ODD FUTURE est un collectif qui pourrait évoquer une sorte de Pistols des années 2010, version hip hop. Punk en somme. Dégueu. Crade. Du beat au clip. Les gars de ce collectif ( Odd Future Wolf Gang Kill Them All, ou OFWGKTA) sont en train de réaliser un coup d'état musicale pratiquement sans fautes. Cet été, avec le clip du cadet Earl Sweatshirt (16 ans) ils avaient soulevé quelques questions quant aux propos généralement tenus par ces jeunes gens tout en questionnant sévèrement sur la véracité de ce qui était montré à l'écran (un cocktail étrange aux effets sanguinolents). Progressivement, le posse gravit les échelons du buzz moderne jusqu'à franchir un nouveau cap crucial: le passage chez Jimmy Fallon, le meilleur TV Show de la planète lors d'une prestation puissante avec les Roots et un Mos Def hystérique en guise de conclusion. Les gaziers de ce collectif sont peut-être des génies du marketing ou de véritables cramés du bulbe et skaters sans avenir, toujours est-il que leur musique se fait entendre de plus en plus et se voit l'objet d'une certaine estime (Wire, blogs, artistes... sans parler des rares concerts en dehors de Los Angeles, sold out en moins d'une heure). Alors que la suite de la tête pensante, Tyler The Creator, ne devrait plus tarder (un maxi teaser déjà disponible, première sortie payante du label/ collectif) Bastard continue de tourner dans l'ampli (forcément, c'est du meupeu 3). Du punk, il en est forcément question quand on écoute ces basses cannibales ces beats quasi dépouillés et ses sons entêtants. Les mélodies en berne, jouées à un seul doigt (sans ongles) ne sont que des notions vaguement présentes. Les sons de claviers bubblegum se veulent gras et portent les quelques samples (dont un morceau basé sur une boucle similaire à une prouesse de Madvillain) qui apparaissent ici et là, pendant que la voix trafiquée du jeune MC tombe comme une sentence, sans émotion, froide, résignée. Les Cool Kids qui auraient écoutés Co Flow, Gravediggaz et Spectre en boucle. Des morceaux créées de toute évidence par quelqu'un qui sait où il veut se rendre, avec un minimalisme et une évidence pesante. Et si l'on hésite entre génie ou coup de pub, reste une poignée de morceaux bien assemblés, qui ramène un peu de crasse dans un hip hop qui a tendance à n'être sale que dans sa luxure.
dimanche 20 février 2011
TYLER THE CREATOR- Bastard
ODD FUTURE est un collectif qui pourrait évoquer une sorte de Pistols des années 2010, version hip hop. Punk en somme. Dégueu. Crade. Du beat au clip. Les gars de ce collectif ( Odd Future Wolf Gang Kill Them All, ou OFWGKTA) sont en train de réaliser un coup d'état musicale pratiquement sans fautes. Cet été, avec le clip du cadet Earl Sweatshirt (16 ans) ils avaient soulevé quelques questions quant aux propos généralement tenus par ces jeunes gens tout en questionnant sévèrement sur la véracité de ce qui était montré à l'écran (un cocktail étrange aux effets sanguinolents). Progressivement, le posse gravit les échelons du buzz moderne jusqu'à franchir un nouveau cap crucial: le passage chez Jimmy Fallon, le meilleur TV Show de la planète lors d'une prestation puissante avec les Roots et un Mos Def hystérique en guise de conclusion. Les gaziers de ce collectif sont peut-être des génies du marketing ou de véritables cramés du bulbe et skaters sans avenir, toujours est-il que leur musique se fait entendre de plus en plus et se voit l'objet d'une certaine estime (Wire, blogs, artistes... sans parler des rares concerts en dehors de Los Angeles, sold out en moins d'une heure). Alors que la suite de la tête pensante, Tyler The Creator, ne devrait plus tarder (un maxi teaser déjà disponible, première sortie payante du label/ collectif) Bastard continue de tourner dans l'ampli (forcément, c'est du meupeu 3). Du punk, il en est forcément question quand on écoute ces basses cannibales ces beats quasi dépouillés et ses sons entêtants. Les mélodies en berne, jouées à un seul doigt (sans ongles) ne sont que des notions vaguement présentes. Les sons de claviers bubblegum se veulent gras et portent les quelques samples (dont un morceau basé sur une boucle similaire à une prouesse de Madvillain) qui apparaissent ici et là, pendant que la voix trafiquée du jeune MC tombe comme une sentence, sans émotion, froide, résignée. Les Cool Kids qui auraient écoutés Co Flow, Gravediggaz et Spectre en boucle. Des morceaux créées de toute évidence par quelqu'un qui sait où il veut se rendre, avec un minimalisme et une évidence pesante. Et si l'on hésite entre génie ou coup de pub, reste une poignée de morceaux bien assemblés, qui ramène un peu de crasse dans un hip hop qui a tendance à n'être sale que dans sa luxure.
jeudi 17 février 2011
Black Swan de Darren Aronofsky

Matta - Prototype
On avait parlé du premier EP the lost dans ces pages, et il est clair que celui ci était bien plus marquant que le dernier EP d'enduser. Oubliez tout ce que vous avez pu apprendre sur le dubstep. Imaginez la rencontre du dernier High Tone (Monster) avec l'intelligence du In Sect de Niveau Zéro, et le côté coup de massue dancefloor du Music for the jilted generation de .... Prodigy (car cela faisait bien longtemps à mon goût que l'on avait pas mentionné l'obsession commune). Protoype ne propose en soi rien de nouveau, si ce n'est une collection de morceaux déjà présents sur les précédentes sorties vinyles. Depuis The lost, une collection de live tous plus acclamés les uns que les autres, une collection de dancefloor qui implosent, une collection de cerveaux cramés, et une belle liste de noms avec qui les deux gaziers ont collaboré pour une si courte carrière: Bong-Ra, Hecq, Black Lung. Pour ceux qui sont déjà convaincus à ce stade là, Prototype est en quelque sorte le seul objet ''ultime'' du combo, qui recompile tout ce qui existe en format physique à ce jour. Oubliez les maxis et autres raretés pour rat de magasins poussiéreux, celui là fait bien l'affaire. Pour les autres, qui restent encore chiffonés par l'appellation dubstep, qui les empêche de poser une oreille sans jugement préalable, on ne cherchera pas à les convertir, vu que les morceaux le feront facilement au cours de ces dix pépites. A la fois grossier, putassier et raffiné, nous faisant des ronds de jambes en guise d'agression rythmiques pour mieux nous la faire à l'envers tout en nous caressant le poil avec de jolies envolées lyriques, où en nous enveloppant de nappes d'une rare cohérence sonique. Prototype est de ces compilations où chaque morceau nous transporte, dans des climats vulgaires que l'on apprécie à certains moments, avec cette violence électrique digne de l'énergie rave des débuts; mais aussi dans des labyrinthes de sonorités bien plus raffinées, dans des avalanches rythmiques héritage des années Warp, de l'ami Aphex, mais aussi du psychédélisme chatoyant de Boards of Canada (Suicide Stutter). Je n'ai aucun problême à l'avouer. De mon côté Prototype tourne et retourne, et chaque morceau est un moteur qui galvanise l'écoute du suivant, avec une joie prononcée. Epique, immédiat et parpaing de secours. (Ad Noiseam)Pour le plaisir: PAN
vendredi 11 février 2011
Rosemary's K Diaries : Binaire/Nicolas Dick
Les disques de plomb en ont sûrement eu des galères qui ont retardé l'arrivée de ce deuxième 10'' de la série des journées spéciales. L'attente valait clairement le coup. L'affiche est encore plus alléchante, avec le duo Binaire, auteur d'un des tous meilleurs disques récents et Nicolas Dick, leur pote ancien Kill the Thrill, qui bossait sur quelques morceaux d'Idole.Binaire continue dans des morceaux dans la veine d'Idole, avec ce rock/punk mongoloide hachée et découpé à la machette. Les rythmiques s'emballent, les machines lancent le tempo et les guitares sautillent tout en s'emballant dans des murs du son galvanisants. Binaire cette fois ci se la raconte en français, ce qui accentue le côté tube et hymnes de chacun de ces quatre morceaux. Toujours aussi hurlé, toujours aussi débile, toute en ironie, les phrases fusent, provoquent et titillent: "un corps ethéré, de l'héro dans le nez, c'est une putain de soirée". Binaire pousse la lourdeur de son son et le côté lumineux dans ses retranchements. Les chants se passent le relais, hurlements versus hurlement lorsque le tempo s'emballe. Putain de soirée commence par des chuchotements conteurs, dans un morceau dionysiaque rempli d'ironie. Sur Massacre en France, c'est Marilyn, qui chantait sur Tellurique de Kill The Thrill qui se permet de repasser au premier degré dans une diction engagée et salutaire. Finalement, ces quatre morceaux sont encore meilleurs que les précédents, toujours plus loin dans le côté immédiat, toujours plus vicieux sur la durée, toujours plus tristes dans la gaieté. Binaire c'est le son du dancefloor qui implose, le son du punk qui s'amuse avec ses machines.
De l'autre côté, Nicolas Dick continue son expérimentation commencée avec une belle journée, avec une seule piste bien nommée retourné, en guise de quatrième jour des journaux de Rosemary. Nicolas Dick joue toujours avec ses textures, déconstruit ses mélodies orientalisantes et atteint certaines apothéoses de mur du son qu'il efface aussitot. Un morceau immersif, digne des expérimentation de Fennesz, rempli de vie grâce à un son organique. Marrant comme le sérieux que dégage la musique de Nicolas Dick s'oppose totalement à la douleur non feinte de l'humour noir de Binaire et à son envie festive. On attent la réedition d'Une belle journée en LP et on l'encourage à continuer dans cette voie. L'objet quant à lui est encore plus réussi que le premier volet, avec une illustration magnifique aux jolies couleurs bien immersive bien loin de la photo de famille du premier volet. Toujours un coupon téléchargement fourni avec, histoire de pouvoir dodeliner de la tête sur les morceaux de binaire en voiture. On attend la suite, qui sera le nouvel album de l'enfance rouge en double 10'', comme quoi, la structure semble pour l'instant réaliser un sans fautes sur les projets. Merci à eux, en attendant le jour 5 et 6. (Les disques de plomb)
jeudi 10 février 2011
Subheim - No land called home
Approach était un beau manifeste des capacités de ce projet. Entre visions modernes et structures plus néoclassiques, le disque disséquait une électronique tribale et pleine de beauté. C'est aujourd'hui un double défi qui entoure cette nouvelle sortie. D'abord un défi pour Ad Noiseam, qui pousse de plus en plus dans la diversité de ses sorties pour s'éloigner de l'étiquette dubstep d'ores et déjà périmée. Après un Niveau Zéro plus qu'efficace, un Black Lung complètement addictif et un dernier Igorr déjà acclamé partout, c'est au tour de subheim de faire parti du renouveau de la structure. C'est aussi un défi pour le groupe en soi, qui renouvelle entièrement son esthétique. No land called home met de côté les velléités synthétiques pour une approche beaucoup plus humaine de sa musique. Un disque qui ne paye pas forcément de mine au départ, notamment à cause de ces vocaux parsemés un peu partout (un The Veil insipide avec un chant masculin insupportable). Ces vocaux sont une des grandes nouveautés de Subheim en 2010. Katja, la vocaliste live de Subheim prête ici sa voix au studio sur la majorité des morceaux. Au final, cette voix va de paire avec l'approche humanisée de la musique de subheim. No land called home tisse des instrumentations bien plus organiques et chaudes, et l'électronique n'est qu'une toile de fond pour de chaleureuses incursions ethniques (Conspiracies) et des envolées lyriques sur percées tribales. Les prestations live ont du galvaniser Subheim et le besoin de jouer les instruments, de faire apparaître toutes ces percussions, de convoquer une armada de cordes rendent No land called home soniquement immersif. Subheim 2.0 est une armada de cordes, d'orchestrations de tous types et s'impose plus en héritier de dead can dance dernière période (dunes et son ambiance spiritchaser) que de tzolkin. On trouve d'ailleurs des réminiscences des projets solos des deux larrons de dead can dance, quelque part entre le dépouillement chaleureux du silver tree de Lisa gerrard (le magnifique cold hearted sea) et les pépites électroniques du Ark de Brendan Perry. Un pari osé pour une reconversion totale, mais qui prend grâce à nos oreilles grâce à de chaleureuses orchestrations. (Ad Noiseam)
mercredi 9 février 2011
SEEFEEL-Seefeel
Le retour, comme prévu et annoncé avec Faults dont on a causé (en bien) plus tôt. Le retour d'un projet oblique, musicalement passionnant mais demeurant un coffre à pépites pour gens concernés. Seefeel est une référence discrète, celle qui fait automatiquement acquiescer le connoisseur, forcément un peu seul, et celui qui fait systématiquement répéter le profane- "Comment tu dis que ça s'appel?". Un secret étrangement bien gardé, malgré une estime réelle et des papiers flatteurs jadis. Du quatuor d'origine, cette résurrection d'un auto-sabordage n'en garde que la moitié: le guitariste et tête pensante Mark Clifford, parti besogner sur Disjecta pendant 15 ans, et Sarah Peacock, également guitariste et chanteuse, gonflé par l'arrivé de deux nippons que sont le premier batteur des Boredoms et le mentalement atteint DJ Scotch Egg. dimanche 6 février 2011
Un été suédois de Fredrik Edfeldt

Le discours d'un roi de Tom Hooper

jeudi 3 février 2011
FluiD - Duality
Première sortie pour le musicien/producteur/arrangeur de Chicago et un gros pavé dans la mare. Un pavé dans la mare de ses propres influences tout d'abord, qu'il brandit haut et fort dans leur diversité. Un pavé aussi dans l'esthétique sonore sans concession, et d'une beauté nuancée. Ce disque de FluiD, à l'artwork qui va bien avec notre bandeau, mais moins avec nos yeux est un manifeste de dub industriel. Les influences sont nettes : Mick Harris et Scorn, Justin Broadrick pour techno Animal et les versions dub de Love and song in hate. Quelques rares incursions vocales sont à placer sur ce disque, avec on imagine un sample sur disrupting the ghost, et ce featuring très typé Oddatee sur Iron Communique. Dans l'ensemble les instrumentations sont poisseuses et sombre, avec des lignes de basse dantesque sur lesquelles s'accolent guitare noisy, nappes ténébreuses ou retours de machines de fin du monde à la stealth (the absent present). FluiD alterne accalmies bienvenues sur passages bien dark et mélopées de machines grésillantes tout en mettant en avant la propreté et l'insistance des rythmiques : lignes de basses chaloupées et programmation de batterie itérative. Certaines évasions mélodiques ou lignes de clavier permettent d'aérer la quantité de sonorités marécageuses (sublimation in the zero hour) et rendent le tout encore plus maladif. FluiD arrive à canaliser l'ambiance asphyxiante du Tricky période Angels with dirty faces tout en récitant des litanies dub industrielles aux confluents du hip hop version 3.0 d'absence. On lui souhaite une tournée avec dälek, pourquoi pas Picore et quelques collaborations fraiches qui rendent le tout encore plus inédit et indispensable. (Alrealon, www.myspace.com/fluidemusique)
lundi 31 janvier 2011
MARVIN, ZËRO, EZEKIEL& HINT, SCORN- La machine du moulin rouge

Après avoir tourné de manière bien trop ridicule pour trouver une place pour dévoiler ici le temps qu'il m'a fallu pour me garer rue des martyrs, et après un passage rapide chez Ronald, c'est à la bourre que je rentre enfin dans la loco, pour voir la grosse soirée (la première de l'année, fait un voeux) de janvier, qui affiche fièrement les groupes qu'on voit régulièrement dans noise mag sur scène.
Audioactivism #2
J'ai toujours trouvé que le label lyonnais était le pendant français à Ninja Tune, ou du moins sa réponse avec une touche française. Le label oscille entre les excellentes idées et les signatures plus convenues. Les récentes sorties de Kaly Live dub ne m'ont pas vraiment enthousiasmé, mais au contraire les diverses collaborations instigués par les têtes pensantes du label : Ez3kiel et Hint, ou encore tous ces inédits du studio JFX sortis sur des maxis sont passionnantes. Jarring est un label qui prône la création avant tout, et le vivier d'artistes qui se rencontrent dans le studio. Audioactivism fait la part belle à leur amour pour le hip hop nouvelle génération et recompile des morceaux éparpillés sur différents maxis, mais aussi de nouvelles collaborations. Au programme, deux morceaux de Vagina Rush de Rzatz (chroniqué dans ces pages), deux morceaux du JFX studio session #1 (collab entre Picore et différents Mc's, dont oddatee et ben Sharpa, chroniqué aussi dans ces pages), une poignée de morceaux issus des dernières sorties Jarring et des nouveautés. Une jolie manière de regrouper sur un seul disque quantité de morceau dans la même optique, comme la division Big Dada pour Ninja Tune. On insistera encore sur la beauté du morceau de Picore et Oddateee, décidément magique, avec sa nappe toute en montée qui rappelle dälek dans ses meilleurs ébats industriels tout en attendant patiemment la suite de l'hélium du peuple qui devrait arriver en 2011. Belle surprise que K The I ??? qui pose sa voix sur un morceau de Kaly Live dub, dans un flow toujours aux limites de l'acceptable, mais toujours aussi novateur. Hip hop aux gros beats, qu'eux appellent abstract dans leur volonté de se différencier du reste de la scène, mais qui est une version moderne des dernières tendances grime ou dubstep avec flow accolé par dessus. Du déchet sur le morceau avec John Morrisson (n'est pas Roots Manuva qui veut) et sur l'inédit de Senbeï rapidement irritants. Un point positif pour l'initiative et pour le tracklisting plutôt complet. Ils attendent votre coup de pouce pour les sortir des galères financières. (jarring Effect)
Fowatile - Fowatile EP
A l'heure où Madlib en découd avec son challenge d'un disque par mois, et continue dans sa version open source du beat, en les faisant se multiplier comme l'ami le faisait avec les pains, d'autres s'essayent à des voies alternatives pour faire sonner leur hip hop. C'est le cas de ce premier EP de Fowatile, qui s'engouffre dans une voie d'un hip hop moderne, acceptant les influences initiales pour ranger le sampleur au placard. Une session purement live, sans aucune séquences ni préenregistrement, à base de beats de claviers et de batterie électroniques. Du coup on à droit à des kick spatiaux et complétement arythmiques, entre handclaps fédérateurs et envolées mélodiques sur fond d'effets abstract surréalistes. Vocalement, Fowatile navigue entre le très bon (Conglomerate a un gros feeling nous rappelant le Roots Manuva des maisons) et le moins inspiré surtout dans les refrains soulful un peu en trop (Beatyful girl). Du coup Fowatile nous emmène bien loin de la galaxie des malaxeurs de cire que peuvent être les amis de chez Stonesthrow et s'intéressent plus à l'aspect dévastateur des beats, aux possibilités de la composition directe et à la fraicheur de la rencontre de plusieurs cerveaux connectés par cette modernité. Les programmations de batterie sont parfois très étranges (Coca holla) et se posent en contrepoids complet de beats qui raclent et sentent la fumée. Fowatile signe leur manifeste en choisissant leur camps, plus Flying Lotus que Mf Doom, plus Ninja Tunes/Warp que Stonesthrow. Pour le bon comme pour le mauvais finalement. Pour le plus inspiré comme pour le plus embarrassant.
mardi 25 janvier 2011
SENSATIONAL MEETS KOYXEN- S/T

Skam n'en est pas à son coup d'essai en hip hop, on se souviendra de Shadow Huntaz, formation trop peu connu, mais de manière plus large aussi les emblèmes du label comme Gescom ou Boards Of Canada, pour lesquelles le hip hop fut (et reste probablement) une part importante de la construction sonore caratérisant leurs sorties -on en profite pour croiser les doigts quant à un nouvel album de BoC, mais ceci est une autre histoire. Second volet d'une rencontre entamé sur Wordsound (Sensational meets Kouhei) 4 ans plus tôt, ce second opus vient conclure une année riche en sortie pour le Japonais avec les 3 disques sorties sur Important plus tôt ( et nous faisant prendre conscience que Mr Matsunaga est désormais présent sur les plus prestigieux label de musiques exientes: Raster Noton, Important, Skam, WordSound, Mille Plateaux...). Ce deuxième volet de la rencontre sur disque entre Sensational et Kouhei parait s'inscrire dans la logique des plus récents travaux de Colin Julius Bobb, soit un hip hop plus funky, plus élastique, moins glauque et lourd que par le passé. On pense notamment à Acid & Bass. Sur le 5ème morceau, le semblant de refrain fait même penser au Funkee Homosapien, on est loin de la conception du minimalisme malade et baveux du Freak Styler sur ses premiers jets. On est quand même jamais chez Outkast pour autant: ici la voix part dans tous les sens, joue des effets comme l'écho et la stéréo, murmure dans l'oreille de l'auditeur avec ses cordes vocales totalement arrachées par le crack, caractéristique première et immuable de Bobb. Et ce n'est pas Mastunaga qui va offrir un écrin défendable sur MTV avec cette collaboration. Plus concret que certains de ses récents travaux partagés avec Vainio et Booth, ou même de son album solo qui pouvait parfois s'éloigner dans des digressions bruitistes pures, Koyxen signe une partition lourde et agressive. Mais avec toute la saleté déployé avec amour du bruit bien fait, le constat demeure inchangé: ce second opus à ce petit "je ne sais quoi" qui le rend (très) sensiblement moins hermétique que son prédécesseur. "GH" a des allures de battle attrapé en pleine rue et repasser dans un sampler branché à un cable poussiéreux. "SenKyx_st denis paris" semble avoir été enregistré dans la capitale française, probablement dans une piaule d'hôtel pendant la dernière tournée commune, et pendant que Sensational éructe 2-3 trucs, Kouhei esquisse rapidement un beat avec couinement digitaux en bonus. L'avant dernier morceau, qui voit Black Chameleon et D s'inviter sur le morceau, s'enfonce dans un périple électronique fait d'une saturation parasite éreintante alors que le beat ou la ligne de basse ne cesse de battre inlassablement sur le même motif. On reste ici dans la musique qui ne plait qu'à peu. Le morceau final a des allures de cavalcade de séquenceur, comme un segment de Quaristice échappé de sa session d'origine et remodeler par un vieux lascar armé d'un micro. On aurait aimé un peu plus, mais la durée se veut aussi austère que la production et la pochette- et on appréciera le retour du sticker en braille.
lundi 24 janvier 2011
Les chemins de la liberté de Peter Weir

dimanche 23 janvier 2011
The Green Hornet de Michel Gondry

jeudi 20 janvier 2011
Kito Sounds #3 (CKK012)
Opulence. En voilà une jolie sortie. C'est d'ailleurs pas évident de raconter quelques trucs dessus en étant bref. Voici le troisième volume de Kito Sounds. On connait l'importance de ces compilations pour le label Chez Kito kat. Elles marquent en quelque sorte des points d'étape entre les différentes sorties. C'est aussi un bon moyen de mettre en exergue l'esprit de la structure : amitié, rencontres, coups de cœur. C'est aussi le moment de faire le point sur des directions artistiques, d'intégrer des petits nouveaux qui n'ont pas encore la matière de sortir un ep ou un disque. C'est aussi une plaque de rencontre géographique, qui permet de naviguer entre le Québec, Metz, le luxembourg... Et c'est finalement un moyen pour certains des artisans de la structure de lâcher des morceaux composés en partenariat, des inédits, voire des projets éphémères. Pour la troisième édition de ces compilations, on à droit à un double disque, et plus de deux heures de musique. Deux disques qui marquent une rupture entre les deux amours et les deux fascinations du label:l'aspect rock/folk/pop et le côté plus axé sur les machines. Du coup, deux disques, nommés sobrement Words et Sounds, qui permettent de marquer une première division au sein même de la compilation. Au Mastering, l'ami Kaliayev, qui couronne l'activité amicale et bon enfant du tout, en devenant un des artisans des Kito. Et vu le côté perfectionniste du Monsieur, c'est tout vu, on lui tire son chapeau. L'emballage suit toujours la règle d'or du fait maison, avec les coutures de rigueur, avec un rendu toujours aussi intéressant (Honte à vous les Twin pricks et votre originalité). Côté Words, beaucoup de belles surprises. La première c'est ce morceau purement hip hop avec une instru céleste que se farcit Dog Bless you, et un flow inspiré d'un poto du quebec (pour l'anecdote, un collègue d'un ancien Dead for a minute, avec qui l'un des kito buvait des bières en regardant le hockey, avant d'apprendre que le monsieur rappait quand il ne regardait pas ce sport national). La deuxième c'est Salima, l'une des trois Kito qui prend son envol et son assurance et se retrouve en featurings sur pas mal de morceaux. C'est tout d'abord la voix de Beat for Sale, le trio made in Kito qui va bientôt sortir son premier EP. Les prestations live de Beat for sale ayant apparemment été une grande réussite, dans leur kraut électro post suicide motorique ultra efficace et qui sent le tube à plein nez sur tout ce que j'ai entendu, la demoiselle assume de plus en plus sa voix et son flow, avec raison. Beat for Sale livre un on the road entrainant et basique (bouffe bouffe bouffe mon beat, ya que ca qui t'excite). Elle chante aussi en présence de No drum no moog, ce backing band pour la tournée de Twin pricks qui livre une musique bien plus robotique que ce à quoi on pouvait s'attendre (va savoir pourquoi). Et dernière surprise, on la retrouve aussi sur ce tout nouveau morceau de Kaliayev, nouvelle perle d'une rare douceur, morceau à tiroirs d'une rare efficacité qui conjugue phrasés hip hop et arpèges cristallins, sur des changements rythmiques et des mélodies sucrées à tomber. Words c'est aussi un nouveau morceau de Twin pricks, que l'on connaissait déjà par vidéos interposés, à strasbourg dans le tramway comme ailleurs j'imagine, ou alors sur scène pour ceux qui les ont vu, mais encore dans votre jardin. Un joli morceau qui laisse la part belle à la voix de Dr Geo, sur une boite à rythmes rappelant a better view, et encore une fois ce sens du tube qui cloue le bec. Des morceaux que l'on chante au bout de la première écoute, il y en a peu. Dr Geo, on le retrouve aussi en solo, et lui aussi va aussi sortir un EP dans l'année. Toujours dans cette recherche des effets, des superpositions de couches, il nous livre un morceau encore une fois à la Thom Yorke version lonesome cowboy. Côté retrouvailles, c'est aussi le retour d'Alone with king kong avec un nouveau morceau, toujours aussi évident, comme s'il chantait dans ton salon. Un spleen et une mélancolie enfantine, et des accords immédiats. Sug(r)cane et diaporama sont aussi là, l'un dans la suite de son ep l'autre dans la continuation de son electronica romancée et raffinée chantée en français (j'ai plus de mal avec ce projet). Côté nouveautés, on nous introduit les skans, les jeunes strokes messins pour faire putassier mais pourtant tellement vrai. Bienvenue aussi à Ori, et son spleen à la New order première période, entre Ceremony et truth, d'une rare justesse. Bienvenue aussi à hAll, les squatteurs d'un bar messin (copyright DBY), dans un morceau non identifié, qui commence lentement en égrainant quelques arpèges pour susurrer insidieusement un malaise palpable dans une musique distordue au mélodisme outrageux. Incompréhensible et rempli de mal être, un malaise mélodique raffiné comme on pouvait retrouver sur le split de l'Austrasian Goat avec l'Acephale. Ce morceau va me hanter pendant un bon bout de temps. Niandra Lades est égal à lui même, dans une envolée lyrique habituelle du groupe qui rappelle le dernier album du chapelier fou avec une voix à la Billy Corgan, sans savoir pourquoi j'associe les deux. Pour clore la première face, RV Mell nous invite au recueillement dans une sorte de rock filmesque bourré de samples cinématographiques, et n'évite pas le rapprochement avec Microfilm, et c'est tant mieux pour eux.
L'opulence sera de rigueur aussi sur le deuxième disque, sounds, qui lui fait la part belle aux musiques électroniques de tous bords. Les chouchous de Komparce (Dog Bless you+ Mr Bios) entament la compil sur le parc, et pousse les possibilités du duo vers un nouvel horizon rempli de claviers, en livrant une douce version electronica cosmique où les mélodies se superposent sans jamais s'entrechoquer. Raffiné, tout comme le nouveau morceau de Dog Bless you beaucoup plus feutré, articulé encore autour des claviers grésillant, et d'un beat hommage à toute une frange de la scène hip hop. Quant à cette note de guitare obsédante, je jurerais savoir d'où provient le sample. On mange des briques rouges, et lui aussi nous vend du beat, comme quoi le serpent se mord la queue dans ce morceau endiablé. Je prends les paris sur la qualité du disque à venir, et je réserve mon exemplaire, sachant que le gros chien a une marge de progression ahurissante à chaque nouvelle production. God Bless you, dog. Le troisième projet des deux larrons, c'est Mr Bios donc, qui pose sa carte de visite de responsable de l'aspect lunaire de la musique de Komparce dans une sorte de version de Thriller (je vous jure, le beat) sous LSD. Sonorités sous prozac qui s'entrechoquent et s'envolent comme si Jonas Reinhardt avait le sens du rythme. Sounds c'est aussi cette mélodie bienvenue de Maxime Robin, la partie québécoise du crew qui lamine nos oreilles avec du coton dans une version épique de la musique électronique. Chez les québécois connus, on retrouve E1000 avec un morceau d'une rare intelligence, bourré de différentes parties et qui allie rythmiques déjantés à une ambiance flottante avec une rare maitrise. Du coup, on a du mal à comprendre pourquoi il s'affuble de cette grotesque étiquette dubstep sachant que sa musique n'a rien de putassier et au contraire côtoie les sphères ambiant. J'accroche moins au morceau de Brach, qui fait dans l'electro jazzy avec une ligne de basse un peu encombrante et Artaban pêche un peu sur une production surchargée qui ne rend pas grâce a son parti pris enlevé et sa richesse sonore. Mauvaise surprise en milieu de parcours sur ce délire de Monsieur Beater, prénom kurston qui nous renvoie en pleine gueule les cauchemars dancefloor du samedi soir. Niveau découvertes, on s'attardera sur deux Ovni. Tout d'abord ce morceau drone de Main de givre d'une rare beauté glaciale, rappelant les sorties Touch par la grâce atteinte par les cordes et cette boucle obsédante et minimaliste. Deuxième grande surprise, sur 14:13, possiblement le projet de l'austrasian Goat elle même qui livre une pièce chaotique et pourtant superbement orchestrée où se côtoient quantités de plans différents, entre ambiant contemplative et claviers distordus qui font copuler les doors avec sister ray. Un grand morceau de bravoure, qui en devient obsédant. Une agréable surprise en fin de disque, avec ce morceau de fracture commençant doucement pour se terminer dans une orgie shoegaze magnifiée au son épique. Mention spéciale au morceau de Fleo (c'est encore Dr Geo, j'en suis presque certain) qui triture sa guitare dans un morceau rappelant autant le Neil Young de dead man avec un reverb d'église et une mélodie de comptine pour enfant. Sûr que Ben Chasny est jaloux. On oublie pas Millimetrik, Sample book et son amourette lancinante, Dr Hood qui fait office du fou du roi dans un morceau déjanté et Jeff qui triture ses claviers sur un morceau qui a quelque chose de naïvement terrifiant.
Il y en a pour tout le monde et cette troisième édition marque d'un sceau une grande période créative pour l'une des structures les plus agréables et les plus créatives de l'hexagone. Merci. (Chez Kito Kat).
mercredi 19 janvier 2011
King Cannibal - The Way of the Ninja
King cannibal se rajoute aux vingt ans du label Ninja tune, qui pose sur un disque ce que Ninja Tune avait décidé de ne pas sortir. L'originalité avait primé en essayant de regarder vers l'avant et de privilégier les collaborations inédites plutôt que le best of redite, et King Cannibal décide de rendre hommage à un label qui a forgé ses goûts musicaux. King cannibal livre le mix Ninja Tune. Il recompile ses vinyles, ses disques, ses mp3's et essaye à l'aide de ses machines de créer un mix d'un disque rempli à raz bord (à comprendre 75 minutes de musique) pour créer le best of Ninja Tune made in Cannibal. L'hommage à Jarmusch au passage (facile mais ça fait plaisir) et on est parti pour une heure quinze de musique dansante et futuriste, entre grosses nappes et cut ups anarchiques selons le bon gré du sieur. Pour qui suit le label depuis une paye, le mix est peut être inutile, bien qu'il permette de faire ressurgir certaines gloires du label. Un éclectisme un peu putassier parfois, avec ce besoin de balancer du rock et des guitares, car cela fait aussi partie du label (chouette). Dans l'ensemble, de jolies tranches de bonheur, et encore une fois de très belles pièces qui bénéficient d'un joli traitement et d'un joli agencement. On reconnaît pleins de choses un peu partout, sans que ça vaille le coup de revenir sur chaque passage (le site www.ninjatune.net/thewayoftheninja le fera clairement mieux que moi) et les pièces modernes les plus efficaces sont représentés. Warrior queen est encore là avec ce morceau de The Bug qui me hante decidemment et que je retrouve dernièrement partout (que Stockton revende son maxi et retourne écouter Godflesh, on ne lui en tiendra pas rigeur). L'initiative est carrément fun et bien plus entreprenante qu'un vulgaire best of et Ninja Tune prouve cette année qu'ils ont fêté leurs vingt ans comme il se devait, avec pour ligne directrice la création artistique, les rencontres et les yeux tournés vers le futur. Une jolie rétrospective qui tournera dans votre platine en enchainant claques sur claques et sons gigantesques tout en gardant le côté dancefloor auquel un tel mix aspire. On regrettera quelques passages un peu irritants où certains sons sont gardés de manière itérative pour les besoins du mix. Je vois déjà venir le camarade Damo qui préfère les sessions de King Midas Sound. (Ninja Tune)
samedi 15 janvier 2011
Horse Gives birth to fly - Tried Trails

Plutôt que de vous faire un remake de la Métamorphose de Kafka, ou encore du festin nu de Burroughs, essais qui pourraient décrire l'expérience totale qu'est la musique d'Horse gives birth to fly, on notera ici l'aspect insectoide et rampant de ce tried trails. On avait déjà parlé du combo Montpelliérain dans sa précédente livraison qui lorgnait plus vers une dark ambiant (chronique ici : http://beyondthenoize.blogspot.com/2010/10/horse-gives-birth-to-fly-ouroboros.html). Ici, tried trails est une toute autre sorte de voyage. La version rock du rituel d'HGBTF. Tried trails est du coup beaucoup plus frontal, beaucoup plus noise et surtout beaucoup plus rampant. Il grésille et grimpe et gré des volumes de guitares. Les rythmiques sont massives et s'engorgent dans des roulements de boucles tournoyantes. Tried Trails sont des rasoirs qui tournent et s'envolent, ce sont les lames de l'ensorceleur qu'il lance au dessus de sa tête tout en nous envoûtant. Si le parti pris est complétement différent et montre un autre visage de la musique d'HGBTF, l'objectif reste le même : la transe. Gros point positif que le parti pris sonore écrasant, où les larsens prennent part à la fête pour enrober le corps et le lacérer et où les cordes semblent claquer aussi fort que les coups de semonce que sont les coups sur les peaux. On pourrait être salauds, et vous vendre la chose à coups de gros noms, mais leur musique se passe de comparaison idiotes sur ce tried trails. HGBTF est avant tout le son des tôles froissées qui se rencontrent et qui copulent. Un rituel noise bien à eux, avec une énergie live décuplée. Deux visages pour une même musique prouve que HGBTF a encore beaucoup de choses à explorer, et ses aspirations peuvent partir dans plusieurs directions. On a même droit à quelques vocaux qui accentuent ce côté industriel, incantations grinçantes. On ne va pas se priver aussi d'un artwork (toujours confectionné par Miccam) vraiment magnifique, d'un gris rouillé correspondant bien au son post industriel du combo. Le seul regret finalement, c'est que les morceaux soient si courts. Les différentes explorations gagneraient à être développées sans fin. Touchante expérience totale. (Myspace)
vendredi 14 janvier 2011
Harry Brown de Daniel Barber

mardi 11 janvier 2011
Somewhere de Sofia Coppola

lundi 10 janvier 2011
TORTOISE- Why waste time?

Tortoise continue sa mue, celle qui a commencé dès que le gang de Chicago a un jour graver un morceau sur un sillon, et qui n'a cessé depuis d'être. Why Waste Time a tout de l'ep pirate, parce que sorti uniquement sur un label japonais, parce qu'aucun disquaire digne de ce nom ne peut l'avoir dans son bac à disques, et puis parce qu'il se revend déjà à prix d'or sur le net. Le nec plus ultra de la part d'un groupe qui se revendique de Can, de Dilla, de Sly & Robbie,de Earth (j'en sais rien en fait), des minutemen, qui se fait remixer par Autechre depuis 20 ans, se situe tout de même dans cette pochette qu'on dirait repris d'une cassette de black des années 80, ou d'un dessin non retenu de Savage Pencil: écriture gothique et hémoglobine dégoulinante. Depuis la rétrospective passionnante que le groupe a sorti en 2006, Tortoise semble s'orienter de plus en plus vers une musique où la recherche de la place du clavier au milieu de l'orchestre rock ne cesse de se développer, un peu comme le fait Reznor depuis With Teeth (oooouuuuupssssss!!!!!). Le morceau d'ouverture commence sur un beat qui s'emballe, à la production saturé et aux infrabasses cannibales. Le rythme rappelle que les 5 ont, fut un temps, sorti un disque chez Warp, les nappes congelées emportant avec elles la BaR d'un dub d'une autre époque. La suite a tout de la digression de Kevin Drumm lorsque celui partagea l'affiche avec Tortoise en 2008 pour le festival de Jazz à la Villette, comme un enregistrement échappée de la soirée, tout en s'écroulant sur Gigantes, prodigieux morceau de l'album précédent, remixé par Mark Ernestus devenant ici plus obsédant encore. La musique instrumentale (NIN devrait en prendre de la graine- re-Ooouupsssssssssssss!) de Tortoise vient se terminer sur un medley de séquences plus ramassées, entre le jazz rock et l'électronique décomplexé typique des 5, toujours propulsé par cette improbable science du son et de l'acoustique que McEntire, batteur et producteur du groupe (et non seul membre tyrannique comme Trent- Ooooupsss -ter), continue perpétuellement d'affiner. Sans réellement savoir d'où sortent ces titres (promo, disponibilité....) on se délecte de ces 4 morceaux ( et 3 vidéos, 2 lives et un clip) tout en se rappellant que Mr Maandig devrait s'en inspirer (Oooouupsssssss) !
Yann Tiersen - Dust Lane
Le débat Yann Tiersen est toujours aussi marrant. Il y a ceux qui l'adorent (en majorité ceux qui ont adooooooré la BO d'Amelie Poulain) et trouve sa musique fascinante. Il y a ceux qui le détestent et qui en plus de le trouver pompeux le trouvent mauvais. La vérité se situe quelque part entre les deux. Vérité que je ne prétends pas détenir, étant très peu intéressé par les travaux du bonhomme. En le prenant comme ce qu'il est, une sorte de digestion pop et propre sur elle d'une frange des musiques expérimentales, Yann Tiersen compose parfois de bons disques, des disques qui s'écoutent. Des disques toujours propres sur eux, où jamais l'expérimentation ne semble aller trop loin et où certaines digressions bienvenues sont vite sabordées par une ligne de chant pop vomitive, ou encore des pianos en jouets enjoués. Une musique loin d'être fondamentale, et qui se passe surtout de la moindre intellectualisation, mais qui arrive quand même à vivre par elle même, au travers de jolies pièces. Ces pièces sont d'ailleurs les seules qui survivent au temps, car lorsque Tiersen amasse les pistes et superpose les influences et les instruments, sa production synthétique semble dégueuler de manière insipide et surtout irritante. Yann Tiersen devrait se contenter de la simplicité, et de ne pas vouloir être un compositeur expérimental pour personnes qui n'écoutent pas de musique expérimentale. A chacun son public en quelque sorte. Pourtant Dust Lane éveillait la curiosité, tout d'abord avec ce maxi Palestine en guise de lame de fond sonore, ou Yann Tiersen semblait capable de s'entourer de musiciens variés et modernes : chapelier fou, matt eliott qui exhumait third eye foundation, oktopus de dälek (qui semble définitivement trouver un nouveau terrain de jeu avec la production de musiques plus pop). Palestine est clairement la meilleure pièce de cet album. Une pièce simple et bien écrite, qui avance en scandant ces quelques lettres et qui fait mouche par la rondeur et la chaleur de ces mélodies bien écrites. Ensuite, la piste titre rappelle les mêmes ambiances et monte peu à peu en puissance (pour finir de manière assez cacophonique d'ailleurs, entre étirement de samplers et brouhaha vocal superposé, où l'on distingue des cymbales dans ce méli mélo musical) dans une veine toujours très distinguée. Dust Lane pourrait faire mouche, si c'était un disque de folk. Dust Lane pourrait faire mouche si la globalité du disque n'était pas cannibalisée par des influences non assumées (Dark Stuff donne la sensation que Matt Elliott habite le morceau, confirmation?) et indigestes. Pourtant, au sein des morceaux, des passages font mouche, de part leur simplicité et leur capacité à aller au grain, sans déborder de manière putassière. Chaque morceau présente son heure de gloire, mais yann Tiersen veut trop en faire. Dust Lane est bourré à craquer, dans ses pourtant courts trois quarts d'heure qui sont parfois imbuvables. Dust Lane est le disque qui exprime clairement le problème de la musique de Tiersen. Pompeuse, avec l'effet de trop, mais qui pourrait pourtant être si jolie si elle aller à l'essentiel. Rabattez vous sur le maxi de Palestine, qui en vaut clairement la peine. (Mute)
dimanche 9 janvier 2011
Stateless - Ariel EP
Derrière cette pochette rose se cache un bonbon d'accueil d'hôtel. Ces bonbons petits aux goûts indéterminés, entre menthe, eucalyptus et fraise qui sont aussi insipides que le sourire du réceptionniste. La version album commence plutôt bien, avec ces rythmes ethniques et les sonorités lourdes qui se rajoutent peu à peu, kick pattern sur cette mélodie orientalisante. L'entrée de la voix est même salvatrice, vu qu'elle échappe aux possibles écueils du genre. On tient un tube, certainement. Malheureusement Stateless le saccage. Le refrain est insupportable, aigu et plaintif, sur une sonorité dubstep domino. On rajoute à cela un programmateur qui s'amuse avec sa Roland, et le pattern du haut (vous savez, ce pattern qui fait du bruit lorsque vous passez la main au dessus, kikoo loool), dans un but inconnu. Un joli emballage pourtant, ravagé par le manque de concision. On passe sur le premier remix, qui lui aussi s'est payé une Roland récemment, et qui a le mérite d'être court. Dark Sky lui donne un nouveau souffle au morceau en emballant un peu le tempo et en lui donnant des allures de teuf jungle, rendant les harmonies vocales complétement en trop, et finalement insupportables au bout de six minutes. Le morceau a pourtant un corps dancefloor un peu tuning qui pourrait largement plaire aux fans de Makina et autre gaietés espagnoles (et oui, on se cultive comme on peut à l'étranger).Deuxième long remix pour Midland's inflight, qui donne une saveure particulière au morceau. On oscille entre une house minimale et une electronica onirique, quelque part entre les différents travaux de four tet, comme si pause avait copulé avec le dernier disque (recommandé d'ailleurs). On se prend au jeu et ce morceau labyrinthique relève à lui tout seul le niveau du maxi, et donne une vie à ce morceau. (Ninja Tune).
samedi 8 janvier 2011
Bang on! - Hands High
Avec un nom pareil, et une pochette sortie tout droit du Looking for Eric, on ne peut pas se tromper sur la marchandise. Des bons britons d'une banlieue industrielle en friche qui ont la bougeotte. J'aurais imaginé des types rasés qui apprécient par dessus tout la bière amère (plus c'est chaud, meilleur c'est) se buvant en fiole, et qui l'urinent le samedi au stade sur les bourgeois se payant des places bien chères à côté du terrain, pour voir le Liverpool animer les foules. Hands high est sa déclaration de guerre grime, brulot dubstep qui claque qui rappelle la dernière mouture d'High Tone sur l'instrumental, tout en mélodies saillantes et rebondissantes. Au niveau du flow, typique de cette nouvelle vague hip hop encore mal identifiée, proche d'un roots manuva qui aurait avalé de travers (sa bière, vous suivez bien). La vie à Liverpool a l'air d'être un enfer. Fut un temps où la révolte était Public Enemy, voire boogie down production, et je serais pas étonné que ces nouvelles productions sonnent l'avènement d'une nouvelle vague. L'époque est différente, les armes aussi. Gros tube malgré les clichés. (big dada)
vendredi 7 janvier 2011
Zeitkratzer - Alvin Lucier
Suite à la magie que recélait l'hommage à Whitehouse, l'interêt porté sur les musiciens et leur catalogue s'est accru. Il sembleraient que leurs travaux hommages s'articulent autour de deux principales branches. L'une des deux est un travail sur certains compositeurs ayant repoussé les limites du son et de la composition, dans une veine dite ''old school''. On englobera les travaux en hommage à James tenney et John Cage, en attendant les sorties sur Morton Feldman et Stockhausen. Ici, Alvin Lucier est au centre des débats. Lucier est un physicien de la musique minimaliste, et a crée une des approches les plus modernes de la musique en déviant du propos originel et en étudiant l'impact des sons sur un espace, mais aussi de l'espace sur le son. Les cinq pièces que nous propose ce disque ont été travaillées live avec la participation d'alvin Lucier lui même qui permet au Zeitkratzer de jouer avec ses propres concepts. Des répétitions de sons, de longs drones, des pianos dissonants et des instruments qui dévient de leur propre création originelle pour user l'auditeur et apporter un impact physique. Pas étonnant que Zeitkratzer s'intéressent aussi aux déviances industrielles qui sont en quelque sorte l'héritage de la musique de Lucier, dans la recherche continuelle d'une transe et surtout du son comme vecteur. Difficile de ne pas théoriser la musique d'Alvin Lucier pour pouvoir en comprendre les tenants et les aboutissants, vu qu'il repousse la vision que nous avons d'une composition musicale. La musique de Lucier vit et revit à travers l'agencement et la disposition des instruments, et leur manière d'interragir. Une étude sur les tempi, sur les arythmies, sur les dissonances, sur les accords et sur la façon dont plusieurs instruments (voire objets) peuvent vivre différents lorsqu'ils sont en présence l'un de l'autre. L'acoustique devient le point central du travail de cet hommage, avec la façon dont un instrument peut réagit à l'introduction d'un nouvel objet et ce dans une pièce qui permet au son de vivre. Douces sonorités religieuses et mantras à la Charlemagne Palestine se mélangent à assauts plus dissonants et volontairement désagréables. On entend quelques éternuements qui donnent à la prestation live des allures de messe. L'interêt des covers prend tout son sens avec Alvin Lucier, qui conceptualisait d'abord sa musique avant d'en créer l'essence. Elle peut donc être soumise à différentes interprétations (dans un pur respect des normes initiales) et se transformer au gré des endroits et des musiciens. Une base fondamentale pour un grand nombre de musiciens plus modernes et de musiques moins exigeantes, notamment le dub (voué à perpétuer une tradition de remix) mais aussi la discographie de Coil qui pousse la composition dans ses retranchements les plus bruts avec le choix de pièces non figées. Analogie qui est loin de paraître incongrue aux vues de ces longs drones inhumains et qui s'auto alimentent rappelant les travaux minutieux de Time Machine. Au final, divers travaux sont ici présentés, qui essayent de synthétiser les différentes expérimentations d'Alvin Lucier, entre compositions strictes et pièces plus libres. Un joli travail de titan encore une fois, qui a inspiré un grand nombre de musiques modernes. On songe alors (pour faire putassier) au DVD de neurosis pour A sun that never sets qui serait une tentative foirée d'occuper justement l'espace différemment grâce à leurs compositions et à la géographie. (Zeitkratzer)