vendredi 27 février 2009

Portishead - Third

Tout a été largement dit et redit sur ce disque, buzz, pas buzz, déception, convainquant. En parler est juste un respect pour nos lecteurs (qui a dit lesquels?), vu qu'il se situe en tête de nos classements de l'an dernier. Cherchez le trip hop, vous le trouverez pas. Cherchez ces ambiances jazzy enfumées, cherchez ces beats sexuels, il n'y sont pas.
Third est différent, pas forcément moins accessible, portishead a toujours cette patte mélodieuse propre à eux, mais jouent beaucoup moins propre sur eux. J'ai peu de mots clés, mes chroniques tournent souvent autour des mêmes, c'est le moment de ressortir mon favori: angoisse. Third est le disque le plus angoissé de portishead, le plus urgent, clinique, froid dans les émotions. Beth gibbons y livre une prestation vocale habitée, proche de la rupture, des larmes, de la peur incontrolée. Le tout sur des ambiances musicales aux confins d'une électronique industrielle, où samples de fin du monde (machine gun, le single) se mélangent a des guitares menaçantes. La rythmique délaisse les ambiances hip hop pour quelque chose de plus martial, jouant sur la répétition sortie droit de la hype krautrock. On a même droit à une pause au ukulélé en milieu d'album (deep water), sorte de comptine qui passe inaperçue mais déleste un peu du poids de l'album, rugueux. Ruguosité accentuée sur une fin d'album en chapeau de roue, où les moments de bravoure s'enchainent (small et son final psychédélique). Portishead revient plus de dix ans aprés son live a roseland, sorte de manifeste et de conclusion au trip hop. Ce n'est plus le même groupe, rien ne sert de reformer des moments contextuels de l'art. Dix ans pour penser sans penser à sa musique. Le groupe aurait pu revenir avec un autre nom, ce retour aurait été encore plus flamboyant. Indispensable.

Snowman - The horse, the rat and the swan

Aux vues du buzz revival 80, no wave, post punk, et des groupes avec lesquels ces gaziers là ont tourné (Liars, Interpol), on était pas rassurés, ou du moins interessés. Gardez vous le!
Alors maintenant vient le fameux contraste, "et ben non, ce disque vaut le coup, on avait tort!". C'est un peu ça, pourtant il y a quelque chose dedans de facile, de téléphoné, comme si sommeillait dans ce groupe la facilité latente, comme s'ils n'étaient pas loin de surfer sur quelque chose de consensuel.
Au delà de cette apparence, Snowman se situe au dessus, ou un peu à part de toute cette masse de groupes n'ayant pas degurgité leur passion pour ces années fastes de découvertes chimiques et d'expérimentations sonores. Quelque chose de malsain couvre tous ces morceaux, quelque chose de trés Swans (le mot est laché), quelque chose de répugnant et malade. Snowman ne se contente pas de quelques mélodies cristallines sur une rythmique qui tappe, Snowman déconstruit ses morceaux et joue avec les montées et descentes. Rage contenue, rampante, aidée par la diversité des instruments pour l'exprimer. Il y a quelque chose de pourri dans ce disque. Une rupture stylistique nette, ecorchée et pourtant largement belle, parfois tribale (on pense à Savage republic) ou parfois théatrale (Bauhaus, Christian Death, And also the trees sur la conclusion). Suffisament court pour ne pas lasser, pour ne pas déborder, pour laisser couler la rage de manière fluide, pour utiliser à bon escient les différents registres touchés, Snowman livre un essai convainquant, encore un peu proche de ses influences, mais soutenu par une prod épique dans le riffing (the horse part 1 et 2) et assez distordue pour rehausser les passages dejantés. On attend la suite.

jeudi 26 février 2009

DÄLEK- Gutter tactics


Eloquente fusion entre le passé bruyant d'absence et l'accalmie déprimante du language abandonné, le duo du New Jersey revient donc avec ce nouvel album qui avait été envisagé par Oktopus comme "black sabbath meets early TG". Ce gutter tactics pourrait être vu comme l'union logique des deux précéents opus du groupe, sauf qu'à mon sens, il dispose d'autre chose. Ce nouveau disque est probablement l'album le plus hip hop du groupe depuis "from filthy tongue..." c'est à dire depuis des lustres. Précédemment, le groupe avait poussé jusqu'à un paroxysme de brutalité sonique la violence du son pour finalement aller plus en profondeur dans le sens de sa musique, allant droit à l'introspection que le silence du MC pouvait laisser alors prendre forme. En un mot comme en cent, Dälek est revenu vers plus de concision, si bien que ce disque passe le temps d'un claquement de doigts, pourtant frolant les 50 minutes. Je me rappel avoir lu après leur passage au batofar une chronique où le rédacteur parlait d'un batofar qui semblait se concasser de l'intérieur dûe aux coups de boutoirs industriels du duo. Gutter tactics sera l'enfoncement du clou fatal, car la formation pousse ici sa formule dans une étonnante configuration. Les morceaux cuvée 2009 semblent bénéficier de l'accalmie précédente (exit les gimmicks "samples de cors"), pourtant il est évident qu'au bout des trois gros quarts d'heure que dure le disque, on en ressort le cerveau compressé. Gutter tactic est peut être le disque le plus bruyant du duo, bien plus lourd, pesant dans ses sonorités que ce que la formation américaine nous avait habitué jusque là. La péniche ne se concasse plus, elle a tout bonnement coulé. Les multiples couches de sons empilés (en plus de la voix, ici réel instrument de terreur démultiplié jusqu'a l'impression d'être face à une armée complète) par Oktopus sont sourdes, sournoises même. L'impression d'être pris dans une piège sonore, l'impossibilité d'en sortir. Mieux encore, au coeur de cet album résonne le morceau le plus industriel (rythmé) que le groupe ait jamais produit, l'impressionnant "los macheteros", qui est en fait qu'un simple appel avant le final de l'apocalypse, "atypical stereotype" qui ressemble plus à une énorme couche de bave metallique vous passant dessus. Puisqu'on parle bien de hip hop, outre cette concision tout fraîche, c'est à travers l'étonnant "2012" que Will et Alap signent un grand morceau de hip hop classique, une sorte de RZA-like version traumatisé. Sans oublier le visuel où tags en tout genre viennent se terrer derrière le visuel de Romano. Réussite totale, inutil de préciser, même si les deux compères ont visiblement déja une idée de la suite, conférant à ce disque un arrière gôut de transition. En attendant mieux?

MELVINS- Melvins VS Minneapolis


AmRep reprend du service, et même s'il se pourrait bien que ça ne soit qu'en vue de publications d'éditions limités, il est toujours bon de voir un label de qualité se remettre sur les rails.

Edition limité, donc pour ce triple CD live des Melvins. Un cd gavé de concerts en MP3, on passera dessus, et surtout, deux galettes de deux shows complets. Le premier CD, plus vieux (2004) parait plus experimental que l'autre. Les Melvins jouent encore avec l'ultra malsain Rutmanis, et les morceaux sont issus de Hostile ambient takeover entre autre, et d'autres morceaux de l'ère ipecac pré-Big Biz, sans oublier les passages classiques (night goat etc...). Ce premier concert est plus spécial, les morceaux sont plus longs, là où le second disque est plus concis, ressemble plus à une compil de tubes melvins-iens; datant de 2006, juste avant l'intronisation du duo en rab', et probablement avec David Scott Stone et Dunn en première ligne. La fin du second disque offre un réhaussement de la qualité sonore avec un segment de Lysol plutôt bien exécuté. Bel objet, collector, avec un son pas toujours excellent. En gros, pour acharnés uniquement, ou spéculateurs.

A noter que le visuel présenté ici est celui du second pressage limité a 333 exemplaires. Le visuel du premier pressage était plus rose/or/turquoise.

mercredi 25 février 2009

Coil - The new Backwards

Visiblement il y a une longue histoire derrière ces bandes, projet avorté d'un coil pré Ape of Napples, qui ne pensait jamais voir le jour. Et pourtant, Christopherson ressort des vieilles bandes et nous livre encore un album posthume à John Balance. Toujours dans cette suite d'albums plus aériens, plus aérés aussi, méditatifs, aux confins de l'electronique malsaine et des ambiances plus ethérées. En prime, la voix du mort se pose sur tous les morceaux, et colle parfois etrangement bien à l'ambiance totale. Alors ce n'est pas la première fois qu'on entend chanter un mort sur des nouveaux morceaux mais cette fois ci l'ambiance prend avec Coil. Les morceaux sont libérés, entre ambiances samplées un peu tordues, rythmiques et orgues mortuaires. The new backwards est loin d'être la meilleure livraison de Coil mais de part son statut d'album voué à ne jamais paraitre, et du contexte dans lequel christopherson le sort, la sauce prend. On se mettrait presque à rêver de live avec une présence holographique de Balance, en maître de cérémonie pour défendre une discographie toujours plus fascinante, innovante et à part dans un monde musical. La musique hybride de Coil est un langage, une expression electronique aux sonorités agressives qui apaisent, où l'utilisation de samples à priori moches créent une beauté mélodique hors du commun à l'ambiance lunaire.

mercredi 18 février 2009

Religious knives - It's after dark

T'imagines les doors sans LSD? En 2008? Crades? Malodorants? Pas besoin, tu les as içi. En quelque sorte ce it's after dark c'est un peu ça. Un manifeste psyché toujours en mouvement, qui s'appuie sur l'ítération pour créer la transe, avec un clavier distordu. Sorte de jam dronesque, avec une forte odeur de 70's, proche finalement du dernier Oneida en date. Alors on adhère forcément à cette ambiance prenante, sur des vocaux qui n'en sont pas vraiment (ça vous rapelle rien?), guidés par une basse ronde (OM).
En plus ça sent la rue, la crasse citadine, la cour des miracles.
Pour couronner le tout, Religious knives nous livre un aspect plus intimiste, limite mortuaire, toujours transcendant. Gros potentiel processionaire pour ce groupe donc, qui hérite d'une tradition psyché tout comme drone pour créer son hypnose. Beau manifeste de digestion moderne, et ça prend.

Programme - L'enfer tiède

On a raison de faire ce qu'on fait de penser ce qu'on pense d'être ce qu'on est de continuer dans le même sens. Ça c'est la société. Cet enfer tiède. Vaguement nauséabond, où pullulent les névroses. Le cri d'une génération. La mienne, la tienne. Génération de ratés, qui marquent leur page d'histoire. Le choix, qui prend à la gorge, qui rend fou. Pourtant cet enfer tiède est dans ta tête, il ne s'exprime pas, sauf içi. Un endroit où tu souffres, mais sans vraiment la ressentir. Un endroit où tu souffres, pas physiquement et oú malgré cette souffrance sans saveur la rue continue.
Chronique de l'âme sur sonorités angoissantes, suffoquantes, le masque tombe. L'enfer tiède c'est un peu ton quotidien, le mien, le sien, le notre, une tranche d'égoisme tout sauf grandiloquant, de réalisme cinglant, de poésie sale, de haine retenue, de desespoir cathartique. Pas vraiment d'ailleurs, car aprés l'enfer tiède, il n'y a rien de plus, aucun espoir, aucune sortie. Il fait froid, mais tu as chaud. Reflexions inutiles, égocentriques et pourtant tellement poignantes. A travers les méandres d'une production qui racle, d'un ton acerbe l'enfer tiède s'immisce un peu plus en nous, comme le journal de notre génération. Michniak se met à poil, mais nous deshabille tous, et crée la peur en nous. Pourtant même la peur ne se ressent pas, elle s'exprime à travers les névroses. Responsabilité partagée, sorte de leg communautaire moderne. Voila ce qu'on laissera aux générations suivantes: cet enfer tiède. D'ailleurs c'est pas la peine de s'énerver, ce à quoi on va arriver c'est se briser les os. Puis même les sentiments positifs n'en sont pas réellement, ils ne sont que la partie emergée de l'iceberg. C'est bien.
Alors ou t'acceptes, ou tu fermes ta gueule, mais dans tous les cas tu seras seul.
L'enfer tiède, société moderne, illusoire, qui crée elle même les propres conditions de son échec. Puis toute façon c'est aussi le seul moyen de nous tenir en laisse, que l'on ne ressente plus rien.
Vous pouvez chialer.

Subheim - Approach

Je vous avais parlé de Biosphere recemment, et de ce côté anciennement electro qui a viré à l'ambiant. C'est peut être d'ailleurs pour ça que ce Subheim m'a autant touché. Similarité avec substrata, même s'il peut en être loin, sorte d'ambiant croisé à l'electro avec des touches néoclassiques, Approach fait figure d'un disque qui ne repousse aucune limite du genre: ambiances contemplatives crées à base de nappes, de notes de piano parcimonieuses, ou de violons. Pourtant son évolution, le parti pris d'un disque qui se dévoile sur la durée fait de lui un excellent moment. Diverses teintes sont developpées et les beats electro sont sagement agencés, assez aqueux ans la manière de se déployer. On navigue entre ambiance naturelle et ambiance post guerre. Toujours entre ces eaux, le navire fait même écho a du Dead can dance lorsque les ambiances heavenly prennent le dessus (c'est peut être cela que j'apellais néoclassique tout compte fait). En retenu, le disque se livre petit à petit, largement acessible de part la beauté de ses textures et la grâce de certaines mélodies. Trés recommandable.

Have a nice life - Deathconsciousness

Le genre d'objets assez discret, tellement que bon, on passe facilement à côté. Et c'est un tort, parceque ce disque vaut largement toutes les productions rocks/revival/post punk que l'on nous chiade recemment. Sans grande originalité dans la forme, vu que certains canons et ambiances sont reprises, Have a nice life gagne dans la densité de ses ambiances, de son son et de sa façon d'accoler les plans.
Sur un début typiquement post rock, apaisé, aérien et dubitatif, à l'ambiance onirique, le groupe s'envole rapidement dans des sphères un brin psyché (bardo pond n'est pas tout le temps loin), mais surtout trés cotonneuses dans la façon d'aborder son rock, machinal dans les rythmiques. Have a nice life joue même avec ses différentes influences, livre un morceau a la mélodie proche de darkthrone (Waiting to black metal records to come in the mail), et balance avec ironie au post rock moderne des envolées qui ne s'envolent pas, mais qui ne retombe pas. Et ce qui maintient en haleine tout le long du disque, entre différentes mélodies post punk simples et efficaces, ou riffs plus rock n roll, c'est la qualité du son, complétement vaporeux, malade et fatigué. Quant à la voix, proche des canons rock modernes à certains moments (donc pas mal d'effets dans certains morceaux), elle arrive a atteindre certains sommets emotionnels (telephony). Là ou le shoegaze, l'indie, le post punk sont victimes d'une surmediatisation et de reprises de canons, have a nice life arrive à s'en écarter pour livrer un disque à l'ambiance personnelle et sufisament depressive pour tous vos potes gothiques.

dimanche 15 février 2009

NHK-nhk


Jeux de pistes, quand tu nous tient. Cette fois-ci on parle de Kouhei, qu'on avait déja évoqué (où? Quand?) il y'à quelques mois, qui nous revient par le biais de Raster Noton, et accompagné de Toshio Munehiro sous l'appelation NHK. Les deux faces de ce 12" soigné ne tournent pas à la même vitesse mais offre une musique dont la rigueur rappelera sans grande surprise les autres sorties du label, la distortion en plus. L'électronique du duo est ici maltraitée, gonflée en distortions omniprésentes mais légères. Minimale par essence, les 6 compositions se contentent donc du minimum syndicale en terme de source sonore. Des crissements digitaux, salis; absence quasi malsaine de mélodie ou de quoi que ce soit d'autre qu'un quelconque élément rythmique. Néanmoins, les plages ne sont pas de longues pièces rigoureusement obstinées comme on peut trouver chez Byetone, collègue de label-pour n'en citer qu'un. Bien que ramassées, elles sont traversées de multiples accidents, évolutions sonores, progressions et déconstructions. On n'en attendait pas moins du Japonais qui bien que rare, n'offre que des pépites.

jeudi 5 février 2009

K-THE-I??? - yesterday, today & tomorrow


Ce qui n'apparait pas sur la pochette de ce disque tel quel, c'est l'autre coté qui nous montre Thavius Beck faire la prise de son de K the I en train de gueuler dans le mégaphone. Et Thav produit le disque, tout simplement, dans son intégralité. Son savoir faire mis au service d'un compère pour tout un album, ça n'arrive pas tous les jours et même si on pourrait demeurer en attente d'un prochain essai d'Adlib, on se délectera de ce nouvel opus à sa juste valeur. Effet Nine Inch Nails ou pas, le son made in Thavius s'est encore épaissi, à pris de l'embonpoint, est plus lourd que précédemment. L'album s'attaque d'ailleurs dans le beat distordu et opressant sur 400 on the BPM, mise en garde furtive des plages qui suivent... et qui ne se ressemblent pas. L'album sonne très éléctronique, voir digitale. Beats typiques de Beck s'affaissant sous le poids des claviers stellaires. Mais surtout, le beat maker a travaillé ses basses, sourdes, lourdes, abyssales comme jamais auparavant. K the I, puisque c'est son disque ne m'était pas franchement connu, bien que son nom doit figurer en invité sur une bonne poignée de disques hip hop indé de ces dernières années. Son flow se pose aisément sur la structure sonore de Beck, de façon fluide et claire. Sa voix n'est pas sans rappeler celle de Vast AIR de can ox, et est parfois accompagné par l'habituel Subtitle (qui est à Beck ce qu' Aesop est pour El-P), BusDriver ou plus étonnament High Priest, ou Thavius Beck himself (désolé, sa voix me facine!!). Ca faisait longtemps que je n'avais pas aquis un disque signé MUSH, mais cette sortie me conforte que si tout n'est pas indispensable, le label reste un gage de qualité en terme de Hip Hop audacieux. Si ce dernier opus ne restera probablement pas comme une pierre angulaire rapologique, il reste truffé de qualité, notamment via sa rapidité: ici, pas de superflu, tout va à l'essenciel pour un disque ramassé. Vite, le nouveau labwaste se fait attendre!

jeudi 22 janvier 2009

ELECTRIC CONVERSATION- communication


Formation Parisienne, Electric Conversation déploie ici un premier album qui suit un joli et néanmoins discret 12". A l'écoute de l'album, on pourrait rapprocher la musique du quartet de plusieurs écoles musicales, qui finalement peuvent se recouper les unes aux autres. On évoque portishead par-ci (era dummy) ou Madlib et ses potes par là. Et en effet, quelque part entre les yesterday new quintet et un trip hop enraciné dans les 90's, c'est bel et bien un mélange de soul habitée et de jazz muté sur fond d'électronique exigente que la formation exerce sa science du son. Car la force de ce premier long jet, c'est en premier lieu la richesse sonore. Les samples s'entrecroisent, deviennent méconaissables, et entre quelques beats qui vous seront familiers, s'échapera par derrière un jet psychédélique inattendu. Les textures sont riches, fouillés, et les différentes toiles s'entrecroisent pour dresser un tableau unique. On a stipulé "psychédélique", et même si ce n'est pas l'évidence la plus frappante, il est sur que la luxuriance instrumentale s'apparente plus a un jazz rock libéré de tout complexe qu'à une froideur électronique complexe. Une sorte de Boards of Canada réchauffé, un Madlib moins monomaniaque, le résultat n'est pas loin finalement des travaux de Flying Lotus ou du récent Eryka Badu. Bien sur, pour un premier long, quelques maladresses aparaissent ici et là, et l'aspect parfois soul coulé dans le miel le plus sucré peut égarer. La multitude de voix également convié peut dérouter, même si on notera que les alternances de textures offrent une partition vocale riche qui vient finalement soutenir au mieux le squelette musicale. Au croisement de plusieurs visions, et pour une fois loin des lacunes classiques des formations hexagonales, Electric Conversation créent leurs propres critères, une communication qui leur est propre et dont l'évolution ne peut qu'être à surveiller.

BEASTIE BOYS-Polly wog stew EP


Techniquement, cette année, le groupe mythique fête ses 30 ans. Et des groupes qui affichent une forme pareil avec 3 décennies dans les gigots, ça n'est pas si fréquent que ça - pas la peine de venir dresser une liste dans les commentaires. Bref, si le groupe a explosé en 86 avec un album aussi vulgaire que puissant, c'est bien dès 82 que la première trace discographique du groupe se place. Alors composé De John Berry à la guitare (remplacé l'année suivante par Adam horovitz, de son coté chez the young and the useless à cette époque), Michael Diamond au micro, Adam Yauch à la basse et de Kate Schellenbach derrières les peaux de bêtes synthétiques (futur Luscious Jackson), ce quatuor de bonnes famille New Yorkaises délivre avec conviction et maladresse un punk hardcore dans la lignée Minor Threat/ Bad brains. Ca joue rapidement, pas forcément bien, tout est très sommaire, et les paroles à l'image de l'age que pouvait avoir leur auteur à cette époque. Ce petit 7" a été pressé par Ratcage records, qui était avant tout un magasin de disque qui a vu défilé de nombreux groupes de punk dans ses locaux, et qui était la propriété d'un certain David Parsons qui réalisa l'illustration mythique du premier LP des Bad Brains (dont les Beastie Boys étaient de grands fans, voyez la coïncidence des initiales des 2 groupes). Ce disque qui se revend une fortune (qui aurait mis plus de 5$ la dedans en 82??) est disponible sur le "some old bullshit" couplé au second EP du groupe, cookie puss, n'est clairement pas un indispensable. Mais il reste une occasion de parler et célébrer un groupe parmis les plus influents de ces dernières décénnies. Car comme toutes formations, le combo New Yorkais a bien commencé quelque part, et ces quelques titres indélicats posent la base d'une formation qui ne cesse encore aujourd'hui de brasser les courants musicaux sans jamais les enrober de trop de matières grasses tout en continuant de puiser dans ces origines. 8 pièces à la base d'une carrière passionnante car en mouvement permanent, évoluant intelligement et avec respect pour leurs inspirations.

lundi 19 janvier 2009

RYOJI IKEDA - Test Pattern


Ce disque est scellé d'un autocollant qui stipule ceci: "CAUTION! This cd contains specific waveform, impulse and burst data that perform a response test for loudspeakers and headphones. High volume listening of the last track may cause damage to equipment ans eardrums". Sculpteur sonique Japonais, Ikeda expose ses derniers travaux sonores sur ce délicat opus signé chez les gars qui avaient déja sorti alva noto l'an dernier - d'où la ressemblance iconographique, merci de suivre. Partition digitale hautement concentrée, la musique délivrée ici n'a plus grand chose d'humaine, à l'instar encore une fois d'alva noto et s'éloigne encore plus profondément des productions les plus froides des canons de "l'IDM" représenté par les guerriers d'Autechre pour s'éloigner dans le tout à l'égout des cables USB et le flux des connections MIDI les plus complexes et ultra-terrestre. De quelques bruits stridents au départ, le disque se perd dans d'épaisses vagues d'ondes de bleeps éléctroniques, de sonorités auto-oscilliantes, dans des vagues enveloppantes de faux contacts digitaux. Rythmiques minimales, totalement abstraites, faites de sons coupés, jamais la production ne semble se rechauffer, aucun sample, aucun bruit organique ne s'inscruste dans le cortège. La mélodie est elle aussi totalement interdite de séjour, seul le son pur a le droit à la parole ici. Parfois, une distortion surgit, la musique gagne en epaisseur, vos enceintes s'abiment, et votre entourage hurle. Contrat rempli.

samedi 17 janvier 2009

Cpt.beefheart & His Magic Band - Trout Mask Replica

On a tous ce vieux jean que l'on adore. Tout le monde te dit qu'il te va pas, que la coupe est démodée et surtout qu'il fait crade. Ce sale jean que tu aimes tant, que tu serais prêt à mettre tous les jours vu comme tu t'y sens bien. Ce sale jean à la coupe bancale, a moitié dechiré sans l'être, tout râpé et delavé. Le truc insortable. D'ailleurs quand tu mets, personne ne veut t'accompagner.
Ce vieux jean, c'est un peu ce Trout Mask replica. Dejanté, deglingué, sans interêt à priori, tout bancal mais ô combien fascinant et attachant. Ce Dachau blues, ces répétitions (fastn bulbous!), tous ces morceaux dans lesquels l'on se perd, ces mélodies vite oubliées, qui n'en sont pas vraiment, ces cacaphonies apparentes, cette energie proto punk, cette bonne humeur communicative (ouais, les acides..) et puis cet artwork aussi culte que son contenu.
Trout Mask replica n'estpeut êtrepas le meilleur Beefheart (safe as milk estquand même imbattable), il est surement son plus mémorable et son plus grand sommet. Debridé, débile, sans aucunes limites, sans style, sans son, avec la voix rocailleuse du sieur qui se greffe par dessus.
Trout mask replica c'est surement le truc le moins identifié de l'histoire de la musique rock, donc le plus marquant. Essentiel, comme ton sale jean (où est l'endroit et l'envers...)

Tom Waits - Orphans

On vous l'a jamais faite l'image bar ou du cabaret pour vous parler de Waits je suis sur.Elle a beau être convenue, elle est plutôt réelle. Pour ce triple album, Waits nous sort la totale. Tous ses aspects sont là, scindés en trois, il ne reste plus qu'á choisir. J'avais trouvé ce concept un peu bizarre pour Waits d'ailleurs. On compartimente, et tu choisis. Selon l'heure, le transit intestinal et l'humidité. Non non non!
Waits normalement c'est incongru, ça arrive sans que tu l'attendes, ça balance les registres de manière haletante. Oui...Mais sur trois disques.
Il en a de la matière le gazier. Et finalement ça prend. Entre blues deglingué héritier de Captain Beefheart,a moitié rockabilly et complétement dejanté, ballades de crooner alcoolique sentimental et morceaux du plus grand des freaks,Waits brouille les pistes. Ça fait gros d'ailleurs tout ça. Ce coffret est un bel objet, ça fait trés fin de carrière d'ailleurs, point final...On espère pas. Pour le moment on apprécie.

Alain Bashung - Bleu Pétrole

On l'attendait ailleurs. Définitivement. D'un côté il aurait fallu l'attendre là, vu qu'on l'attendait ailleurs. Ou alors il ne fallait même pas l'attendre. Tout compte fait si. Il nous devait des comptes. La trilogie parfaite entamée avec Chatterton et qui a culminé sur un l'imprudence à glacer le sang livre son successeur: un disque de folk. Un disque de rock, un disque de chanson française. Un disque à mélodies, des mélodies à moitié à texte. Des textes pas forcément bouleversants pour Bashung. Loin de là d'ailleurs.Peu d'écoutes sont nécessaires à bleu pétrole pour livrer son contenu, plus qu'agréable (normal me direz vous). Pourtant Bashung a prouvé par le passé qu'il n'était pas agréable, qu'il ne flattait pas nos oreilles. Restes, vestiges d'un passé imprudent, il y en a. Je pense notament à ce Vénus d'une froideur chaude. Aussi des trucs anecdotiques, au milieu, sans pour autant que ça fasse tâche (il voyage en solitaire). Mais Bashung se fait plaisir, aprés nous avoir fait mal. Reprise du canon de Cohen (Suzanne), masterpiece central (comme unlégo) où il nous fait survoler la terre. En filigranes, avec grande ironie d'ailleurs Bashung laisse planer le doute. Ce disque est loin d'être mauvais, des sonorités sont là, parcimonieuses, coincés dans le plus banal.Avec grande ironie il se moque même de sa propre intellectualisation (je courrirais). Le roi du poker artistique. Et ça prend quand même.

lundi 12 janvier 2009

Magma - Kobaïa

Pourquoi parler d'un disque que tout le monde connaît? Pourquoi parler d'un disque qui est loin d'être le meilleur d'un groupe révolutionnaire? Peut être parceque Magma est trés loin à part dans la dynastie des musiques expérimentales. Peut être aussi que conceptuellement, Magma est le projet le plus fascinant qu'un groupe a pu imaginer. Peut être parceque Magma repousse toutes les frontières artistiques en englobant un concept sous forme musicale. Le voyage dans les méandres psychologiques et la mythologie folle d'un homme: Christian Vander, batteur/percussioniste/chanteur/grand gourou de l'entité.
Magma vit, virevolte, recherche, joue et nous livre une musique intelligente pourtant encore proche de ses aînées, Coltrane en tête. Jusqu'au bout de la mythologie, avec l'invention d'un langage propre, qui reste le langage secondaire, le premier étant bien entendu une musique qui parle énormément. Pourtant Kobaia pêche encore, et reste loin des chefs d'oeuvre du groupe, n'arrivant pas encore aux sommets incantatoires d'un Mekanïk Destruktïw Kommandöh ou d'un üdu Wüdu. Encore "gentil", pas trop guerrier et vengeur, Kobaia reste un excellent disque de jazz (pas besoin de lui accoler ce mot ignoble qui ne veut rien dire : Zeuhl), mais un disque conventionnel de Magma. Même si la suite se veut bien plus passionante, Kobaia est à conseiller aux fans du Coltrane de la première heure.

jeudi 8 janvier 2009

Pink Floyd - Ummagumma

Rien de mieux qu'une valeur sûre pour pas trop se mouiller en ce commencement d'année. Je profite donc de cette récente réedition cd pour parler du plus grand chef d'oeuvre des Pink Floyd. La réedition n'apporte pas forcément grand chose, surtout pour ceux qui possédaient l'objet en double LP, sûrement bien plus marquant niveau visuel, la mise en abime de la pochette étant bien plus visible. Mais bon, on a le droit à un poster, histoire de pouvoir se plonger dans l'ambiance du disque.
Ummagumma, c'est surement l'objet le plus marquant d'un groupe ayant marqué la dynastie rock par ses épanchements stylistiques au bord d'un rock psyché. Ummagumma c'est d'abord un objet de transition pour le groupe, vu que david Gilmour devient le réel guitariste du groupe, Syd barrett ne pouvant plus tenir correctement son rôle à cause d'une schizophrénie paranoïaque accentuée par la prise de drogues.
C'est ainsi que le groupe livre un double album composé d'expérimentations studio et d'un live. L'album studio trace un croix sur une certaine manière de composer de la part des Floyd. LEs morceaux sont des suites psychédéliques axés autour de thématiques qui se répétent et qui montent crescendo. L'utilisation des instruments est largement noisy, créeant parfois une ambiance spatiale mais conservant un rythme crescendo inquiétant tout au long du disque. Les prémices de tous les grands albums sont déjà là dedans, et les surpassent surement même. La veine pop n'est pas pour autant perdue avec un the narrow way qui culmine sur des vocaux annonçant déjà ce que sera echoes (Meddle). Autant dire que cet album n'est pas un brouhaha masturbatoire d'un groupe faisant le deuil de son cerveau dérangé. Ummagumma studio c'est surtout la base de tout ce que sera les Pink Floyd par la suite, en conservant le sens aiguisé de la composition psychédélique et en jouant sur des ambiances largement recommandables.
Quant au disque live, il restera surement la prestation enregistrée la plus interessante du groupe (quand on voit les dvd sortis recemment, où les prestations mollassones période post dark side, on se demande si l'on a à faire avec le même groupe). La prestation est complétement dérangée, habitée et les morceaux des deux albums de Barrett (les meilleurs j'entends dire) sont propices au live, à l'improvisation. Ils vivent et se renouvellent par l'experience (la prise de drogue aidant) live. Certaines montées deviennent des tortures mentales (A saucerful of secrets) et l'agonie se transforme en sommets émotionnels. En plus, on a le droit à Set the controls for the hearts of the sun. Objet culte.

2008, par le consensuel.

Un truc qui se fait ça, à la fin d'une année en faire le bilan. Vraiment des commères les types de beyond the noize. Ils en parlent pendant l'année, à la fin de l'année, ils feront peut être même des retours sur des trucs qu'ils ont zappé. En attendant, je redonne signe de vie en copiant mon vis à vis. (L'inspiration du choix de disque manque, vous n'avez qu'à nous filer des disques aussi.)

1- Portishead - Third
2- The Residents - present the bunny boy
3- Dälek - Deadverse Massive
4- Nick Cave - Dig Lazarus dig!!!
5- Psychic tv - Mr Alien Brain Vs the Skinwalkers
6- Oneida - Preteen Weaponry
7- Young widows - Old wounds
8- Der blutarsch - Everything is alright
9- Darkthrone - Dark thrones and black flags
10-16 Horsepower - Live march 2001

Les trucs découvertes à la race en retard, mais qui m'ont pas mal secoué:
1- Zoviet France
2- Ol dirty bastard
3- Daniel Menche

Les trucs qui sont vraiment passés à côté de leur année: Envy, Death In june, TV on the radio.

Les trucs qui ont fait plaisir sans forcément qu'on en attende grand chose: Lustmord (et ouais, moi j'ai accroché), Neubauten, Fuck buttons, Mogwai, One day as a lion, Shit and Shine.

LEs concerts marquants:
1- OM
2- Throbbing Gristle
3- fuck Button
4- Devo
5- Shellac/Psychic TV

mercredi 7 janvier 2009

2oo8

Au cas où vous ne seriez pas au courant, on est passé à autre chose, on peut donc boucler tranquilement et faire comme tout le monde: les comptes.
Ce classement n'engage que la moitié de la "rédaction" de BTN, l'autre moitié ne donne plus signe de vie.


1-portishead - third
2- The bug- london zoo.
3-erykah Badu - new amerykah
4-Shit & shine- kuss mich meine liebe
5-Alva noto -unitxt
6-melvins- nude with boots
7-NIN -ghost
8-tricky -knowle west boy
9-torche -meanderthal
10 - une dernière place à partager pour ceux qui ont livrés de la matière honorable: tv on the radio, MARS VOLTA (!!), residents, cool kids, Nurse with wound, Leila, Psychic tv , meat beat manifesto...

REEDITION/COMPs:
*Art ensemble of chicago -les stances a sophie.
*Prodigy- more music for the jilted generation -
*V/A- new orleans funk:
*basic channel vol 2:
*mf doom/KMD.

Gadins, déceptions: *boris *kayo dot *lustmord

Concerts:
*Tom waits @ grand rex
*autechre@ rex club
*Melt banana/shellac@ Villette sonique
Puis devo, oxbow, dälek (NYC), brutal truth, locust, mars volta (tellement long!!!!!), GZA, tricky, Tortoise......

mercredi 31 décembre 2008

ART ENSEMBLE OF CHICAGO-les stances à Sophie


Il ne reste que quelques heures avant d'attraper un dernier bon disque cette année. Saisissez votre argent, ruez vous chez le disquaire le plus proche, courez au rayon Jazz, et empoignez fermement cette réedition signée Soul Jazz. Le meilleur nom de groupe de tous les temps, et un morceau d'ouverture qui vous fera mettre votre chaîne en mode "repeat" pour une bonne demi heure, au bas mot. Mélange de Jazz complètement débridé et de funk crasspec, Funkadelick versus Ornette Coleman, addiction immédiate garantie.

mardi 30 décembre 2008

OUTLAW ORDER-Dragging Down The Enforcer


Et bah, en décembre ça s'est bien relaché ici. Ils foutent quoi les mecs chez BTN? Les fêtes ça dure quoi? 10 jours à tout casser, pas un mois, non? Mais y'a plus fort, plus fénéant. 5 ans séparent l'EP de l'album d'Outlaw Order. On aurait pu s'en douter, EHG étant devenu spécialiste du disque qui sort tous les 2 ans, histoire de contenter tout le monde, mais rempli de morceaux déja connus. 5 ans c'est un bon laps de temps pour préparer un album, surtout quand derrière outlaw order il faut lire "eyehategod", voyez-vous. Etre sur d'être à la hauteur... Sauf qu'on est loin, mais alors trèèèèèès loin d'un dopesick ou d'un "in the name of suffering". Outlaw order ( EHG au 4/5ème, c'est à dire sans Jimmy Bower, en gros) propose sur ce premier long jet après un bon EP sorti chez Southern Lord un album de metal/sludge/punk ultra produit et boursoufflé. Ne vous attendez pas à l'excitation ressentie lors de l'écoute des joyaux de poisse dépressifs de la formation culte de Louisianne, preparez vous pluôt à une cottoyer l'ennui-fallait-il déjà être capable de s'exciter devant un visuel aussi repoussant. Mauvais? Non, pas vraiment. Mais après avoir été si bon dans une première incarnation aujourd'hui morte-vivante ( EHG vit-il encore? Pas impossible) et caractérisé par une intensité sans conscession et rongé par les problèmes humains en tout genre, aujourd'hui Outlaw order parait fatigué et fatigant, essouflé et peine à imposer la pertinence de son propos. Mauvais non, mais fade sans aucun doute.

KING MIDAS SOUND- Cool out EP


Une participation au dernier Bug (si on peut appeler sa participation puisqu'en fait c'est Robinson l'invité, mais il est sur qu'isoler ce morceau du reste de London zoo est éloquent) et un morceau laché pour un des deux volumes des box of dub plus tard, voilà un premier EP de King Midas Sound. Kevin Martin ralenti sa musique, fusionne ses récentes aspirations à son dub/hip hop brumeux et lourd d'antan pour un résultat plus que convainquant. La voix de King Midas Sound est celle de Roger Robinson, pas le plus jeune des rude boy, mais une voix posé, aux harmoniques féminines et charismatiques qui se mèlent à merveille à l'ambiance enfumée tissé par Martin derrière. Sur la face B de ce trop court disque, Dabrye, nouvel espoir du hip hop indépendant école early def jux et déja auteur de disques tout à fait recommandable s'occupe de remixer un second morceau dans la même veine que ce cool out qui vous a fait débourser quelques euros auprès de Hyper Dub. Pour conclure, Flying Lotus, le nouveau beatmaker en vu s'occupe d'un troisième missile qu'il gave en kick profond et en sonorités plastiques lunaires de bon ton depuis le décès de Jay Dee. Il se murmure ici et là que l'on tient là le nouveau maxinquaye...

lundi 29 décembre 2008

GODFLESH-Godflesh


Fin des années 80, Birmingham. Justin Broadrick, fraichement débarassé de ses cheveux, l'air encore un peu égaré de par son jeune age (18 ans) et une consommation de weed vient de déposer chez swordfish une poignée de titres qui s'apprètent à rentrer dans l'histoire. Après s'être lasser plus vite que prévu de son drôle de projet précédent (prends note, jeune!) il transforme l'agressivité rapide vers la lenteur, le matraquage entêtant. Comme tout artiste majeur, il y'a fort à parier que Broadrick ne s'est pas dit qu'il tenait là quelque chose d'inédit et de novateur. Non, il y'a plus de chances que comme des transformateurs, des créateurs en musique il ait juste été là, au bon moment, en mélangeant tout simplement un ensemble de son, d'éléments sur lesquels reposaient sa culture, ses inclinaisons. Killing Joke, les Swans, Big Black, Cocteau Twins, Whitehouse. Le son mécanique de Godflesh se matérialise sur ce premier EP, discrète sortie avant le streetcleaner qui suivra. Pourtant ce disque présente déjà tout ce que sera le groupe, avec l'aspect crust qui test en plus, comme pour souligner le fait qu'avant toute chose, cette galette est un premier jet. Bien sur Flesh n'est pas seul, il a gardé avec lui un de ses collègues de Fall Of because, Ben Green (notons que Paul Neville sera aussi un membre de Godflesh mais qu'il ne sera pas permanent et ne réapparaitra que très irrégulièrement dans les premières incarnations). Green peut apparaitre avec le recul comme l'artisan discret mais inaliénable dans l'équation Godflesh, celui qui se tait mais qui dans son grondement dirige tout autant que son comparse l'entité- L'importance de Green est tel que sans lui, tout simplement, le groupe ne survivra pas. Le son de Green à la basse est aussi primordial que celui de la machine et de Broadrick. La basse bucheronne le son, le violente, le gave d'infrabasses incontrollées, accroît le vertige audio. Il semble que bien des formations post hardcore se soit inspirées du son de basse unique que donne la seconde moitié du duo par la suite (réecouter les groupes de la scène suédoise tel breach ou cult of luna). Le guitariste pose lui un jeu totalement unique. La guitare ne dirige pas les opérations, ne guide nullement la musique: elle l'habille. Justin joue tout en larsen, en harmoniques et résonnances, laissant à la section rythmique le soin de creuser en dessous le morceau, guider le reste. Broadrick abbat sa guitare froidement, comme un complément bruyant mais tout en abstraction sur le squelette dressé par la boite à rythme et la basse. Les larsens sonnent comme jamais, totalement libre et controllé, comme si la guitare était elle-même ensorcellé et tentait de s'exrpimer par ses propres moyens. Enfin, par dessus l'ensemble, la voix du jeune Anglais hésite entre hurlement et chant claire comme désabusé, érinté par tant de bruits. La première pierre que pose le duo ici est essencielle car tout est déja là: l'identité sonore et iconographique unique du groupe est efficace et éloquente dès ce premier disque d'une qualité indiscutable. La lourdeur anglaise dans toute sa splendeur, une oeuvre parmis les plus passionnantes de la décennie passé est en train de naitre, ici judicieusement remis au gout du jour via Kreation rds. Une pépite, un indispensable.

jeudi 25 décembre 2008

(THE) MELVINS- (A) senile animal 4xLP


Franchement, si tu n'as pas réussi à te le faire offrir pour noël, c'est que soit t'as été une tête de con- comme d'hab- soit ta conjointe/ton conjoint/ton entourage n'estimait pas nécessaire de t'offrir encore un truc que tu n'écouteras pas, que tu ne feras que stocker sur tes étagères pour la gloire en disant "Je suis un vrai, le CD ça sonne platique à coté", mais le fait est que d'une part tes convives n'en ont rien à foutre de ton laïus sur le son du vynil, et d'autre part, tu n'as pas de lecteur 12" dans ta voiture. La dernière possibilité -et non des moindres- c'est que tu fais partie de la communauté qui se sont jetés sur les melvins y'a quelques mois ( j'ai pas utilisé "années") pour aujourd'hui les trouver un peu puants à ton goût, et que cet onéreux objet ne fait que te conforter dans ton jugement. Alors quoi? Les qualités de cet album ne sont plus à démontrer, du grand melvins dans sa formation et ses ambitions rock, premier effort née de la rencontre avec Big business, premier grand disque à guitare sans concept, sans fioritures depuis presque un lustre et demi. Mais si on en reparle, c'est pour l'objet bien sur. Magnifique collections de 4 vynils, format 12", avec une face gravé de sons, une autre avec un animal (sénile?) représenté dessus. Le tout s'encastre dans quatres volets soignées, une des rares constantes chez ce groupe. Bref, un objet superbe. Mais le son ne rend-il pas justice à la présence des deux batteries sur ce format, par rapport à la version CD ? laisse tomber.

vendredi 19 décembre 2008

SKULL DISCO- Soundboy's Gravestone Gets Desecrated By Vandals


Si j'ai bien compris, les doubles CDs de skull disco sont des compilations de leur sorties LP. Tant mieux, parce que je crois bien que je suis pas assez passioné pour collecter l'ensemble des 12" que pourraient sortir le label, même si leur deux compilations sont excellentes. Majoritairement composé et produit par Shackleton et son pote Applebim, de disco ce label n'en a que l'appelation. Ou alors une disco nouvelle génération lente et habitée, reservée à une tripoté de rituels vaudous. On qualifie généralement les missiles du label de dubstep, pourtant chez Skull disco on s'écarte un peu des codes du genre, comme chez les plus grand représentant d'ailleurs, pour se rapprocher d'une conception un peu plus old school du dub, un peu celle qui transpirait des compilations macro dub infection, electric ladyland ou encore axiom dub de la décennie passée. La production est magnifiquement soignée, lourde et précise, presque minimale bien que franchement luxuriante, lapidée régulièrement par des spectres de drones lointains. Les rythmiques toutes en richesse que tisse le duo s'étoffent lentement, progressivement. Un axe plastikman/harris/laswell me saute aux oreilles, sans pour autant pomper outrageusement, comme si le duo avait suffisament bien gérer en brouillant les pistes, en dissimulant le son dans une bouillasse tout simplement bien présentée. Quelques samples et éléments rythmiques plus "orientaux" (putain, ouééé! Ca veut rien dire) viennent donner un caractère supplémentaire a cette double compilation. Bref, ça grouille, ça vie, ça se débat, et c'est franchement recommandable.

lundi 15 décembre 2008

Burzum - Filosofem

Des fois on depoussière des disques, pas si plein de poussière que cela d'ailleurs, car ils font partie de ceux qui restent en haut de la pile, que l'on garde avec attachement et que l'on sait qu'un jour ou l'autre on reviendra dessus. Filosofem posséde cette caractéristique qu'il m'a initié (tardivement) au black métal et qu'il restera surement un des sommets des choses ecoutées dans le genre. Passons sur les histoires vendeuses du groupe, qui font rêver les passionnés de hype et la verve morbide que l'on cultive tous. Filosofem est surement le manifeste de Vikerness, le disque d'un seul cerveau, celui d'un homme (blessé), fruit de ses angoisses, de ses turpitudes et d'un cerveau malade. Finies les morceaux plus punk, plus énergiques du début de Burzum, le pas vers la mélancolie ultime est enfin donné (même si il était annoncé en filigrane bien avant). Filosofem se situe bien aprés la tristesse, bien aprés la lutte, bien aprés la rage. Filosofem est le manifeste du vide emotionnel, du froid sentimental. Car aprés la peur, aprés le desespoir, il n'y a rien. C'est un peu pour cela que Filosofem est aussi vrai, aussi touchant, avec si peu d'armes. Monotone, binaire, répétitif, axé sur une batterie parfois absente (sur le thème en deux parties) qui répète des rythmes sans grande portée, sur une guitare sursaturée répétant inlassablement des mélodies brouillonnes et chargées de mélodies simplistes, le tout portée par une voix fatiguée, usée, criarde mais aussi chantée, lorsque la force de geindre n'est même plus là. Filosofem c'est aussi un pavé ambiant de 25 minutes, qui met en exergue un clavier minimaliste sans aucune ambiance, relevant la hauteur d'un vide palpable, d'un rien nauséabond. Sont saupoudrés au gré de morceaux glauques des notes de clavier parcimonieuses, étouffantes. La folie est bien palpable, mais aussi la prise de compte, une ambiance déroutante à couper le souffle, le tout sorti du rien, un manifeste d'ambiance noire, de savoir faire mélancolique et surtout de nihilisme. Filosofem est bien au delà de toutes les productions black métal soi disant dépressives que produisent les Etats unis à l'heure actuelle. Filosofem est un pilier, une plaque tournante de vérité, et surtout le manifeste funéraire d'un one man band qui finira par s'autoétouffer. La preuve que le vide est parfois rempli. D'òù l'interêt de depoussièrer ses armoires.Must have.

jeudi 4 décembre 2008

BRUTAL TRUTH- for drug crazed grindfreaks only!


"Still not fast enough, still not loud enough"! Ca avait beau commencer comme ça quand BT charclait dure la face de ses auditeurs en 98, pourtant peu de chance que le sample culte qui ouvrait le dernier LP en date soit encore d'actualité tant la bande à Lilker a monté d'un cran en lourdeur et en rapidité. Mais déjà ce live pour une radio néo-zélandaise envoie du parpaing par tonnes sur ce court disque. Le son est plus précis que sur le magmatique sounds of animal kingdom, billy anderson en moins oblige, et le son du combo new yorkais gagne en limpidité. La caisse claire de Hoak notamment ressort brillament du mix. Carrés, précis et expeditifs, tout brutal truth peut être résumé au mieux sur ce disque déja sorti il y'a quelques années en pirate il me semble bien. Exécution parfaite (c'est plus du sport que de la musique à ce niveau), pochette hideuse, Relapse toujours dans les bons coups pour se faire du blé redonne une jeunesse au tout, patch mauvais goût en bonus.

PRODIGY- invaders must die (mp3)


Groupe interdit ou je sais pas, chaque nouvel album de Prodigy crée sa petite "web-excitation", pourtant tout le monde dit que c'est devenu pourri. Après grey machine, voilà la seconde chronique MP3 de BTN, et le constat n'est pas folichon. Electro rock assez simple et direct, avec le son made in Howlett, sauf qu'il y'a ce riff de clavier tout pourri qui te gache un poil le morceau. La web comunity est égaré, c'est normal. La flemme de tout articuler pour causer de ce mp3, alors voilà, ce qu'on peut en dire:
*Non, on ne peut décemment pas dire qu'on tient là un morceau exceptionnel.

*Le clip est plutôt réussi à l'inverse, même si il semble bien que ce soit un clip pour fan: tout tourne autour de l'iconographie du trio anglais, et de la réhabilitation de la fourmi ( logo totalement écarté sur le précédent LP).

*Pas mal de gens soulignent quand même que si ce morceau n'était pas estampillé "prodigy", pas mal de monde serait conquis par cet avant-goût.

*D'autres attendent l'album pour se faire une idée. Problème, warrior's dance qu'on peut entendre sur le net lui aussi est loin d'être plus excitant que ce premier morceau officiel.

*Si Howlett a largement apporté à la musique electronique, il faut bien constater que depuis 2002, il ne révolutionne plus grand chose et se laisse emporter par des courants plus récents: l'electro rock, les groupes tendance justice ou pendulum etc... et ces premiers extraits sont finalement plus dans la continuité de morceaux récents ( sur le AONO ou les compils récentes).

A noter que tous les membres du groupes sont très enthousiastes à propos de leur nouveau projet (ce qui n'était pas le cas avec le précédent), et qu'il part quand même avec quelques avantages: un titre efficace, Dave Grohl en invité... la tension monte: soit ce disque sera bon, soit ce groupe sera condamné à n'être qu'un (excellent) groupe de scène.




Psychic TV Sala Apolo 2 (Barcelona)

Il y en a qui étaient venus voir un groupe de musique industrielle live. Ils seront déçus, car le concert de Throbbing Gristle était en début d'été. Ici, pour un groupe de rock (cf chronique correspondant aux deux derniers disques), rien de mieux qu'un concert de rock, psyché de surcroît. Ça sent le bien être alors qu'on pensait que ça sentirait le malaise, ça joue avec nos émotions en lançant un des débuts les plus tendus qu'il puisse être (trussed). Ça reste pas mal bloqué sur les deux derniers albums d'ailleurs, à part une incursion dans un morceau plus ancien, donc plus expérimental, donc plus martial, donc plus prenant, et surtout plus libre, plus axé sur les grandes étendues. Libre, pourtant ce concert de rock l'aura été. Genesis se permet d'improviser des vocaux un peu partout, de modifier les tons pour modifier complétement un morceau. Je pense notemment à Hookah Chalice, morceau catchy à souhait se transformant en une sordide comptine boiteuse et maladive. Ils s'amusent les bougres, se foutent de nos gueules, rigolent entre eux, ont des trips de junkies pas encore décrassés, puis toujours ce ton légèrement hautain, reflétant l'égo surdimensionné de Genesis P Orridge, voulant s'imposer plus de l'ordre du gourou/rock star que du frontman nevrosé. Et ça prend. De grands moments de gloire, avec un higher and higher deglingué, un Maximum Swing plus groovy que n'importe quel morceau de funkadelic.
Les énergies se décuplent petit à petit, le son se fait moins hésitant, le volume et le ton montent pour rentrer dans certaines escapades bruitistes où Orridge utilisera son fameux violon (le break de hookah chalice entre autres, majestueux).
Puis les chansons du dernier album, tout en couleurs, en délires visuels, avec un No good trying sur la brèche, un Pickles and jam qui prend aux tripes et un papal breakdance qui ravage tout sur son passage.
Rien de bien prévisible en somme, qu'un groupe de rock n roll qui s'amuse comme jamais, joue d'une manière trés libre, décuple certaines énergies ou en réduit d'autres. Puis j'oubliais le double rappel (j'oubliais pas, je le gardais pour la fin en fait) où durant une vingtaine de minutes, la trés velvetienne foggy nation se transforme peu à peu en un sister ray (reprise du velvet underground donc), on le savait que ce monologue (Andy says to candy...) nous rappelait Lou reed!
Enfin, c'est genesis et le guitaristequi reviennent pour nous interpréter un Milk Baba incantatoire, au delà des hauteurs et finir de transcender un retour dans le temps palpable.

mercredi 3 décembre 2008

TV ON THE RADIO, bataclan


Euh... c'est quoi le problème avec les lecteurs des inrocks en ce moment? Des braves gens, entre 30 et 40 ans, incapables de se tenir en soirée? Après avoir trouvé le moyen de faire un pogo au concert d'autechre en début d'année, cette fois ils sont tout fous pendant les morceaux les plus "up empo" du groupe de Sitek & Co. Ca sautille, ça chante en regardant tout émoustillé le chanteur, ca crie, on se croirait nettement plus au hit machine ou chez Dorothée qu'à un concert. Ca aurait pu être une excellente soirée cela dit. Le premier groupe jouait comme je déteste: en faisant des petits gestes frénétiques, s'agitant les cheuveux et les bras serrés le long du corps, tout en tension calculée. Bref, c'était rock indie qui peut en vendre par camion sauf que... sauf que... ça marche! Pas mal de bons plans, de bonnes idées, malgré un enrobage à bruler et pas mal de trucs à oublier au plus vite. Le guitariste chanteur (qui ressemblait un peu à Hachou, celui la-même qui peut te chroniquer un disque de pig destroyer l'air de rien) envoie du bois avec une touche de texan profond toujours là bienvenue. Puis l'équipe TVOTR vient prendre le relai et abbat un set comme on pouvait l'imaginer: super efficace, bien amené, très bon en somme. Pas mal du dernier album, un rappel avec le groupe d'avant qui tape sur tout ce qu'il est possible de taper et hop, une bonne soirée. Tout comme leur disque, il est finalement peu évident de parler de ce groupe hors norme, loin de toute balise, loin de toute étiquette qui "colle mal" comme ils le disent eux-même. Mais merde, y' a quand même un truc qui m'a dérangé? Je vous ai parlé du public?

TRICKY, élysée montmartre


Ca relève quasiement du miracle que Thaws soit capable de foutre le feu en concert, non? La tournée vulnerable était désastreuse, pop gavé de "thank you very much" à chaque fin de morceaux, le truc horrible par excellence quand on connaît un poil le kid. Ca commence par un sample de Phil Colins, et voilà que déboule le posse, puis 3 notes introduisent le don't wanna, volé à Eurythmics il y'a 7 ans (déjà). Ce premier jet donne le ton: le son est puissant, les éxécutants du kid sont efficaces, en place. La set list s'articule autour des deux premiers albums (overcome, christansand, black steel...), et du dernier, le reste étant soit passé sous silence soit largement diminué. Tricky est le chef de son orchestre, et donne ce qu'il a de mieux à offrir sur scène; une prestation habitée, sorte de blues industriel ravagé. Les morceaux sont la plupart du temps ramené à leurs concepts, comme des squelettes musicaux, vifs. Tricky les resculpte en direct, ordonne de se taire, implore le bruit, crie, bave, hurle, lève les bras, crie le micro placé sur son torse, secoue frénétiquement la tête, empèche sa chanteuse de prendre son micro. Un rappel colossal après une douzaine de titres (dont un que je n'ai pas reconnu, qui m'a étonnament rappelé une ligne de basse du second Cypress hill, avant de réaliser que Muggs n'était plus dans les petits papiers de Thaws), où deux nouveaux morceaux sont encore étirés jusqu'à la rupture, 15-20 (fois deux, donc) minutes de néo blues bruyant et rigoureusement ésotérique. Classe, le kid de Knowle west n'a joué aucun des singles tirés de son dernier album.

vendredi 21 novembre 2008

2nd GEN-irony is


Wajid Yaseen est un terroriste sonore, un pure, avec le parcours type djihad de la musique-jetez moi des pierres pour l'utilisation galvaudée de ce mot, et aussi, d'avance, de tous les raccourcis qui suivront. Bassiste un temps des extrêmes fun>da>mental, avant de se laisser charmer par les possibilités offertes par les nouvelles technologies, en créant deux projets électroniques complémentaires: 2nd GEN et Uniform. Le premier qui nous interesse ici est proche d'une
électronique concrète et agressive, là où la seconde entité se veut plus abstraire, ambient. Irony is est un album brut, violent, presque insoutenable. La scène rock qui a accueillie l'album avait à l'époque souligné la violence du propos déployé ici, là ou d'autres scène rejetèrent l'album en bloc, n'y voyant qu'une oeuvre bruitiste et facile, le caprice d'un type qui découvre les joies de l'équation: Bar+Synthés+disto. Ceci dit, l'album est loin de la noise pure, loin de l'enfermement d'un Null ou d'un Akita. Wajid amène le bruit par le rythme, comme un emballage charmant enfermant une mauvaise surprise. Une sorte de Techno Animal encore plus radicale, plus agressif. L'album bénéficie d'une production ravagé, agressive, où tous les sons ont été minutieusement mis en pièces, dégradés, pour se coller comme des lambeaux dégoulinant sur le squelette rythmique. Les claviers se détériorent progressivement, les sons se percutent dans un déluge de distortions. Il se permet même de transcender le rock en surpassant un début de chanson par l'agressivité de ses machines. Un morceau comme and/or, addictif qui ouvre le disque est un classique instantané. Et un titre comme scarred permet de comprendre le propos de 2nd Gen: progressivement, tout se détruit, rien ne survit. Une des plus importantes pièces de musiques électroniques agressives modernes.

DANIEL MENCHE- Animality


Daniel Menche est comme beaucoup de musiciens de noise particulièrement prolifique. Genre dès qu'un son tiré du Mac sonne, j'enregistre le tout. Ca permet aussi de relativiser quant à la difficulté de réaliser une telle musique. Bref, ce animality n'est ni mauvais ni facile. Admirable? Menche joue le temps d'un morceau sur les variations possibles autour d'un seul et même motif rythmique incessant. Comme ça, ça peut faire peur, mais étonnament, la sauce prend, un
peu comme vous pouviez vous laissez avoir par le salt marie celeste de NWW. En version plus digitale. Moins naturel. Moins effrayant aussi. La plage titre se déploie lentement mais ne verse pas dans l'ennui, ce qui est relativement remarquable pour ce genre d'exercice de style peu évident. L'objet est également très réussi, magnifique digisleeve tout en pliures.

HARRIS+PLOTKIN-Collapse


Deux des plus importants musiciens contemporains Anglo-saxons se rencontrent sur ce magnifique album de dark ambient. Collapse est une des toutes meilleurs collaborations de Mick harris, bien loin de l'insipide album avec ambre, ou encore loin du monolithique et obsédé disque avec Laswell. Collapse est aussi et surtout une sorte de revanche sur evanescence, l'autre collaboration Plotkin/harris (n'oublions pas Bullen!!), comme une réponse à l'album de scorn. Car enfin, Plotkin ne pose pas que sa guitare, il fait la moitié du boulot, compose à dose égal sur ce coup-ci. Ce collapse étale sur ses compositions une dark ambient opressante, les nappes brodées par la paire sont aquatiques et envahissantes. Sorti sur Asphodel, l'album a souvent été perçu comme possédant une fibre hérité du black metal sous tendue derrière le vaste travail de production du duo. Il reste en tout cas une des meilleurs oeuvres griffé Harris dans le domaine ambient, et un excellent investissement pour peu que vous ayez des affinités avec ce genre. Bien moins monomaniaque et obsédé que les travaux d'El tornado sous l'appelation Lull.

MGR-nova lux


Avec l'évolution d'Isis depuis oceanic, on pouvait se douter assez logiquement des possibilités d'une escapade en solo de Mike Gallagher, guitariste de la formation américaine. Sorti sans surprise chez Neurot, ce disque est une jolie parallèle au house of low culture de son pote Turner. MGR (chouette nom de projet) propose un disque lumineusement nuageux, à l'image de la pochette, tout en contemplation sonore. Probablement aussi influencé par broadrick (tout comme Turner), Gallagher a basé tout le travail de ce projet sur les possibilités du son de la guitare, en la triturant et la passant dans une batterie de pédales d'effets, sans pour autant oublier ou mettre de côté un jeu plus traditionnel qui vient dessiner de plus franches mélodies sur l'ensemble. Parmis les quelques belles pièces de l'album, on retiendra surtout la brève mais néanmoins sublime participation d'Oktopus (Dälek) qui assure une évolution rythmique sur le bien nommé IV. Le producteur s'y montre toujours remarquable dans sa faculté à aposer sa griffe hip hop traditionnel (l'influence mobb deep) sur des musiques bien diverses.

PLOTKIN+WYSKIDA- 8 improvisations


La section rythmique de Khanate s'essaie au duo pour 8 improvisations. On est très loin du doom clair/obscur absolu de la formation culte de Southern lord. Ces morceaux sont ouvertement jazz, légèrement bruyant, mais le disque reste définitivement surprenant. Cependant, l'album manque un peu d'épaisseur, l'aspect Jam et donc non aboutit (!) prend un peu trop le dessus sur ce qui aurait pu être un très beau coup d'essai. A noter tout de même que le disque est sorti sur un petit label, Archive, qui multiplie les sorties confidentielles mais toujours soignées.

WOLF EYES- Human animal


Après avoir mutliplié les sorties sur des formats confidentiels ( comme bien des formations) tels mini disc, cd-r ou cassettes, wolf eyes se faisait signer sur le très respecté sub pop et entrait par la même occasion par la grand eporte des musiques indépendantes et néanmoins hype en étant perçue dès lors comme la nouvelle référence d'une new school noise en pleine ébullition. Après un album largement distribué et la redécouverte de biens d'autres pépites plus ancienne, ou encore un disque avec Anthony braxton( ah, ces vieux jazzeux, toujours là pour montrer qu'ils sont bien plus extrêmes et moins frileux que ces jeunes metalleux limités!!) Human Animal prend légèrement à contre pied la formule wolf eyes. On aurait pu attendre un album encore plus bruyant, il n'en sera rien. Ce second album pour sub pop s'ouvre sur le sentiment d'une quiétude fraichement trouvé par le groupe. Pourtant, bien que l'album soit moins agité que son prédécesseur, il n'en est pas moins terriblement plus dérangeant, absolument effrayant. L'album se déroule sans que la part bruyante du disque ne se fasse vraiment ressentir, tout semble serein mais les sons déchirant le spectre sonore sont malsains, terrifiant. Nappes larges et glaciales, rompues par des infra basse inhumaines, Vapeurs synthétiques mêlées aux samples "made at home". Execrice de style ou coup d'essai, cet album s'inscrit dans un parcours passionnant car audacieux, mais il serait appréciable que cet album ne reste pas qu'une parenthèse.

DAVID LYNCH- the air is on fire


Ce disque est en fait une version commercialisée de la bande sonore de l'exposition dédiée à David Lynch à la fondation Cartier en 2007, et produit par...Lynch lui même. David nous joue du synthé, tranquilement, presque au coin du feu. Dans le cadre de l'exposition, le disque faisait son petit effet. Omniprésents grâce au système d'écoute de la gallerie, les sons dessinés par Lynch accompagnaient la contemplation de dessins sur des serviettes en papier pris dans des avions, restaurants, sur des post-it, des nappes déchirées, des feuilles de cahiers, des toiles en tout genre, mais aussi des photos ou des peintures. On est proche de l'ambiance des films de Lynch, cette ambiance californienne étouffante, lourde, celle qui séloigne des lumières d'Holywood pour
aller explorer les malaises des longues avenues troubles de la ville. Chaud, lourd, pesant, contemplatif. Les obscurs champs sonore de Lynch gagnerait à être plus souvent publié.

Chris & Cosey - Trust

Chris Carter et Cosey tutti. Ces deux là ont beau avoir un passé glorieux au sein de Throbbing Gristle bien entendu, mais aussi dans un début de carrière largement conseillable, mélangeant angoisse post industrielle dans des samples à experimentations électroniques toujours plus poussées, influençant la dance music et la musique techno; il faut bien se rendre à l'évidence. Premièrement, même si Carter était un bidouilleur de machines de génies, allant jusqu'à construire son propre matos, il sombre içi dans une facilité déconcertante. Pas que le tout soit désagréable, mais ils semble singer les gimmicks que eux même avaient insufflé à la musique électronique, en sombrant dans de vulgaires clichés aujourd'hui périmés. Pas forcément que le talent n'y soit pas, mais il semblerait que le couple l'ait joué facile, la carte de la dance music un peu kitsh, des vocaux sans fond et d'une ambiance passé aux oubliettes. On a du mal à penser que le couple phare de la musique electronique ait pu livrer ce sous ... eux même. A préférer la première partie de carrière.

Zoviet France - Digilogue

Zoviet France s'inscrit parfaitement dans la "thématique mensuelle": le labourage de cerveau. J'avoue ne pas être fin connaisseur d'un groupe surement trop mesestimé par rapport à son statut culte dans le milieu et son aspect révolutionnaire de l'approche sonore, surtout du à la faible diffusion de ses objets mais aussi au prix exorbitant de ceux là. Pourtant Digilogue est un de mes disques de chevet depuis que j'en ai fait sa connaissance. Mon collègue faisait signaler la difficulté de parler d'ambiant, ou du moins d'en dégager une qualité intrinséque vu que c'était surtout une musique physique qui parlait ou pas. Digilogue est ceci poussé à son paroxysme, une musique qui ne parle qu'au corps, et qui touche l'esprit par l'état de transe dégagé. Les armes sont classiques: la répétition. Pourtant les sons sont traités de manière complétement novateurs, plus pour leur mélodie, le choix de celles ci sinon pour leur présence physique et visuelle. Digilogue est un es disques les plus visuels qu'il m'ait été donné d'entendre, et pour peu que l'on se laisse porter par le minimalisme incantatoire des compos, on se prend à imaginer Zoviet France comme le Steve reich moderne, dépeignant des paysages modernes et fictifs, parfois robotiques au gré de textures toutes plus physiques les unes que les autres. En quelque sorte Digilogue est un corps qui vit, un corps pas forcément humain comme l'était celui de steve reich dans Music for 18 musicians, mais un corps à moitié robotisé qui se ballade dans des contrées pourpres au gré des pulsations. Digilogue est passionant, vivant, sorte de tableau des plus touchants que l'ambiant a pu créer.

jeudi 20 novembre 2008

SCORN-List of takers


Mick harris signait ici l'énième retour de scorn , après avoir noyé provisoirement son bébé, probablement dans les étangs de basses qu’il rempli à longueur de disques et de collaborations. List of takers donc , nouvel fausse livraison du maitre s'offrait à nous via un petit label polonais qui retranscrit un live. Tout commence par un piano qui semble mal accordé , et sans le savoir, l'auditeur va en chier. Les sons deviennent tout à coup répétitifs , complètement opressants, et là, une première batterie se fait entendre, puissante et annonciatrice de la suite . Ici, tout de suite, une autre rythmique se fait entendre. Les quelques premières mesures résument à merveille ce disque. Les ambiances sont bien moins aquatiques qu’avant, mais beaucoup plus spatiale . Les sons sont multiples, oscillent, affluent de partout, tissent un épais tissu sonore, écrasant, lourd, où plus rien n’a d’autorité si ce n’est le rythme. La grosse caisse, surchargée en basse fend litéralement le son, aparait comme un traumatisme sonique qui perturbe la croute sonore sans jamais l’écraser . Elle se contente de la perturber, mais le chaos est toujours maitrisé. Le piano conitnu de résonner, de se répéter dans ses denière notes, le son ne s’arrête jamais. L’ambiance est moîte, sale, indescriptible. Rarement musique électronique aura dégagé autant de haine et de violence sans jouer dans la surrenchère de bruit. Tout est en apparence posé, mais sous le calme rêgne un animal que personne ne soutiendrait du regard. Sur plus d’une heure, Harris développe une ambiance plombée en greffant ici et là les rythmiques qui jallonnent ses dernières productions ( plan b , greetings from brimingham). Le son est surchargé en basse, affligeant de puissance, abrutissant, Harris ne relache rien, tout monte jusqu'à la fin où, comme sur scène, tout a disparu, le temps et l’espace se sont dissipés à cause des ces nappes synthétiques analogiques, grasses et violentes .

KK NULL+Z'EV+CHRIS WATSON- Number one


Association entre plusieurs zicos de l’extrème pour un disque expérimental. Cet essai est luxuriant , fait de millions de bruits naturels (oiseaux , eau …) confrontés à des sources digitales indefinissables , parasites , bruits blancs , percussions électroniques diverses … Un objet complexe , qui semble s’appuyer sur le theatre NOH ( theatre japonais qui raconte bien souvent l’histoire d’un mort frustré venant hanté les vivants pour leur exprimer divers sentiments comme la jalousie , le regret , rancœur , excuse, ou bien sûr , l’amour …) qu’il veut illustré . Il est possible qu’un tel disque, mériterait un petit livret fourni en indices , en explications , ou alors une plage multimédia ou même dvd afin d’expliquer les limites entre les protagonistes , où s’arrête le travail de l’un et où commence celui des autres . Bref , vous l’aurez compris, ce genre de disque est très difficilement chroniquable . Cependant , cet album fait parti de ces disques incroyablement riches , passionnants de par son abstraction et son principe pour que vous preniez le temps de vous y attardez . Sublime.

WHITEHOUSE- Ascetists 2006


*L'oreille est l'organe qui sert à capter le son et est responsable pour le sens de l'ouïe. Le mot peut se réferer au système entier qui effectue la collection et la compréhension des sons, ou bien à la partie extérieure seulement.*Les acouphènes sont souvent d'origine pathologique. Ils peuvent être permanents, intermittents ou temporaires. On distingue différentes appellations en fonction de la tonie perçue par le sujet acouphénique : le tintement, le bourdonnement, le chuintement ou le sifflement.Le bruit perçu peut avoir des niveaux divers. Selon les cas, les personnes atteintes peuvent endurer des bruits, allant d'un simple rasoir électrique à une tondeuse à gazon ou à un réacteur d'avion. Ceux-ci peuvent s'accompagner (ou non) de surdité ou d'hypersensibilité aux sons (extérieurs). Ils ne s'accompagnent généralement pas de lésions du tympan.Les acouphènes peuvent avoir différentes causes : il peuvent être dus au vieillissement de l'oreille (donc chez les sujets âgés), mais ils peuvent aussi subvenir après un choc auditif.Le second cas est en forte augmentation chez des sujets de tous âges et notamment les jeunes. Le choc est alors dû à l'exposition trop violente ou trop répétée à des bruits très forts…

Le premier sujet pourrait bien subir les effets du second lorsque vous vous serez enquillé entièrement ce whitehouse , soit le groupe qui fait passer merzbow pour une comptine d’henri dès. Une demi heure de bruit sur fond de scansion hitlerienne qui en paraissent 4 heures . Si vous résistez au son , les paroles vous finiront le moral à la pioche et sans anésthésie.

ULVER-Shadows of the sun


Suite à un blood inside remarqué, j'étais avec un ami peu après la sortie du présent disque quand à ma question "t'as écouté le dernier Ulver?" il me répondit "J'aime pas Depeche Mode". Si la réponse me semble imager, qu'en est-il vraiment de ce dernier Ulver en date? Il me semble bien pouvoir affirmer que jamais Depeche Mode n'a été aussi habité, aussi religieux même que ce disque ne peut le laisser supposé. Fini le rock foutraque et ingérable de blood inside. Bienvenu au temple Ulver. Garm chante, dans sa bure, sur de longues plages rarement rythmées, tout en cloches et orgues majestueux. Il est d'ailleurs amusant de constater l'orientation de ce disque. Non pas qu'Ulver s'éloigne de ses travaux précédents. Non. Plutôt décalé si l'on se réfère aux propos d'un Garm plus jeune dans 'lords of chaos', le fameux. Néanmoins, d'un point de vue purement musicale, Ulver abbat encore une poignée de titres remarquablement pensés et exécutés. L'album est sombre, triste. Et la discographie d'Ulver se dote encore une fois d'une pièce remarquable, pertinente dans ce chemin que le groupe trace, comme un hommage perpétuelle à leurs influences ( Coil et FSOL), tout en continuant de se renouveller sans cesse et de proposer de magnifiques portes de sorties à un genre qui n'en demande pas tant: le rock.