mardi 17 mars 2009

Alain Bashung - L'imprudence

Je me balladais par cette journée ensoleillée dans ce parc, en plein été, verdoyant et d'une fertilité à toute épreuve. L'optimisme se décantait sous mes yeux et la vie déroulait. Béat d'admiration et de bonheur, j'apercevais au loin ce labyrinthe décoratif, dans ce jardin à l'anglaise. Typique amusement puéril, faux défi que de trouver le centre, puis d'en ressortir, je me décidais à rentrer dedans.
En pénétrant, mes sensations se sont brouillées, je ne comprenais pas bien ce qu'il se passait. Impossible de ne pas angoisser. Le temps au beau fixe la minute précédente passait à l'orage, mais un orage qui avait déjà eu lieu, ce qu'il reste d'un cyclone en quelque sorte. Humide, moite, le temps devenait suffoquant de lourdeur. Quant au décor, au moment précédent d'un idylle naïf était devenu dévasté, désolé. Pourtant, je ne pouvais pas m'empécher de continuer à m'enfoncer dans ce labyrinthe, qui paraissait de moins en moins accueillant, et qui n'avait plus rien de rassurant. Opaque, je ne voyais rien, le brouillard enveloppait les dernières visions que je pouvais avoir. Comme happé, j'essayais pourtant d'aller encore plus loin, à tâtons, en m'agrippant aux bordures qui s'amolissaient au contact de mes mains, qui se dérobaient. Les contours se faisaient de plus en plus flous, il était impossible de se situer. Je commencais à suer abondamment, et une certaine peur s'emparait de moi. Mais elle perdait face à cette curiosité malsaine, faite de fascination morbide. Je finissais même par m'assoir et par observer alentours les déluges visuels qui m'étaient proposés. Ce que je prenais pour désolation était en fait d'une richesse sans pareil, faite de subtilité et de souci du détail. Ces sensations s'introduisaient en moi sous forme de mots visuels, de métaphores de mots, de jeu sur la langue que je ne soupconnais pas possible. Tout cela prenait peu à peu un sens, et quand je commencais a me glisser au plus profond du labyrinthe, que je croyais en effleurer certains contours, il s'échappait encore plus loin, devenait encore plus sombre, encore plus glauque. Ce n'était même plus un labyrinthe mais une sorte de puit sans fond dans lequel je tombais peu à peu, sans jamais pouvoir atterir. Tout au long de la chute, j'observais un grand panel d'images, toutes plus évocatrices les unes que les autres, toutes plus riches en sens pour moi. Je croyais comprendre, je croyais pouvoir m'aggriper à ces images pour stopper la chute, mais les bords se fissuraient au moindre contact, provoquant l'effondrement des contours. Une chute que je croyais sans fin. Lorsqu'un souffle de vent me rappella l'entrée dans ce labyrinthe qui n'en était pas un, me rappela le soleil, la vie que je croyais disparue. Ce souffle de vent en quelque sorte balayait tout ce que j'avais vécu, et je me retrouvais encore une fois à l'entrée, de l'imprudence...

All the stars are dead now, RIP.
"La où la ruine n'a que faire de la mélancolie"

lundi 16 mars 2009

PRODIGY-dans la trogne


50€ le billet, fallait pas compter. De toute façon, à moins d'avoir voyagé, il est impossible d'être français et d'avoir vu Prodigy sur scène depuis une plombe. Dernier passage recensé? 98 à Belfort, et pour la capitale faut remonter à 97. On parle de "retour" mais ils ne se sont jamais arreté même si deux d'entre eux ne se sentaient plus trop vers 2004. Ca arrive. Bref, on va faire court niveau présentation car ceux qui lisent attentitvement ce site auront compris que ce groupe est estimé (pour au moins 50% de la rédaction) ici bas. 12 ans donc sans un signe de vie pour les parisiens, eternels raleurs insatisfaits qui ne se déplaceraient pas de toute façon pour un "dance act". Ou pas. Alors forcément, quand ils montent sur scène (ce qui est finalement arrivé après vicarious bliss, misanthrope pousse disque sympathique, et south central horrible duo qui font de petits gestes frénétiques de poulets malades en singeant justice et se croyant evil après avoir trituré une série de MP3 dans un multi effet, blindant leur mix de breaks toutes les deux mesures, vide, inutiles, à vomir!!), même si je n'y croyais pas, il se sont fait ovationner. Je l'esperais encore moins, le groupe va jouer fort. Très fort. Les basses sont ultra présentes, peut-être trop, à tel point qu'il devient dure de respirer (!!) dans les premiers rangs. World's on fire ouvre le concert et pose la base d'entrée de jeu pour ceux qui l'ignorent encore: prodigy sur scène entame une guerre que vous perdrez de toute façon. Un tank vous passe sur le corps, mad max dans la sono écrase tout, à vous faire perdre vos légumes mesdames, à vous rendre impuissants vous messieurs-la perte de légumes n'est bien sur pas exclue dans votre cas. PUISSANCE!!! Liam Howlett s'agite comme rarement derrière ses machines, combat son armada de synthés, semble tout donner-quitte à surjouer, après tout c'est de la musique électronique. Oui, Prodigy a fait le choix de faire de ses concerts un monument live en privilégiant le coté impressionnant et l'aspect spectacle massif plutôt que l'obscurantisme classique du DJ recroquevillé derrière son système computer. Pas l'ombre d'un doute, on aime ou pas mais tout cela dégage une telle puissance qu'il est difficile d'affirmer, sur ce terrain précis, qu'ils ont une concurrence viable. Le batteur tape comme une brutasse et soutient les rythmiques improbables de Monsieur H, le guitariste fait voler (pour de vrai cette fois) sa guitare- ambiance de guerre. Contrairement aux tournées précédentes, Keith Flint semble plus investit dans les lives du groupe, ne quittant que rarement la scène; mais il semble aussi un peu crevé de cette tournée qui ne semble pas prête de s'achever. Maxim est le MC possédé, le voodoo people à lui seul, incroyable de présence. Les yeux des "invaders" surveillent méchamment la scène pendant qu'en dessous, entre deux flashs stroboscopiques à rendre aveugles s'abbattent breathe, Big gun"comanche" down, firestarter, warrior's dance, their law, soit un mix efficace d'ancien et de nouveau-pas un seul morceau de AONO, soigneusement évité, même le très classique Spitfire. Sur les morceaux les plus lourd du groupe (Poison ou l'impressionant remix de breathe qui suit l'orignal) le son devient extrêmement épais, dense, étouffant. Les basses de Poison pressent la cage thoracique. Diesel Power en rappel s'impose comme un morceau hip hop à la densité magistrale pendant que Smack My bitch up et sa rythmique sèche et lourde lamine les énergies restantes. Enfin, prodigy rappellent en bauté qu'ils sont là depuis 91 déja avec out of space, tube undeground des raves anglaises. Non, ils n'ont pas de concurrence sur ce terrain: la guerre sonique. Ils en demeurent les rois. Impressionnant.

mercredi 11 mars 2009

WATCHMEN


Réaliser l'inadaptable, pari audacieux ou pas, reste un film qui existe (enfin ou déja) et qui a tous les arguements pour dynamiter le train-train quotidien du blockbuster d'action. De la BD adulée (posons la base: je fais parti de la geek-omunity qui attendait le film) on attendait un long métrage raté car forcément ambitieux et forcément robespierre-esque dans sa nature même, celle qui allait obliger Snyder à couper des tronçons entiers du pavé de Moore et de Gibbons. L'histoire? Faut-il faire affront en écrivant quelques mots à son sujet? N'importe quel autre site internet l'a déja fait au même titre que des centaines d'autres en articulant plus ou moins toujours la même chose: super héros/uchronie/violence/humanité/Nixon/Nucléaire. Les avis? Etrangement enthousiastes du coté presse et cinéphile, plutôt mitigé coté fan, et scandaleusement (mais logiquement) descendu coté génération bas-du-front. Evidemment, il ne fallait pas s'attendre à une réussite parfaite car le matériau de base est d'une densité telle qu'il faudrait des pages et des pages pour éclaircir toute la richesse du boulot Anglais. Mais de toute évidence ceux qui ont pris l'habitude de qualifier Snyder de bourrins plus par habitude que par réel arguments sont également dans la même erreur que ceux qui rentrent dans la salle de cinéma en espérant voir du bonhomme en collant foutant la grosse branlé à du méchant dégoulinant. Musique habilement choisie, Dylan, Cohen, Wagner, Glass habillent le film de façon trop présente pour certain, c'est un point sur lequel je ne trancherai pas: Il faut voir de beaux clins d'oeil quand les viet-namiens se font atomisés et il ne faut pas avoir peur de rire de la scène de cul du film, Hallelujah! On reproche aussi à Snyder ses ralentis: c'est à dire qu'on doit en compter une dizaine en tout et pour tout dans un film de presque 3 heures: crions au scandale, y'a de l'abus. Il est d'autant plus drôle de voir que le générique, unanimement salué par contre est lui... entièrement au ralenti. Ceci dit, je conçois tout à fait que ce procédé puisse user, mais de là à souligner ceci comme un act de bourrinisme...

On dit que Snyder a vidé le contenu de la BD:il était évident que 3 heures allaient être insuffisant, et qu'un film (vous savez, au cinéma, il est impossible de faire pause et donc de s'attarder sur une case ou un plan, et de bénéficer ainsi de la même possibilité de contemplation que sur l'oeuvre ultra foisonnante de Gibbons) devait faire dans le concis. Réjouissons nous, l'édition "director's cut" fera pas loin de 3h30. Alors oui, le chapitre en palyndrome, par exemple, en pati. L'approfondissement du personnage de Laurie passe à la trappe et la révélation quant a sa filiation avec le Comédien, sosie d'iron man, tombe comme un cheuveux sur le cake. Pire encore, un des passages les plus brillants est sauvagement amputé: la relation et la séparation Rorschach/ Malcolm n'est ici que résumé à un entretient maladroit. Et enfin, Veidt, personnage central finalement du livre est raté, le plus mal loti au niveau ressemblance film/bd, et son role final apparaît claire dès les premières secondes- a mon sens, et bien qu'il garde ses caractérisqitues essencielles: être le méchant qui veut la paix, mais surtout l'ennemi d'un nouveau type que même les années 90 n'avaient pas encore pris le temps d'adapter à leur fiction: celui qui possède le capitale et les ressources.

Reste un Niteowl ambivalent, impuissant (au sens propre) sans son déguisement, bedonnant et ridicule, incarnant l'épopé Batman dans ce qu'elle a de risible et maladroite; Rorschach, un des personnages de fiction parmis les plus passionnants de ces dernières années, et Dr Manhattan, sorte de super-superman atomique misanthrope et depressif. Vous pensiez voir de l'action, vous verrez une poignées de secondes à vous faire serrez les fesses (les scènes gores, peut-être discutables), entre de nombreuses minutes à observer le mythe américain version Yuppie (pour l'époque) s'effriter sous vos yeux pendant qu'un omniscient se pose des questions, nu, bleu, sur Mars. Et si Snyder a du couper pour faire court, il ne s'est pas privé de livrer une oeuvre extrêmement fidèle, qui prend son temps (je ne parle pas des ralentis, plutôt de quelques plans contemplatifs bien amenés) et qui pose les différentes questions que Moore soulevait dans son oeuvre sans trop devoir amputé l'idée générale. On soulignera une fin changé par rapport à l'originale, largement discutable mais qui se veut également plus vicieuse à mon sens. ce film n'est pas parfait mais il est ambitieux, il à de la gueule.

Coil - The new Backwards

Deuxième édition. Dérive nocturne, manque total de discernement. Un traitement autre que light est prôné. Impossible de ne pas revenir aprés coup sur ce qui a été dit...par moi même. Revenir, pas vraiment, plutôt ajouter. The new backwards n'est pas juste une enième livraison d'un Coil hyperactif, d'un chrisopherson archiviste de la mémoire de John balance, ou minutieux avec des souvenirs. Ce disque représente bien plus qu'une galette pour fan en manque.

Ceci est mon testament,
Je soussigné John Balance, désigne Peter Christopherson comme légataire universel. Peu de choses d'ailleurs, une grande part de tristesse, de difficultés, mais quelques vocaux, et une longue carrière faie d'alchimie sonique sans précédent. Ces bandes sont tout ce qu'il reste de moi, dans une dernière course effrenée vers la beauté ultime extraite de la laideur. Travail d'orfèvre dûment buché par ce stakhanoviste de Peter, je laisse derrière moi l'une des plus belles aventures de la musique moderne, l'une des plus poussées, des plus abouties. Pas vraiment ma dernière fanfaronnade, plutôt ma dernière introspection. Poussées à l'extreme, mes névroses sont catalysés par les instrus toujours plus riches de Peter. La science du langage, cette capacité à parler avec les sons, a créer et a détruire des toiles toujours plus ambiancées. The new backwards est ma dernière signature, notre dernière signature sous le nom de Coil (ou non...). Grandiloquance dans les sonorités rampantes, agencement de textures improbables, de rythmiques faite à base de rien, de cercles sans aucuns centre, la plus grande laideur aboutit à notre plus grand bonheur mélodique. Qu'il est facile de poser n'importe quelle partie vocale dessus. Peut être avec un certain manque de cohérence, je n'étais pas là pour en vérifier et en modifier les aboutissements, mais elle sont bien là, d'une rare vérité, sincérité. A fleur de peau, souvent ecorchées, mais toujours rendues belles par la grandeur de la toile de fond, par son apaisement, par son côté spatial et lunaire. Impensable. Religieux. Profane. Profondément tranquille, quitté de toute crainte. Tel un pendule le son se fait insistant, et chaque apport révèle le précédent, chaque aboutissant montre au grand jour les tenants. Musisque du corps, en rien cérébrale, viscères mises à nues, d'une sensibilité exacerbée. Je te et vous lègue Coil, mon seul enfant.

vendredi 6 mars 2009

Jex Thoth - Jex thoth

Jex thoth, improbable disque marquant. Aucune révélation musicale, aucun changement dans ce qui se fait, aucun écart stylistique. Du trad doom. Et trad, pour une fois colle juste au genre. Traditionnel dans la façon de pondre des riffs, tous plus efficaces et pesants les uns que les autres, traditionnel dans la façon d'agencer quelques claviers par ci par là, pour rendre leur musique suffisament psychédélique. Proche des climat de Reverend Bizarre dans la lourdeur moderne, mais largement plus proche du early Black sabbath, celui que tant de groupes plagient jusqu'à plus faim, sans jamais livrer un seul truc digne d'interêt depuis St vitus. Traditionnel encore, car les ambiances sont pesantes, légérement moites. Et pourtant ca reste d'une fraicheur impensable au genre actuellement. Depuis trés longtemps un disque n'avait pas parlé si vite, ne s'était pas livré instantanément pour rester valable passée les premier morceaux. Non, encore plus fort Jex thoth enchante, au fur et à mesure, les athmosphères se transforment en hymnes hippies, plus qu'en ballades funéraires. La lenteur même des guitares est plannante, aidée par cette section de claviers, mais aussi et surtout par la voix de la chanteuse (Jex Thoth) qui livre un récital d'une beauté quitté de tous les carcans doom (pas besoin de growl içi, ou de suraigus barbants enchainant sur un solo encore plus barbant). L'essence même du doom, voire du métal, comme l'entendait Black sabbath: suffisament sombre et noir, mais aussi suffisament haut en couleurs, bardé d'aparâts attirants et faciles. Jex thoth nous parle, nous fait même flotter au gré des diverses ambiances, qui congruent tous vers le même point: la beauté de leur musique, la lumière dans la lourdeur. Mélodique, facile d'accés, mais forte en ambiance, voila la musique de Jex thoth, les vrais héritiers de Paranoid.

Scorn - Stealth

Mick Harris. On pourrait discuter largement du gazier, que ça occuperait des pages et des pages. On retiendra sûrement en plus de sa présence sur Scum, Painkiller avec Zorn et laswell, qui nous a livré les plus beaux moments de gloire de la musique extrême dans un guts of a virgin dejanté au possible et dans un execution ground apaisé, ambiant, aux confins du jazz, du dub, et de la musique enervée. Fondateur.
Et scorn, sorte de fascination pour la rythmique, pour la musique electronique underground, pour toute cette musique obscure et torturée, où le rien remplit un tout. Au gré d'albums fondateurs, Mick Harris est élu pape du "dubstep" (ouais jla reprends à mon collégue cette phrase) et Scorn devient le projet phare pour toute cette scéne anglaise emergeante, ou même son collègue Kevin Martin dans the bug ralliera la cause. Dubstep ou pas, là n'est pas la préoccupation principale à l'écoute de ce nouveau Scorn. On reconnait la patte d'Harris, cette fascination pour les boucles obsédantes, mais quelque chose a durci chez Scorn, quelque chose sonne plus fin du monde qu'avant. Encore plus froid, viscéral qu'avant, Stealth peint des paysages ravagés, sans aucune vie au gré des beats et des infrabasses. Le rendu sonne encore plus lent, maltraite encore plus l'auditeur, sans l'agresser, vu la douceur et la richesse des beats. Rampant, Stealth tisse peu à peu quelque chose de post industriel, de marécageux, sorte de sables mouvants dans lesquels on s'enfonce peu à peu sans rien pouvoir y faire. D'ailleurs jolie métaphore pour un Mick harris qui s'adonne autant à la pêche qu'à malmener ses machines, il nous noit dans un déluge de sonorités riches et minimales. Une fois lancé, c'est un peu une course haletante au ralenti, un labourage de crâne sans aucune concession ni goutte de luminosité. Mick Harris va encore plus loin.

My dying bride - The lies I sire

On passera sur la pochette, qui finalement est tout ce qu'il y a de plus moche, typo typiquement métalleuse, collée sur des couleurs plus blanches qu'à l'accoutumée, remplie de clichés, mais bon, My dying bride n'est pas le groupe qui les évite. Pourtant par le passé, sur 34,788% complete, le groupe avait su se renouveller, changer cet écueil, et le reste de la discographie déclinait unmétal depressif à travers de différents choix stylistiques.
Pourtant, My Dying bride risque de livrer le disque le plus chiant de 2009, le plus vide et le plus imbitable sur la durée. Sur le précédent opus déjà, on sentait ce côté chiant, qui était effacé par quelques compos valant la peine, ou MDB arrivait à reproduire la magie qui les caracterisait, romantique, accolé à un riffing épico depressif. Içi, encore une fois exit cette schizophrénie qui nous avait tant plue sur The light at the end of the world, entre passages enervés, voix blackisantes et moments de pure tristesse. Stainthrope oublie qu'il peut crier, à part sur a chapter in loathing, bien poussif et mal amené. Les compos quand à elle sont redondantes, fatiguantes et d'une longueur malvenue, entre riffs aigus mal placés, breaks qui débarquent comme un cheveu sur la soupe (pas la peine de sortir le violon à des moments inutiles hein, on vous en voudra pas). Reste toujours ce chant de Stainthrope toujours aussi majestueux et grandiloquant, mais qui perd en intensité à pleins de moments (Sanctuario di sangue et son chant à la hetfield, quel gâchis). Impossible de ne pas s'emmerder, de surcroit quand la production rend le tout encore moins passionant: je pense à ce sont de batterie fisher price, qui cache une rythmique peu inspirée, à ce riffing trop lourd qui cache un manque de poids sur la durée. My dying bride tombe dans son propre ecueil, veut jouer du My dyng bride ce qu'il y a de plus pur, mais au final livre un disque encore moins glorieux que Saturnus et son veronika decides to die, caricatural et ereintant de manque d'inspiration sur la longueur. Cette chronique arrive tôt, certes, mais My dying bride vient de signer le disque de trop, celui qui clôt définitivement l'attrait que l'on pouvait avoir pour le groupe et qui s'est éteint avec songs of darkness world of light. Redites poussives, marquées par un grand passé doom death, MDB n'est que l'ombre de lui même tout au long de cet opus mal ciselé, mal emballé, pas terminé, pas inspiré, chiant comme la lune.
Il aura une place dans le top de 2009, pour sûr...

lundi 2 mars 2009

LE MUSCLE CARABINE - TROISIÈME GORGÉE


Ceci est une revue regroupant un ensemble de dessinateurs/illustrateurs de bandes dessinés (indés) dans un magnifique format gigantesque-du genre à éviter de s'endormir avec ça sur la trogne, réveil non garantie. Les 40 pages de cette revue sont composés de dessins tous sombrement indépendants et rigoureusement ésotériques, pour ne pas dire que ce genre d'illustration est aride de par l'omniprésence du sexe ou de corps désincarnés qui invitent à une contemplation solitaire des plus étranges. On retrouve notamment Michael Kupperman, Laurent Lolmède, Frédéric Fleury, Muzo, Robert Crumb, Y5P5, David Sandlin, Blex Bolex, Francesco Defourny, Chris Hipkiss, Daisuke Ichiba, Xavier Robel, Aurélie William Levaux, Jonathon Rosen, Ion Birch, Bruno Richard, Anne Van der Linden, Mïrka Lugosi Gilles Berquet et Stéphane Blanquet. Ce dernier édite l'oeuvre et signe la couverture. Blanquet est responsable, entre autres, de la pochette de Nonstop il y'à quelques années, ou encore de sérigraphie sortis chez TTDMRT. Outre le livre même, est également fourni un supplément détaché et surtout, un 7" où Williams Burroughs vous parle directement dans votre cerveau.
Un très bel objet.

OXBOW-lover ungrateful


Pour ce premier 7" solo de leur carrière, Oxbow a raté son coup: pochette anecdotique, son qui ferait tout juste des envieux chez cromagnons -ou Robedoor- où le groupe éxécute en acoustique un morceau tiré de nacrotic story et un autre de "an evil heat" avec zéro fougue. Pour fans hardcore exclusivement. Une fois n'est pas coutume: gardez vos sous!

JOHN FRUSCIANTE- the empyrean


Quiconque écoute la musique avec ses deux oreilles a remarqué depuis belle lurette que les potentiellement excellents red hot chili peppers ne font aujourd'hui que sortir de magnifiques objets tout juste bon à caler un vieux meuble, et le CD lui-même peut alors servir de cure-ongle de luxe. Il n'en va pas de même pour les rondelles en solitaire de l'excellent John"bras ruinés"Frusciante qui systématiquement, à chaque sortie, renforce le bien qu'on pouvait penser de lui. Il a certes atteint un sommet avec Ataxia au coté d'un (ex??) Fugazi, il n'empêche que sa musique oscille joliement entre rock minimale et pop au confin d'un psychédélisme doux, non aggressif mais bien possédé. Cette fois-ci, même la pochette met en garde: John, même en solo n'est pas tout seul; dans sa tête, ils sont nombreux. Au delà de quelque maladresse (dark/light, mauvais gout gospel/ boite à rythme antillaise sur fond de remake de Mavin gaye), on se dit qu'entouré de mec comme Flea, il ny'a aucune raison pour qu'un jour, les RHCP refourguent un disque écoutable.

PORTISHEAD- Machine gun


Si le monde de la musique est blindé de frileux, voilà une poignée d'adeptes qui se sont pris la mornifle la plus brutale et constatablement étrange de ces dernières années. Du groupe de Bristol, on retenait une musique aux ambiances jazz de club enfumés mais polie, de musique de films langoureux mais appliquée, et d'une connaissance du hip hop qu'on aurait volontier plus rapproché de Guru que de Flavor Flav. 10 ans de silences (j'insiste sur le S à la fin) qui se retrouvaient saccagés en moins de 5 minutes* par ce martèlement sincèrement industriel et faussement organique (comprendre " ça ne suinte pas le 2.0") où la voix, seul fil conducteur commun de la brillante décénnie passé se retrouve blessé par balles entre cette ligne sèche et ses claviers agressifs-minimalisme allant jusqu'à la pochette représentant une capture visuelle du studio où l'on peut distinguer un mouvement obscur devant un synthé modulaire. Le tapis de scratch à laissé place à la puissance digitale du sampler, le film n'est plus un polar des 60's mais un film d'anticipation des 80's. Ils ont osé le sortir en single. Quand on voit comment peuvent se comporter les fans de Reznor quand celui ci ne sort pas sa guitare, il ne reste plus qu'a saluer l'audace de ces 3 anglais.

*Ce single 12" monoface était sorti en format classique avant l'album, mais se trouve aussi en édition limité, ainsi que dans la box qui accompagne l'album.

vendredi 27 février 2009

Portishead - Third

Tout a été largement dit et redit sur ce disque, buzz, pas buzz, déception, convainquant. En parler est juste un respect pour nos lecteurs (qui a dit lesquels?), vu qu'il se situe en tête de nos classements de l'an dernier. Cherchez le trip hop, vous le trouverez pas. Cherchez ces ambiances jazzy enfumées, cherchez ces beats sexuels, il n'y sont pas.
Third est différent, pas forcément moins accessible, portishead a toujours cette patte mélodieuse propre à eux, mais jouent beaucoup moins propre sur eux. J'ai peu de mots clés, mes chroniques tournent souvent autour des mêmes, c'est le moment de ressortir mon favori: angoisse. Third est le disque le plus angoissé de portishead, le plus urgent, clinique, froid dans les émotions. Beth gibbons y livre une prestation vocale habitée, proche de la rupture, des larmes, de la peur incontrolée. Le tout sur des ambiances musicales aux confins d'une électronique industrielle, où samples de fin du monde (machine gun, le single) se mélangent a des guitares menaçantes. La rythmique délaisse les ambiances hip hop pour quelque chose de plus martial, jouant sur la répétition sortie droit de la hype krautrock. On a même droit à une pause au ukulélé en milieu d'album (deep water), sorte de comptine qui passe inaperçue mais déleste un peu du poids de l'album, rugueux. Ruguosité accentuée sur une fin d'album en chapeau de roue, où les moments de bravoure s'enchainent (small et son final psychédélique). Portishead revient plus de dix ans aprés son live a roseland, sorte de manifeste et de conclusion au trip hop. Ce n'est plus le même groupe, rien ne sert de reformer des moments contextuels de l'art. Dix ans pour penser sans penser à sa musique. Le groupe aurait pu revenir avec un autre nom, ce retour aurait été encore plus flamboyant. Indispensable.

Snowman - The horse, the rat and the swan

Aux vues du buzz revival 80, no wave, post punk, et des groupes avec lesquels ces gaziers là ont tourné (Liars, Interpol), on était pas rassurés, ou du moins interessés. Gardez vous le!
Alors maintenant vient le fameux contraste, "et ben non, ce disque vaut le coup, on avait tort!". C'est un peu ça, pourtant il y a quelque chose dedans de facile, de téléphoné, comme si sommeillait dans ce groupe la facilité latente, comme s'ils n'étaient pas loin de surfer sur quelque chose de consensuel.
Au delà de cette apparence, Snowman se situe au dessus, ou un peu à part de toute cette masse de groupes n'ayant pas degurgité leur passion pour ces années fastes de découvertes chimiques et d'expérimentations sonores. Quelque chose de malsain couvre tous ces morceaux, quelque chose de trés Swans (le mot est laché), quelque chose de répugnant et malade. Snowman ne se contente pas de quelques mélodies cristallines sur une rythmique qui tappe, Snowman déconstruit ses morceaux et joue avec les montées et descentes. Rage contenue, rampante, aidée par la diversité des instruments pour l'exprimer. Il y a quelque chose de pourri dans ce disque. Une rupture stylistique nette, ecorchée et pourtant largement belle, parfois tribale (on pense à Savage republic) ou parfois théatrale (Bauhaus, Christian Death, And also the trees sur la conclusion). Suffisament court pour ne pas lasser, pour ne pas déborder, pour laisser couler la rage de manière fluide, pour utiliser à bon escient les différents registres touchés, Snowman livre un essai convainquant, encore un peu proche de ses influences, mais soutenu par une prod épique dans le riffing (the horse part 1 et 2) et assez distordue pour rehausser les passages dejantés. On attend la suite.

jeudi 26 février 2009

DÄLEK- Gutter tactics


Eloquente fusion entre le passé bruyant d'absence et l'accalmie déprimante du language abandonné, le duo du New Jersey revient donc avec ce nouvel album qui avait été envisagé par Oktopus comme "black sabbath meets early TG". Ce gutter tactics pourrait être vu comme l'union logique des deux précéents opus du groupe, sauf qu'à mon sens, il dispose d'autre chose. Ce nouveau disque est probablement l'album le plus hip hop du groupe depuis "from filthy tongue..." c'est à dire depuis des lustres. Précédemment, le groupe avait poussé jusqu'à un paroxysme de brutalité sonique la violence du son pour finalement aller plus en profondeur dans le sens de sa musique, allant droit à l'introspection que le silence du MC pouvait laisser alors prendre forme. En un mot comme en cent, Dälek est revenu vers plus de concision, si bien que ce disque passe le temps d'un claquement de doigts, pourtant frolant les 50 minutes. Je me rappel avoir lu après leur passage au batofar une chronique où le rédacteur parlait d'un batofar qui semblait se concasser de l'intérieur dûe aux coups de boutoirs industriels du duo. Gutter tactics sera l'enfoncement du clou fatal, car la formation pousse ici sa formule dans une étonnante configuration. Les morceaux cuvée 2009 semblent bénéficier de l'accalmie précédente (exit les gimmicks "samples de cors"), pourtant il est évident qu'au bout des trois gros quarts d'heure que dure le disque, on en ressort le cerveau compressé. Gutter tactic est peut être le disque le plus bruyant du duo, bien plus lourd, pesant dans ses sonorités que ce que la formation américaine nous avait habitué jusque là. La péniche ne se concasse plus, elle a tout bonnement coulé. Les multiples couches de sons empilés (en plus de la voix, ici réel instrument de terreur démultiplié jusqu'a l'impression d'être face à une armée complète) par Oktopus sont sourdes, sournoises même. L'impression d'être pris dans une piège sonore, l'impossibilité d'en sortir. Mieux encore, au coeur de cet album résonne le morceau le plus industriel (rythmé) que le groupe ait jamais produit, l'impressionnant "los macheteros", qui est en fait qu'un simple appel avant le final de l'apocalypse, "atypical stereotype" qui ressemble plus à une énorme couche de bave metallique vous passant dessus. Puisqu'on parle bien de hip hop, outre cette concision tout fraîche, c'est à travers l'étonnant "2012" que Will et Alap signent un grand morceau de hip hop classique, une sorte de RZA-like version traumatisé. Sans oublier le visuel où tags en tout genre viennent se terrer derrière le visuel de Romano. Réussite totale, inutil de préciser, même si les deux compères ont visiblement déja une idée de la suite, conférant à ce disque un arrière gôut de transition. En attendant mieux?

MELVINS- Melvins VS Minneapolis


AmRep reprend du service, et même s'il se pourrait bien que ça ne soit qu'en vue de publications d'éditions limités, il est toujours bon de voir un label de qualité se remettre sur les rails.

Edition limité, donc pour ce triple CD live des Melvins. Un cd gavé de concerts en MP3, on passera dessus, et surtout, deux galettes de deux shows complets. Le premier CD, plus vieux (2004) parait plus experimental que l'autre. Les Melvins jouent encore avec l'ultra malsain Rutmanis, et les morceaux sont issus de Hostile ambient takeover entre autre, et d'autres morceaux de l'ère ipecac pré-Big Biz, sans oublier les passages classiques (night goat etc...). Ce premier concert est plus spécial, les morceaux sont plus longs, là où le second disque est plus concis, ressemble plus à une compil de tubes melvins-iens; datant de 2006, juste avant l'intronisation du duo en rab', et probablement avec David Scott Stone et Dunn en première ligne. La fin du second disque offre un réhaussement de la qualité sonore avec un segment de Lysol plutôt bien exécuté. Bel objet, collector, avec un son pas toujours excellent. En gros, pour acharnés uniquement, ou spéculateurs.

A noter que le visuel présenté ici est celui du second pressage limité a 333 exemplaires. Le visuel du premier pressage était plus rose/or/turquoise.

mercredi 25 février 2009

Coil - The new Backwards

Visiblement il y a une longue histoire derrière ces bandes, projet avorté d'un coil pré Ape of Napples, qui ne pensait jamais voir le jour. Et pourtant, Christopherson ressort des vieilles bandes et nous livre encore un album posthume à John Balance. Toujours dans cette suite d'albums plus aériens, plus aérés aussi, méditatifs, aux confins de l'electronique malsaine et des ambiances plus ethérées. En prime, la voix du mort se pose sur tous les morceaux, et colle parfois etrangement bien à l'ambiance totale. Alors ce n'est pas la première fois qu'on entend chanter un mort sur des nouveaux morceaux mais cette fois ci l'ambiance prend avec Coil. Les morceaux sont libérés, entre ambiances samplées un peu tordues, rythmiques et orgues mortuaires. The new backwards est loin d'être la meilleure livraison de Coil mais de part son statut d'album voué à ne jamais paraitre, et du contexte dans lequel christopherson le sort, la sauce prend. On se mettrait presque à rêver de live avec une présence holographique de Balance, en maître de cérémonie pour défendre une discographie toujours plus fascinante, innovante et à part dans un monde musical. La musique hybride de Coil est un langage, une expression electronique aux sonorités agressives qui apaisent, où l'utilisation de samples à priori moches créent une beauté mélodique hors du commun à l'ambiance lunaire.

mercredi 18 février 2009

Religious knives - It's after dark

T'imagines les doors sans LSD? En 2008? Crades? Malodorants? Pas besoin, tu les as içi. En quelque sorte ce it's after dark c'est un peu ça. Un manifeste psyché toujours en mouvement, qui s'appuie sur l'ítération pour créer la transe, avec un clavier distordu. Sorte de jam dronesque, avec une forte odeur de 70's, proche finalement du dernier Oneida en date. Alors on adhère forcément à cette ambiance prenante, sur des vocaux qui n'en sont pas vraiment (ça vous rapelle rien?), guidés par une basse ronde (OM).
En plus ça sent la rue, la crasse citadine, la cour des miracles.
Pour couronner le tout, Religious knives nous livre un aspect plus intimiste, limite mortuaire, toujours transcendant. Gros potentiel processionaire pour ce groupe donc, qui hérite d'une tradition psyché tout comme drone pour créer son hypnose. Beau manifeste de digestion moderne, et ça prend.

Programme - L'enfer tiède

On a raison de faire ce qu'on fait de penser ce qu'on pense d'être ce qu'on est de continuer dans le même sens. Ça c'est la société. Cet enfer tiède. Vaguement nauséabond, où pullulent les névroses. Le cri d'une génération. La mienne, la tienne. Génération de ratés, qui marquent leur page d'histoire. Le choix, qui prend à la gorge, qui rend fou. Pourtant cet enfer tiède est dans ta tête, il ne s'exprime pas, sauf içi. Un endroit où tu souffres, mais sans vraiment la ressentir. Un endroit où tu souffres, pas physiquement et oú malgré cette souffrance sans saveur la rue continue.
Chronique de l'âme sur sonorités angoissantes, suffoquantes, le masque tombe. L'enfer tiède c'est un peu ton quotidien, le mien, le sien, le notre, une tranche d'égoisme tout sauf grandiloquant, de réalisme cinglant, de poésie sale, de haine retenue, de desespoir cathartique. Pas vraiment d'ailleurs, car aprés l'enfer tiède, il n'y a rien de plus, aucun espoir, aucune sortie. Il fait froid, mais tu as chaud. Reflexions inutiles, égocentriques et pourtant tellement poignantes. A travers les méandres d'une production qui racle, d'un ton acerbe l'enfer tiède s'immisce un peu plus en nous, comme le journal de notre génération. Michniak se met à poil, mais nous deshabille tous, et crée la peur en nous. Pourtant même la peur ne se ressent pas, elle s'exprime à travers les névroses. Responsabilité partagée, sorte de leg communautaire moderne. Voila ce qu'on laissera aux générations suivantes: cet enfer tiède. D'ailleurs c'est pas la peine de s'énerver, ce à quoi on va arriver c'est se briser les os. Puis même les sentiments positifs n'en sont pas réellement, ils ne sont que la partie emergée de l'iceberg. C'est bien.
Alors ou t'acceptes, ou tu fermes ta gueule, mais dans tous les cas tu seras seul.
L'enfer tiède, société moderne, illusoire, qui crée elle même les propres conditions de son échec. Puis toute façon c'est aussi le seul moyen de nous tenir en laisse, que l'on ne ressente plus rien.
Vous pouvez chialer.

Subheim - Approach

Je vous avais parlé de Biosphere recemment, et de ce côté anciennement electro qui a viré à l'ambiant. C'est peut être d'ailleurs pour ça que ce Subheim m'a autant touché. Similarité avec substrata, même s'il peut en être loin, sorte d'ambiant croisé à l'electro avec des touches néoclassiques, Approach fait figure d'un disque qui ne repousse aucune limite du genre: ambiances contemplatives crées à base de nappes, de notes de piano parcimonieuses, ou de violons. Pourtant son évolution, le parti pris d'un disque qui se dévoile sur la durée fait de lui un excellent moment. Diverses teintes sont developpées et les beats electro sont sagement agencés, assez aqueux ans la manière de se déployer. On navigue entre ambiance naturelle et ambiance post guerre. Toujours entre ces eaux, le navire fait même écho a du Dead can dance lorsque les ambiances heavenly prennent le dessus (c'est peut être cela que j'apellais néoclassique tout compte fait). En retenu, le disque se livre petit à petit, largement acessible de part la beauté de ses textures et la grâce de certaines mélodies. Trés recommandable.

Have a nice life - Deathconsciousness

Le genre d'objets assez discret, tellement que bon, on passe facilement à côté. Et c'est un tort, parceque ce disque vaut largement toutes les productions rocks/revival/post punk que l'on nous chiade recemment. Sans grande originalité dans la forme, vu que certains canons et ambiances sont reprises, Have a nice life gagne dans la densité de ses ambiances, de son son et de sa façon d'accoler les plans.
Sur un début typiquement post rock, apaisé, aérien et dubitatif, à l'ambiance onirique, le groupe s'envole rapidement dans des sphères un brin psyché (bardo pond n'est pas tout le temps loin), mais surtout trés cotonneuses dans la façon d'aborder son rock, machinal dans les rythmiques. Have a nice life joue même avec ses différentes influences, livre un morceau a la mélodie proche de darkthrone (Waiting to black metal records to come in the mail), et balance avec ironie au post rock moderne des envolées qui ne s'envolent pas, mais qui ne retombe pas. Et ce qui maintient en haleine tout le long du disque, entre différentes mélodies post punk simples et efficaces, ou riffs plus rock n roll, c'est la qualité du son, complétement vaporeux, malade et fatigué. Quant à la voix, proche des canons rock modernes à certains moments (donc pas mal d'effets dans certains morceaux), elle arrive a atteindre certains sommets emotionnels (telephony). Là ou le shoegaze, l'indie, le post punk sont victimes d'une surmediatisation et de reprises de canons, have a nice life arrive à s'en écarter pour livrer un disque à l'ambiance personnelle et sufisament depressive pour tous vos potes gothiques.

dimanche 15 février 2009

NHK-nhk


Jeux de pistes, quand tu nous tient. Cette fois-ci on parle de Kouhei, qu'on avait déja évoqué (où? Quand?) il y'à quelques mois, qui nous revient par le biais de Raster Noton, et accompagné de Toshio Munehiro sous l'appelation NHK. Les deux faces de ce 12" soigné ne tournent pas à la même vitesse mais offre une musique dont la rigueur rappelera sans grande surprise les autres sorties du label, la distortion en plus. L'électronique du duo est ici maltraitée, gonflée en distortions omniprésentes mais légères. Minimale par essence, les 6 compositions se contentent donc du minimum syndicale en terme de source sonore. Des crissements digitaux, salis; absence quasi malsaine de mélodie ou de quoi que ce soit d'autre qu'un quelconque élément rythmique. Néanmoins, les plages ne sont pas de longues pièces rigoureusement obstinées comme on peut trouver chez Byetone, collègue de label-pour n'en citer qu'un. Bien que ramassées, elles sont traversées de multiples accidents, évolutions sonores, progressions et déconstructions. On n'en attendait pas moins du Japonais qui bien que rare, n'offre que des pépites.

jeudi 5 février 2009

K-THE-I??? - yesterday, today & tomorrow


Ce qui n'apparait pas sur la pochette de ce disque tel quel, c'est l'autre coté qui nous montre Thavius Beck faire la prise de son de K the I en train de gueuler dans le mégaphone. Et Thav produit le disque, tout simplement, dans son intégralité. Son savoir faire mis au service d'un compère pour tout un album, ça n'arrive pas tous les jours et même si on pourrait demeurer en attente d'un prochain essai d'Adlib, on se délectera de ce nouvel opus à sa juste valeur. Effet Nine Inch Nails ou pas, le son made in Thavius s'est encore épaissi, à pris de l'embonpoint, est plus lourd que précédemment. L'album s'attaque d'ailleurs dans le beat distordu et opressant sur 400 on the BPM, mise en garde furtive des plages qui suivent... et qui ne se ressemblent pas. L'album sonne très éléctronique, voir digitale. Beats typiques de Beck s'affaissant sous le poids des claviers stellaires. Mais surtout, le beat maker a travaillé ses basses, sourdes, lourdes, abyssales comme jamais auparavant. K the I, puisque c'est son disque ne m'était pas franchement connu, bien que son nom doit figurer en invité sur une bonne poignée de disques hip hop indé de ces dernières années. Son flow se pose aisément sur la structure sonore de Beck, de façon fluide et claire. Sa voix n'est pas sans rappeler celle de Vast AIR de can ox, et est parfois accompagné par l'habituel Subtitle (qui est à Beck ce qu' Aesop est pour El-P), BusDriver ou plus étonnament High Priest, ou Thavius Beck himself (désolé, sa voix me facine!!). Ca faisait longtemps que je n'avais pas aquis un disque signé MUSH, mais cette sortie me conforte que si tout n'est pas indispensable, le label reste un gage de qualité en terme de Hip Hop audacieux. Si ce dernier opus ne restera probablement pas comme une pierre angulaire rapologique, il reste truffé de qualité, notamment via sa rapidité: ici, pas de superflu, tout va à l'essenciel pour un disque ramassé. Vite, le nouveau labwaste se fait attendre!

jeudi 22 janvier 2009

ELECTRIC CONVERSATION- communication


Formation Parisienne, Electric Conversation déploie ici un premier album qui suit un joli et néanmoins discret 12". A l'écoute de l'album, on pourrait rapprocher la musique du quartet de plusieurs écoles musicales, qui finalement peuvent se recouper les unes aux autres. On évoque portishead par-ci (era dummy) ou Madlib et ses potes par là. Et en effet, quelque part entre les yesterday new quintet et un trip hop enraciné dans les 90's, c'est bel et bien un mélange de soul habitée et de jazz muté sur fond d'électronique exigente que la formation exerce sa science du son. Car la force de ce premier long jet, c'est en premier lieu la richesse sonore. Les samples s'entrecroisent, deviennent méconaissables, et entre quelques beats qui vous seront familiers, s'échapera par derrière un jet psychédélique inattendu. Les textures sont riches, fouillés, et les différentes toiles s'entrecroisent pour dresser un tableau unique. On a stipulé "psychédélique", et même si ce n'est pas l'évidence la plus frappante, il est sur que la luxuriance instrumentale s'apparente plus a un jazz rock libéré de tout complexe qu'à une froideur électronique complexe. Une sorte de Boards of Canada réchauffé, un Madlib moins monomaniaque, le résultat n'est pas loin finalement des travaux de Flying Lotus ou du récent Eryka Badu. Bien sur, pour un premier long, quelques maladresses aparaissent ici et là, et l'aspect parfois soul coulé dans le miel le plus sucré peut égarer. La multitude de voix également convié peut dérouter, même si on notera que les alternances de textures offrent une partition vocale riche qui vient finalement soutenir au mieux le squelette musicale. Au croisement de plusieurs visions, et pour une fois loin des lacunes classiques des formations hexagonales, Electric Conversation créent leurs propres critères, une communication qui leur est propre et dont l'évolution ne peut qu'être à surveiller.

BEASTIE BOYS-Polly wog stew EP


Techniquement, cette année, le groupe mythique fête ses 30 ans. Et des groupes qui affichent une forme pareil avec 3 décennies dans les gigots, ça n'est pas si fréquent que ça - pas la peine de venir dresser une liste dans les commentaires. Bref, si le groupe a explosé en 86 avec un album aussi vulgaire que puissant, c'est bien dès 82 que la première trace discographique du groupe se place. Alors composé De John Berry à la guitare (remplacé l'année suivante par Adam horovitz, de son coté chez the young and the useless à cette époque), Michael Diamond au micro, Adam Yauch à la basse et de Kate Schellenbach derrières les peaux de bêtes synthétiques (futur Luscious Jackson), ce quatuor de bonnes famille New Yorkaises délivre avec conviction et maladresse un punk hardcore dans la lignée Minor Threat/ Bad brains. Ca joue rapidement, pas forcément bien, tout est très sommaire, et les paroles à l'image de l'age que pouvait avoir leur auteur à cette époque. Ce petit 7" a été pressé par Ratcage records, qui était avant tout un magasin de disque qui a vu défilé de nombreux groupes de punk dans ses locaux, et qui était la propriété d'un certain David Parsons qui réalisa l'illustration mythique du premier LP des Bad Brains (dont les Beastie Boys étaient de grands fans, voyez la coïncidence des initiales des 2 groupes). Ce disque qui se revend une fortune (qui aurait mis plus de 5$ la dedans en 82??) est disponible sur le "some old bullshit" couplé au second EP du groupe, cookie puss, n'est clairement pas un indispensable. Mais il reste une occasion de parler et célébrer un groupe parmis les plus influents de ces dernières décénnies. Car comme toutes formations, le combo New Yorkais a bien commencé quelque part, et ces quelques titres indélicats posent la base d'une formation qui ne cesse encore aujourd'hui de brasser les courants musicaux sans jamais les enrober de trop de matières grasses tout en continuant de puiser dans ces origines. 8 pièces à la base d'une carrière passionnante car en mouvement permanent, évoluant intelligement et avec respect pour leurs inspirations.

lundi 19 janvier 2009

RYOJI IKEDA - Test Pattern


Ce disque est scellé d'un autocollant qui stipule ceci: "CAUTION! This cd contains specific waveform, impulse and burst data that perform a response test for loudspeakers and headphones. High volume listening of the last track may cause damage to equipment ans eardrums". Sculpteur sonique Japonais, Ikeda expose ses derniers travaux sonores sur ce délicat opus signé chez les gars qui avaient déja sorti alva noto l'an dernier - d'où la ressemblance iconographique, merci de suivre. Partition digitale hautement concentrée, la musique délivrée ici n'a plus grand chose d'humaine, à l'instar encore une fois d'alva noto et s'éloigne encore plus profondément des productions les plus froides des canons de "l'IDM" représenté par les guerriers d'Autechre pour s'éloigner dans le tout à l'égout des cables USB et le flux des connections MIDI les plus complexes et ultra-terrestre. De quelques bruits stridents au départ, le disque se perd dans d'épaisses vagues d'ondes de bleeps éléctroniques, de sonorités auto-oscilliantes, dans des vagues enveloppantes de faux contacts digitaux. Rythmiques minimales, totalement abstraites, faites de sons coupés, jamais la production ne semble se rechauffer, aucun sample, aucun bruit organique ne s'inscruste dans le cortège. La mélodie est elle aussi totalement interdite de séjour, seul le son pur a le droit à la parole ici. Parfois, une distortion surgit, la musique gagne en epaisseur, vos enceintes s'abiment, et votre entourage hurle. Contrat rempli.

samedi 17 janvier 2009

Cpt.beefheart & His Magic Band - Trout Mask Replica

On a tous ce vieux jean que l'on adore. Tout le monde te dit qu'il te va pas, que la coupe est démodée et surtout qu'il fait crade. Ce sale jean que tu aimes tant, que tu serais prêt à mettre tous les jours vu comme tu t'y sens bien. Ce sale jean à la coupe bancale, a moitié dechiré sans l'être, tout râpé et delavé. Le truc insortable. D'ailleurs quand tu mets, personne ne veut t'accompagner.
Ce vieux jean, c'est un peu ce Trout Mask replica. Dejanté, deglingué, sans interêt à priori, tout bancal mais ô combien fascinant et attachant. Ce Dachau blues, ces répétitions (fastn bulbous!), tous ces morceaux dans lesquels l'on se perd, ces mélodies vite oubliées, qui n'en sont pas vraiment, ces cacaphonies apparentes, cette energie proto punk, cette bonne humeur communicative (ouais, les acides..) et puis cet artwork aussi culte que son contenu.
Trout Mask replica n'estpeut êtrepas le meilleur Beefheart (safe as milk estquand même imbattable), il est surement son plus mémorable et son plus grand sommet. Debridé, débile, sans aucunes limites, sans style, sans son, avec la voix rocailleuse du sieur qui se greffe par dessus.
Trout mask replica c'est surement le truc le moins identifié de l'histoire de la musique rock, donc le plus marquant. Essentiel, comme ton sale jean (où est l'endroit et l'envers...)

Tom Waits - Orphans

On vous l'a jamais faite l'image bar ou du cabaret pour vous parler de Waits je suis sur.Elle a beau être convenue, elle est plutôt réelle. Pour ce triple album, Waits nous sort la totale. Tous ses aspects sont là, scindés en trois, il ne reste plus qu'á choisir. J'avais trouvé ce concept un peu bizarre pour Waits d'ailleurs. On compartimente, et tu choisis. Selon l'heure, le transit intestinal et l'humidité. Non non non!
Waits normalement c'est incongru, ça arrive sans que tu l'attendes, ça balance les registres de manière haletante. Oui...Mais sur trois disques.
Il en a de la matière le gazier. Et finalement ça prend. Entre blues deglingué héritier de Captain Beefheart,a moitié rockabilly et complétement dejanté, ballades de crooner alcoolique sentimental et morceaux du plus grand des freaks,Waits brouille les pistes. Ça fait gros d'ailleurs tout ça. Ce coffret est un bel objet, ça fait trés fin de carrière d'ailleurs, point final...On espère pas. Pour le moment on apprécie.

Alain Bashung - Bleu Pétrole

On l'attendait ailleurs. Définitivement. D'un côté il aurait fallu l'attendre là, vu qu'on l'attendait ailleurs. Ou alors il ne fallait même pas l'attendre. Tout compte fait si. Il nous devait des comptes. La trilogie parfaite entamée avec Chatterton et qui a culminé sur un l'imprudence à glacer le sang livre son successeur: un disque de folk. Un disque de rock, un disque de chanson française. Un disque à mélodies, des mélodies à moitié à texte. Des textes pas forcément bouleversants pour Bashung. Loin de là d'ailleurs.Peu d'écoutes sont nécessaires à bleu pétrole pour livrer son contenu, plus qu'agréable (normal me direz vous). Pourtant Bashung a prouvé par le passé qu'il n'était pas agréable, qu'il ne flattait pas nos oreilles. Restes, vestiges d'un passé imprudent, il y en a. Je pense notament à ce Vénus d'une froideur chaude. Aussi des trucs anecdotiques, au milieu, sans pour autant que ça fasse tâche (il voyage en solitaire). Mais Bashung se fait plaisir, aprés nous avoir fait mal. Reprise du canon de Cohen (Suzanne), masterpiece central (comme unlégo) où il nous fait survoler la terre. En filigranes, avec grande ironie d'ailleurs Bashung laisse planer le doute. Ce disque est loin d'être mauvais, des sonorités sont là, parcimonieuses, coincés dans le plus banal.Avec grande ironie il se moque même de sa propre intellectualisation (je courrirais). Le roi du poker artistique. Et ça prend quand même.

lundi 12 janvier 2009

Magma - Kobaïa

Pourquoi parler d'un disque que tout le monde connaît? Pourquoi parler d'un disque qui est loin d'être le meilleur d'un groupe révolutionnaire? Peut être parceque Magma est trés loin à part dans la dynastie des musiques expérimentales. Peut être aussi que conceptuellement, Magma est le projet le plus fascinant qu'un groupe a pu imaginer. Peut être parceque Magma repousse toutes les frontières artistiques en englobant un concept sous forme musicale. Le voyage dans les méandres psychologiques et la mythologie folle d'un homme: Christian Vander, batteur/percussioniste/chanteur/grand gourou de l'entité.
Magma vit, virevolte, recherche, joue et nous livre une musique intelligente pourtant encore proche de ses aînées, Coltrane en tête. Jusqu'au bout de la mythologie, avec l'invention d'un langage propre, qui reste le langage secondaire, le premier étant bien entendu une musique qui parle énormément. Pourtant Kobaia pêche encore, et reste loin des chefs d'oeuvre du groupe, n'arrivant pas encore aux sommets incantatoires d'un Mekanïk Destruktïw Kommandöh ou d'un üdu Wüdu. Encore "gentil", pas trop guerrier et vengeur, Kobaia reste un excellent disque de jazz (pas besoin de lui accoler ce mot ignoble qui ne veut rien dire : Zeuhl), mais un disque conventionnel de Magma. Même si la suite se veut bien plus passionante, Kobaia est à conseiller aux fans du Coltrane de la première heure.

jeudi 8 janvier 2009

Pink Floyd - Ummagumma

Rien de mieux qu'une valeur sûre pour pas trop se mouiller en ce commencement d'année. Je profite donc de cette récente réedition cd pour parler du plus grand chef d'oeuvre des Pink Floyd. La réedition n'apporte pas forcément grand chose, surtout pour ceux qui possédaient l'objet en double LP, sûrement bien plus marquant niveau visuel, la mise en abime de la pochette étant bien plus visible. Mais bon, on a le droit à un poster, histoire de pouvoir se plonger dans l'ambiance du disque.
Ummagumma, c'est surement l'objet le plus marquant d'un groupe ayant marqué la dynastie rock par ses épanchements stylistiques au bord d'un rock psyché. Ummagumma c'est d'abord un objet de transition pour le groupe, vu que david Gilmour devient le réel guitariste du groupe, Syd barrett ne pouvant plus tenir correctement son rôle à cause d'une schizophrénie paranoïaque accentuée par la prise de drogues.
C'est ainsi que le groupe livre un double album composé d'expérimentations studio et d'un live. L'album studio trace un croix sur une certaine manière de composer de la part des Floyd. LEs morceaux sont des suites psychédéliques axés autour de thématiques qui se répétent et qui montent crescendo. L'utilisation des instruments est largement noisy, créeant parfois une ambiance spatiale mais conservant un rythme crescendo inquiétant tout au long du disque. Les prémices de tous les grands albums sont déjà là dedans, et les surpassent surement même. La veine pop n'est pas pour autant perdue avec un the narrow way qui culmine sur des vocaux annonçant déjà ce que sera echoes (Meddle). Autant dire que cet album n'est pas un brouhaha masturbatoire d'un groupe faisant le deuil de son cerveau dérangé. Ummagumma studio c'est surtout la base de tout ce que sera les Pink Floyd par la suite, en conservant le sens aiguisé de la composition psychédélique et en jouant sur des ambiances largement recommandables.
Quant au disque live, il restera surement la prestation enregistrée la plus interessante du groupe (quand on voit les dvd sortis recemment, où les prestations mollassones période post dark side, on se demande si l'on a à faire avec le même groupe). La prestation est complétement dérangée, habitée et les morceaux des deux albums de Barrett (les meilleurs j'entends dire) sont propices au live, à l'improvisation. Ils vivent et se renouvellent par l'experience (la prise de drogue aidant) live. Certaines montées deviennent des tortures mentales (A saucerful of secrets) et l'agonie se transforme en sommets émotionnels. En plus, on a le droit à Set the controls for the hearts of the sun. Objet culte.

2008, par le consensuel.

Un truc qui se fait ça, à la fin d'une année en faire le bilan. Vraiment des commères les types de beyond the noize. Ils en parlent pendant l'année, à la fin de l'année, ils feront peut être même des retours sur des trucs qu'ils ont zappé. En attendant, je redonne signe de vie en copiant mon vis à vis. (L'inspiration du choix de disque manque, vous n'avez qu'à nous filer des disques aussi.)

1- Portishead - Third
2- The Residents - present the bunny boy
3- Dälek - Deadverse Massive
4- Nick Cave - Dig Lazarus dig!!!
5- Psychic tv - Mr Alien Brain Vs the Skinwalkers
6- Oneida - Preteen Weaponry
7- Young widows - Old wounds
8- Der blutarsch - Everything is alright
9- Darkthrone - Dark thrones and black flags
10-16 Horsepower - Live march 2001

Les trucs découvertes à la race en retard, mais qui m'ont pas mal secoué:
1- Zoviet France
2- Ol dirty bastard
3- Daniel Menche

Les trucs qui sont vraiment passés à côté de leur année: Envy, Death In june, TV on the radio.

Les trucs qui ont fait plaisir sans forcément qu'on en attende grand chose: Lustmord (et ouais, moi j'ai accroché), Neubauten, Fuck buttons, Mogwai, One day as a lion, Shit and Shine.

LEs concerts marquants:
1- OM
2- Throbbing Gristle
3- fuck Button
4- Devo
5- Shellac/Psychic TV

mercredi 7 janvier 2009

2oo8

Au cas où vous ne seriez pas au courant, on est passé à autre chose, on peut donc boucler tranquilement et faire comme tout le monde: les comptes.
Ce classement n'engage que la moitié de la "rédaction" de BTN, l'autre moitié ne donne plus signe de vie.


1-portishead - third
2- The bug- london zoo.
3-erykah Badu - new amerykah
4-Shit & shine- kuss mich meine liebe
5-Alva noto -unitxt
6-melvins- nude with boots
7-NIN -ghost
8-tricky -knowle west boy
9-torche -meanderthal
10 - une dernière place à partager pour ceux qui ont livrés de la matière honorable: tv on the radio, MARS VOLTA (!!), residents, cool kids, Nurse with wound, Leila, Psychic tv , meat beat manifesto...

REEDITION/COMPs:
*Art ensemble of chicago -les stances a sophie.
*Prodigy- more music for the jilted generation -
*V/A- new orleans funk:
*basic channel vol 2:
*mf doom/KMD.

Gadins, déceptions: *boris *kayo dot *lustmord

Concerts:
*Tom waits @ grand rex
*autechre@ rex club
*Melt banana/shellac@ Villette sonique
Puis devo, oxbow, dälek (NYC), brutal truth, locust, mars volta (tellement long!!!!!), GZA, tricky, Tortoise......

mercredi 31 décembre 2008

ART ENSEMBLE OF CHICAGO-les stances à Sophie


Il ne reste que quelques heures avant d'attraper un dernier bon disque cette année. Saisissez votre argent, ruez vous chez le disquaire le plus proche, courez au rayon Jazz, et empoignez fermement cette réedition signée Soul Jazz. Le meilleur nom de groupe de tous les temps, et un morceau d'ouverture qui vous fera mettre votre chaîne en mode "repeat" pour une bonne demi heure, au bas mot. Mélange de Jazz complètement débridé et de funk crasspec, Funkadelick versus Ornette Coleman, addiction immédiate garantie.

mardi 30 décembre 2008

OUTLAW ORDER-Dragging Down The Enforcer


Et bah, en décembre ça s'est bien relaché ici. Ils foutent quoi les mecs chez BTN? Les fêtes ça dure quoi? 10 jours à tout casser, pas un mois, non? Mais y'a plus fort, plus fénéant. 5 ans séparent l'EP de l'album d'Outlaw Order. On aurait pu s'en douter, EHG étant devenu spécialiste du disque qui sort tous les 2 ans, histoire de contenter tout le monde, mais rempli de morceaux déja connus. 5 ans c'est un bon laps de temps pour préparer un album, surtout quand derrière outlaw order il faut lire "eyehategod", voyez-vous. Etre sur d'être à la hauteur... Sauf qu'on est loin, mais alors trèèèèèès loin d'un dopesick ou d'un "in the name of suffering". Outlaw order ( EHG au 4/5ème, c'est à dire sans Jimmy Bower, en gros) propose sur ce premier long jet après un bon EP sorti chez Southern Lord un album de metal/sludge/punk ultra produit et boursoufflé. Ne vous attendez pas à l'excitation ressentie lors de l'écoute des joyaux de poisse dépressifs de la formation culte de Louisianne, preparez vous pluôt à une cottoyer l'ennui-fallait-il déjà être capable de s'exciter devant un visuel aussi repoussant. Mauvais? Non, pas vraiment. Mais après avoir été si bon dans une première incarnation aujourd'hui morte-vivante ( EHG vit-il encore? Pas impossible) et caractérisé par une intensité sans conscession et rongé par les problèmes humains en tout genre, aujourd'hui Outlaw order parait fatigué et fatigant, essouflé et peine à imposer la pertinence de son propos. Mauvais non, mais fade sans aucun doute.

KING MIDAS SOUND- Cool out EP


Une participation au dernier Bug (si on peut appeler sa participation puisqu'en fait c'est Robinson l'invité, mais il est sur qu'isoler ce morceau du reste de London zoo est éloquent) et un morceau laché pour un des deux volumes des box of dub plus tard, voilà un premier EP de King Midas Sound. Kevin Martin ralenti sa musique, fusionne ses récentes aspirations à son dub/hip hop brumeux et lourd d'antan pour un résultat plus que convainquant. La voix de King Midas Sound est celle de Roger Robinson, pas le plus jeune des rude boy, mais une voix posé, aux harmoniques féminines et charismatiques qui se mèlent à merveille à l'ambiance enfumée tissé par Martin derrière. Sur la face B de ce trop court disque, Dabrye, nouvel espoir du hip hop indépendant école early def jux et déja auteur de disques tout à fait recommandable s'occupe de remixer un second morceau dans la même veine que ce cool out qui vous a fait débourser quelques euros auprès de Hyper Dub. Pour conclure, Flying Lotus, le nouveau beatmaker en vu s'occupe d'un troisième missile qu'il gave en kick profond et en sonorités plastiques lunaires de bon ton depuis le décès de Jay Dee. Il se murmure ici et là que l'on tient là le nouveau maxinquaye...

lundi 29 décembre 2008

GODFLESH-Godflesh


Fin des années 80, Birmingham. Justin Broadrick, fraichement débarassé de ses cheveux, l'air encore un peu égaré de par son jeune age (18 ans) et une consommation de weed vient de déposer chez swordfish une poignée de titres qui s'apprètent à rentrer dans l'histoire. Après s'être lasser plus vite que prévu de son drôle de projet précédent (prends note, jeune!) il transforme l'agressivité rapide vers la lenteur, le matraquage entêtant. Comme tout artiste majeur, il y'a fort à parier que Broadrick ne s'est pas dit qu'il tenait là quelque chose d'inédit et de novateur. Non, il y'a plus de chances que comme des transformateurs, des créateurs en musique il ait juste été là, au bon moment, en mélangeant tout simplement un ensemble de son, d'éléments sur lesquels reposaient sa culture, ses inclinaisons. Killing Joke, les Swans, Big Black, Cocteau Twins, Whitehouse. Le son mécanique de Godflesh se matérialise sur ce premier EP, discrète sortie avant le streetcleaner qui suivra. Pourtant ce disque présente déjà tout ce que sera le groupe, avec l'aspect crust qui test en plus, comme pour souligner le fait qu'avant toute chose, cette galette est un premier jet. Bien sur Flesh n'est pas seul, il a gardé avec lui un de ses collègues de Fall Of because, Ben Green (notons que Paul Neville sera aussi un membre de Godflesh mais qu'il ne sera pas permanent et ne réapparaitra que très irrégulièrement dans les premières incarnations). Green peut apparaitre avec le recul comme l'artisan discret mais inaliénable dans l'équation Godflesh, celui qui se tait mais qui dans son grondement dirige tout autant que son comparse l'entité- L'importance de Green est tel que sans lui, tout simplement, le groupe ne survivra pas. Le son de Green à la basse est aussi primordial que celui de la machine et de Broadrick. La basse bucheronne le son, le violente, le gave d'infrabasses incontrollées, accroît le vertige audio. Il semble que bien des formations post hardcore se soit inspirées du son de basse unique que donne la seconde moitié du duo par la suite (réecouter les groupes de la scène suédoise tel breach ou cult of luna). Le guitariste pose lui un jeu totalement unique. La guitare ne dirige pas les opérations, ne guide nullement la musique: elle l'habille. Justin joue tout en larsen, en harmoniques et résonnances, laissant à la section rythmique le soin de creuser en dessous le morceau, guider le reste. Broadrick abbat sa guitare froidement, comme un complément bruyant mais tout en abstraction sur le squelette dressé par la boite à rythme et la basse. Les larsens sonnent comme jamais, totalement libre et controllé, comme si la guitare était elle-même ensorcellé et tentait de s'exrpimer par ses propres moyens. Enfin, par dessus l'ensemble, la voix du jeune Anglais hésite entre hurlement et chant claire comme désabusé, érinté par tant de bruits. La première pierre que pose le duo ici est essencielle car tout est déja là: l'identité sonore et iconographique unique du groupe est efficace et éloquente dès ce premier disque d'une qualité indiscutable. La lourdeur anglaise dans toute sa splendeur, une oeuvre parmis les plus passionnantes de la décennie passé est en train de naitre, ici judicieusement remis au gout du jour via Kreation rds. Une pépite, un indispensable.

jeudi 25 décembre 2008

(THE) MELVINS- (A) senile animal 4xLP


Franchement, si tu n'as pas réussi à te le faire offrir pour noël, c'est que soit t'as été une tête de con- comme d'hab- soit ta conjointe/ton conjoint/ton entourage n'estimait pas nécessaire de t'offrir encore un truc que tu n'écouteras pas, que tu ne feras que stocker sur tes étagères pour la gloire en disant "Je suis un vrai, le CD ça sonne platique à coté", mais le fait est que d'une part tes convives n'en ont rien à foutre de ton laïus sur le son du vynil, et d'autre part, tu n'as pas de lecteur 12" dans ta voiture. La dernière possibilité -et non des moindres- c'est que tu fais partie de la communauté qui se sont jetés sur les melvins y'a quelques mois ( j'ai pas utilisé "années") pour aujourd'hui les trouver un peu puants à ton goût, et que cet onéreux objet ne fait que te conforter dans ton jugement. Alors quoi? Les qualités de cet album ne sont plus à démontrer, du grand melvins dans sa formation et ses ambitions rock, premier effort née de la rencontre avec Big business, premier grand disque à guitare sans concept, sans fioritures depuis presque un lustre et demi. Mais si on en reparle, c'est pour l'objet bien sur. Magnifique collections de 4 vynils, format 12", avec une face gravé de sons, une autre avec un animal (sénile?) représenté dessus. Le tout s'encastre dans quatres volets soignées, une des rares constantes chez ce groupe. Bref, un objet superbe. Mais le son ne rend-il pas justice à la présence des deux batteries sur ce format, par rapport à la version CD ? laisse tomber.

vendredi 19 décembre 2008

SKULL DISCO- Soundboy's Gravestone Gets Desecrated By Vandals


Si j'ai bien compris, les doubles CDs de skull disco sont des compilations de leur sorties LP. Tant mieux, parce que je crois bien que je suis pas assez passioné pour collecter l'ensemble des 12" que pourraient sortir le label, même si leur deux compilations sont excellentes. Majoritairement composé et produit par Shackleton et son pote Applebim, de disco ce label n'en a que l'appelation. Ou alors une disco nouvelle génération lente et habitée, reservée à une tripoté de rituels vaudous. On qualifie généralement les missiles du label de dubstep, pourtant chez Skull disco on s'écarte un peu des codes du genre, comme chez les plus grand représentant d'ailleurs, pour se rapprocher d'une conception un peu plus old school du dub, un peu celle qui transpirait des compilations macro dub infection, electric ladyland ou encore axiom dub de la décennie passée. La production est magnifiquement soignée, lourde et précise, presque minimale bien que franchement luxuriante, lapidée régulièrement par des spectres de drones lointains. Les rythmiques toutes en richesse que tisse le duo s'étoffent lentement, progressivement. Un axe plastikman/harris/laswell me saute aux oreilles, sans pour autant pomper outrageusement, comme si le duo avait suffisament bien gérer en brouillant les pistes, en dissimulant le son dans une bouillasse tout simplement bien présentée. Quelques samples et éléments rythmiques plus "orientaux" (putain, ouééé! Ca veut rien dire) viennent donner un caractère supplémentaire a cette double compilation. Bref, ça grouille, ça vie, ça se débat, et c'est franchement recommandable.

lundi 15 décembre 2008

Burzum - Filosofem

Des fois on depoussière des disques, pas si plein de poussière que cela d'ailleurs, car ils font partie de ceux qui restent en haut de la pile, que l'on garde avec attachement et que l'on sait qu'un jour ou l'autre on reviendra dessus. Filosofem posséde cette caractéristique qu'il m'a initié (tardivement) au black métal et qu'il restera surement un des sommets des choses ecoutées dans le genre. Passons sur les histoires vendeuses du groupe, qui font rêver les passionnés de hype et la verve morbide que l'on cultive tous. Filosofem est surement le manifeste de Vikerness, le disque d'un seul cerveau, celui d'un homme (blessé), fruit de ses angoisses, de ses turpitudes et d'un cerveau malade. Finies les morceaux plus punk, plus énergiques du début de Burzum, le pas vers la mélancolie ultime est enfin donné (même si il était annoncé en filigrane bien avant). Filosofem se situe bien aprés la tristesse, bien aprés la lutte, bien aprés la rage. Filosofem est le manifeste du vide emotionnel, du froid sentimental. Car aprés la peur, aprés le desespoir, il n'y a rien. C'est un peu pour cela que Filosofem est aussi vrai, aussi touchant, avec si peu d'armes. Monotone, binaire, répétitif, axé sur une batterie parfois absente (sur le thème en deux parties) qui répète des rythmes sans grande portée, sur une guitare sursaturée répétant inlassablement des mélodies brouillonnes et chargées de mélodies simplistes, le tout portée par une voix fatiguée, usée, criarde mais aussi chantée, lorsque la force de geindre n'est même plus là. Filosofem c'est aussi un pavé ambiant de 25 minutes, qui met en exergue un clavier minimaliste sans aucune ambiance, relevant la hauteur d'un vide palpable, d'un rien nauséabond. Sont saupoudrés au gré de morceaux glauques des notes de clavier parcimonieuses, étouffantes. La folie est bien palpable, mais aussi la prise de compte, une ambiance déroutante à couper le souffle, le tout sorti du rien, un manifeste d'ambiance noire, de savoir faire mélancolique et surtout de nihilisme. Filosofem est bien au delà de toutes les productions black métal soi disant dépressives que produisent les Etats unis à l'heure actuelle. Filosofem est un pilier, une plaque tournante de vérité, et surtout le manifeste funéraire d'un one man band qui finira par s'autoétouffer. La preuve que le vide est parfois rempli. D'òù l'interêt de depoussièrer ses armoires.Must have.

jeudi 4 décembre 2008

BRUTAL TRUTH- for drug crazed grindfreaks only!


"Still not fast enough, still not loud enough"! Ca avait beau commencer comme ça quand BT charclait dure la face de ses auditeurs en 98, pourtant peu de chance que le sample culte qui ouvrait le dernier LP en date soit encore d'actualité tant la bande à Lilker a monté d'un cran en lourdeur et en rapidité. Mais déjà ce live pour une radio néo-zélandaise envoie du parpaing par tonnes sur ce court disque. Le son est plus précis que sur le magmatique sounds of animal kingdom, billy anderson en moins oblige, et le son du combo new yorkais gagne en limpidité. La caisse claire de Hoak notamment ressort brillament du mix. Carrés, précis et expeditifs, tout brutal truth peut être résumé au mieux sur ce disque déja sorti il y'a quelques années en pirate il me semble bien. Exécution parfaite (c'est plus du sport que de la musique à ce niveau), pochette hideuse, Relapse toujours dans les bons coups pour se faire du blé redonne une jeunesse au tout, patch mauvais goût en bonus.

PRODIGY- invaders must die (mp3)


Groupe interdit ou je sais pas, chaque nouvel album de Prodigy crée sa petite "web-excitation", pourtant tout le monde dit que c'est devenu pourri. Après grey machine, voilà la seconde chronique MP3 de BTN, et le constat n'est pas folichon. Electro rock assez simple et direct, avec le son made in Howlett, sauf qu'il y'a ce riff de clavier tout pourri qui te gache un poil le morceau. La web comunity est égaré, c'est normal. La flemme de tout articuler pour causer de ce mp3, alors voilà, ce qu'on peut en dire:
*Non, on ne peut décemment pas dire qu'on tient là un morceau exceptionnel.

*Le clip est plutôt réussi à l'inverse, même si il semble bien que ce soit un clip pour fan: tout tourne autour de l'iconographie du trio anglais, et de la réhabilitation de la fourmi ( logo totalement écarté sur le précédent LP).

*Pas mal de gens soulignent quand même que si ce morceau n'était pas estampillé "prodigy", pas mal de monde serait conquis par cet avant-goût.

*D'autres attendent l'album pour se faire une idée. Problème, warrior's dance qu'on peut entendre sur le net lui aussi est loin d'être plus excitant que ce premier morceau officiel.

*Si Howlett a largement apporté à la musique electronique, il faut bien constater que depuis 2002, il ne révolutionne plus grand chose et se laisse emporter par des courants plus récents: l'electro rock, les groupes tendance justice ou pendulum etc... et ces premiers extraits sont finalement plus dans la continuité de morceaux récents ( sur le AONO ou les compils récentes).

A noter que tous les membres du groupes sont très enthousiastes à propos de leur nouveau projet (ce qui n'était pas le cas avec le précédent), et qu'il part quand même avec quelques avantages: un titre efficace, Dave Grohl en invité... la tension monte: soit ce disque sera bon, soit ce groupe sera condamné à n'être qu'un (excellent) groupe de scène.




Psychic TV Sala Apolo 2 (Barcelona)

Il y en a qui étaient venus voir un groupe de musique industrielle live. Ils seront déçus, car le concert de Throbbing Gristle était en début d'été. Ici, pour un groupe de rock (cf chronique correspondant aux deux derniers disques), rien de mieux qu'un concert de rock, psyché de surcroît. Ça sent le bien être alors qu'on pensait que ça sentirait le malaise, ça joue avec nos émotions en lançant un des débuts les plus tendus qu'il puisse être (trussed). Ça reste pas mal bloqué sur les deux derniers albums d'ailleurs, à part une incursion dans un morceau plus ancien, donc plus expérimental, donc plus martial, donc plus prenant, et surtout plus libre, plus axé sur les grandes étendues. Libre, pourtant ce concert de rock l'aura été. Genesis se permet d'improviser des vocaux un peu partout, de modifier les tons pour modifier complétement un morceau. Je pense notemment à Hookah Chalice, morceau catchy à souhait se transformant en une sordide comptine boiteuse et maladive. Ils s'amusent les bougres, se foutent de nos gueules, rigolent entre eux, ont des trips de junkies pas encore décrassés, puis toujours ce ton légèrement hautain, reflétant l'égo surdimensionné de Genesis P Orridge, voulant s'imposer plus de l'ordre du gourou/rock star que du frontman nevrosé. Et ça prend. De grands moments de gloire, avec un higher and higher deglingué, un Maximum Swing plus groovy que n'importe quel morceau de funkadelic.
Les énergies se décuplent petit à petit, le son se fait moins hésitant, le volume et le ton montent pour rentrer dans certaines escapades bruitistes où Orridge utilisera son fameux violon (le break de hookah chalice entre autres, majestueux).
Puis les chansons du dernier album, tout en couleurs, en délires visuels, avec un No good trying sur la brèche, un Pickles and jam qui prend aux tripes et un papal breakdance qui ravage tout sur son passage.
Rien de bien prévisible en somme, qu'un groupe de rock n roll qui s'amuse comme jamais, joue d'une manière trés libre, décuple certaines énergies ou en réduit d'autres. Puis j'oubliais le double rappel (j'oubliais pas, je le gardais pour la fin en fait) où durant une vingtaine de minutes, la trés velvetienne foggy nation se transforme peu à peu en un sister ray (reprise du velvet underground donc), on le savait que ce monologue (Andy says to candy...) nous rappelait Lou reed!
Enfin, c'est genesis et le guitaristequi reviennent pour nous interpréter un Milk Baba incantatoire, au delà des hauteurs et finir de transcender un retour dans le temps palpable.