jeudi 11 février 2010

Massive Attack - Heligoland

On va commencer par le côté poseur. Vous avez quelle version de ce disque vous? Parceque bon, entre les quatres couleurs différentes disponibles, toutes les versions limitées (itunes, LP, LP+CD), on commence à croire que personne n'a le même produit final. Je n'ai malheureusement pas trouvé la pochette rosée/saumon fumée que je possède, choix cornélien auquel seul Michael Jackson nous avait soumis.
Bref, le support devient un outil qu'utilise O combien bien le groupe qui soi disant se secoue la nouille de ces considérations.
Deuxième fait important: ce cd marque le retour à la forme "duo" (du moins dans le côté apparent de la chose) avec le grand retour de Daddy G (que l'on remarque sur sa malheureusement unique prestation vocale présente sur l'EP critiqué dans ces pages). En gros, il y avait de grandes chances pour que ce disque soit LE grand disque que l'on attendait, suite à un Mezzanine fabuleux et un 100th windows tout aussi fascinant. On faisait aussi nos pronostics, avec un Tricky qui se rapproche du collectif, assez pour que l'on imagine sa présence sur une future sortie des gaziers, et un collectif qui se rapproche de Tricky avec leur nouvel amour pour Martina Topley.
En gros, on en attendait TROP. On avait nos raisons d'ailleurs, le groupe n'a jamais déçu, même lorsqu'il était acculé dans ses apparats les plus simples. On rajoute aussi le fait que le collectif a énormément tourné pour faire murir ses morceaux tout au long de ces dernières années.
Qu'est ce qu'il y a dans ce Heligoland à l'arrivée?
Du plutot très bon, du tube en puissance, des morceaux imparables, une collection de tout ce que sait faire Massive Attack de la plus belle façon. Des lignes de basse dantesques (Girl I love you), des explosions électroniques magiques (Atlas Air), des morceaux plus epurés (Psyche), des schizophrénies instrumentales qui n'aboutissent à rien appuyées sur un son clinique (Flat of the blade, surement le meilleur morceau de cet album, minimaliste et ovni dans sa construction), des prouesses vocales que seul le collectif arrive à amener à une telle alchimie sonique. Evidemment Martina Topley est au sommet de sa forme sur ce Babel et ce Psyche, Horace Andy toujours aussi plaintif dans un morceau vengeur et toujours très sombre (girl I love you) bardé de ses cuivres, 3d se farcit des lignes vocales narcotiques en bon disciple de tricky qui prend son envol et daddy g manque tout au long de l'effort après une prestation fort remarquée. La liste pourrait être sans fin (Tv on the radio, elbow) mais en disséquant on ne trouvera aucun défaut aux morceaux, tous plus ou moins imparables (sauf le Paradise Circus qui est déjà éreintant peu de temps après sa première digestion, faute à des violons mielleux).
Alors oui, ça fait énormément plaisir de retrouver ce groupe après tant de temps, concrétiser ces tournées dans un effort louable. Mais concrètement Massive Attack ne livre pas içi un album et on a la vague sensation de naviguer dans une compilation de titres composés pendant ces six années sans aucune continuité ou effort de consistance. Pour un groupe habitué au sans fautes, aux sans concessions, il auraient pu intituler ce disque 2003-2009. Cela est renforcée par l'existence selon le groupe de pleins de morceaux non selectionnés pour le disque qui paraitront sur un prochain ep. Qu'est il devenu d'un collectif si soucieux de ce genre de détails qui parait livrer quantités d'objets eparpillés sans nous donner la clé de voûte du réel effort.
Trouver des défauts à Heligoland ça peut paraitre difficile, tant le groupe maitrise plus que jamais son sujet, mais pourtant reste un sale gout d'inachevé et surtout la sensation de se faire enfler sur le produit final. Au jeu du consumérisme artistique, ils finissent par tenir les cartes bien en main. Malheureusement, je n'arrive pas à leur excuser le fait que eux même si aventureux auparavant se satisfassent sur une livraison finale d'un Saturday Come Slow consensuel (le mot est laché!) alors qu'il existe encore des morceaux trainant partout (encore une fois selon leurs dires). La dématérialisation artistique ne leur sied pas bien.

2 commentaires:

DMDFC a dit…

Ca m'évite de le chroniquer. Perso, je trouve que cet album est incomplet, il lui manque un truc.

00 a dit…

bof moi jle trouve pas mal..
C'est un peu mou..