mercredi 11 mars 2009

WATCHMEN


Réaliser l'inadaptable, pari audacieux ou pas, reste un film qui existe (enfin ou déja) et qui a tous les arguements pour dynamiter le train-train quotidien du blockbuster d'action. De la BD adulée (posons la base: je fais parti de la geek-omunity qui attendait le film) on attendait un long métrage raté car forcément ambitieux et forcément robespierre-esque dans sa nature même, celle qui allait obliger Snyder à couper des tronçons entiers du pavé de Moore et de Gibbons. L'histoire? Faut-il faire affront en écrivant quelques mots à son sujet? N'importe quel autre site internet l'a déja fait au même titre que des centaines d'autres en articulant plus ou moins toujours la même chose: super héros/uchronie/violence/humanité/Nixon/Nucléaire. Les avis? Etrangement enthousiastes du coté presse et cinéphile, plutôt mitigé coté fan, et scandaleusement (mais logiquement) descendu coté génération bas-du-front. Evidemment, il ne fallait pas s'attendre à une réussite parfaite car le matériau de base est d'une densité telle qu'il faudrait des pages et des pages pour éclaircir toute la richesse du boulot Anglais. Mais de toute évidence ceux qui ont pris l'habitude de qualifier Snyder de bourrins plus par habitude que par réel arguments sont également dans la même erreur que ceux qui rentrent dans la salle de cinéma en espérant voir du bonhomme en collant foutant la grosse branlé à du méchant dégoulinant. Musique habilement choisie, Dylan, Cohen, Wagner, Glass habillent le film de façon trop présente pour certain, c'est un point sur lequel je ne trancherai pas: Il faut voir de beaux clins d'oeil quand les viet-namiens se font atomisés et il ne faut pas avoir peur de rire de la scène de cul du film, Hallelujah! On reproche aussi à Snyder ses ralentis: c'est à dire qu'on doit en compter une dizaine en tout et pour tout dans un film de presque 3 heures: crions au scandale, y'a de l'abus. Il est d'autant plus drôle de voir que le générique, unanimement salué par contre est lui... entièrement au ralenti. Ceci dit, je conçois tout à fait que ce procédé puisse user, mais de là à souligner ceci comme un act de bourrinisme...

On dit que Snyder a vidé le contenu de la BD:il était évident que 3 heures allaient être insuffisant, et qu'un film (vous savez, au cinéma, il est impossible de faire pause et donc de s'attarder sur une case ou un plan, et de bénéficer ainsi de la même possibilité de contemplation que sur l'oeuvre ultra foisonnante de Gibbons) devait faire dans le concis. Réjouissons nous, l'édition "director's cut" fera pas loin de 3h30. Alors oui, le chapitre en palyndrome, par exemple, en pati. L'approfondissement du personnage de Laurie passe à la trappe et la révélation quant a sa filiation avec le Comédien, sosie d'iron man, tombe comme un cheuveux sur le cake. Pire encore, un des passages les plus brillants est sauvagement amputé: la relation et la séparation Rorschach/ Malcolm n'est ici que résumé à un entretient maladroit. Et enfin, Veidt, personnage central finalement du livre est raté, le plus mal loti au niveau ressemblance film/bd, et son role final apparaît claire dès les premières secondes- a mon sens, et bien qu'il garde ses caractérisqitues essencielles: être le méchant qui veut la paix, mais surtout l'ennemi d'un nouveau type que même les années 90 n'avaient pas encore pris le temps d'adapter à leur fiction: celui qui possède le capitale et les ressources.

Reste un Niteowl ambivalent, impuissant (au sens propre) sans son déguisement, bedonnant et ridicule, incarnant l'épopé Batman dans ce qu'elle a de risible et maladroite; Rorschach, un des personnages de fiction parmis les plus passionnants de ces dernières années, et Dr Manhattan, sorte de super-superman atomique misanthrope et depressif. Vous pensiez voir de l'action, vous verrez une poignées de secondes à vous faire serrez les fesses (les scènes gores, peut-être discutables), entre de nombreuses minutes à observer le mythe américain version Yuppie (pour l'époque) s'effriter sous vos yeux pendant qu'un omniscient se pose des questions, nu, bleu, sur Mars. Et si Snyder a du couper pour faire court, il ne s'est pas privé de livrer une oeuvre extrêmement fidèle, qui prend son temps (je ne parle pas des ralentis, plutôt de quelques plans contemplatifs bien amenés) et qui pose les différentes questions que Moore soulevait dans son oeuvre sans trop devoir amputé l'idée générale. On soulignera une fin changé par rapport à l'originale, largement discutable mais qui se veut également plus vicieuse à mon sens. ce film n'est pas parfait mais il est ambitieux, il à de la gueule.

2 commentaires:

Maximo a dit…

Salut.

Dans la galaxie des blogs musicaux il y en a un qui s'appelle http://nukeplantaerials.blogspot.com et qui joue un peu de tous les styles, mais avec une sélection que j'espère de qualité; Si il vous plaît on pourrait peut-être échanger nos liens ?

Merci à vous.

gulo gulo a dit…

merde, je comptais pas le voir ...