vendredi 12 septembre 2008

MELVINS, BIG BIZ, PORN, elysée montmartre


Le double de l'an passé pour le même plateau. On y réfléchit à deux fois. Surtout à l'Elysée Montmartre, la plus grande boîte à chaussures de Paris, salle charmante mais extrêmement mal foutue, tout en longueur (plutôt des Converse, les chaussures) avec une scène un poil haute, et une "estrade" juste pour le premier rang du public. En gros, et comme ça sera le cas, suffit qu'un mec de 2m13 se mette bien tout devant pour saloper la soirée à une poignée d'autres. Je commençais a croire que j'étais à nouveau rentré dans la catégorie trouduc récemment en m'apercevant que dans la plupart des cas, les premières parties me fatiguaient en concert. Cette fois il en sera tout autrement et pour deux raisons. La première s'appelle Porn ( ou Men of Porn selon les périodes, mais gardons juste ce court mot explicite, c'est celui qui est le plus utilisé par le "groupe"). J'aime Porn. Je ne les connais pas depuis bien longtemps, mais leur dernier album en date est une merveille, et les revoir jouer avec Melvins est toujours une bonne occasion de se délecter de la formation de Tim Moss. Plus court que la première fois, mais toujours introduit par l'interminable oscilliation de feedbacks, le concert de Porn ressemble à tout sauf à un vrai concert. On sait que Tim Moss est là comme roadie (ou presque), et que, tant qu'à faire, autant qu'il fasse un petit set en ouverture. De toute façon, les "concerts" des Melvins ressemblent bien plus à des soirées entre potes avec un public qu'à un concert. Le line up ne change que rarement (avant ils étaient accompagnés du groupe de Trevor Dunn, par exemple...) et tout le monde joue un peu dans tous les groupes. Bref, Moss, sans réel groupe (l'an dernier, il avait déniché un mec au look prof de philo pour tenir la basse, cette année, un mec accroupi fera mumuse pendant le set) joue. Peut-être deux ou trois squelettes de morceaux, et beaucoup d'experimentations entre. Le set me parait plus flottant, moins construit que l'année passée. Mais j'aime beaucoup Porn et cette idée de ne jouer d'aucune structure en apparence. Bref, un poil court, et l'impression de jouer "histoire de", mais Porn fait définitivement partie des formations que j'estime.
La deuxième bonne raison s'appelle Big Business. Je n'aime pas vraiment ce groupe, je n'accroche pas trop à la voix du bassiste, et c'est d'ailleurs ce qui me chagrinait un poil sur l'avant dernier long des Melvins. Mais ça joue, et leurs morceaux sont toujours bien foutus et construits. Mieux même, si je n'aime pas cette voix, je ne peux qu'apprécier l'effort du chanteur de chanter et non pas d'hurler, évitant ainsi une certaine facilité. Je ne m'étendrais pas, la sauce a pris, j'ai beaucoup apprécié leur partie. Bien foutue, intelligente et hyper dynamique.
C'est quand même incroyable le nombre de pékins qui se sont déplacés pour voir Melvins, alors que le groupe s'est bien fait chahuter récemment pour son dernier disque. On a beau virer hardrock on peut toujours rameuter du monde aux concerts! Sacré parisien, toujours là où on l'attends! Après une pause du BB, Buzz investit la scène, la silhouette la plus reconaissable du rock "underground" (sic) et la chevelure la plus remarquable de la planète guitare. Soutane et guitare argentée (que c'est joli!) la grande classe. Les deux batteries, bien sure, puisqu'il s'agit de l'attraction principale d'un concert de Melvins maintenant. Pas la peine de tourner autour du pot: les Melvins sont en grande forme. Leur dernier album, dont je trouvais la prod un peu faiblarde prend toute son ampleur en live, les morceaux sont absolument métamorphosés avec un son de guitare épais et abrasif, et une basse tendue comme un slip suédois, c'est à dire avec le son du bucheron fan d'Entombed. Et ça rock gras, lourd et sévère. Si tu suis un peu, tu sais que sur le front, j'ai un truc qui clignote en concert et qui doit dire un truc type "VENEZ ME FAIRE CHIER". Mon gland du soir est une fille, taillée comme un camioneur polonais, et qui après avoir fait montre de ses talents aux cotés de Mr Drago va se coller juste à coté de moi. Avec deux copines à elle un peu mieux élevées, elle se positionne bien devant et va faire l'intégrale absolue de tout ce que tu detestes en concert: Elle secoue la tête dans tous les sens (comme dans un vieux clip de Pantera), fait tournoyer son pull dans les airs, jette le poing en l'air, fait le serpent ( c'est à dire qu'elle se dandine comme une dans un bar a stip tease, sans la barre), hurle en imitant le chanteur de Dying Fetus, sue à grosses gouttes ( rajoute ça aux cheveux précédemment évoqués...) et imite la guitare. La damoiselle va quand même esquinter la soirée à une bonne grosse quinzaine de personnes, et c'est remarquable. Je veux bien que tout le monde "s'amuse" à un concert, mais de là à faire chier tous les autres autour... Mieux encore, quand un bonhomme lui demande de se calmer, elle lui colle sa main dans la trogne. D'habitude, il faut savoir se faire indulgence, mais là définitivement: connasse! En haut pourtant ça joue velu et le concert est excellent. Les Melvins prennent beaucoup de plaisir à jouer, fort, et avec tout le dynamisme qu'on leur connait (ou que l'on peut soupsonner à l'écoute d'un disque). La setlist s'articule majoritairement autour des deux derniers albums, même si on reconnaitra un morceau d'Houdini (celui qui avait fait l'objet d'un clip), et un ou deux plus vieux ( j'aurais misé un copek sur Lysol, mais apparemment c'était "Boris" et Eggnog d'après Gulo). L'hymne américain ( occasion pour mon camioneur polonais de tendre le majeur, toute cette subversion!!!) et une fin qui ne démarre pas, le concert se cloture de la façon la plus frustrante possible. Est-ce grave? Non, les Melvins sont grands, et ce coup prémédité leur va si bien. Le lendemain, Tortoise, eux aussi joue à deux batterie, mais ça, tout le monde s'en fout.

3 commentaires:

Raoul a dit…

fallait lui donner un coup de poing dans la gueule à cette connasse

gulo gulo a dit…

haha, Porn, j'ai effectivement pensé à Shit & Shine, et à toi ; la fin (à partir du moment où ils ont joué le tunnel de tubes de Senile dans l'ordre jusqu'au final oldies) est ce que j'ai préféré, mais j'ai bien l'impression d'avoir été le seul (avec Moiz') ; et l'hymne a confirmé en beauté ce que je pensais depuis à peu près le début : Harvey Milk joue peut-être du Melvins-like comme on a pu le lire ici et là, mais avec le coeur et la naïveté que ça suppose - à chacun de choisir ...

DMDFC a dit…

Bah j'ai beaucoup aimé l'enchainement senile animalesque, sachant qu'au milieu y'a un de mes morceaux préférés du groupe. Et puis surtout, c'est a ce moment que j'ai réussi mentalement a me remettre bien dans le cocnert, après avoir été bien "crispé" a cause de l'autre connasse!