mercredi 7 juillet 2010

Deftones - Diamond Eyes

Mon collègue parlait de ces albums avec une histoire récemment. Deftones en auraient pas mal à raconter. On a la sensation que chaque album postérieur à White Pony a été acouché dans une douleur extrème, comme retiré de leur géniteur agonisant. Deftones meurt pour renaitre à chaque album. Si le précédent disque était marqué par les tensions internes d'un groupe se dirigeant dans des directions opposées, d'un groupe conservé intact depuis sa création il y a 20 ans (et c'est assez rare pour pouvoir le signaler), celui ci a vu un groupe qui au contraire s'est resoudé comme jamais. Resoudé grâce à un évenement qui leur a surement fait se rendre compte de la beauté de pouvoir jouer avec des vieux amis depuis si longtemps et de vivre de cette passion: l'accident de Chi Cheng, leur illustre bassiste. Le groupe avait quasiment bouclé l'écriture d'Eros qui selon leurs dires finira par sortir (et on est bien curieux de l'entendre). Pourtant lorsque leur ami de toujours a sombré dans le coma, c'est par réaction face à cet accident qu'ils ont décidé de se reprendre en main et de composer un tout nouveau disque, en s'entourant de Sergio vega (Quicksand) à la basse. Une réelle cure de jouvence. Lassé de rabacher les non sens tel que "plus lourd que celui d'avant", "retour aux sources", Deftones compose cette fois ci dans l'urgence, avec une énergie débridée et une envie palpable de faire ce qu'ils ont toujours fait: un rock lourd et mélodique. Un rock teinté des grosses guitares de Carpenter (jusqu'ou ira t'il dans le nombre de cordes? sic) qui se veut une synthése de ce qu'ils aiment: le métal, le rock des années 80, le hip hop, la new wave, les belles chansons. Jamais on aurait pensé entendre un disque si frais de la part d'un groupe qui nous donne la sensation depuis 10 ans que chaque disque sera le dernier. Quarante minutes carrées sans aucun temps mort, mis à part peut être un rocket states un peu lassant, un disque direct en forme de bloc où rien ne parait s'extirper lors des premières écoutes. Deftones épuré au maximum, sur un livret tout noir et blanc où seules les paroles sont écrites et en dessous des remerciements un "Chi, we missed you dearly in the making of this record, you're in our minds always, hope to talk with you again soon, buddy, Love, Chino, Steph, Frank and Abe." Des morceaux pleins d'optimisme, romantiques à souhait, toujours dans cette veine Smashing pumpkins rencontre Will haven avec leur patte unique. Un disque en forme d'espoir cathartique, comme si composer leur avait été nécessaire là où par le passé ils avaient pu nous donner la sensation de garder en vie l'entité par nostalgie et par obligation. Deftones était devenu la corvée de ces cinq types et aujourd'hui, Diamond eyes débarque de manière inespérée, en insufflant un second souffle à un groupe qui finalement a su tirer artistiquement le meilleur de ce qui leur est arrivé. Abe Cunningham surclasse de sa batterie l'album, sa frappe se fait toujours fantastique, à la fois dure et envolée, dans un style unique; Frank Delgado est définitivement "M. tient la barraque du son deftones" avec ses samples parsemés intelligemment qui réhaussent la majorité des morceaux sans jamais envahir l'espace sonore des autres musiciens. Chino n'a finalement peut être jamais aussi bien chanté, ou a du moins retrouvé une envie et une fluidité dans son art, chose que l'on croyait perdue et à jamais reservée aux disques de Team Sleep (ne pas oublier que le précédent disque avait été pour lui un calvaire et ses lignes de chant ont failli ne jamais voir le jour). Diamond eyes possède cette étincelle et cette alchimie qui rend ce groupe unique. Du coup, maintenant on attend le réveil de Chi, la sortie d'Eros, et on se prend à recroire au futur pour ce groupe.

2 commentaires:

Arthur a dit…

Purée... Je déteste tellement cet album. C'est pas faute de vénérer tout les autres, l'éponyme en tête. Mais là vraiment ça passe pas, c'est lisse, ça pue et je me fais terriblement chier en écoutant ça. Le premier album qui a été accouché dans la douceur avec un producteur très présent dans l'écriture. Je me dis que finalement le coté bordélique de chaque album, avec des titres pas cohérents entre eux, c'était finalement pas vraiment un défaut ? Un groupe qui ne fait du bon que quand ils sont dans la merde... Amusant.

DMDFC a dit…

Superbe album. Je m'y attendais pas. Le 5eme morceau fait très Perfect Circle je trouve.
Sur les précédents, ils me paraissaient inspirés mais pas en forme, là ils sont peut-être moins inspiré, mais ils ont bouffé du lion.