux rouges, des tentacules, un sorcier sans visage...) sur fond noir.

Certains autres groupes ont arrêté de se poser des questions depuis bien longtemps et essayent de faire du bruit le plus efficacement possible, en gueulant comme goret Ingram sur le boucan le plus pesant. Pour éviter d'avoir a regarder l'air mauvais le photographe embauché pour la promo, ils ont même couvert leur visage avec des masques crades de souris. Histoire que dans 20 piges, leurs mômes ne leur demandent pas pourquoi ils avaient des poses embarassantes quand "papa faisait du rock".

mardi 3 novembre 2009

Der blutharsch - Flying High

Toi et moi on a pris des pierres philosophales ensembles. On a entrevu les confins de nos peurs, pour mieux les tuer dans l'oeuf. Ensembles. On est arrivés à incarner notre esthétique rock n roll ultime, dans un rock industriel bardé de wah wah, sorte de Jimi Presley defoncé, complétement debridé. Der blutharsch avait peu à peu cassé la glace, pour s'enfoncer de plus en plus dans une folie énergétique psychédélique.
You and I we're Flying high. Notre épitaphe. N'ais pas peur baby, tu ne te rends pas compte que l'on planne juste complet. Lily Marleen est enterrée, les soldats aussi, et nous marchons mains dans la main dans ce cimetière guerrier, complétement stones, complétement highs, avec un sourire plus grand que l'holocauste. C'est juste toi et moi, complétement defoncés.
C'est aussi une belle poilade, pas forcément évidente au début, laborieuse dans ses retranchements, difficile à se mettre en place, car porteuse de sens. On a vus nos limites humaines, spirituelles, les possibilités se sont ouvertes en même temps que notre cerveau. Décuplons les possibilités, mais assumons les angoisses qui vont avec. Si tu tiens fort ma main, rien ne se mettra au travers de nous.
Beau comme un ours abbatu, sale comme une bourgeoise s'asseyant sur un vélo sans selle, mortuaire comme une procession de fourmis portant une miette de pain, kitsh dans certains effets comme du depeche mode plus qu'assumé, punk comme iggy sous prozac, Flying High en somme.

[bleu] - Sincère autopsie de la finesse

Le bleu comme couleur du vide, le bleu en contraste avec le blanc, représentant surtout la mer et le ciel, par symbole, donc pas grand chose. Associations d'idées manquantes, abstraction pure, le bleu comme un élément clinique. "La vie se trouve ailleurs". Les lignes continues se superposent, en couches, jamais trop pleines, fières d'une linéarité additive. Un bleu à la Reich, plutôt Steve, axé sur l'itération de lignes brisées, avec en arrière plan ce piano entêtant.
Mais là où la pulsation était un prémice du futur mélange électronique, chez ce bleu là, l'electronique est un prémice de la future pulsation. Les armes sont différentes, le combat est clairement opposé. La digestion des contemporains leur permet d'orner leur rock. Alors c'est peut être là le péché mignon. L'ornementation à outrance. Pour ce premier jet, ils n'ont pas fait dans l'étron. Réfléchi dans les moindres recoins, les choix soniques ont été largement travaillés. Minutieux et surement pas minus(ieux) dans le labeur, bleu peut se targuer de quelque chose de clairement soigné. Pourtant, cette production irréprochable se file vers des contrées plus assumées lorsqu'avance l'animal. Bleu se livre au fil des morceaux. Leur temps temps temps temps temps est le single, agrémenté d'un clip vidéo magnifique, et cette façon stakhanoviste de jouer se délie petit à petit, vers quelque chose de plus personnel, plus fin et plus bas ventral. Soniquement parlant, ils jouent la carte de l'apocalypse bruitiste avec une attitude révérencieuse (l'hommage à Pierre Henry joue cartes sur table). Brumeuses est un brulôt complètement maitrisé, où le son gagne à être plus qu'indécent, où le piano n'est plus qu'une abstraction vivante, où bleu s'éloigne de la côte pour livrer un paysage désolé, proche d'un fennesz dernière période, où la batterie de manu (pas le malin) se fait moins retenue, moins cymbalistique, plus martiale.
Clairement l'effort peut être salué pour ce premier jet, entre dégueulis sonore soigné, sorte de vomis dans une soirée rallye, entouré de bons intellectuels. Bleu est passé à côté d'un effort sigur rosien passe partout, laminé par la baverie mièvre qui aurait pu en découler. Mais la qualité des choix, des ambiances, l'envie de bien faire, de maraver le rotary musical, pousse loin le bouchon d'une esthétique contemporaine qui prend aux trippes. Les choix des chants, du format, des contrées visuelles s'impose aisément.
Bleu l'a trés bien compris. Le duo a envie d'en découdre avec leur fascination pour la musique contemporaine, les écrits qui en découlent, les associations de malfaiteurs artistiques où tout s'accorde: visuels, écrits, et sons.
En didascalie l'attitude à adopter: déconnecter myspace (où leur démo est en libre téléchargement (içi), arrêter de squatter les channels intellectualisants, et continuer leur quète d'absolu artistique, sans aucune frontière, cette fois ci dans des prestations live debridées.
Car c'est là bas qu'on les attend, et que quelque chose d'encore plus prenant se passera.

mercredi 28 octobre 2009

Massive attack - Heinken Music Hall (Amsterdam)

Ca commence par Martina Topley Bird, invitée par Massive attack sur cette tournée pour interpréter certains chants. Franchement, autant Tricky a l'oeil sur ses disques, et ses vocaux sont sublimes sur Nearly god, ou maxinquaye, mais là, à part une sorte d'ersatz de björk en mode chiant, je ne peux penser qu'à Camille, du genre "je joue avec mon loop system, et putain qu'est ce que c'est fun".

Par contre Massive Attack, c'est la guerre promise. Déjà, je les plains du son, méga aigu, qui modelera leurs chansons vers certaines contrées qui ne leur correspondent pas trop, un manque de grave marquant sur les plus anciennes chansons. Mais sinon, de A à Z ils maitrisent leur sujet. En passant des contrées les plus électroniques et limites dansantes de leur discographie, au côté le plus sexuel de Mezzanine, en passant par leur aspect le plus enfumé (safe for harms ou Karmacoma), le groupe se ballade au gré des ambiances urbaines de leur musique du monde, synthétique et libre. D'une richesse inouïe sur le son, 3D se révèle le véritable chef d'orchestre de ce crew dejanté (quand même une douzaine de têtes au total, pour une orgie sonore à aucun moment proche de la bouillie).
On retient Horace Andy en tête des vocaux qui soufflent, avec une attitude classieuse pour un défoncé de la soixantaine, qui impose gestuellement autant que vocalement, avec une envie et une joie scénique. On oublie pas Shara Nelson qui livre une prestation endiablée qui renvoie Erykah Badu dans les platines de mon collégue. Quant à 3D et Daddy G, ils se passent aisément le flambeau, l'un en fond sonore permanent, l'autre en crooner endiablé.
Le crew en impose au long de ce concert bien carré, visuellement familial et plein de gaieté, et les nouveaux morceaux se révèlent bien plus électro, mais aussi bien plus chauds que sur 100th windows. A part splitting the atom, sublimée en live, on retiendra un morceau plein de claviers, proche d'un prodigy d'invaders must die, enveloppé d'une ambiance à la dälek.
Rêveuse, l'ambiance l'est clairement, bardé d'un fond bien sexuel, et surtout une nostalgie à toute épreuve á l'écoute de morceau comme riginson, angel ou inertia creeps.
Le bouchon est poussé encore plus loin lorsque le crew revisite un teardrop tubesque en une version plus epurée, plus intimiste, où l'on retrouve la martina topley au chant. Osé, mais gagnant, pour cette chanson devenu generationelle.
En conclusion, on aurait eu Tricky, ça aurait été le paradis.

jeudi 22 octobre 2009

DÄLEK & ODDATEEE- Mains d'Oeuvres


Pas énormément de changements depuis le dernier passage en mars du groupe; première fois qu'ils jouent dans cette salle il semble. Reprenez donc les deux reports du printemps dernier et vous aurez une idée plus précise. Toujours bon (pour peu qu'on adhère). Destructo Swarmbot n'est pas sur cette tournée, et Oddateee s'est trouvé un public de plus en plus réceptif.

En revanche, en allant aux nouvelles, on apprends que le prochain Dälek est presque prêt, qu'il y'a déja 26 morceaux, et que le groupe n'a pas prévu de les sortir sur un support physique dans un premier temps, mais de mettre à disposition 2 ou 3 nouveaux morceaux par mois sur le net d'ici quelques temps. Les nouveaux morceaux sont décrits comme violents, très minimaux, majoritarement basé sur la voix et la basse, accompagné de quelques sons par dessus. Un coffret sera dispo, en théorie sur la prochaine tournée européenne, qui aura peut-être lieu a l'automne 2010. Oktopus a aussi fini le mixage de This Immortal Coil, album hommage à John Balance, et à bidouiller les bandes d'un groupe français dont je n'ai pas retenu le nom. Enfin, il a fini d'enregistrer 2 nouveaux morceaux de Starkweather décrit comme "particulièrement agressifs".

Bien à vous.

vendredi 16 octobre 2009

YOUTH:KILL - 21


Le 21 est un bar sympathique de Paris, où s'organise de temps en temps des concerts plutôt hip hop de qualité, avec une absence de scène assez amusante et l'obligation d'un niveau sonore faible, ce qui l'est nettement moins (amusant). Fin 2007, il s'y était produit le très bon concert de Thavius Beck et Subtitle (plus une tripoté de loulous dont la femme de Dj VADIM en "première partie", Yara Bravo) à titre d'exemple.

Youth:Kill est le duo formé par K-the-I??? et Walter Gross. On a déja parlé du premier à l'occasion de son dernier effort sur Mush, l'an passé. Le second est un discret fabriquant de beats à base de samples, qui crée une musique hybride, une sorte de hip hop experimental et progressif ou les samples évoluent en permanence, au même titre que la structure de ses morceaux, de ses ambiances et ses climats. Le gazier n'a sorti que très peu de disques, tous très confidentiels, mais il avait offert il y'a quelques temps un disque fort complexe mais magnifique chez Hip Hop core (=> gØØgle).

Mine de rien, sans première partie, les deux compères vont occuper l'espace sonore pendant presque 3 heures. Walter Gross commence seul, derrière le bar. Sa musique me semble plus limpide, plus évolutive et progressive que le disque que je connaissais. Le chaos est ici avant tout sonore et les structures sont moins accidentées. Mais la musique n'en est pas simple pour autant. Les beats sont dépitchés, lourds et grassouillets, tandis que les samples se superposent pour amener à une construction sonore proche du travail d'Oktopus ou de Tenshun -avec qui il partage un disque- riche en saturations et en strates détériorées. Parfois, Gross interromp ses morceaux pour lancer un sample de pure hip hop, lui aussi revu à la baisse avec les flow qui se démènent dans le grave, tout semble se perdre dans la lenteur, avant de repartir dans une cascade d'agressions complexement tissée par le beat maker. Il se permet même de faire évoluer en permanence ses morceaux, en modifiant et improvisant le rythme sur une base qui se boucle, en triturant les samples.

K-the-I??? entame ensuite un set en solo et instrumental à son tour, et la musique semble plus proche de celle de Beck, plus dans la forme que dans le fond. Bien moins électronique que la musique distillée par Adlib, le MC propose ici une musique plus proche de Prefuse ou d'Edan sur the beauty and the beat: habité de samples d'une époque révolue, la musique résonne comme un hymne à la gloire d'un renouveau psychédélique. Plus monolithique, la musique me rappel énormément le travail de The avalanches, mais la folie du sample à tout va largement maitrisée.

Puis le duo se forme (ou le second prend le micro) et exécute les morceaux qu'ils ont composés et traffiqués ensemble, en laissant place aussi à quelques morceaux de l'album avec Thavius Beck ou Gross s'efface pour laisse K-the-I??? s'époumoner seul. Concert excellent, mais le manque d'un volume sonore digne de ce nom empêche de s'immerger complètement dans l'univers dense et bruyant dessiné par Gross. Dommage.
ps: Si vous avez l'impression de ne rien voir sur la photo, c'est normal.

mardi 13 octobre 2009

Saycet - One day at home

Roi des textures. Clairement l'onirisme musical à l'état brut, baigné par un parterre d'influences à applaudir, plus que digérées. La scéne électronisante française est décidemment plus que talentueuse. Saycet livre avec cet album une sorte de mini conte candide, bourré de textures musicales à tiroirs. Une sorte de voyage dans une poupée russe, où les sonorités s'imbriquent avec une richesse mais surtout une évidence mélodique plus que bienvenue dans une scéne ou le beat devient le maître. Saycet c'est un peu le conteur qui arrive à faire passer une histoire grise et noire pour quelque chose de cristallin et rassurant. Au gré des textures, au gré de cet album qui enveloppe et transporte, qui ne s'envole pas vraiment, mais s'enfonce à pleins de moments, au gré de glitchs stridents et de rythmiques tubulaires. C'est un peu une sorte de coma cotonneux vêtu de spasmes, peut être proche d'un ambiant à la Fennesz qui aurait copulé avec Coil pour son approche onirique, voire avec un Ez3kiel période Naphtaline pour son côté sous prozac. Clairement ambiancé au maximum, ce disque de Saycet se révèle au gré des approches, se montre sous des jours lumineux mais aussi nostalgiques, au gré de rythmiques saupoudrées sur des nappes célestes. Saycet c'est aussi une richesse dans l'architecture, où l'addition sonique se solde aisément dans un coton jamais spasmophilique. La douceur à l'état pur. L'écrin confortable.

mardi 6 octobre 2009

PAN SONIC- maroquinerie.


Lors de leurs précédents passages, Pansonic avait posé sauvagement ses beats électroniques avec puissance et brillance dans les oreilles parisiennes. Cette fois-ci, ils reviennent pour visiblement dire "au revoir" mais en rajoutant une bonne dose de saleté. Pansonic a joué avec nos nerfs ce samedi soir de nuit blanche culturelle (!) en terrassant ...Pansonic. Toutes les certitudes concernants le groupe et sa musique ont été détruites minutieusement par la paire. Premièrement, il y'a eu un début de contact avec le public, chose quasi-inconcevable jusque là. Un peu d'humour aussi quand Michel (Mika Vainio) fait les bras de poulets, se fou torse-nu, tend les pouces et sourit quand le son devient incrontrolable; idem quand Ilpo V regarde si sa machine a la moindre interférence avec le système lumineux. D'autre part, de longs passages totalement dénué de rythme, de bruits purs ont terrassé les squelettes rythmiques minimaux habituels. Enfin, un sens du spectacle inédit a fait son entré chez Pansonic avec un acharnement sur le matos qui semblait bel et bien dire "tout doit disparaitre''. Adieu.

mercredi 30 septembre 2009

Daïtro - Y

Ils le disent eux même.
"Et si jamais tu peux partir." On essayera pas de les en dissuader...










Ps : A tous ceux qui penseront que je la joue facile, dites vous que je pense pareil du groupe. A tous ceux qui se demandent pourquoi je prends la peine de poser cette tache comme article, dites vous que je suis allé jusqu'au bout du disque, ça méritait bien au moins ça.
Et au passage, à tous ceux qui lisent, bien le bonjour. (sick)

KING MIDAS SOUND- Dub heavy-Hearts & ghosts


La voix fantômatique de Robinson revient hanter les beats vaporeux de Kevin Martin sur 3 mouvements (du même morceau?), teaser de l'album qui se précise. Comme la pochette le suggère, Martin explore ici une face plus sombre et moins agressive de sa musique, les basses sont cotonneuses et profondes, les beats sont élégants et brumeux. Une pluie de larsens et de sons flottants s'abbatent méthodiquement sur la carcasse rythmique, lézardant le groove obsédé. Pas de son gras et distordus, juste une harmonie de chaos. Une plongée sans air dans un glacial bain de basses et de bruits satellites, une réussite qui porte indéniablement la marque KMART, celle qui oeuvrait magnifiquement sur le génial "dead man's curse" de Techno animal, déja en présence de Robinson, il y'a presque 10 ans. L'album arrive, patience.

mardi 29 septembre 2009

Ice - Bad blood

D'après vous, quels sont les meilleurs projets de Justin broadrick? Clairement ceux avec Kevin Martin. La question inverse est elle vraie? Peut être moins, mais clairement God, techno Animal ou Curse of the golden vampire sont autant d'exemples de collaborations plus que réussies, déjà cultes. Quant au projet Ice, sur ce dernier disque il s'éloigne des objectifs initiaux, et surtout de son grand poucet de frère qu'est God. Dans cet objet il y a tout, mais surtout ce que l'on y attendait pas forcément. Il y a les meilleurs côtés du groove rampant de l'ami broadrick, sorte de version dub et cradée d'un hip hop amollie au son des samples dejantés qui ravivent les hostilités à tous moments du disque. C'est un peu la version de Songs of love and hate in dub de Godflesh complétement ramollie au gré des joints del'ami tricky, et ravagée à coups de couteaux sur tous les détails. Ce groove lancinant est rehaussé par une production purement dantesque. Clairement un des meilleurs sons que j'ai entendu sur un disque etiqueté hip hop, la justesse du propos est déroutante, les percussions se font maladives, les samples et les attaques n'en deviennnent que plus frontales. Ce bad blood c'est un peu le batard qui te traque avec son cutter mais qui est trop defoncé pour te courser si jamais tu te mets à détaler. Alors ouais il est effrayant et edenté, mais qu'est ce qu'il rame. Et cette production est ravivée par pléthore d'invités, allant de El-P de Company Flow à Blixa de Neubauten ou Nick Cave. Alors a la fin ce groove, cette justesse sonique et ce malaise urbain encore plus puissant que celui de techno animal te laisse clairement KO. Ce disque est peut être une des meilleures choses auxquelles aura participé broadrick, et surement un des disques les plus menaçants que le hip hop ait pu écrire.

jeudi 24 septembre 2009

KICKBACK-No surrender


Kickback a un pouvoir incroyable: celui de faire pousser une paire de couilles à tous ceux qui tentent de chroniquer un de leurs disques. Vous n'avez jamais remarqué? Un mec qui tente de causer kickback se met toujours dans la peau du vicieux qui aime le sang dans la bouche, jouer avec ses excréments, enduire de sa semance ses compagnes (le chroniqueur devient polygame) et qui se roule dans ses différents fluides corporelles (putrides de préférence). Incroyable, alors que la plupart du temps, ceux qui prennent le temps d'écrire sur le groupe sont plutot les gentils qui restent à l'écart pendant un pit de peur de se faire fracturer les lunettes.
Le triple K donc, de retour après un EP qui date sévèrement, et un dernier album dont la date de sortie se calcul en décennie. La musique semble se préciser, s'éloigne de l'écrin sur-compressé que leur avait concocté Jamie Locke pour aller respirer plus encore que lorsqu'Ed Rose tritura la console. Kickback dispose désormais d'un groove certain, même si le batteur précédent avait déja largement ouvert la brêche rythmiquement. Il faut dire que le changement de Line Up ne change pas en profondeur la musique du groupe, même si les commentateurs ont remarqué l'arrivée d'un blackeux dans la troupe. Pourtant la communauté Black crie au scandale, ne perçoit pas la haine musicale qui se dégage de la musique administrée ici- préférant considérablement le blast beat sportif et le cri de ghoule sur basse en deuil. Kickback reste Kickback, même si on peut déplorer que les compositions prêtes vers 2002-2003 (rappel-toi le fameux concert au pulp), alors promises comme un croisement entre leeway et black sabbath ont disparues. Le rock de Kickback est dure, sombre, rageur, comme un black flag remodernisé en mode Parisien, ou un Gehenna fasciné par l'asie déviante. Oui, dans sa déviance, Kickback a un coté asiatique, rapellant la folie douce des Japonais les plus entamé, comme une mise en son urbaine de Suehiro Maruos, comme un Tetsuo ou Philosophy of a knive auditif. L'énorme progrès que la formation a ici accompli semble à mon sens son traitement des thématiques: les 150 passions étaient un disque musicalement riche mais aux paroles laborieuses, trop spontanées et non réflechies. Ici, Bessac semble avoir murement réflechi son propos, à tel point que la première phrase qui revient, qui ressort, et qui se retient de ce disque explique l'intention, et pourquoi Kickback reste Kickback, pourquoi le groupe demeure hérmétique et incompréhensible aux yeux de n'importe qui d'autres qu'eux-même: This is for us, this is not for you. Teigneux.

mercredi 23 septembre 2009

Om - God is good

Leur Allah Akbar. Le OM de Variations on a theme est loin, trés loin. Dieu est grand et partout. Encore une fois un format court pour cette nouvelle livraison. Le 7' sorti sur Subpop annonçait déjà la couleur de la nouvelle mouture avec Amos de Grails. Encore plus loin dans le pélerinage, dans la spiritualité. Ce god is good est surement le plus religieux des OM, mais aussi le moins OM des OM. Paradoxalement plus varié, plus senti, plus rempli, plus sirupeux et sinueux. Il nous perd d'ailleurs parfois. Thebes est surement le morceau qui rapporte tout seul les suffrages, dédale incantatoire qui s'ouvre sur des sonorités orientales (grande avancée et invention , surement apport d'Amos, de ce dernier disque). Thebes se termine d'ailleurs sur du OM pur jus, le OM que l'on avait découvert il y a de cela quelques années maintenant, et qui nous avait conquis par sa manière bien personnelle de jouer sur les itérations et les distortions.
Paradoxal serait finalement le mot. Car au fond ce God is good va plus loin que tous les précédents disques, et cela est surement un point fondamental dans l'avancée d'une entitée vouée à tourner en rond. Mais en allant si loin, en s'égarant sur divers sentiers, en se joignant a plusieurs pélerinages, en se convertissant, OM perd surement de son monolithisme et donc d'une partie de sa grandeur. On a à faire a un grand disque pour sur, musicalement accompli et abouti, mais à un disque qui de par sa grandeur frustre un peu. Car à la base OM est une transe, une extase mentale et sonique qui effraie par son coté initiatique. Içi on ère encore dans une formation religieuse, à tâtons, et mis à part le morceau d'ouverture, les autres sont des boutures sur lesquelles fleuriront surement d'autres idées, mais qui auraient gagné à être developpées, pour être abouties.

mardi 22 septembre 2009

BEASTIE BOYS & NAS- Too many rappers 12"


L'album est repoussé mais le maxi bande annonce demeure, délicatement gravé d'un seul morceau décliné en instrumental et a cappela, sur un élégant 180 grammes. Sur les quelques minutes offertes ici par les beastie, on croit sans trop hésiter ce que les gars ont affirmé en promo: un album plus étrange, avec des sons plus singuliers va caractériser le prochain long jet. Plus étrange en tout cas que le convenable to the 5 boroughs, dernière trace vocale des trois, qui était remarquablement old school dans son approche du tout au laptop. Ici le beat semble gras, travaillé, les basses massives et les sons rappel un peu la construction improbable que fut hello nasty, le fun en moins. Nas en invité y va de ses couplets ego trip qui accompagnent au mieux le flow calme des 3 quadras, tout s'annonce bien, et le petit passage à la basse fuzzé en break nous conforte dans l'idée que les gaziers ont un grand disque sous le coude. Malheureusement, le jour de la sortie du disque (limité et uniquement distribué à certains magasins indépendants rigoureusement choisis), Adam Yauch annoncait que tous les projets étaient suspendus dûs à des problèmes de santé. En attendant un primordial et prompt rétablissement donc...

jeudi 17 septembre 2009

PRODIGY- Rock en seine


Putain, un seul message en août? RTT?

Sérieusement, Rock en seine, le festival qui n'en est pas un invite encore gros cette année: FNM ('pas venu), Them crooked vultures ('pas vu), Eagles of Death metal ('pas entendu) Offspring/MGMT/groupe-hype-ou-vieille-gloire ('pas voulu), et Prodigy. Le problème c'est que le reste de la programmation n'invite pas a rester toute la journée, et l'impression d'être en colo avec stand haribo et levi's prédomine chez moi. Alors oui, j'ai intégré la fosse remplie de post-enfants (14 ans de moyen d'âge avant la fin de la première mesure. Oh mais dis moi, ta mère elle sait que tu fumes de l'herbe petite?) qui se sont fait massacré par la population de loulous trentenaires qui ne leur ont laissé aucune chance. Dès que le posse anglais débarque, le public blindé de limités pousse sans jamais se fatiguer et l'air devient vite irréspirable. Sur scène, Prodigy c'est toujours la guerre en mode "personne ne doit survivre" et tout s'enchaine très vite. La set list est un peu remanié mais pas trop, faudra attendre la prochaine tournée maintenant pour être un peu surpris. Certains morceaux s'enchainent un poil mal dûe à la compression de la set list (SMBU comme uncheveux sur la soupe) et d'autres donnent un peu l'impression que les gaziers pointent (firestarter sans conviction). De l'autre, des attaques gratuites qui filent le sourire aux responsables (voodoo people, World's on fire, breathe dubstep, toujours impeccable après le classqiue habituel) et qui martirisent un peu plus encore les "conduites accompagnés" sortis pour l'occasion. Niveau son c'est toujours colossal version "je suis dans le flou je respire plus" et dans les yeux c'est une crise d'épillepsie toutes les 15 secondes. Bref, une fessée.

La presse le lendemain était quasiment unanime. Ca change des avis autour du disque plus tôt dans l'année.

jeudi 6 août 2009

GREYMACHINE-Disconnected


Difficile. D'un coté, revoir Broadrick en mode "rage baveuse" est plaisant. Et encore, l'euphémisme. Depuis le summum de la brutalité que fut le second album de Curse of golden vampire, JKB n'avait sorti que de longues professions sonores qui poussaient à ouvrir les bras en regardant le ciel, si ce n'est une paire de morceaux des premiers Yessou et quelques remix (ANB, Knut) pour contenter le metalleux en manque. Le dosage 2009 aura été attendu, mais putain il est là. Préparez le garot. De l'autre, il est évident que ce qui manque vraiment dans l'oeuvre de Broadrick est peut-être, plus encore que la rage, le groove qu'il sait pourtant insuffler à ses compositions avec tact et efficacité. Sur un troisième aspect, on regrettera simplement que Broadrick ne se soit pas foulé. Passé la surprise (!) d'entendre un peu de hargne sur un disque estampillé du bonhomme, c'est surtout la surprise d'entendre un travail aussi peu aboutit, finalement qui surprend. Les morceaux sont de longues et lentes attaques bruyantes, aux structures flottantes, progressives. Les morceaux n'existent pas, ils ne sont que des boucles qui se superposent les unes aux autres. En ce sens, on est bien plus proche de GOD ou du premier ICE voir des premiers Techno Animal (ghost) dans la démarche que ne le fut Godflesh (le nom est laché) aux structures limpides et orchestrées. Ici, juste une idée par morceaux, empilée dans un magma sonore des plus lourds et etouffants. La formule usée jusqu'a la corde par des milliers d'autres formations, en somme. Comme si Broadrick s'était retrouvé influencé à son tour par les groupes revandiquant Godflesh comme source. Paresse? Il faut attendre la seconde partie de l'album pour que cela ne décolle, quand Broadrick -principale artisan de l'objet bien que le line up affiche Turner, Dalton et Cochrane- entre ses samples maladroits de voix et ses couches de synthé en rappel ouvertement au fantômes de ses entité passé les plus groovy pour susciter l'intérêt via un énorme beat pourfandant la strate bruyante. Paresse encore quand Hydrahead, nous vend rapidement le disque par un "if you like godflesh, etc...". Bref, un album qui fleure presque le foutage de gueule si on écarte les quelques bonnes idées qui en font concrétement un disque solide et plaisant. Mais reste que des groupes comme White mice aujourd'hui développent par exemple un procédé très similaire et ne s'en sorte pas moins bien, au contraire.

mercredi 5 août 2009

Joy Division - Closer

C'est surement facile. Pour ça qu'on m'apelle l'espagnol consensuel. Par contre ça a beau être facile ça n'enleve rien de la qualité de la chose. Un des plus grands albums du post punk, un des albums fondateurs de la cold wave, l'album point de non retour. L'album qui a tué Ian Curtiss, l'album où la dub fait son apparition. Closer est un epitaphe, closer est Joy Division. Closer a fait disparaitre tout ce qui restait d'optimisme chez le groupe. Joy Division c'est surtout Ian Curtis, c'est surtout cette personnalité pas forcément bien retranscrite dans le film Control, pas forcément bien retranscrite dans 24 hours party people, pas forcément bien retranscrite par moi même. Ian Curtis finalement insuffle à Joy Division tout son mal être. Au gré de rythmiques répétitives et simplistes, de riffs mélodiques, et de touches de claviers qui deviennent importantes sur ce disque, le chant se fait grave. Une ombre qui plane au dessus des morceaux. C'est là où je dis que c'est facile. Facile de comparer Closer avec la mort, facile de dire que cet album l'a précipité vers son suicide. Puis on en veut des icônes mortes. Ca rend tout de suite le rock n roll plus crédible, plus historique, plus vivant.
Mais au delà de cet aspect vendeur, closer est un manifeste. Un appel au secours. Closer est le moment où tu sens que toutes tes forces te quittent, que tu sens que tout ce que tu vis devient insupportable. Lorsque tu as perdu la flamme de la résistance. Lorsque tous les éléments deviennent insupportables et affligeants. Closer porte le fardeau de la vie, de la réalité. Celle ou tu seras tout seul, où tout ce que tu sèmes aura une répercussion bien plus forte que tu n'aurais pu l'imaginer, parceque tu es faible. Cette réalité qui te rattrape. Closer est la dernière étincelle de force avant que tu décides de tout lacher. Closer c'est ton dernier appel au secours sincère, avant que tu ne te renfrognes sur ton propre masque, et que tu ne laches plus rien. Closer c'est la dernière fois où tu as été sincère.

mardi 21 juillet 2009

YOUNG WIDOWS/MELT BANANA-split 7"


Young widows est un peu LE groupe récent de noise rock qui plait, tout le monde trouve ça bon, probablement à juste titre car sur scène c'est loin d'être mauvais. Le dernier album dont on a parlé ici a eu de bons retours partout, et l'omniprésence de YW se concrétise encore un peu plus avec une série de split, 4 au total avec différentes formations. Celui qui nous interesse oppose donc la formation américaine a Melt Banana. N'ayant pas grand chose à faire de Pelican, et n'ayant pas vu les deux autres (Bonnie Prince Billy, probablement bon, et my disco dont j'ignore tout), on ne traitera donc que du deuxième volet. Face YW: un rock noise tout en tension avec sa batterie qui dresse une dense texture continue sur les quelques minutes que dure le morceau. De l'autre, Melt Banana offre son premier signe de vie discographique depuis 2 ans. Hélas, pas trop de surprise à l'écoute, MxBx semble désormais loin de son noise survitaminé, sa musique ayant plus à voir avec une pop dévergondée à la deerhoof (quel raccourci!) qu'avec la transe épiléptique de ses débuts. Ca demeure quand même du MxBx presque pur jus finalement, tant le groupe arrange n'importe quel aspect de la musique à sa sauce reconnaissable.

lundi 13 juillet 2009

Nonstop - J'ai rien compris mais je suis d'accord

Frédo c'est ton meilleur pote. Malheureusement pour toi (ou pour lui visiblement), il est en hôpital psychiatrique. Alors tu le visites de temps en temps. A chaque fois, il te raconte des histoires. Toi, tu t'empresses de les noter, car tu veux les méditer à la maison. Et t'as raison, parceque tu comprends pas grand chose à ce qu'il raconte. Déblaterrer des abérrations, énumerer de manière cohérente. Le problème avec ton pote Frédo, c'est qu'il est fou, et lui il le sait, il l'assume. Alors il déconne avec, rebondit avec les mots, joue avec ton cerveau. A chaque fois que tu ressors de ces visites, c'est un peu la fanfare dans ton crâne. Une fanfare hallucinée, à la gloire du retournement cérébral. Les boucles électro bondissent, reviennent en boomerang, tapent sur un beat qui lui même écrase des riffs de guitare (à parier qu'il y a Serge de Noir désir la dessous...). Ca virevolte, le ton qui avale des cigales, dans ton cerveau en maillot de bain. T'as plus qu'à te rhabiller d'ailleurs. Puis les premières visites, elles t'emmerdent un peu. Il te présente ses potes: Flipper le dauphin, Carlos et ses chemises hawaïennes, R2D2 le robot cuistot expert en brochettes. Frédo c'est un garnement. Après, il tisse des histoires dessus, il a le don de t'embrouiller. Déjà que cette fanfare te ravage le crâne, si en plus il faut disséquer ce qu'il essaye de te dire... Alors ouais, au début il parle mais tu l'écoutes pas. Puis peu à peu c'est l'hypnose, ses talents de conteur t'ouvrent l'apétit. Tu mélanges un peu tout d'ailleurs. Une histoire de batman qui mangeait une ostie, ou de marathon dans les orties... Enfin, tu sais plus trés bien. Mais quand les mots, le message commence à devenir insistant, tu commences à comprendre que c'est sûrement pas Frédo le fou, mais toi, eux. Frédo, il apelle appelle au secours, sous son côté cynique branleur. Frédo, il te met en garde. Frédo, il te propoe d'inverser le miroir pour voir les choses dans le bon sens. De suite, tes visites elles deviennent moins drôles. T'as un peu peur quand tu vas le voir. T'essayes de le calmer, de le rassurer, mais au fond c'est toi qui finis par appeler à l'aide. Parceque t'es paumé, parceque t'as peur, parceque ca te file la nausée de réalisme. Parceque comme l'étranger de Camus qui comprend pas trop ce qu'il lui arrive, comme Céline, comme Ionesco, toutes ces absurdités sont des gros molards et finissent par te mettre d'accord. D'accord pour réaliser, pour assimiler que c'est pas drôle, que c'est pas un divertissement, pas un match de foot, pas un grand spectacle. C'est la télé nationale présentée par des castors cannibales, c'est ta famille bâillonée et sodomisée en direct devant toi. Ton pote Frédo, il va plus loin que son pote ado Michniak, il va plus loin que ses oncles maboules Diabologum. Il a vraiment tué quelque chose, qui n'est même plus de l'art, et quand bien même ça en serait, on s'en foutrait. Ton pote Frédo, il t'a fait prendre conscience que c'est toi qui es à l'hôpital, et eux. Et tu veux des frites avec, connard?

mercredi 8 juillet 2009

Deftones - White Pony

Tout le monde s'est retrouvé face à ce poney blanc au moins une fois dans sa vie. D'accord, ce n'est en effet pas un gage de qualité. Pourtant elle est bien présente car ce disque représente le tournant d'un groupe prodige qui a anticipé sa propre mort en donnant une suite à un Around the fur pas forcément exempt de tout reproche. White Pony est surement le moment où Deftones, groupe de fans divergents: entre un guitariste coreux qui assume son côté néométalleux, "je joue sur une 7 cordes et je droppe mes accords pour etre plus lourd", un chanteur fasciné par la scéne new wave et les musiques plannantes, un batteur plus accro aux musiques cérébrales ou alambiquées, et le tout formant une belle bande de branleurs defoncés; arrive à faire du deftones. Alors oui, ça donne la sensation d'être accouché dans la douleur, surement pour converger vers un point d'accord pas forcément évident, mais aussi et surtout car ces types là sont les plus gros fatigués de l'histoire des studios. La magie opère, le feeling dépasse l'etiquette et les influences sont sagement dispersées et digérées. C'est aussi l'apport indéniable de franck delgado, poseur d'ambiances essentielles au deftones post white pony, joueur de textures de génie et allongeur d'inspirations soniques. C'est aussi Abe qui affirme enfin son sens du jeu, sa frappe nette mais plannante, aérienne et cyclonique. C'est par dessus un Moreno flottant sur un disque de manière plus qu'inspirée, posant des textures vocales qui restent avec les nappes de delgado les rassembleurs premiers du groupe. On passera outre le besoin de Carpenter de jouer ses riffs typiques, qui restent tout de même plus durcissants que dans les efforts précédents.
White Pony c'est aussi des morceaux d'une rare puissance, je pense au feat de Maynard (rien que ça) sur Passenger, à l'épique Pink maggit, à l'étrange teenager. Deftones est un groupe de rock,la droite lignée des Smashing pumpkins, l'héritier de la beauté simple,de la séduction immédiate. Depuis ce disque le groupe n'aplus rien à se prouver, à chercher. Deftones c'est l'ado qui tombe amoureux alors qu'elle est déjà partie, la souffrance du vide surpassée par un paquet d'idéaux, la croyance en l'avenir toujours sur la brêche, des surdoués bien cultivées...qui livrent avec white pony leur manifeste. Beauté romantique, écrin surprenant. A ne pas refouler sous pretexte que c'est ton passé, tout comme mellon collie and the infinite sadness, ce disque est encore là, et la suite le prouve.

NIN-zenith


Reznor, grand depressif devant l'eternel (ou devant sa console de mix, au choix) postait un message sur son blog, à peine arrivé sur le vieux continent: "Is it bad that I want to go home already after one show in Europe?". Sacré Trent, tout pour la déconne. Serein, le public. Je ne sais pas pourquoi, mais autant j'aime NIN sur disque, autant ce groupe ne m'a jamais intrigué sur scène au point de payer la rançon quémander pour aller voir le show de mes propres yeux. Aussi, si je suis admiratif de Reznor producteur, chercheur de sonorités, passioné de musique, hôte de Coil pour apes of naple ou de tapeworm, je suis moins friand de son rock body buildé ultra calibré sur scène, de ses paroles niaises à en crever, et des poses H&M pour les photos promos (je sursaute à chaque fois que j'ouvre with teeth, mais vu que je l'ouvre pas souvent l'arrêt cardiaque ne me guette pas encore). Bref, tournée d'adieu, ou du moins "la dernière avant un hiatus indéfini" (comprendre: "dans 5 ans maxi je remets ça"), je me décide à le voir, car comme dirait l'autre, vaut mieux avoir des regrets pour des choses qu'on a faites que pour des choses qu'on a pas réalisées.

Mew en première partie, je n'en verrais qu'un ou deux morceaux et tant mieux, car c'est particulièrement laborieux, voir mou, comme quoi leur blaze leur va bien (désolé).

Bon, NIN, pile à l'heure: Le concert commence sur somewhat damaged et ça enchaine sur terrible lie. Le son est surpuissant, précis, et tout le monde bouge bien. Le concert débandera pas pendant tout le set. Reznor est un performer assez impressionant, il se démène sur scène comme un jeunot qu'il n'est pourtant plus vraiment, saute dans tous les sens, traverse la scène en long, en large et en travers, transpire comme un goret (il rentre dans le concours avec Steve Austin et Chris Spencer) et surtout, chante impeccablement bien. Toujours juste, comme son pote Maynard, pas une note de travers, sa voix de quasi-bluesman est puissante et n'en fout pas une seule à coté. Les exécutants derrière sont composés d'un basseux, d'un guitariste avec une paire de moufettes collées dans la chevelure (Robin Fink) et d'un batteur à la précision redoutable. Si NIN avait opté pour des écrans récemment, voilà que ceux-ci sont totalement absents pour cette tournée, laissant place à d'énormes rangées de spots au plafond et à des lights aveuglant en fond de scène, maculant l'espace de jeux des musiciens de couleurs franches et omniprésentes lors d'explosions instrumentales. Le fait est que ce show ultra calibré m'a profondément ennuyé passé la première demi-heure. Un peu comme ISIS, tout semble très calculé, très préparé (et c'est normal) mais je ne peux pas m'empêcher de trouver le temps long et de rire des situations les plus ridicules du concert: Hop, Reznor invite tout le monde à taper dans ses mains, fait des petits "hey!" en rythme, laisse un pseudo acappela sur Hurt, le sacre de l'adorateur absolu où il est interdit de ne pas être pétri d'émotion. Les fans féminines sont en transe - je me remémore les fanatiques de Jackson qui tombaient dans les vappes pendant "heal the world"- pendant que Reznor perd sa voix en fin de phrase, acteur studio certifié. Le batteur à même droit à son aniversaire(21 ans, le bougre, soit un an de plus que ...NIN) avec strip teaseuse déja entamées (la femme de Reznor? Mariqueen Maandig?) avec gateaux sur le groin et enchainement avec la suite. La setlist s'articule majoritarement sur downward spirale, broken et fragile, laissant de coté tout ce qui suit with teeth, et donc year zero (seul l'excecrable survivalism survit) ou presque. Je ne suis pas forcément preneur de ce rock pour stades, même si j'apprécie beaucoup l'exécution parfaite de la mer, un de mes morceaux préférés, le tout orchestré par des samples omniprésents que personne sur scène ne lance. Si notre Johnny avait 20 piges de moins et vivait aux USA, probablement qu'il s'appelerait Trent. Les fans sont ressortis heureux. C'est déja ça.

lundi 6 juillet 2009

Sonic Youth - The eternal

Un joli cassage de collection. Un joli "t'aurais mieux fait d'acheter le vynil". Un joli "on a changé de structure, ça se voit même dans ton étagère". Vous l'aurez compris, les disques qui se veulent le remplacant du vynil ça me gave, surtout quand c'est un Sonic youth. Pourtant l'artwork est vraiment loin d'être dégueu, un peu fouilli, mais pas moche. Une sorte de pot pourri de différentes versions artistiques, du tableau sea monster tronant au milieu comme sur la galette, thématique récurrente d'un album axé sur l'eau, la vie flottant comme un bateau (leaky lifeboat) au désert gris angoissant ou tronent les montres (pour le coup pas du tout flottantes, bien imposantes comme des épées de damocles sur la tête de vieux dinosaures, en passant par les enfantins délires au crayon de couleur, dignes de gosses de 2/3 ans.
Cohérent finalement. Ils tremblent les Sonic youth. Parceque même lorsque la musique n'est qu'un hobbie, et que tu n'as plus rien a te prouver ni à toi même, ni à ton public, ça doit foutre les jetons de s'aventurer en studio quand on s'appelle Ranaldo,Moore, shelley et Gordon (plus maintenant Ibold, ex Pavement, pote de route de Gordon dans son groupe de poufiasses survoltés). Et ya pas de quoi finalement. Car c'est lorsqu'on les a les moins que ça se passe le mieux. Et lorsque l'on ne cherche plus à contenter qui que ce soit, si ce n'est soit même. Car Sonic Youth ne contentera jamais tout le monde, entre les râleurs qui les ont lâchés il y a bien longtemps, ceux qui les ont recupérés sur le carreau, ou encore ceux qui disent que ce groupe ne sert tout bonnement à rien, les seuls qui ont raison sont les gamins qui vivent dans le sein de ces musiciens qui ont révolutionné la musique rock.
Enfantin, puéril, mais tellement alambiqué et adulte, tellement protéiforme, plein d'humour, plein de gaieté, sautillant, punk, enlevé mais grave. The eternal est rempli de riff ténus et teigneux, un brin tenace sur la longueur, made in thurston, le métalleux refoulé de la bande, plein de mélodies toutes plus enchanteresses les unes que les autres, de distortion savamment agencée, de structures eclatées, de passage de micro à trois, de copulation rythmique a quatre, de délire sonique tous seuls et accompagnées, de pop song writing inspiré. The eternal c'est un peu ce bric à brac tellement bien rangé, tellement limpide, tellement évident, d'entrée, mais encore plus sur la longue.
C'est aussi et surtout cet enfant dans ce corps d'adulte, ce doux rêveur qui nous parle comptines et espoirs avec une voix sexuelle orgasmique (et oui, Kim Gordon devrait definitivement chanter plus, Massage the history le prouve, she's the one, c'est elle qui porte la culotte). The eternal est définitivement ni la suite, ni le retour, ni la boucle, ni le renouveau, c'est un disque de rock n roll, qui n'irrite pas par sa perfection, qui ne déborde jamais par son trop plein, qui reste assez pop pour ne pas réediter, mais pas assez pour ne pas réediter, qui reste assez punk pour pas réediter, mais pas trop pour ne pas réediter.... vous m'aurez compris non?
The eternal c'est le truc que t'attendais pas là, qui ouvre juste grand ta bouche pour en tirer le plus grand sourire béat que t'ais tiré depuis... Chrome dreams II de Neil Young? Ouais, c'est un peu ça.

lundi 29 juin 2009

SUNNO))) & PANSONIC- Che 10"


La voilà!! La collaboration Pansonic/ SunnO))), attendue depuis des lustres a enfin eu lieu, couché sur bande, gravé dans un beau sillon blanc limité a 3000 copies, merci Blast First petite, label des premiers, d'éditer enfin ces... 6 minutes. Ah oui, en plus du rapport attente/ quantité (non-mesurable me direz-vous) absolument ridicule, faut-il préciser que seul la moitié de Pansonic est effectivement présente ici? Joe Preston fait les voix, Moore joue de l'hammond, Ritter au moog. Sur une reprise plutot bien senti de "che" du premeir album de suicide, qui lui reprend son thème, son développement et ce même calme désarmant Vainio brode derrière quelques effets sonores et un infra kick qui rythme lourdement et subtilement le déploiement orchestrale de la formation. De l'autre coté, un live de Vega issu de son dernier album et une autre reprise de suicide, par Stephen Burroughs tout en guitare acoustique. Accessoirement, le visuel du disque est à l'intérieur de la pochette. Même si les morceaux sont bons, ce disque se présente donc comme une énigme, à tous les niveaux.

lundi 22 juin 2009

VISION OF DISORDER met le feu en enfer.


Et un de plus: nouveau featuring sur BTN. Cette fois c'est JJ, guitariste des coreux de Golden District (faites une recherche sur googole, feignasses!) qui pose sa prose délicate ici. Pourquoi? Simplement parce que JJ a réaliser le rêve de tous (du moins le mien, et le sien, bien évidemment, mais ça vous allez le comprendre à la lecture): voir Vision Of Disoder sur scène -accessoirement pendant le fest breton du rock de Satan ce week end de la fête des pères. Vision Of Disorder fait partie des plus grand groupe de hardcore de tous les temps, que cela soit dit, et JJ en intrépide fan, nous conte ce qu'il a vu. Bavons, tous ensemble, donnons nous la mains:


"Résigné à rater Machine Head, je me dirige d'un pas décidé vers le chapiteau encore fumant après le passage de kickback. Dix ans que je rêve de voir ce groupe. Je ne pensais jamais les voir, même dans mes délires les plus fous et pourtant... Première constation, pas mal de fan dans mon cas sont présents et on fait le déplacement uniquement pour ça. Quelque chose de spéciale flotte dans l'air, ce sentiment particulier que l'on peut ressentir lorsqu'on va assister à un évenement rare, unique! Cinq minutes avant, le show, encore peu de monde sous le chapiteau. Il faut dire qu'à deux pas, une légende du métal s'apprête également à jouer devant une affluence très certainement record pour le Hellfest (ndlr: JJ a visiblement abusé d'une matière illicite pour en arriver à de telles conclusion, concernant Machine Head). Mais finalement ça se rempli peu à peu. Beaucoup de curieux et kids. Ils ont fait le bon choix. Ils ne le savent pas encore, mais ils vont se prendre une claque monumentale. L'attente est à son comble lorsque Tim Williams et ses comparses débarquent sur scène sous les hurlements de joies des fan de la première heure. Pas de blabla, pas de fioritures, ça commence direct. Le son est énorme. Un peu trop chargé en basse, ce qui ne nous permet pas apprécier toute la subtilité du jeu des guitaristes, mais qu'à cela ne tienne, de toute façon, je connais chaque notes de chaque morceaux par coeur. La grande question était quid de Tim William ? Certes sur album, c'est un génie du chant, mais en live?? Lorsque le premier hurlement retenti, je demande pardon au ciel d'avoir seulement une seconde douté de ses capacités. Incroyable! Il est en forme! Il confirme qu'il est bien le plus doué de sa génération. Quelle puissance ! Du coup deuxième question, avec un tel déballement de haine, de rage et d'énergie, va-t-il assurer correctement les passages chantés?? Et bien oui! Stupéfiant, il enchaine les deux registres sans l'ombre d'un soucis. J'en tombe de l'armoire, et celle ci tombe ensuite sur moi! Ce type est un génie de base, mais ce show le fait entrer dans le panthéon. La playlist, est sensiblement la même que sur le DVD pour ceux qui l'ont (ndlr: On en parlera un de ces 4). Chaque refrain est culte, repris en coeur par tous, je suis en transe, et ce matin, je n'ai plus de voix. Tim Williams est déchainé. A de nombreuses reprises, il se fait porter par le public, toujours en vomissant ses trippes à la perfection, fait tourner le mic dans le public. Ses petites camarades sont sensiblement statiques mais dégagent une présence incroyable. Les morceaux sont joués à la perfection. Ca va vite, trop vite, et c'est déjà la fin. On aurait voulu un rappel, mais c'est un festival et il faut vite laisser sa place. Seul regret, pas un seul morceau de From Bliss To Devastation (ndlr: On en reparlera), leur dernier fantastique album, il est vrai, loin du HC de leur début et très contreversé. La bonne surprise, les morceaux inédits présent sur For The Bleeders(ndlr: on en reparlera) passent extrement bien sur scène. Les morceaux qui ont eu le plus de succès sont bien ceux issus des deux disques sorti sur Roadrunner(ndlr: devinez quoi....?!). Enfin un inédit sorti de nul part (je pense en tout cas connaitre leur discographie sur le bout des doigts) et qu'il laisse espérer les choses les plus folles. VOD a frappé un grand coup. Assurément la claque du festival même s'il reste encore une journée (je suis quand même curieux de voir coalesce et j'attends énormement de sucidal tendencies !! héhéh). Ce groupe est un Ovni dans la scène du NYHC, totalement inclassable. Et en qualité d'Ovni, il plane très haut au dessus de cette scène, en dépit de ce qu'en dise les "true coreux" du NYHC. Mais ils planaient également très haut au dessus du Hellfest. Oublié la déception de ne pas voir MH. Vite oublié le bon show de kickback. Les autres groupes de HC de la journée, sont certainement repartis la queue entre les jambes. Je m'attendais à voir quelque chose d'exceptionnel, mieux, j'étais là le jour où VOD est entré dans le panthéon. Voilà, je quitte tranquillement le chapiteau, Davidian, l'hymne métal, retenti sur la scène principale, du monde à perte de vue, un son excellent, une légère impression que je viens tout de même de rater un très grand show de MH. Tant pis. Une petite erreur d'horaire de programmation quand même de la part du Hellfest. Et VOD aurait gagné à jouer sur une des deux scènes en plein air. Nombre de métalleux se serait mis à écouter du hardcore ce jour, comme le jour où j'ai mis pour la première fois Imprint dans mon lecteur CD il y 11 ans !"


Un grand merci à JJ pour ce billet. Il l'a écrit dans la tourmente d'un dimanche matin pre-hellfest part.3, donc sous le coup d'une émotion toute justifiée. Je vous passe le post scriptum du monsieur, qui m'était destiné et où notre brave convive m'a rappelé que j'allais me bouffer les couilles jusqu'a la fin de ma vie pour avoir raté ça.


ps: La photo est une capture d'une vidéo du concert de VOD la veille, à Londres. Monde injuste.


samedi 20 juin 2009

THE WASHINGTONIANS-s/t


Le punk/ Hardcore avant gardiste? Finalement, quand on regarde les merdasses qui pullulent sur MTV aujourd'hui (entre deux émissions de real tv) niveau "metal", beaucoup des catins qui s'égosillent doivent leurs gimmicks à Vision Of Disorder, Turmoil, Indecision, Strife etc... non? Aujourd'hui la scène semble s'orienter vers l'avant garde du support: fini les pressages couteux (pensons à la planète), du MP3 gratuit, et quelques cdr pour les puristes. Dans ce qui semble être un magnifique digipack sérigraphié (chronique digitale donc, c'est pas une habitude mais ça arrive), Washingtonians lache un gros punk gras, qu'ils définissent eux même comme punk-trash-hardcore-grindisant. Voix hurlé, titres expéditifs, rythmiques soutenues, mosh part, pointing finger, tout ça quoi. Avec un son qui annonce la guerre, la formation exécute une musique puissante, qui rappel His Hero is gone en plus punk encore, avec ses riffs qui sentent un peu le soleil, genre skate en bandana, et perso, je vois aussi une touche de benümb dans la mixture. Ca faisait un bout que j'avais pas jeté une oreille sur ce genre de disque, et celui-ci le fait plutôt bien. Recommandé.


vendredi 19 juin 2009

COALESCE-Ox


Chez relapse ils doivent avoir pris gout au truc: signer des disques de groupes qui se sont grattés le cul ces 10 dernières années. Après Brutal Truth, voilà l'autre grand retour du label de l'extrême, Coalesce, le groupe de bouseux le plus brut du hardcore US. Coalesce a sorti dans les années 90 une poignée de disques, pas franchement des albums, mais pas non plus des EPs qui ont tous marqué au fer rouge la scène indé américaine de par sa puissance, ses innovations, sa façon de faire. Give them rope était un album étouffant, lourd, compact mais révolutionnaire-allant jusqu'au bout de dazzling killmen, rorschach- tandis que leur vision de led zep' en avait fait bondir plus d'un, le chant devenant (forcément) hurlé. La formule Coalesce peut se résumer simplement: une musique brut, agressive, lourde, riche en riffs décisifs, en breaks, en astuce rythmiques, et singularisée par une voix, forcément porcine, de Sean Ingram. Ceux qui suivent ce site depuis quelques temps avaient déja remarqué qu'on avait causé Coalesce pour disséquer les deux morceaux offert par le groupe sur le 7" du come back "salt and passage". D'ailleurs, on avait déja souligner le rapprochement avec Tool, comme une version punk et expéditif du combo de "metal depressif": rythmique riches, compositions tortueuse en permanence en reconstruction, paroles totalement étranges, hermétiques, et désormais les visuels qui semblent directement issus du même genre d'esprit. Alors quoi de neuf depuis 10 piges? Coalesce resemble à Coalesce, il a le même visage-bien que du line up d'origine, il ne reste plus que Steineger et Ingram: riffing, chant, rythmique très semblable. Ed Rose assure toujours le son. La formule se précise à quelques endroits: voix claire (sur un seul passage) breaks plus rythmé encore qu'auparavant, plus épuré, plus essenciels, et aussi ces choeurs qui accompagne le chant ou le refrain, simplement. La différence existe cela dit, le groupe semble aérer sa musique comme jamais auparavant, comme la continuité exact de "functionning on imatience" que l'on avait déja évoqué ici. Les compositions sont entrecoupées de passages que le groupe a exécuté lui même plus country, folk, comme de lointains échos à l'amérique qui a vu naitre la formation. Si bien que le disque me parait presque comme la réponse punk (car oui, Coalesce se définit comme Punk, alors allons-y) du chill out de KLF, une sorte de voyage en voiture, une traversé express du pays, où chaque élément vient ici s'incorporer dans la bande son de ce road trip. Puis un fermier chante à son boeuf quand un nid de poule réveille l'autoradio, la bande s'emballe. Le tempo change. Mais la musique reste cohérente, car finalement, Coalesce, même avec 10 ans dans les dents, fait toujours du Coalesce: ni plus, ni moins.

vendredi 12 juin 2009

HINT- 93-99


J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour Hint. Je les avais découvert tardivement (par rapport à leur existence), quand "wu-wei" sortait. J'aimais beaucoup la façon dont le duo envisageait sa musique. J'ai mis beaucoup de temps encore à me procurer un de leur disque car ceux -ci sont assez difficile à dénicher, et aujourd'hui la tache est encore plus rude. D'où l'intéret de ce double cd proposé par Jarring effect. L'écoute de l'oeuvre fabriquée par Hint offre une vision très singulière de la musique. Comment un duo, il y'a de ça plus de 10 ans pouvait produire une musique aussi dense, riche et complexe? Les climats de Hint me paraissant, de manière très singulière, inexplicablement français. On ressent ce même sentiments que l'on peut avoir à l'écoute de Bästard, par exemple, ce son spécifique, baroque, qui trouve ses résonnances dans le cinéma de Jeunet (pour l'esthétique), qui se reverbère dans les couleurs vertes et ocres, un peu comme celle de la pochette, qui sont également les mêmes que sur wu wei. Ce double disque donc permet de couvrir l'ensemble de la discographie du duo. Il me parait utile de préciser que 80% des 3 albums sont présentés dans le disque, il doit manquer une paire de morceaux de chaque disque. C'est à dire que TOUT Hint n'est pas là mais une bonne partie. Le premier disque propose un mélange des 3 albums, réparti aléatoirement, sans ordre de chronologie. La musique du groupe est passé de début industriel, martial, dure, vers des contrées plus perosnnelles, indescriptibles, faisant appel autant à un post rock naissant (slint , tortoise) qu'à une musique électronique teinté de dub alors émergente (scorn, osons le dire, massive attack) tout cela étant mis au service d'une éxigence sonique remarquable. Hint solicite les boites à rythme, les guitares, mais aussi les violons, les cuivres pour ne poser aucune limite à sa quête. L'univers n'en est que plus complexe et total. Le second disque propose lui d'aller plus en profondeur dans les faces B, les inédits, les morceaux issus de split (avec unsane, siouplé) et les reprises (et re-unsane) dont a pu se charger le duo, en live ou en studio, accompagné parfois de petits camarades. La cohérence est donc moins évidente sur le second disque, mais il n'en reste pas moins que Hint fait bonne figure dans un paysage français musicale parfois maladroit. D'ailleurs, il est facilement possible d'extraire le duo de sa géographie car Hint est avant tout un excellent groupe, tout court.

BRUTAL TRUTH-Evolution through revolution


Brutal truth s'étaient séparés en laissant derrière eux une poignée d'albums qui tous, sans exceptions, ont une valeur particulière pour les fans. Le premier reste le préféré de la frange plus death classique, assomée par la violence et l'armée de classique qu'alignaient l'album. Need to control presentait une première ouverture vers la bizarrerie, à mi chemin entre un début de carrière et une sutie plus experimentale qui s'illustrera à merveille sur le dernier jusque là, sounds of animal kingdom et sa pochette qui rentre facilement dans le top des plus laides de l'histoire. Production poisseuse signé Anderson, Brutal truth saluait son public avec un album des plus étrange, déstabilisant. Au milieu vegète un double live chaotique et un EP, kill trend suicide culte. L'annonce du retour de la formation culte, débarassée de son guitariste historique, Grun, a fait son petit effet et une tournée a permis de vérifier ce que l'on avait pu imaginer alors: BT reste les maitres du Grind core surpuissant, et l'age et les kilos n'ont pas eu raison de la puissance de feu du combo. Armé d'un nouveau guitariste qui a moins à voir avec un death metalleux classique mais plus avec un texan en boots qui joue du hardcore, Brutal Truth sort son nouvel album après un silence de 10 ans-et ils ne sont pas les seuls chez relapse dans cette situation. Certains se posent la question: quelle est la pertinence de Brutal truth en 2009, après Dying Fetus, Nasum, Agoraphobic nosebleed, Kalibas-dont est issu le nouveau guitariste ici présent, pig destroyer, crowpath? Et bien c'est clair dès la fin de la première minute. On a là les maitres du grindcore. Qu'on aime ou pas le genre si particulier, BT affiche une forme olympienne et ils sont clairement en haut du panier dans le genre. Le son est moins poisseux que sur sounds of animal kingdom, plus précis, permettant cette fois-ci à tous les membres de s'amuser dans leur cour de jeux respective sans aller taquiner le voisin en le perturbant via le magma orchestré. Niveau composition, Brutal truth se présente à son top: compositions alambiquées, changement de rythmes, cassures des phrases, variété du registre servi par une éxectution parfaite. Le petit dernier du clan n'a pas peur, et impose son jeu précis qui sait parfois aller voir dans des registres plus éloignés, comme le hardcore ou le sludge le temps de breaks ou de morceaux plus lents, imposant BT comme une entité grind des plus particulière, unique, barré. Finalement, le quartet n'a peut-être pas besoin d'être qualifier de Grind. Entre la complexité, la richesse, la folie inhérente à la fusion de tels musiciens (les lignes de basses parfois trash, les rythmiques, mais aussi la voix de Sharp, le bouseux alcoolique le plus cintré du rock) ne sagirait-il pas, tout simplement, d'une forme explosée de punk?

GEISHA die verbrechen der liebe


Je n'ai jamais réussi à mettre la main sur le precédent album de geisha, et voilà que de manière assez inattendu, je me procure enfin ce second album. Ce nouveau disque est donc sorti par crucial blast et est limité, je crois, à quelques milliers de copies. A l'heure où les formations du genre pullulent en citant jesus lizard dans tous les sens, geisha s'inscrit dans une logique plus bruitiste que ses contemporains, et a probablement plus à voir avec Todd qu'avec Pissed Jeans. D'ailleurs les braves petits gars, non content de produire assez de bruits avec les instruments traditionnels du rock, ajoutent à leur mixture quelques élements électroniques, histoire d'enrichir la saleté déja produite dans un premier temps. Mais n'allons pas croire que geisha c'est du bruit pour du bruit. La rage, la bave aux lèvres. La musique se construit et joue même de variations, en proposant de longues montées psychédéliques, presque post rock parfois qui viennent trancher sèchement avec l'ossature de base. Ensuite, pourquoi se payer le luxe d'avoir un son dolby surround quand tout ça est de toute façon destiné à être copieusement détruit par le bruit? Solution: avoir le son plus cosmique et crade possible. Tout cela sonne très garage stellaire au final. Une fois que vous aurez atteint la dernière plage, il ne vous restera plus qu'a endurer l'épreuve de feu: un "theme from diana" qui filera une crise cardiaque à ceux qui n'auraient pas pris soin d'être prudent. Pour tout ceux qui ont survécu au premier Mogwai à bloc, mais aussi à Todd ou a White mice, ce disque est pour vous.

VENETIAN SNARES-Sabbath dubs 10"


Très loin de ses travaux classiques, Funk s'est offert une petite récréation en 2007 pour deux morceaux sur un 10" sorti discrètement chez Kriss. VS, qui ne signe pas complètement ce disque (signé "snares", donc) revisite deux morceaux de black sabbath issu du premier album en dubstep. Quoiqu'on puisse bien penser de ce sous-genre, les deux titres de Funk ont du sens: le fantome de la voix d'Ozzy se mèle aux énormes basses du dub, aux beats profonds et tout en rondeur. Les échos classiques du genre viennent se répercuter dans les sonorités de guitares, qui sont isolés de la section rythmique: Funk a tout reconstruit, et redonne aux morceaux un coté brumeux des plus appréciables. La face B est plus orienté sur les claviers, les moogs analogiques venant rendre la ligne de basse plus remuante pour l'intestin que jamais.

CULT OF THE 13TH HOUR- Wickedness 12"


Kevin se disperse: il sort de façon anonyme ce 12" sur souljazz accompagné de spaceape, le même qui avait enregistré au coté de KODE9 l'excellent memories of the future pour hyperdub. Mais kevin reste cohérent, sous ce fourreau militaire, demeure un morceau de dubstep assez classique, up tempo et presque dansant. Sirène, beat enlevé... et une version instrumentale en face B. Finalement, on en revient au début: on attend d'autres disques; K-MART se disperse.

THROBBING GRISTLE- The Third Mind Movements


Le cas Throbbign Gristle devient une énigme parmis les plus hermétiques de l'histoire de la musique. Outre les évidences (des quinquas dont un transexuel qui font du bruit improvisé lors de longue messe) il demeure cette question: pourquoi ce groupe existe encore? L'an dernier, le concert de la villette avait révélé aux yeux de certains que le groupe ne pouvait plus se sentir et que la second fin allait arriver de manière imminente. Pourtant, un an plus tard, voici que le groupe repart en tournée et laisse même sortir de ses studios ce nouvel album. Ce third mind movements est en plus obscur: s'agit-il de chute de studio du précédent album, le grandiose "endless note" dont nous avions dit le plus grand bien ou de compositions neuves, s'imbriquant remarquablement avec son prédecesseur? Il y'a là une cohésion dans le son, une continuité, un prolongement logique du précédent qui le laisse croire. D'ailleurs, le groupe ne propose plus grand chose qui puisse avoir à faire avec de l'indus ou de la noise, on est désormais dans une ambient déterriorée, salie, visqueuse qui se plait dans un bain de sonorités claires, élégantes. TMM est un compagnon logique qui fait bonne figure, qui traduit difficilement la situation actuelle d'un groupe légendaire. Et même si il ne dispose pas de la puissance du chef d'oeuvre de 2007, cette nouvelle étape n'en est pas moins des plus agréables. Le problème reste de savoir quelle valeur à ce disque et donc de revenir à la question initiale: car cet album ne fut que distribué lors de leur tournée américaine de ce printemps 2009. Quelques bonnes échoppes vous le dégoteront, mais l'accès à ce disque demeurera, pour le moment, difficile. Pour fan hardcore?

PIXEL-the drive


Si vous avez plein de disques de chez IMPULSE, lorsque vous les mettez tous ensemble et que vous faites une belle pile, ça vous fait une bonne colone assez homogène d'un point de vue coloris assez sympa. Y'a des chances que si vous aimez la musique électronique minimale vous ayez aussi quelques disques de chez Raster Noton et dont la pile commence à former une réponse à votre colone impulse dans des tons blancs plus cliniques. Le nouveau Pixel va venir s'insérer dans le reste de la pile sans trop de difficultés, aussi bien au niveau esthétique que musicale. Pixel s'inscrit dans la parfaite logique des productions du label. Musique électronique minimale, discrète. Tout vient d'une matière sonore créée, aucun sample, aucune réutilisation de bandes déja existante, pas la moindre trace d'un son accoustique naturel si ce n'est maltraité par une machine le désorganisant totalement. Pixel produit des compositions plus abstraites encore que ses camarades, le son est plus habité de nappes diffuses, des sonorités éloignées se mélangeant à des rythmiques toutes digitales, mais moins centrales que chez certains petits camarades de maison.

lundi 8 juin 2009

The Warlocks - The Mirror Explodes

Quelque chose était jusqu'au boutiste dans Heavy deavy skull lover, laissait transpirait un desespoir facile a discerner, easy listening dans les mélodies. Les warlocks font partie de ces groupes nouvelle génération, bercés par de grandes influences, qui façonnent à leur forme la nouvelle mouture du rock psychédélique. Ca shoegaze un peu par ci, post punk un peu par là, mais gémit beaucoup. LEs warlocks sont la version mid tempo du brian jonestown massacre sur cet album, la version descente de drogue, la version chimique et fatiguée. Ça prend plutot, surtout pour la maitrise sonore de l'ensemble, ça sent un peu le démaquillant, et ça gémit toujours autant qu'á l'accoutumée. Des fois on a envie de dire "ta gueule", et des fois cette ambiance nous enveloppe et nous accueille. Le groupe n'a de toute façon plus rien à dire, et la mélancolie qui enveloppe the mirror explodes est rêveuse, matinale, là où la rougeur du précédent était clairement nocturne. A conseiller pour ceux qui aimaient le groupe, où cette bande de new rockers assoiffés de revival, mais tout de même largement décu par cet effort sans grand interêt.

AKRON/FAMILY-Set 'Em Wild, Set Em Free


Michael Gira, avant de libérer son backing band de son label, a décidé d'offrir des vacances à ces petits hippies à la croix de bois, histoire de s'aérer le cerveau bien obstrué par des tensions toute médiévales du précédent album où les joueurs de luthe nous chantait l'air niais "love is simple". "Prenez le fric et payez vous des vacances, enjoy the sun!" a dit papa Gira, qu'on écoute toujours soigneusement dans ces cas-là. Du coup, les deux morceaux qui ouvrent l'album donneraient presque une fausse image renouvellé du groupe. Une sorte de Tortoise qui aurait découvert les bienfaits des chants en canon sur la plage avec une guitare sèche, tentative déséspérée de ramener de la gueuse au camping pour coppuler. Ca groove sec au début, avant que le calme et l'ambiance forestière reprennent leur place dans la musique du groupe. La suite n'est pas de tout repos, parfois le groupe cache un mur de guitare derrière une fougère touffue qui surprendra même le plus préparé à la blague qui file une crise cardiaque. Combat de pomme de pins. Retour à la plage, où les américains malmène leur drapeaux. Energie retrouvé, folklore maltraité, les étoiles sont transformées. Le fanatisme de la tache de javel sur les t-shirts ne suffit plus. Cintrés, Akron family danse. Autour du feu. Sacrés américains.

ISIS-wavering radiant


C'est embêtant de dire du mal d'Isis, mais c'est presque une obligation maintenant. On est loin, très loin de l'excitation d'un mosquito control, de la tourmente d'un celestial ou encore de la fraicheur d'un oceanic. Depuis 2003 Isis est devenu une bête de scène (tout est millimetré) qui joue à la note près son disque (même si le batteur, dès qu'il tente un truc à la double ralentit systématiquement) lors de concerts fleuves. Il va en falloir de bonnes raisons d'apprécier ce nouvel album. Turner a fini son obsession du paysage avec forme géométrique collé au photoshop dessus depuis quelques temps déja (et oui, monsieur est graphiste!), et ces tentacules ne sont pas glamour pour autant: on repassera sur le visuel. On se raccroche à ce qu'on peut: ce nouveau disque est mieux que celui d'avant. Autre chose? Euh... Isis est quand même au dessus du lot des groupes qui pondent 7 morceaux, basé sur 7 riffs différents déployé sur 7 minutes minimums et qu'ils appellent couramment "album". C'est déja ça. Etonnament, reste quelques personnes qui arrivent à trouver tout cela excitant. Choisir son camp? A part lors d'un long trajet en voiture, soleil couchant, il n'existe pas beaucoup de possibilités d'accrocher à ce disque un peu chiant.

Wolves in the throne room - Black Cascade

Entre mythe et réalité. Là où on les attendait depuis ce Two hunters qui avait crée le mythe. Indissociables avec la nature. Une ambiance largement plannante, aérienne, et pourtant assez terrienne pour rester black métal. Le fils De drudkh, Neurosis et Skepticism en version rapide. Skepticism pour ce son grandiloquant, bourré de riffing épique et lumineux, parfois proche de textures claviers. Le black metal de Wolves in the throne room ne se rapproche définitivement pas des grands noms du sympho masturbatoire, se touchant sur des structures. Bien plus axé sur les émotions, sur les répétitions de mélodie, sur cette limpidité et cette simplicité des chansons. Une production magnifique, rendant grâce à une rythmique binaire, à des claviers qui (sup)portent le tout, à un riffing bestial et lancinant fait de ce Black Cascade le digne successeur, où surpasseur de Two Hunters. Là où le précédent surprenait un minimum, même pour le fan de drudkh (une influence claire du groupe), Black cascade va encore plus loin et brasse une quantité de sons éloignés du carcan black metal de base. Jamais la violence ne prend le pas sur le reste, jamais un élément n'ecclipse l'autre et cette bande de hippies illuminés se perdent dans un dédale de quatre compositions toutes plus axées sur la beauté originelle des ambiances. On se perd dans le riffing, le groupe insiste sur des répetitions mélodiques, les broie et les aggrave pour ne jamais en terminer. WOlves in the throne room est ce groupe que l'on remerciera pour réaliser nos fantasmes, celui où l'on demanderait qu'une mélodie ne s'arrete pas, qu'une chanson se rèpéte et que la durée se chamboule. La contraction du temps par le son, de manière à créer la transe. Au final il ne reste peut être pas grand chose de black metal dans ces 4 paysages de métal beau et lourd, lancinant comme un coucher de soleil au milieu d'une clairière, sombre comme un feu s'éteignant dans la noirceur la plus totale, mais lumineux comme une colonies d'étoiles au dessus de nos têtes. WITTR c'est un peu ça, les `pieds dans la terre, mais la tête au ciel, les racines de noir métal, mais sublimées par une ouverture d'esprit radicale bien plus passionnante que la plupart des groupes de la scéne, où le folklore en vient à ecclipser les fondements même de la musique. Je pense au dernier Blut aus nord, même si joli en soi, ravagé par ce côté kitsh épique, ou au OM de Negura Bunget. Une cascade de noirceur s'écoulant dans un bain d'étoiles. Sublime et abouti.

mercredi 3 juin 2009

Sonic Youth - Les éternels

Sonic youth - A thousand leaves (1998)

Le tournant s'était donc fait sur un Washing machine bancal mais réussi. Pourtant c'est uniquement trois longues années aprés ce précédent que sort A Thousand leaves. Trois années pendant lesquels Sonic youth a sorti les trois premiers SYR sur son label expérimental, trois longues années pendant lesquelles ils pensaient avoir tout dit, pendant lesquelles leur seule sortie sous le nom de Sonic youth restait un live batard, rejouant pas mal Sister et des covers des Ramones. Alors A Thousand Leaves est important pour le groupe, et son virage arty pop se montre encore plus extrème. A la base ce disque se devait d'être instrumental, peut être même un SYR. Le son se fait bien plus brouillé, moins direct, moins rock n roll, largement moins mainstream que sur goo ou Dirty. En quelque sorte une sorte de SYR batard, que l'aspect pop certain propulsera sur les sorties estampillées SY, et où le chant se posera à pleins de moments. Disque de musiciens, disque d'artistes, ATL réalise le rêve que Goo avait tué, en replongeant dans les origines d'un groupe jouant d'abord et surtout sur les larsens et les ambiances, avant de livrer quelque chose d'immédiat.

Sonic Youth - NYC, Ghosts and Flowers (2000)

Immédiat ne sera pas celui ci non plus. Hommage à la ville qui aura vu naître et éclore toute une scéne, avec eux en tête de file, hommage à ce pot pourri artistique avec comme pochette un tableau de William S burroughs, un des poètes beats. Toujours aussi aventurier, aussi peu facile à rester en place le groupe va encore plus jouer sur l'épuration des formes, pour livrer un disque froid à l'exterieur mais pleins d'émotions à l'intérieur. Fort de nouvelles influences plus post rock (je pense à Slint passé par là), mais aussi en jouant encore plus largement surles distortions (même les voix sont parfois modifiées). Pourtant malgré cette apparence brute, ce son froid, lesmélodies sont d'une beauté déconcertante, peut être comme á l'époque de l'album éponyme, à l'image de la ville de New York, austère et froide, mais grouillante d'une vie. Aprés avoir dit adieu au vingtième siècle sur leur SYR 4: Goodbye to the 20th century, Sonic youth rentre dans le 21ieme siècle en continuant son exploration des sons, et en étant là où on ne les cherchait pas.

Sonic Youth - Murray Street (2002)

Et encore une fois c'est là où on les attendait le moins aprés ces deux albums plus austères qu'ils seront. Cette fois ci en quintet, avec la présence de Jim O'Rourke, musicien touche à tout ayant plutot une formation jazz/noise, ayant joué à la fois avec Derek Bailey ou Stereolab, et producteur du fou tony conrad ou des krautrockeux de Faust, le groupe revient avec son disque le moins enlevé et le moins passionant de toute sa carrière. Ne pas dire que tout est délaissé, que les expérimentations sont mortes, car ce disque présente des morceaux plutot longs, avec des structures trés alambiquées, sur la recherche des instruments et des canevas mélodiques. Les voix sont bien plus mises en avant, et leur feeling pop se dégage majoritairement, laissant de côté la rage sexuelle typique des vocaux, se calant sur un riffing rock n roll. Ici , beaucoup d'arpèges, et les disrtotions se font sages, mème si bien entendu présentes. Le tout est maitrisé, et fait trop disques de musiciens pour sonic youth, on a la sensation d'avoir à faire à leur disque de prog pop, de post pop/rock, bien entendu trés intelligent, toujours juste mais rapidement lassant et ereintant sur ses 45 minutes. Surement l'album le moins réussi du groupe...

Sonic Youth - Sonic Nurse (2004)

...mais aussi un des virages essentiels. Effectivement, sur Sonic Nurse, le groupe digègre ces éléments progressifs et plus pop du son, pour le sublimer. Sonic Nurse n'a de pop que...pas grand chose. Le son est sec, racleur, bien plus maitrisé que sur goo par exemple, et bien plus vivant que sur le précédent effort. UN artwork magnifique cache un disque trés sexuel, surement le plus chaud du groupe dans ses sonorités. Cachées au gré de mélodies trompeuses, une quantité énorme de sons se greffe au canevas de guitares et d'effets. Kim Gordon est LA réussite de ce disque, avec un côté vieilli encore plus chaud qu'avant. L'album aurait d'ailleurs gagné à n'être uniquement chanté par elle. Sonic Nurse est surement le disque de la période moderne du groupe le plus interressant, car à la fois accessible mais pleins de détails, fourmillant d'idées et surtout faussement pop. C'est aussi le dernier album sur lequel participera Jim O'Rourke. SOnic Nurse sublime les trois précédents efforts, qui aboutissent tous à celui ci. ENcore une fois l'assemblage d'idées, de touche à tout passé se comprend et se digère dans cet effort central du groupe.

Sonic Youth - Rather Ripped (2006)

http://beyondthenoize.blogspot.com/2008/09/sonic-youth-rather-ripped.html






Sonic Youth - The Destroyed room: B sides and rarities (2006)

Compilation de raretés, d'instrumentaux en majorités, qui rasasient la soif de certains fans du groupe à entendre quelque chose d'autre que des morceaux immédiats, ceux là même que rather ripped ont plus que déçu. D'ailleurs, je les encouragerais à écouter les SYR, surtout que le 6 était recemment sorti sorte de déluge de percussions psychédélique, héritage du A saucerful of secret des Pink Floyd. Alors cette compilation est pas forcément utile, mais largement jouissive pour certains points nous rappelant le disque éponyme du groupe, et cette capacité à maitriser les instrus comme aucun groupe. Itérations aux limites du post punk, tout comme morceau plus acoustique et etherées, cela reste une compilation donc ne possède acune cohérence. D'ailleurs je me demanderais toujours l'apport de The diamond Sea en version extended (5 minutes de plus), chose qu'ils auraient pu directement poser sur Washing machine (car effectivement elle est mieux, mais bon, couvre un quart d'un album qui méritait à se remplir différemment).

mardi 2 juin 2009

Sonic Youth - L'apogée stylistique et commerciale

Sonic Youth - Sister (1987)

Le tournant marqué par Evol était bien une sommation. Un avertissement. Le groupe est un groupe de rock n roll, un groupe de scéne, un groupe de tubes. Sister est un peu son réservoir à tubes, son disque bardé de mélodies cinglantes toutes plus efficaces les unes que les autres. La machine Thurston Moore livre riff sur riff, la rythmique se fait toujours aussi lancinante et les echapées bruitistes de plus en plus maitrisées. Chaque morceau recèle un orgasme caché au gré de mélodies triturées jusqu'àplus faim. Mais Sister va plus loin en proposant un son bien plus incisif, où les guitares proposent un vrai plan d'appui au reste. Steve shelley pose ses marques avec un son de batterie tout en retenu, jamais envahissant. Véritable passage à tabac vocal, Lee depuis evol possède ses propres compositions. Régal rock n roll, massacre tubesque du début à la fin. La simplicité apparente du format cache un côté bien vicieux, les guitares envolées laissent place à un aspect plannant et les guitares se répondent plus qu'elles ne combattent. Mais Sister c'est aussi la fin de la collaboration avec SST, du aux problèmes de non paiement et à l'arrivée sur Enigma.

Sonic youth - Daydream Nation (1988)

Arrivée tonitruante d'ailleurs, pour livrer le plus gros brûlot rock n roll du groupe, le disque le plus long aussi, double album d'une cohérence impressionante. Sister était la collection de tubes, Daydream nation gardera ce feeling mélodique et cette énergie rock n roll pour revenir à quelque chose de plus unitaire, comme á l'époque bad moon rising. L'ambiance à son apogée, sorte d'enchainement vers un but commun rageur, complétement sublimé par une production où le larsen est roi, où chaque déraillement, où chaque entrée de riff sonne comme un poing dans ta gueule. Sorte de tornade sonique, rempli de psychédélisme qui ne fatigue jamais mais monte en puissance pour arriver à une trilogie finale menée de main de maître Daydream nation reste bardé de tubes, qui prennent leur sens ál'écoute du précédent. Thurston et Lee jouent vite, bien et déroulent des compositions fleuves s'enroulant sur elles mêmes, bardé d'idées et remplies d'ambiance différentes. La rythmique enveloppe le tout, bardée d'effet, tel un cocon protecteur pour des riffeurs en transe. Tornade sonique surement car se cachent une montagne de détails subtils, rendant le disque hypnotique de bout en bout, sans jamais sombrer dans le bruitisme le plus imbécile. Daydream nation est surement l'apogée de cette epoque rock n roll et rageuse, où la haine s'incarnera par un riffing efficace et des rythmes binaires de Steve shelley. Onirisme dégouté, fatigué et las, Daydream nation va plus loin que le nihilisme punk passé en crachant ses brulots anti rêve américain, pourri par la crasse d'une ville New yorkaise décadente, mais encore nourri d'un idéalisme adolescent (Candle).

Sonic Youth - Goo (1990)

Idéalisme adolescent qui s'incarne par la signature sur une major, Geffen Records. Branle le bas de combat chez les fans hardcore qui ne comprennnent pas ce revirement de situation, et ce retournement de chemise. Apogée commerciale donc avec un album suivant les traces de ses prédécesseurs. Album rock n roll culte, pourtant en deça des précédents. Le groupe n'a d'ailleurs jamais aimé le son sur ce disque et lui préférait ses démos qu'il réeditera l'année d'aprés puis joindra en 2005 à une édition deluxe. Ce disque ne présente pas d'avancée immense, mais serait le petit frêre d'un sister se voulant plus "cool", plus posé. C'est d'ailleurs le disque le plus apaisé du groupe pour le moment, qui comporte une esthetique rock classique, trés tubesque, beaucoup moins vicieux que les précédents opus et que son grand frêre daydream nation. Steve Shelley marque son empreinte sur un disque où il varie son jeu, délaissant la binarité des précédents opus et les guitares savent se faire plus plannantes tout en gardant leur côté insidieux distordu sur des morceaux de bravoure tels Mote. PLus insouciant, mais tout de même sacrément efficace, Goo restera un disque plus stable d'un groupe en pleine expansion, surement moins risqué mais rempli de tubes.

Sonic Youth - Dirty (1992)

Tubes noise rock d'ailleurs. C'est un peu le crédo de Dirty, qui suit l'évolution plantée par Goo, en s'offrant un son bien plus incisif et adéquat. En quelque sorte Dirty est la suite de Goo, en laissant les erreurs de côté et en se payant le luxe de jouer de manière plus aérée et aérienne à certains moments. Plannant sans pour en devenir chiant, les escapades émotionnelles (theresa sound's world) atteignent des sommets. Plus dosé, plus maitrisé, mais aussi plus noisy dans son approche, moins calibré vers le tube, plus basé sur la trituration d'un riff, Dirty trouve le mélange parfait amorcé depuis le brulot daydream nation, en faisant la nique à toute une scéne noise rock/grunge en pleine éclosion commerciale. Toujours un temps d'avance, et cette loyauté underground incarnée par la présence de Ian Mckaye (minor threat, fugazi) sur Youth against fascism, SOnic Youth passe encore un cap.

Sonic Youth - Experimental Jet set, trash and no star (1994)

Etonnant. Car si Sonic Youth était arrivé à son apogée commerciale, avec des albums au son plus lissés et au style moins extrême, avec cet album ils remettent en cause toute cette avancée pour dérouter encore. On le savait bien qu'il fallait les attendre là où ils ne seraient pas. Un disque bien plus varié, plus aventurier, plus novateur, surement plus arty donc, qui renoue avec la tradition du groupe à ingérer d'éléments d'autres scénes dans son propre rock et à digérer ces éléments dans un son novateur. Ici, les guitares passent à la moulinette un nouveau groove lancinant, déglinguent des tubes dans des disrtotions asphyxiantes et jouent même rythmiquement de manière plus jazz. On voit là toute l'importance de Steve Shelley souvent relegué au second plan par les trois autres showman(woman) mais qui prend son importance en studio sur l'apport des rythmiques. Imagerie punk DIY (ouais n'abusons quand même pas), sonorités plus aventureuse, morceaux plus sexuels et dejantés, cet EJSTANS reste un pas énorme de franchi et une nique impressionante au major qui s'attendait surement à une suite aux lissés goo et au tubesque dirty.

Sonic Youth - Washing Machine (1995)

EJSTANS n'était sûrement pas un coup dans le vide dans une discographie commençant à être fournie. Sa suite sera encore plus bancale, avec un côté je m'en foutiste jamais atteint, où Kim gordon jouera encore plus de guitares pour arriver à former une presque formation de trois guitares, une batterie. Éloignement des racines punk, pour livrer un faux album de pop bancal, insidieux et remplis de clins d'oeil, sorte de pot pourri stylistique où les jeux de sons se font rois, où le moindre tube possède quelque chose de tellement bancal qu'il n'en sera jamais réellement un. Puis Washing machine c'est aussi l'apogée d'un songwriting qui n'a plus à faire ses preuves, où le tube pop ultime se transforme en déluge noise plus chaotique que jamais, mais à la fois ambiant (the diamond sea) et où le choix sonore se fait limpide. Disque trompeur, à la fois facile d'accés et limpide, il annonce une nouvelle ère du groupe qui deviendra le plus grand composeur de pop songs qui n'en seront jamais moderne. Le tournant se fait içi.

Sonic Youth - Les débuts

Sonic Youth est surement l'entité rock la plus marquante de ces dernières décennies. Autant un groupe avec un son marqué qu'une éthique marquée, le groupe a été associé à différentes scénes dites underground, de la No wave au post rock en passant par le grunge. Quelle que soit la réalité, ces etiquettes sont juste des barrières visant à situer un groupe de rock issu de la scéne new yorkaise facilement intellectualisables qui s'est illustré dès ses débuts par un son peu orthodoxe basé sur des guitares trifouillées avec divers objets (baguettes, tournevis) visant à créer un magma sonore des plus mélodiques. Mais SOnic Youth est aussi une des icônes, si ce n'est l'icône de toute une frange de rock des années 90, dit rock indépendants pour leur capacité à passer outre les constructions faciles, à laisser vivre certaines mélodies et a ingérer une quantité d'influences non rock. C'est aussi un groupe ayant ingéré les influences punk, à l'image d'un Neil Young par exemple, pour livrer sa propre vision d'un rock sale et expéditif (ouais certains disent grunge, moi ça me fait rire). Pour finir, SOnic Youth c'est aussi un groupe ayant lutté pour cette scéne dite indépendante en donnant sa chance à certains groupes, en ayant une activité musicale et artistique variée sur ses différents labels (je pense notemment à son activité expérimentale sur les Sonic youth recordings).
Pourtant, au début des années 80, c'est un tout autre groupe que l'on connait sous ce nom là. Thurston Moore (ancien fricoteur de l'orchestre pour guitares electriques de glenn branca, aux côtés de page hamilton mais aussi de Lee Ranaldo), rencontre Kim Gordon et forment avec Richard edson le groupe connu sous le nom actuel. Leurs premiers concerts ne ressemblent pas vraiment à grand chose, si ce n'est quelque chose de forcément bruitiste et chaotique, qui conservera une énergie punk sans concession. C'est à la suite de cette série de concerts que Lee Ranaldo intégre le groupe.

Sonic youth - Sonic Youth (1982)

C'est en cette année 1982, avec ce line up (richard Edson ayant préféré revenir, malgré son départ), que sort le premier vrai enregistrement du groupe, réedité en 2006 avec une série de live d'avant sa sortie, ou de versions alternatives de morceaux du disque jamais sorties ailleurs.Cet album restera une sortie historique pour le groupe, et agrémenté de ses bonus sur la récente réedition permet de cerner les débuts du groupe avec des versions abrasives et folles en concert, pleines de triturations d'instruments, de riffing cheap et d'experimentations sonores. Quant à l'EP en soi, il nous présente une face bien plus apaisée du groupe que sa réputation concert, largement inspiré par ses travaux passés, dont la participation aux orchestres de Glenn branca pour le côté atonal desmélodies, les insistances mélodiques et rythmiques et le côté incantatoire. Le ton présente un panel sonore inouï avec des dissonances, des répetitions rythmiques proches du post punk, perceuses passées aux pédales d'effets et surtout un déjà fort feeling mélodique. Alors certes, ce disque sonne plus marqué par ses influences, et reste trés rythmé par le jeu de batterie de Edson, trés funky et enlevé, donc forcément moins rock (est ce un mal?) mais reste quand même une grosse pierre angulaire du rock de ce début des années 80, et agrémenté de ses multiples bonus nous permet d'ores et déjà de cerner les différentes faces d'un groupe protéiforme, à la fois abrasif en concert, comme interessé par le choix de mélodies et la recherche sonore. Cet album permettra au groupe de tourner avec les Swans, tournée qui orientera le groupe vers un côté encore plus chaotique que par le passé.

Sonic Youth - Confusion is sex+Kills your idols EP (1983)

C'est donc sur cette sortie que le groupe livrera son côté le plus haineux et bruitiste, proche des concerts du début, proche de son énergie directe.L'expérimentation sur les mélodies se poursuit, mais revêt un côté bien plus punk (la reprise de I wanna be your dog n'est pas anodine), bien plus raw et direct. Pourtant cette dualité reste toujours présente, avec un côté arty psychédélique encore là. Des mélodies oniriques ou KIm Gordon s'impose comme le côté sexuel du groupe. Changement de batterie qui n'en finissent pas, avec l'intégration d'un Bob bert jugé trop cool pour l'essai, puis d'un ancien Teenage jesus and the jerks, avant le retour de Bob Bert pour la tournée. Ce qui fascine sur ce disque est cette facilité à maitriser des ambiances grâce aux choix sonores du groupe, qui ne maitrise pas forcément encore ses instruments d'une réellle manière. Brûlot arty bruitiste, disque clé pour comprendre toute une scéne, disque marquant pour le groupe lui même pour lequel il reste référence, COnfusion is sex alterne passages angoissées claustrophobiques et rage non maitrisée, avec un passag aux effets distordus des instrument complétement arrachés. A 2000 lieues de la musique de club, de la musique maitrisée, dansante et gentille, Confusion is sex est l'expression de terroristes du son bien décidés à prendre en contrepied toute une scéne.

Sonic Youth - Bad moon Rising (1985)

Contrepied poursuivi sur la suite de la discographie.Aprés un brûlot sans aucune concession sonique, le groupe revient avec un album marquant vu qu'il marque l'arrivée de Steve Shelley à la batterie sur la tournée de l'album, batteur actuel du groupe. Bad Moon rising accentue le côté angoissant des compositions du groupe dans un disque sans aucune pause à l'ambiance étouffante et au son cauchemardesque. Les compositions sont lancinantes, à l'image de protect me you sur le précédent opus, mais laissent transparaitre un sens de la mélodie aiguisé, un sens de la chanson pop masqué par un apparât bruitiste et un son sans aucune concession. LEs vocaux se font moins itéraitf et froids et de réels sentiments transparaissent de la voix de Thurston et Kim. Ce disque est terrifiant, et malgré son apparence plus posé ne laisse aucun espace vide dans des morceaux monstrueux où la plus simple des ballades pop se transforme en un cauchemar auditif agrémenté d'un sens de la mélodie annoncé. I love her all the time en en l'exemple parfait. Pourtant les influences sont encore là, ce côté no wave, où Lydia Lunch en personne apparait sur death valley 69. Bad moon rising joue avec les allées et venues rythmiques, l'entrée de sons et leur sortie pour créer une ambiance jamais aussi cohérente pour le groupe, et malgré tout une beauté transparait dans cet opus.

Sonic Youth - Evol (1986)

Le cauchemar est terminé. Ce serait plus le réveil, toujours un peu angoissé, entre rêve et réalité. Evol est un peu tout ça à la fois. La maitrise acquise des instruments, la domination du son, qui ne se fait plus subir par le groupe, mais que le groupe nous fait subir, l'acquisition de ce feeling pop malaxé et déglingué. Shadow of doubt montre que le tout est encore là, inconsciemment, en arrière fond, dans cette aisance des mélodies angoissantes et itératives, issues du post punk. Mais Evol montre la lumière, l'ouverture possible, l'accés vers de nouvells contrées. La beauté simple, lumineuse et à la fois si fragile d'un Tom Violence, où les triturations d'un expressway to yr skull sur lequel Neil Young aurait pu écrire une dissertation (d'ailleurs s'il passe parlà, qu'il se livre à l'essai, c'est une requète). Pourquoi Evol est charnière? Tout simplement car c'est l'essai qui synthétise le mieux la schizophrénie palpable depuis les débuts du groupe, entre violence aigu, bruitiste agressif et beauté limpide dans le choix des mélodies, feeling pop romantique et sexuel. Mais c'est aussi sûrement aussi là que Sonic youth arrive à allier les deux à la fois, en livrant des mélodies à base de violence aigue et sonique, sublimées par une aisance des choix sonores. C'est aussi le début d'une stabilité du line up au niveau batterie, qui créera un réel combo uni (premier disque où Steve shelley participa à la composition). Puis Evol, c'est aussi l'anagramme de love, là ou les démons de l'amour se rencontrent, et luttent pour en extraire la quintessence.




lundi 1 juin 2009

Sunn O))) - Monoliths and Dimensions

Une cathédrale. Depuis des années nous sommes maltraités, au gré de vrombissements qui construisent un édifice des plus fascinants. Là ou les Grimmrobes demos étaient un hommage sonore à Earth 2, fascination pour la possibilité du son à être touché, à être palpé et façonnés par nos mains, véritable synesthésie totale, où l'on pouvait attraper littéralement ce qui nous était fourni; 00 void commençait les bases d'une des plus grandes cathédrales païennes jamais construite. Des bases solides, terriennes, indestructibles et peu malléables, véritables fondations s'enfonçant profondément. Puis peu à peu s'élevait l'édifice, avec des colonnes plus protéiformes (White 1 et 2), plus abstraites et moins monolithiques. C'est à partir de Black 1 que le décorum s'est mis en place, avec les gargouilles, les bouteilles de vins, les cercueils tout au long de ces colonnes, toutes ces petites choses noires et à la fois pleines de clins d'oeil nous rappellant l'humour des constructeurs, toujours plein de second degré sur leur ouvrage. Maintenant l'édifice est monté, bien plus aérien sur Doomkirke, plein d'un lyrisme effroyable, les chanteurs d'opéra ont testé l0'acoustique, les joueurs d'orgue aussi, pour élever la dimension spirituelle de l'endroit.
Monoliths and dimensions serait la première phase de construction d'une toiture pleine de failles. Le son Sunn ne veut plus rien dire, le drone non plus. Ici la richesse sonique laisse place au souci du détail, de la beauté des éléments, de la lutte contre l'humanité d'une construction difficile. LEs murs de guitares ne sont plus terriens du tout, le son vrombit de moins en moins et le feedback laisse place à la richesse émotionnelle de l'édifice. Tout architecte sait que pour construire quelque chose de grandiose, les bases doivent être solides. MOnoliths and dimension laisse place à un son cotonneux, agréable pour y séjourner. Lorsque Aghartha livre ses premieres incantations, le son se fait porteur, accueillant, en aucun cas agressif. Et même Attila et sa voix d'outre tombe nous berce, dans une incantation rassurante et onirique. M & D s'élève, ne cesse de grandir, de murir un son sans aucune limite de beauté, de tisser une quantité de samples sur des nappes de guitares mélodiques où sont déjà brodées les tapisseries d'une victoire. Les vitraux sont colorés (cuivres, vocaux feminins), et finis d'une main de maitre, au pinceau filliforme. Le souci du détail. Sunn ne joue plus dans le brut de decoffrage. Les sons nous transportent plus que nous les transportons. LEs experimentations ambiant du passé savent s'intégrer au tout, les vocaux d'outre tombe prennent tout leur sens dans la messe noire, la lumière filtre à travers les trous, à travers les vitraux. Sunn O))) n'est plus cette bête rampante des grimmrobes, mais se déroule tel une toile, une toile dont nous aurions vu les esquisses petit à petit. La cathédrale ne sera peut êtrejamais finie, car certains ouvrages architecturaux n'ont pas de point final, mais l'avancée prend tout son sens sur cette partie du travail. Sunn O))) a laissé les pioches, les maillets et les instruments lourds pour élever sa construction. Ils toucheront les cieux.

Current 93 - Aleph at hallucinatory mountain

Inlassablement. Le précédent effort nous avait fatigué, et l'ep aussi. Current 93 n'était plus aussi prophétique qu'avant. La voix de Dieu avait un chat dans la gorge. Orphelin de sonorités nouvelles, orphelins de disques vivants, orphelins de voyage dans de nouvelles contrées. Nous avions perdu notre porte parole, surement en bouée dans sa piscine, complétement perché. Et quand Douglas Pearce se permet de devenir une icône complétement folk, qui peut se targuer de pouvoir reprendre le flambeau apocalyptique?
Un joueur de flûte, un joueur de xylophone, pour servir le disque le plus psyché d'une discographie labyrinthique. Le plus rock et le plus électrique aussi, comme si la collaboration avec OM l'avait bouleversé. Des contrées sanglantes, décrites dans des morceaux sans queue ni tête, remplie de solis agressifs, d'écarts soniques fleuves, sur le retour d'un tibet plus conteur que jamais. Des délires à la réalité, des structures hallucinées qui nous perdent, proches parfois de mantras, où la moindre explosion electrique reste ejaculatoire, sur des choix rythmiques plus que percutants. Le tout reste porté par une solidité de l'ensemble, ou Tibet arrive à lacher le lion dans un zoo végétarien, où même la guitare acoustique qui lui est si chère a des sonorités indiennes, où les violons se font menacants. Finies les echappées religieuses dans sa forêt rassurante, où la vierge se ballade à poil en se tripotant les tétons. Aleph at hallucinatory mountain est cette terre brûlée, où se balladent les démons, et nous sourient, jusqu'à nous rendre fous et se jouer de notre santé mentale. Aleph en est le chef, du haut de sa montagne rouge sang il joue du clavier, debout, entouré d'une farandole d'êtres mystiques, aussi réels et palpables que nous mêmes. Vaincu, la folie et l'insouciance nous gagne, et nous partons rejoindre ses rangs, dans une douceur colorée.

Menace Ruine - The die is cast

Un étrange bâtard que ce disque, éloigné des débuts plus black métal du groupe. Plus qu'éloigné d'ailleurs, tellement lointain qu'il ne reste que cette rigidité du son, sans concession aucune. Saturé jusqu'à plus faim, le son des canadiens se fait pourtant bellement lumineux, pour livrer un drone à l'ambiance médievale, drone proche d'un mantra assez rapide, évolutif au sein de morceau courts (ce qui constitue d'ailleurs leur gros défauts). La variété des ambiances fait la part belle à la maîtresse de cérémonie vocale qui flotte au dessus de ce magma sonore mélodique avec une belle envie de nous faire planner. Proche d'un Nico pour certaines tonalités bien gothiques (époque desertshore), la demoiselle fournit son côté The moon lay hidden beneath a cloud à une musique complétement incantatoire et d'une lourdeur pour une fois pas toxique mais libératrice, ayant plus empruntés au son aérien d'un Asva qu'aux nappes des grimmrobes demos (et je ne dis pas ça pour les vocaux féminins). Le ton est bien ficelé, assez accessible, et nous entraine dans les méandres de mélodies psychédéliques enfumées, sans jamais nous laisser atteindre vraiment la transe de part le côté expéditif.

dimanche 31 mai 2009

Primavera Sound 2009

Comme l'an dernier, votre servant se colle ce festival toujours mieux dosé, et toujours aussi rempli. D'ailleurs cette année est un peu plus déroutante niveau horaires, et l'on va devoir perdre des choses que l'on souhaite voir.
Notre festival commence par Dälek, soir de la victoire du triple titre du FC Barcelone, qui commence en retard pour attendre les fans de foot (sic) et nous permet donc d'arriver à l'heure (pour les non fans de foot un peu lents). LEs ayant vus le mois dernier à Montpellier, dälek balance un set bien plus rageur et expéditif (surement du en grande partie aux contraintes du festival) mais qui dégage une haine palpable et une urgence bien industrielle. Oktopus se régale de nous envoyer de gros marteaux piqueurs mélodiques et de maltraiter son microsillon pour rendre les morceaux encore plus violents que normalement. Dälek quant à lui se fait plus humain, surement parcequ'il communique, et pose avec classe sa voix sur beaucoup d'instrus de Gutter tactics et de désormais quelques classiques (je pense a Ever somber).
Pour suivre, Zu va envoyer son jazzcore cartoonesque trés pattonien (pas forcément un compliment), set duquel on retiendra quand même un excellent jeu de batterie, varié et créant une ambiance aux limite du chaotique neurosien à certains moments. Le reste est quand même ultra mélodique dans la destructure et joue énormément sur les effets d'un bassiste (sur?) triturant son instrument aux confins du possibles grace aux pédales. Un peu surfait peut être, mais le côté rigolo rend le concert pasprise de tête et rapidement prenant.

Suite à cela s'annonce le festival en plein air à proprement dire. Lighning bolt va chauffer la scéne, en sorte de clows pas si drôle que ça, et occuper l'espace sonore d'une trés belle manière à deux. Le batteur/chanteur/catcheur livre une prestation possédée, endiablée et l'on reprochera surtout au bassiste de trop en faire par certains moments. Jesus Lizard vont donc bénéficier du son fabuleux de la scéne ATP (vous vous souvenez OM, fuck buttons l'an dernier, c'était là bas) pour livrer le concert de la soirée, et un des meilleurs du festival. Mon collégue a parlé de la prestation à Paris, juste rajouter que j'ai été totalement conquis et que le fantôme du rock n roll flottait sur cette prestation au son carré. C'est donc l'heure de se faufiler sur la grande scéne pour My bloody Valentine. Je ne suis pas trop fan sur disque, je trouve ce groupe un peu surestimé, bien que plaisant et la curiosité poussait mon choix plus qu'autre chose (ouais, j'ai raté the Bug). Alors ouais, c'est plannant, ouais ils jouent trés fort, mais au dela de cette montagne d'effets pas forcément bien maitrisés (les balances étaient bien horribles, impossible de capter un seul vocal), le maitre mot est de jouer quelque chose de simple et pas trés efficace sur un son TROP fort pour le genre. Shoegaze surement, plannant surement, car ça n'est pas dégueu, mais de là à se toucher sur cette prestation aux confins de la pop et du rock noisy, il y a un pas que je ne franchirais pas. Découverte des effets? Je retourne a Psychocandy. C'est sur Aphex twin que se passera la première énorme baffe du festival, avec une aisance stylistique, rythmique et mélodique impressionante. J'ai rien compris mais jsuis d'accord. Au gré de mélodies connues de son registre, de breaks salvateurs, AFX asséne un son d'une lourdeur prenante, aux confins des genres technoides/electroniques/hardtek rendant le tout palpable. J'ai touché le son, et celui que je n'arrivais pas à attraper me lacérait le face. Alors aprés, Squarepusher et sa basse funky qui tourne un dvd, forcément ca parait un peu fadasse.

Le lendemaon s'ouvre sur Sleepy sun, sorte de rock 70 ayant mangé pas mal de black Sabbath, se la jouant fonsdé, et livrant du cool materiel pour soirées canaps. Pas transcendante non plus la prestation de Tokyo sex Destruction en open air. Les ayant vus en petite salle, leur énergie se décuplait pour arriver a te gifler, dans un mélange des stooges et de at the drive in avec un chanteur hyperactif. Pourtant assez convainquante, bien energetisée, l'espace ne se pretait pas forcément au groupe.
Redirection scéne ATP pour voir Sunn O))) jouer les robes. Enorme déception. Le début met du temps à se lancer, deux coupures au bout de 4 minutes, on se demande ou est l'arnaque. Le son manque de puissance (ouais sans boules quiès ça passait comme une lettre à la poste), j'en ai a peine les jambes qui vibrent. Puis 45 minutes de prestation, au moment ou on commencait vraiment à rentrer dedans, à se laisser submerger par un son pas du tout sumbmersif. Alors c'était cool ouais, mais ça faisait bien pose humoristique, du sunn bien second degré se foutant largement de nous en plus d'eux même. Théatral mais largement ridicule vu qu'ils ne nous ont pas mis KO du tout. Un concert de sunn ou il faiisait bon être, ca parait pas problématique?
Et c'est pas The drones qui va changer quelque chose au lourd constat. Etant déçu par des préférés, leur rock inspide participe juste ála débacle.
Heureusement, c'est Shellac qui va sauver la soirée, en chevalier, comme l'an dernier. On était prévenus, je le savais que c'était une machine live, et j'en suis encore plus convaincu. Vainqueurs par KO. This is the end of the radio.

POur boucler ce festival dense et ereintant, la journée la plus remplie nous attend, journée qui commence par un ratage de Jesu (même raison qui a fait que j'étais à l'heure pour dälek, la mollesse), puis par une prestation marrante de Plants & Animals, qui passé le côté inutile de la chose se rèvéle plutot libératrice, pour se diriger vers Neil Young. le loner est là, et c'est émouvant de le sentir si boosté. Un paquet de classiques (hey hey, my my, down by the river, cimmanon girl, Heart of gold, old man...) pour boucler sa prestation sur un rappel d'A day in the life (quand même ouais). Nostalgique, c'était notre pote ce soir là, notre pote qui nous remplit le coeur de bonheur, qui nous chante des comptines maintes fois entendues et qui nous retourne sur des morceaux épiques.
Plus long set de mon festival, il nous fera rater Oneida, concert que j'attendais pas mal et qui au vu du final avait l¡air bien explosif (ils jouaient forts eux), mais sans trop de rancune. C'est sur fond de Liars que l'on enfile la tenue de combat pour Sonic youth. Alors, a mes yeux ce concert était excellent, mais largement trop carré. Ils sont éternels, selon le titre de leur nouvel album qu'ils joueront à profusion, et ils doivent surement le rester en s'économisant les oreilles (ouai t'as vu, ils jouaient a un niveau indecemment bas). Pour des terroristes sonores ça faisait un peu teletubbies sur le coup. Puis bon, sur le rappel ils auraient pu nous la jouer moins edulcorée sur l'experimentation sonore, du genre "t'as vu on sait encore le faire, juste qu'on a pas le temps". C'était un fest, c'était de la promo, mais c'était quand même génial, rock n roll à souhait. El-P enchaine, et nous livre sa vision de la guerre. Elle se fera à base de samples. Il nous balance de tout, de lou reed à rage against the machine et les deux mc's s'en donnent à coeur joie pour jouer avec ironie sur les différents registres et caricaturer leur propre son. Bonne teuf, bien en musique. J'approuve. Le festival se clora sur une deuxieme gigantesque baffe: Zombie Zombie. Ne rigolez pas, ya tout là dedans. De l'humour, du sérieux, du Carpenter, du crotte rock, de l'énergie, de l'électronique, de la maitrise sonique, du jeu et un grand plaisir à balancer de longs morceaux évolutifs à rendre fous, et à lobotomiser ton caniche depressif. A revoir, encore et encore cette chose francaise visiblement, duo de bons geeks, dont le batteur joue aussi dans Herman Dune visiblement.

jeudi 28 mai 2009

JESUS LIZARD & SUNNO)))




J'ai largement vanté les mérites de ce festival parisien l'an dernier grace à une affiche hallucinante pour notre capitale. Cette année je ne prends mon billet que pour le premier soir, ce qui est dommage (rien ne me poussera à me bouger pour une autre journée) mais qui tombe bien (fin d'année, tout ça...).



Problème: je n'ai probablement pas à dire grand chose de plus que ce que tout le monde en dira, de ce premier concert. Le groupe de première partie, est normalement un duo entre Simins, batteur du blues explosion et Dan the automator, l'homme derrière Gorillaz et Dr Octagon pour la mise en son, rien-que-ça-madame. A cette équation complexe, vous retirez Dan pour le live, vous ajoutez une violonosite chanteuse (qui mènera d'ailleurs un des meilleur morceaux de la prestation, simple avis), d'un bassiste, d'un premier guitariste qui joue aussi un peu de nord lead (c'est mon coté geek de matos, je précise quand je connais), et surtout, d'un guitariste qui ressemble à Ben Stiller avec une coupe de cheuveux type Caniche Royal post-sêchage. D'ailleurs un moment je finis par croire que c'est vraiment le gland de Zoolander tant son jeux de scène est excessif, poussif, ridicule.

SunnO))) sur scène, je sais plus si on en a déja parlé ici, mais c'est une messe noire qui vous tombe dessus. Je vous raconterais bien les conneries que vous lirez ailleurs type "voyage interne", "profondeur de l'âme", "noirceur insondable", "pénétrantes dérives soniques" ou autre, mais je ne suis pas d'humeur "à fleur de peau" pour vous sortir le jargon du pauvre qui se pisse dessus quand l'infrabasse de MK ULTRA BLIZZARD me ruine le bas ventre. Le concert de Sunn de ce soir est bien supérieure à celui du nouveau casino en 2005, mais moins fort, moins assourdissant. Mais la sauce prend mieux, même si SOMA reste ce guitariste classe nerd supérieur, bon gôut inclu, incapable de jouer en rythme ou en accord (!) avec son comparse Anderson, qui du coup génère à lui seul l'intérêt de voir Sunn sur scène. Bien sur que le duo est impressionnant, et entendre les personnes dans le public prêt à subir leur dépucelage pousser de grands soupirs devant le mur d'amplis quand celui-ci apparait est jouissif. Mais difficile aussi, quand du coté gauche de la scène nous prenons un retour de basse des plus asphyxiants qui soit dans l'intestin, de ne pas rire et faire abstraction du second degré revendiqué par les géniteurs de l'entité qui injecte l'épais venin ce soir.




Ce qui m'a poussé à venir ce soir, ce sont les différents témoignages concernant Jesus Lizard depuis 5 ans un peu partout: groupe culte, cité à tort et à travers par n'importe quel groupe à guitare qui n'a aucun rapport avec les inrocks. Les premiers avis suite au concert de l'ATP sont unanimes, le groupe reste cette brute de scène qu'il était dans les années 90, peut-être le meilleur groupe selon le NME à l'époque (les temps changent!!) qui perpétuerait sa propre tradition. Et j'aime bien JL sur disque, mais je ne fais pas partie du clan qui voue une adoration démesurée à Denison, Sims, Yow et McNeilly. Du coup, oué, c'est cool, fun, drole, énergique sur scène, c'est très bon...Mais on est loin de la méga mornifle promise! Certes, pas mal de groupe devraient en prendre de la graine. Lorsque j'ai vu Pissed Jeans l'an dernier, je me disais que voilà peut-être le remplaçant de JL. Je me trompais. JL est au dessus de ça. Mais je ne suis pas transcendé par le concert. Pourtant il s'en passe des choses sur scène: Yow est dans le public à la moitié de la première note, insulte Sunn et MWP, crache, tire le chapeau de son pêcheur au micro, dégomme le tee d'un malheureux, pousse les gens qui s'aventurent sur scène, fait des pompes le micro coincé dans le gosier, et surtout, assure ses paroles même dans les situations les plus improbables, sans que cela ait l'air spécialement hors du commun pour lui. Avec sa bonne tête de poivrot, Yow assure son show, pendant que derrière ça joue velu et carré: il chante presque pas si faux, et fera le coup du MJK qui fait une clé de bras à une fille qui pendant plusieurs minutes avant était à négocier la haute teneur en stupidité de son future act ("j'le fais? j'le fais pas?! Ahahahahahahahahj'crois j'vaisl'faire!!"). Hop, corrigée la gamine.

mercredi 27 mai 2009

PRODIGY-Poison


Dissertation sur un thème imposé. Resultat ici:


Merci la famille.

mercredi 20 mai 2009

Enslaved - Vertebrae

N'a de black metal que son passé j'ai envie de dire. Et certains de ses fans aussi. Les autres ont fui avant d'en arriver là. Ils auraient du fuir depuis Below the lights finalement, qui était la première sommation. A quoi bon s'attacher au passé viking du groupe, qui a surement fait ses preuves en son temps, mais aurait rapidement tourné en rond. Aucune raison donc, de surcroit en connaissant la capacité du groupe à avancer, à ne jamais tomber dans une redite putassière de la précédente livraison. C'est d'ailleurs pour cela que ce groupe est si à part, si respecté dans le monde métallique. A petits pas, le groupe est allé trés loin. Etant l'un des groupes les plus blacks de la dynastie black, ayant même partagé à ses débuts un split avec Emperor, Enslaved n'en a eu que faire. Bien leur en a pris, vu ont sont restés les groupes de black originels norvégiens (mis à part satyricon et Mayhem, en gros, en passant sur les deux derniers Satyricon, taillés pour faire rêver une pucelle hongroise en mal de sensations).
Enslaved se libère à chaque fois plus de ses références, obligations, et insère à chaque fois une once d'experimentation supplémentaires pour teindre son métal d'influences progressives. Voila, le mot est laché. De black il ne reste plus rien sur ce Vertebrae haut en couleurs, Runn ayant fait la transition pour en arriver à ce degré de tons fauves. Voix claires, textures psychédeliques, oniriques, guitares et riffing plannant, Vertebrae est un peu le repaire des dieux vikings. Le buvard nordique en quelque sorte, celui qui va t'agresser par ses sonorités colorées. Puis la production est d'une justesse troublante, avec Joe Baressi aux manettes, Enslaved atteint son valhallal, largement lancé depuis trés longtemps. Quand on voit comment les premières salves avaient été lancées dans Below the light, pour porter ses fruits dans un Isa majestueux, puis pour éclater dans un Runn aux limites black, on se demande quelle saveur pourrait avoir la suite. Enslaved sera rock, floydien, à l'entente du soli de ground, des guitares acoustiques qui l'accompagnent, des constructions. Belle surprise, pour un disque éblouissant qui laisse béat.

Deathspell Omega - Chaining the Katechon

La scéne black française a quelque chose à part. Surement ce son qui restera à jamais gravé dans le savoir faire collectif de nos groupes. A partir de là on nous colle le côté expérimental intellectualisant, surement aussi à cause d'interviews de certains acteurs de celle ci qui sont bien fiers de cette intellectualisation à outrance. Deathspell Omega est à posteriori le projet le plus passionant (avec Blut aus nord) de l'aventure black française. Quoi de mieux pour en parler que ce dernier ep sorti l'an dernier, contenant un unique morceau. Evidemment, kénôse a plus ou moins tout dit, dans un disque jusqu'au boutiste ou trois périodes livraient une quantité d'ambiances impensables, et surtout aboutissaient le son de DSO dans des guitares acérées labyrinthiques flottantes. Ici, ils s'essayent à l'unique piste progressive, essai réussi avec un condensé d'ambiances toujours aussi bien degurgitées et un sens de la progression sonore à glacer le sang. Black metal il reste surtout cette noirceur d'apparat, et ce crachat ambiant qui paralyse l'ambiance. Puis cette sensation de ne pas réellement avancer, que la progression ne fait que s'enfoncer dans un vaste marécage sonore, ou nous perdre dans un dédale sonique.
POurtant quelque chose a legerement changé chez Deathspell Omega. Le son se fait plus limpide, les guitares, entre autres, donnent l'impression de commencer à revivre, sont moins flottantes et pesantes qu'à l'acoutumée. La production leur permet de se vetir de plus de decorum et cela rend chaining the katechon leur sortie la plus humaine à ce jour.

Watain - Casus luciferi

Pourquoi casus Luciferi et pas Sworn to the dark vous vous demandrez? Car c'est le moment de ressortir les fonds de tiroir, et d'être sincère avec le lecteur. Même si le dernier Watain est bon, c'est surement le moins bon des trois, sorte de réservoir tubesque qui reste facilement en tête. Alors oui, Sworn to the dark est bon, mais reste le Watain le moins marquant.
Et rabid death's curse? Il lui manquera surement un petit quelque chose, au niveau de la production par exemple, ou de l'étirement des compos, pour arriver au niveau de celui ci.
Car Casus luciferi est un pavé black metal comme rarement il s'en est fait. Clinique, appuyé sur un son d'une froideur moderne pasforcément typique (on est loin de satyricon post Rebel Extravaganza ou de Mayhem post Grand declaration of war tout de même), mais accés sur la justesse du propos. Le riffing est limpide, jouant sur les rythmes et sur les coupures sonores, sur un riff qui résonne, le tout laissant en quelque sorte des espaces monstrueux pour l'incision de parties plus aigues raclant le sol. Watain livre avec rare violence des mélodies d'une beauté violente, sur des vocaux sans aucune concession. La concession, c'est surement ce qu'ils accepteront plus tard dans leur discographie, et que jusque là ils ne laissaient pas filtrer. Clinique, un brin martial sans trop l'être, Casus luciferi est noir, mais nous déclare la guerre. Et de si belle manière! Je pense à puzzles ov flesh épique au possible, ou à certains moments de gloire libérateur. Watain joue largement dans une autre cour, là où beaucoup s'inspirent du trip viking, là ou d'autres s'inspirent du trip progressif, eux reviennent à l'essence même de la violence.

MC SOLAAR-Prose combat


Dans le truc qui nous sert d'histoire du hip hop, on a souvent tendance à ne retenir que l'axe paris-marseille avec NTM et IAM (3 lettres à chaque fois, histoire de pouvoir charger niveau intellectuel derrière), l'oubli de l'ami Claude MC dans la période 93-97 (en gros, des premiers gros morceaux rap jusqu'a l'explosion médiatique et le relai de skyrock pour épouser la loi Toubon) est réccurent et pourtant injustifié. Peu après le temps où il était cool à l'école - le temps des juppes-culotte- Claude commit un premier album au nom gentiment poétique mené par une paire de single aussi niais qu'introductif de bonne humeur en mode pantalon zoulou, chapeau embarassant et toute la panoplie. Prose combat sera, et restera, le chef d'oeuvre que l'on pouvait attendre du jeune talent. De Solaar on garde l'image d'un gentil garçon, posé et doux, plutôt porté sur la recherche du mot juste. Mais c'est peut-être réduire un peu au plus simple le bonhomme qui s'illustre sur les 15 morceaux de ce deuxième long. Claude est entouré d'une équipe rodée depuis le premier et s'articule autour d'un DJ au nom qui fleure bon l'amérique (la caution true?), Jimmy Jay et surtout de ce qui deviendra Cassius, à savoir Philip Zdar et "pigalle" Boom Bass. Le travail des deux producteurs n'est pas des moindres et place la possibilité d'un hip hop français avec du corps, une sorte de paire au Paris sous les bombes qui pourtant ne sortira qu'un an plus tard. Les samples sont amples (j'écoute, je m'inspire et voilà le travail: jeux de mots vaseux), se collent sur des beats rarement surprenants mais souvent épais et langoureux. Le duo gonfle sévèrement le son sur l'ensemble des morceaux d'énormes basses, toujours puissantes et tout en rondeur. Si l'élément rythmique est parfaitement maitrisé, le reste du spectre sonore n'est pas négligé. Aubade ou dévotion présentent d'énormes claviers, spacieux, vertigineux. Sur le 9ème morceau (les curieux comprendront pourquoi je ne recopie pas le nom du morceau après avoir vérifié ça) le morceau se construit progressivement sur un empilement de léger larsen encerclant un beat sec, ce qui n'est pas sans rappeler le travail de Mick Harris. D'ailleurs, en 94 on rapprochait souvent Harris du trip hop naissant, courant que Zdar et Boom Bass semblent maitrisé aussi (les premiers massive et les débuts de portishead ont-ils tournés?! De toute façon cela reste un dérivé de hip hop). Les ambiances sont lourdes et dégage cette mélancolie typique 90's, notamment grace à l'utilisation régulière de samples de sax et de trompettes. Bien sur, la musique s'aère du gimmick via des cordes douces et blues sur "Dieu ait son âme" ou "la fin justifie les moyens". L'autre pic de production de l'album est évidemment ce "nouveau western", gonflant magistralement un sample de Monsieur Gainsbourg. Sur cette épopée sonore à part entière, Claude nous compte sa vision du monopole US via son verbe, et marque des bons points. Son mot est souvent juste, tout au long de l'album, la rime riche, imagé et juste. On sait Solaar fanatique de l'écrit et il rend justice à sa passion la plupart du temps. Ainsi il est tout à fait capable de passer de brillantes accélération bien menée qu'à de sombres jeux de mots un peu raté. On pensera notamment à "la concubine...", un des morceaux les plus datables de l'album, à la production lourde et facile où Claude y va de son mot sur la guerre (pas bien), cette dernière qui niqua Guernica tout ça, tout ça... Il parle aussi du biz dans lequel il rentre, d'un regard sur son auditoire qui trouve rapidement ses limites, de l'amour ou de ses contemporains, en nous épargnant le regard sur la situation en banlieu, sujet alors peu attirant pour les médias à l'époque tout en collant parfois d'habile verset ("allez vous faire F...non, je prefer passer outre!" grand). Sinon Claude MC est plutôt obsédé par le passé (qui lui revient comme un bilboquet), qu'il décline à plusieurs reprise, allant jusqu'à l'autoparodie. Si l'artisan du verbe baigne son disque dans la mélancolie, il trouve rapidement la limite de son discours dans l'incapacité qu'il aura par la suite à développer des choses plus pertinentes. Dès le suivant, la magie disparait, "Les temps changent" n'étant qu'une redite, sans parler des calembours, 10 ans plus tard type "da vinci claude". D'ailleurs il ne sera pas le seul responsable de cette chute puisque le duo de producteur, probablement plus motivé par le projet Cassius alors naissant, habillera de façon bien pute le "paradisiaque" qui succèdera 3 ans plus tard à ce second jet. Reste donc ce disque, un peu seul dans cette discographie aride en qualité, mais qui peut, à lui seul, justifier d'un intéret certain pour "l'homme qui capte le mic et dont le nom comprend double A".