lundi 29 décembre 2008

GODFLESH-Godflesh


Fin des années 80, Birmingham. Justin Broadrick, fraichement débarassé de ses cheveux, l'air encore un peu égaré de par son jeune age (18 ans) et une consommation de weed vient de déposer chez swordfish une poignée de titres qui s'apprètent à rentrer dans l'histoire. Après s'être lasser plus vite que prévu de son drôle de projet précédent (prends note, jeune!) il transforme l'agressivité rapide vers la lenteur, le matraquage entêtant. Comme tout artiste majeur, il y'a fort à parier que Broadrick ne s'est pas dit qu'il tenait là quelque chose d'inédit et de novateur. Non, il y'a plus de chances que comme des transformateurs, des créateurs en musique il ait juste été là, au bon moment, en mélangeant tout simplement un ensemble de son, d'éléments sur lesquels reposaient sa culture, ses inclinaisons. Killing Joke, les Swans, Big Black, Cocteau Twins, Whitehouse. Le son mécanique de Godflesh se matérialise sur ce premier EP, discrète sortie avant le streetcleaner qui suivra. Pourtant ce disque présente déjà tout ce que sera le groupe, avec l'aspect crust qui test en plus, comme pour souligner le fait qu'avant toute chose, cette galette est un premier jet. Bien sur Flesh n'est pas seul, il a gardé avec lui un de ses collègues de Fall Of because, Ben Green (notons que Paul Neville sera aussi un membre de Godflesh mais qu'il ne sera pas permanent et ne réapparaitra que très irrégulièrement dans les premières incarnations). Green peut apparaitre avec le recul comme l'artisan discret mais inaliénable dans l'équation Godflesh, celui qui se tait mais qui dans son grondement dirige tout autant que son comparse l'entité- L'importance de Green est tel que sans lui, tout simplement, le groupe ne survivra pas. Le son de Green à la basse est aussi primordial que celui de la machine et de Broadrick. La basse bucheronne le son, le violente, le gave d'infrabasses incontrollées, accroît le vertige audio. Il semble que bien des formations post hardcore se soit inspirées du son de basse unique que donne la seconde moitié du duo par la suite (réecouter les groupes de la scène suédoise tel breach ou cult of luna). Le guitariste pose lui un jeu totalement unique. La guitare ne dirige pas les opérations, ne guide nullement la musique: elle l'habille. Justin joue tout en larsen, en harmoniques et résonnances, laissant à la section rythmique le soin de creuser en dessous le morceau, guider le reste. Broadrick abbat sa guitare froidement, comme un complément bruyant mais tout en abstraction sur le squelette dressé par la boite à rythme et la basse. Les larsens sonnent comme jamais, totalement libre et controllé, comme si la guitare était elle-même ensorcellé et tentait de s'exrpimer par ses propres moyens. Enfin, par dessus l'ensemble, la voix du jeune Anglais hésite entre hurlement et chant claire comme désabusé, érinté par tant de bruits. La première pierre que pose le duo ici est essencielle car tout est déja là: l'identité sonore et iconographique unique du groupe est efficace et éloquente dès ce premier disque d'une qualité indiscutable. La lourdeur anglaise dans toute sa splendeur, une oeuvre parmis les plus passionnantes de la décennie passé est en train de naitre, ici judicieusement remis au gout du jour via Kreation rds. Une pépite, un indispensable.

2 commentaires:

idlewoodarian a dit…

C'est clair qu'il y a déjà presque tout dans ce mini, dommage qu'il soit écrasé par Streetcleaner.

katrina kaif a dit…


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