vendredi 4 décembre 2009

SHIT & SHINE- 229-2299 girls against shit!


Ils sont de retour. Après l'annonce de la mort de Todd (fausse mort en fait), $&$ reviennent avec l'album qui suit logiquement ceux d'avant... sauf que tout est "en plus". Le disque déborde jusqu'a la gueule, aussi bien du point de vue du contenu que du contenant. 17 morceaux, un disque qui ne se termine jamais, donc. Et le son de l'album est impressionnant. Je ne pensais pas qu'il était possible de réaliser un master aussi fort, tout devait être dans le rouge. Conseil avant de l'enfourner dans votre platine CD: baissez le son, sinon vous allez VRAIMENT souffrir; surtout quand il va falloir passer à la caisse de ventre revendeur hi-fi pour changer vos enceintes. Musicalement, $&$ frappe encore plus sous la ceinture. Son noise rock répétitif s'acoquine plus encore avec l'indus terrifiant, arme sonore de premier choix. Certains passages en infra basses assurent aussi l'extrême inverse, celle d'enfoncer votre sol de quelques centimètres. Sans compter les petits coups dans le dos, du type la blague pour cardiaques à base de "Hop, un coup de caisse claire/infrabasse/saturation au milieu d'un long silence" ou encore "tiens, j'ai un son bien strident, db dans le rouge sang à lancer". Le summum de l'album se trouve sur "people like you...really", avant dernière plage qui semble agonisé lentement sous les coups de boutoirs. Entre hurlement lointains et gargouillements de fin de vie, l'album précise ses intentions, se fait plus clair. La porte de sorti au loin aurait des allures d'Eno, accueillant à bras ouvert les rescapés. Mais vous n'êtes pas rescapés si vous êtes allez au bout: vous êtes simplement malades. Après tout, tout est déja raconté dans l'intérieur de la pochette: deux filettes sans visages, les pieds dans les cables, sortant des amplis orange et reliés à rien. Ce disque est profondément toxique, belliqueux, nauséeux. Et quelque part, magnifique.

TRICKY-Maxinquaye (deluxe ed.)


Même si depuis plus de 10 ans il s'agit avant tout d'un sujet quasi tabou pour les deux pôles intéressés, Tricky est et restera le gamin discret au chapeau ridicule murmurant d'une voix medium et légèrement éraillée dans les premiers clips de massive attack qui soutenait alors un album légendaire mais néanmoins vide car basé sur de pauvres boucles (magiques, certes) de quelques secondes. Mieux encore, il est l'auteur d'une bonne partie de Karmacoma dans lequel il apparait en combinaison bleu avec un anneau gigantesque dans le nez et présent sur le deuxième opus, injustement oublié mais habilement mieux composer finalement que son prédécesseur. Pour des raisons officiellement claires mais franchement obscures Adrian Thaws prend ses distances avec le groupe et rencontre la jeune mais indispensable Martina Topley Bird, muse immédiate du monsieur, future femme, mais aussi la seule dame à pouvoir probablement tenir tête au kid puisqu'elle restera dans les parages pendant une période d'au moins 3 ans. Très vite, Tricky, cet apprenti sorcier du son au talent sur va sortir un premier enregistrement du nom de maxinquaye (en hommage à sa mère). Cet album va inscrire notre homme dans la légende, lui permettant de faire les couvertures les plus prestigieuses (et d'autres moins), s'inscrire dans la liste des artistes importants à suivre. Car l'album est avant tout une pépite de musique moderne, récompensé à sa juste valeur. Une musique électronique sombre et habitée, qui traite sauvagement avec le dub, le hip hop et le rock, produit par un punk. Car Tricky est finalement un punk a cette période. Produit avec un studio assez simple, beaucoup de passion et peu d'autres choses, il accouche d'une oeuvre riche mais accessible, sauvage et délicate, fine et grasse. Plus tard, le producteur de l'album révelera que Tricky a en fait eu le cheminement inverse d'un musicien classique. Contrairement aux autres, il a épuré jusqu'au plus simple les morceaux de ces démos, ne laissant que ce qui lui paraissait essenciel. Tout devient logique: l'aspect obsédant de ses compositions mutantes et instables semblent bel et bien tenir de ces motifs minimaux, répétés tels d'obscurs mantras. Magie noire et fumée verte. Il s'y ré-approprie son karmacoma qu'il renomme overcome et qui ouvre son album-si ce n'est sa discographie- comme un résumé: Beats langoureux mais assurés, voix féminine, ambiance narcotique ( cannabique pour notre homme serait plus judicieux). Surtout nait le problème de pouvoir ranger cette rondelle dans une étagère chez le chaland. Indescriptible. Il y sample aussi bien Isaac Hayes (taquin, il va se fritter avec Portishead sur le même terrain de jeux) que les Smashing Pumpkin, transfigurant les originaux pour les remettre à la sauce Tricky, conviant Alison Goldfrapp à ensorceler le bien nommé "pumpkin". Un des morceaux de bravoure du disque est la magnifique reprise de Public Enemy, Black steel. En défigurant totalement l'originale Tricky lui change sa robe , la couvre chaines et fait chanter les paroles d'un vindicatif Chuck D par la voix mangifique et envoûtante de sa compagne. Entre les merveilleusement lourds et obsedants "ponderosa" et "Aftermath", il fait également chanter des insanités à sa jeune muse sur Abbaon fat track. Mais même timide, le "kid" execute de sa nerveuse voix abimée un magnifique "Brand new.." sur une ligne de basse qu'on jurerait volée a MJ, pendant que Martina rap comme une enfant. Comme souvent au coeur des années 90, l'engouement pour un artiste est très rapide et parfois surfait. Thaws créée l'enthousiasme, on y voit l'avenir, rien de moins. Mais La suite de la carrière va y gagner d'une manière totalement imprévisible. La légende veut que le monsieur, un jour, au cinéma avec une copine entende son album passer dans la sono de la salle avant le film. Fou de rage, il décide alors de saborder sa propre carrière. Mais Le recul aidant, il va lui donner un magnifique coup de pouce sans qu'il ne s'en rende compte.
L'édition présente aujourd'hui propose un interessant document dans le livret sur l'impact du bonhomme et sa carrière. L'album est remasterisé, et surtout, un second disque gonflé de remixs de l'époque, issu des maxis ayant entouré l'album, ainsi que 3 plus récents, réalisé pour cette édition. Les trois remixs en questions ne sont pas tous remarquables. Et du coté des antiquités, la qualité est au rendez vous mais aucune pièce n'est indispensables. On regrettera l'absence des morceaux réalisés avec les GraveDiggaz de RZA et Prince Paul à l'occasion de l'EP 'The Hell'.

LARGE PROFESSOR- The LP


Comme quelques autres disques de hip-hop en ce moment, celui-ci se sera fait attendre. Dans un cas qui pourrait ressembler à celui de Raekwon et Q-Tip, Large Pro sort enfin son LP, 13 ans après la date initialement prévu. Quand la galette atterie dans la platine, pas de doute, on replonge dans les 90's. La musique y est lourde, épaisse, savoureuse. Large Pro a concocté des beats classiques, efficaces. Les samples y sont pour beaucoup. Comme nombre de bons producteurs de hip-hop, il met son oreille et sa connaissance d'une (probable) riche discothèque personnelle au service de compositions ramasées. Des cors ici et là, une guitare électrique tout en retenue pendant que les scratchs et samples vocaux assurent les passages sans MCing. Des samples de piano brumeux, d'une autre époque s'interposent, se calent après un beat funkadelic de feu. Ici, pas de prouesses techniques improbables, pas de breaks impossible. On est dans l'école Pete Rock et C.L. Smooth, A tribe called quest, celle où le poids de la production, colossal, assure l'essence même du disque. Sur d'énormes basses, Large Pro délivre 18 plages dont on se délecte avec plaisirs, l'impression de déambuler dans les rues de la grosse pomme, walkman CD et casque sur les oreilles, la fumée sortant de la bouche d'égout dans les pattes, direction fat beats.

PLATE TECTONICS & SENSATIONAL- s/t


Bizzarerie parmis les bizzareries, ce disque ne semble pas exister. A la recherche d'infos, on dégotera un exemplaire en vente sur une plateforme et une allusion sur le site de l'excellent disquaire New Yorkais Other Music. C'est à peu près tout. Même pas une allusion sur le pourtant complet (!) discogs. La musique du disque s'inscrit dans cette logique imparable: un groupe qui semble américain execute un rock massif (c'est un live dégueu mais le grosse caisse semble dévastatrice), mélange de kraut moderne et de noise synthétique. La bonne idée? Pour ce groupe anonyme, il ont demandé à Sensational, le MC le plus cramé de l'histoire du hip hop de venir parader devant leur public. L'homme à la voix saupoudré de crack éructe quelques tirades qui semble ego trip deluxe sur le groove instable et crasseux des blancs becs derrière. Tout en claviers et en basse, pas de guitare par dessus la batterie obsédante. Probablement la sortie la plus étrange du répertoire de l'ex-Jungle Bros. Et probablement un groupe déja mort. Comme ils disent sur OM: "Hip-hop freestyle over post no-wave beats... 100% NYC."

TOM WAITS-Glitter & doom live


Même pas au courant. C'est mon confrêre, ex-espagnol, actuel néerlandais (il a enfin compris!) qui me lance l'autre jour, lors d'une réunion de rédaction "t'as écouté le Tom Waits en live?". Stupéfait, alors que je remerciais notre assistante pour l'excellent café qu'elle nous procure je questionne:"quoi?". Sans attendre la réponse, je recherche sur la toile l'info sacré, un live de tonton serait plus que bienvenue. Notre stagiaire rétorque qu'au vu des derniers live du monsieur, si le disque est une prise de la tournée 2008, ça sera "forcément" un bon disque. Sans écouter le bruit du vent ni les qu'en dira-t-on, notre stagiaire, Kevin, part à la pêche au précieux disque. 3 feux rouges grillés plus tard, il revient de chez Anti avec l'objet du délit. Il précise "y'aura un vinyl, mais sans les bonus". Bonus? Un second disque, composé d'une seule plage compilant les petites blagues de tonton, avec ses petites mélodies boiteuses au piano. Mon niveau d'anglais (LV1) n'étant pas suffisament bon pour rester concentré pendant toute la durée du disque (où y sont les sous-titres bordel? Assistante!!!) nous tentons, tous ensemble (la rédaction) de dechiffrer ce qui se dit sur la galette. Oh, je me rappel surtout de ce truc que tonton a dit au Rex, en regardant un mec au premier rang (le mec s'est vidé, tonton qui te fixe, ca fait peur, même à Iggy Pop): "Quoi? Tu bosses toujours à l'aéroport? Ah... cool pour toi, cool pour toi." J'avais beaucoup ri. Tu te rappels pas que j'ai parlé de ce concert? Cherche dans la barre des archives, ca devait être à l'été 2008. Il me semble que je parlais d'un concert de tonton comme d'une évènement qui n'arrive (peut-être) qu'une fois dans une vie. Bon, maintenant l'assistante change de disque, et baisse un peu le son: tonton éructe dès la première seconde, et ça fait peur aux voisins-nos locaux sont situés dans un quartier chic, les voisins sont rapidement effrayés. Kevin souligne dès le début que la performance semble assez impressionante. Je confirme. L'ex-espingouin se mord les doigts. Il regrette d'en avoir tant fait sur psychic TV maintenant qu'il entend enfin le [vrai] maitre lui dicter ce qui est juste dans ses oreilles. Tonton n'utilise pas une voix simple, qui se change. Non, tonton est devenu ces/ses voix, il est une sorte de monstre, un imitateur de la peur qui a perdu son faciès réel. A part chez Jarmusch, il est peut-être impossible maintenant d'entendre la voie de Waits. Cette présence vocale qui mène ce rock bancale, ce blues dépouillé, ce jazz crevé si brillament. L'assistante observe (bien qu'on lui ai rien demandé) "il est bizarre ce son". Elle a pas tort, la bougresse. Parce que Tonton a réussi un coup de maitre, tout simplement: son disque live, ressemble à ses lives. Mieux encore, si la prestation (en fait ce sont plusieurs prestations assemblées en une seule) semble aussi puissante, c'est aussi dûe à la production. Le son parait presque vieux, comme un live poussiéreux, déterré d'une vieille bande analogique. Mais confère un caractère à l'ensemble totalement jouissif. Le cabaret ambulant, ses monstres et spectacles itinérants sont désormais dans votre chaine. Le seul regret réel de cet objet, c'est le visuel, observe Kevin. La pochette reprend l'affiche de la tournée, tonton y apparait vieillissant, et les magnifiques photos d'intérieur ne bénéficient pas d'une impression qui peuvent leur rendre justice. Seul point noir d'un disque magistrale. Un live qui retranscrit magnifiquement et au plus juste l'étonnant spectacle.

RAEKWON-Only built 4 cuban linx...part II


Oui, il l'a refait. L'album était attendu depuis des plombes, et bien que l'aura mythique et mystique du Wu demeure, la qualité des productions n'est plus celles des années 90. Raekwon n'a pas abattu de suite digne de Only built 4 cuban linx jusque là, comme incapable de faire mieux que son premier jet, album de gangster multi-pêté de thunes, le genre de gimmick qui peut être agaçant. Le bonhomme a bien compris que si il voulait cartonner à nouveau, il devait jouer la carte de la suite exact. Même iconographie (on notera le costard en satin violet, quand même), nom de l'album en forme de suite du premier, Raekwon s'est reconfigurer comme il y'a 10 ans quand il sortait une des pièces maitresses de la galaxie Wu. Au casting, RZA est nettement moins prédominant, et la production alterne missiles de Pete Rock, de Dr Dre (qui a trouvé le temps de bricoler quelques sons entre le design d'un casque et faire sa compta qui gonfle avec la réedition de son album culte), Erik Sermon (producteur de Redman et ça s'entend ici) et surtout J Dilla, qui semble n'avoir jamais été aussi productif que depuis son décès. On notera parmis les autres hommes de l'ombre la participation de Necro, l'homme qui faisait passer Eminem pour un enfant de coeur avant de le faire passer pour un gringalet. Le tout est relativement homogène, malgré les provenances des productions. On ne peut cependant par nier que RZA demeure le plus pertinent du lot. Ses morceaux sont comme souvent habités de cette chaleur si particulière, celle qui confère une vie inaliénable à chaque disque du monsieur, qui donne cette impression de richesse sonore, de maitrise d'une ambiance unique où les samples dépassent le bout de musique découpé et réarrangé pour devenir des entité soniques, des bouts de mémoires sonores. La preuve sur l'excellent Black Mozart, où RZA convoque une voix féminine sur fond de clavier opérationnel pour halloween, ou encore le magnifique premier extrait de l'album, New Wu, où les samples vocaux de vieux disques de soul habillent au mieux les flow du trio Meth/Ghostface/Raekwon. La partition vocale est impeccable. Les MC du Wu n'ont plus grand chose a prouver, fluidité et habileté vocale sont comme des marques de fabrique. L'alternance prédominante entre Raekwon et Ghostface fait des merveilles, et les interventions plus rares (encore Methodman, par exemple) mettent judicieusement les voix et flows de chacun en valeur. En somme, se dégage l'impression d'un gros travail sur l'ambiance générale des voix, comme si chaque intervention ne devait pas être qu'un simple remplissage de blanc, mais bien un moment clé. Et ce disque, au final, en regorge, de ces moments brillants, où tout semble idéalement orchestré. Raekwon, avec sa voix sifflé, qui semble parfois avoir du mal a trouver le coffre nécéssaire n'est cependant jamais à la traine, toujours impeccable, carrée. Un disque qui s'est fait désirer, mais qui tient ses promesses, peut être contre toute attente. They will rob you!

TRICKY- Tricky meets South Rakkas Crew


Oh! Là! Un faux pas! Alors que Thaws retrouvait les faveurs d'un public et d'une critique, voici le disque dont il aurait du se méfier. Bon, visiblement, ça n'engage que moi, parce que je vois déja quelques bons retours sur ce disque. Pourtant, rien à faire, je le trouve médiocre. Il confie les bandes de Knowle West Boy à un posse de producteurs de dance hall, qui ont aussi bien habillé Bounty Killer et Sizzla que remixé Timberlake ou Britney. Le résultat oscille entre dubstep sauvageon un peu pute dans le meilleur des cas, et dance hall ragga mauvais gout dans d'autres. Le disque est dans son ensemble peu habile, plutot grossier, et on relève même ici et là le pire fléau de tous les temps (non, pas un groupe de post hardcore): de l'autotune sur des voix de MC Jamaïcain.

jeudi 3 décembre 2009

MELT BANANA- Melt Banana Lite live: ver. 0:0


L'exercice live est assez périlleux quand on y pense, parce que dans la plupart des cas c'est soit: Un best of déguisé, et qui en général s'en tire bien parce qu'il à de la gueule dans cet accoutrement (le best of); Une fin de contrat qui s'éternise et qui voie là l'occasion d'en finir bien plus vite; soit un outil pour affoler la pompe à fric des fans d'un groupe, qui de toutes façons lacherons les roubles sans poser de questions. Là où ça marche parfaitement avec Melt Banana c'est sur scène, le groupe est excellent. Ils l'avaient déja prouvé avec l'enregistrement proposé par Tzadik (Zorn et sa pompe à fric perso, celle qui marche toujours bien) à la fin des années 90: le live aparaissait dans ce cas précis comme le disque le plus réussi du groupe (et sans pour autant infliger au reste de discographie une labelisation de second rang). Bref, un second live, comme pour montrer les autres, ou les nouveaux grands moments du groupe, 10 ans après le premier. A l'écoute, tout est parfait. Le son est puissant, tout ressort, et le grain live est indéniable (même si le public est absent). Très belle performance, belle traduction sur disque (un peu court, et j'aurais aimé me délécter une seconde fois de la reprise des Beach Boys mais bon) de ce que le groupe à dans le ventre. Et on se serait arrêté là si notre curiosité n'avait pas élucidé ce mystère qu'est le titre même du live: "Melt banana LITE". Tiens? Pourquoi LITE? C'est loin d'être accoustique comme disque me ferait dire une première impression. Recherche, et hop, voilà la vérité, nue: LITE signifie que Melt Banana faisait sa propre première partie en éxécutant ses morceaux uniquement équipé d'une batterie (pas encore la maitrise d' ANB pour une BaR visiblement), d'une voie (on l'aurait déviné), et de synthés & samplers. Donc le gros son qui tronçonne sévère sur tout le disque n'est pas une guitare, et les effets en tout genre, les bruits de sirènes, larsens, boucles ne sont plus issus d'une simple 6 cordes. L'inventif, l'excellent même j'ose dire guitariste du groupe Nippon oeuvre ici uniquement derrière des machines pour remplacer son jeu de guitare si singulier. La différence est cependant quasi imperceptible, mais le groupe présente la performance comme étant plus libre encore que la formation classique. Par cette petite astuce, Melt Banana traduit donc encore un peu plus son audace, sa personnalité. Et ce live dépasse donc sa fonction première et s'avère être un habil exercice de style, mené avec brio, tant le travail fourni par le cinglé masqué est ici fort concluant. Pour ceux qui ne sont pas exaspéré par la musique du groupe, ce live est donc hautement recommandé!

MELT BANANA-Initial T.


Est-ce parce que ce disque est petit (un 7" pour le vinyl, un 3" pour le CD) que je n'ai trouvé aucune photo assez grande de cette pochette? Le mystère restera complet, j'avais qu'à faire un scan! Trois morceau, moins de 5 minutes, Melt Banana continue sur sa lancée, même si la pop récemment employée par le groupe est ici totalement absente, on est bien chez MxBx, total noise rapide. Ceci dit, reste la voix de Yako, que je trouve de moins en moins agréable, moins "aigüe" qu'au début, qui frole la mégère J-pop désagrable désormais. Cela dit, elle n'affole plus les bêtes sensibles aux ultra-sons.
ps: au moment de la mise en page de la chronique, je me rend compte que la petitesse de la taille de la photo incriminée ne se ressent pas au final. Tant pis, je laisse, sinon la chronique sera vraiment trop courte, on va encore dire qu'on se branle de tout.

THE PRODIGY- invaders 7"/CD EP


Juste pour le plaisirs: Un CD qui contient un inédit (Mescaline dégainé sur scène à plusieurs reprises depuis 2 ans), et une version du premier single (qui semble donc être le dernier, la boucle est bouclée?) qui traduit au mieux ce que le groupe est sur scène: rapide, sans concessions, puissant, agressif. Liam Howlett parle de la version vinyl (un des rares 7" officiels de la discographie du groupe, vert de surcroit) comme suit: "im luvin our green vinyl 7inch of invaders, pure 70s punk rock." Je ne parle pas des remixs, tous calamiteux, depuis le début.

WARP20-Unheard


Finalement, voici le troisième volet. Fallait-il l'attendre alors? Oui. Des inédits de chez Warp, collecté dans un objet fort esthétique -précision oublié sur le précédent rapport: l'unité graphique de Warp pour les disques anniversaires est toujours réjouissante. Bien sur, je me garderais bien de parler du coffret qui coute un rein, je n'ai pu que le tenir dans mes mains, tout fébril dans son cellophane, et observer les photos disponibles sur internet, on est sans le sous, et pas qu'à moitié.

L'arnaque (parce qu'il y'en a une) est dans la datation de l'objet. On pouvait s'attendre à des inédits de l'année en cours, sorte de preuve que nos formations chéries allaient pondre du disque dans les mois à venir. Que nenni, la majorité des morceaux offerts ici sont issus de périodes déja fort loin. Autechre -dont la simple écoute du morceau nous l'indiquait ceci dit- ressort un fond de tiroir de 91, soit l'époque ou son "IDM" cesse d'être techno mantronix-ienne pour flirté avec l'ambient rythmée. Le morceau de Flying Lotus, assez vieux (par rapport à la discogrpahie du monsieur) est remarquable, un morceau dénué de rythmiques, profond mais légèrement court. Finalement, on aimera surtout ce disque exactement pour la raison inverse du volume précédent: le morceau de Boards Of Canada. Le duo le plus discret de l'écurie (5 concerts en 20 piges de carrière) délivre un morceau incroyable, progressif, mélodique. Il faut dire que la plage est issu de l'époque "bénie" du groupe, celle où le duo arrivait à maturité pour enregistrer l'excellent Geogaddi -j'ai d'ailleurs lu je ne sais où que ce "nouveau" morceau sonnait "moins analogique que leurs précédents disques" ce qui semble donc totalement erroné. Bref, si vous n'en choisissez qu'un, optez pour celui-ci.

mardi 24 novembre 2009

BOREDOMS -Super roots 10


Il a vu le soleil, et visiblement, ça lui a non seulement cramer la rétine, mais aussi un morceau du cerveau. Il lève les bras et danse. Sa transe est personnelle, il est désormais seul mais toujours entouré de tambours. Les percussions sont le seul instrument qu'il semble tolérer. Il y'a bien quelques synthés. Plus de guitares, si ce n'est ces manches (?!) qui lui servent ici aussi de percussions. Il ne chante rien, il vocalise; il ne hurle plus, il vocalise. Il n'est plus accompagné d'une chorale monotimbrale (cf. Super roots 9), il vocalise-seul. Il ne sort plus de disques réels, il transe de temps en temps en studio une idée. Une seule à la fois, le bout de cerveau qui reste pourrait mourir d'indigestion. Il a bien compris que son truc n'était plus vraiment le genre à trouver les grâces des fans de Zorn et de metoool evil. Alors il confie sa bande aux mains expertes -ou pas- d'autres qui, comme lui, joue sur la transe, la répétition, ce chamanisme sonore dont il semble bien un des rares représentants suffisament fêlé pour de toute façon probablement tout foutre en l'air un beau jour. Entre son de lazers, nappes cosmiques, embarquements maritime de batterie en raz-de-marrée, il domine un univers que personne d'autres ne peut approcher. Les remixeurs tentent, sans trop de ratés cette fois de suivre. Ils y transforme le son aquatique en une sorte de Funkadelik de Detroit. Sinon, il est un peu seul sur son ile, malgré ses éxécutants, toujours présent. Un caprice? Oui, il y'a 66 batteurs. Un second (caprice)? Oui, il seront 77 l'année suivante. 99 c'était un peu trop. On recoupe à 9. 88 ça se divise bien en revanche. Mais sinon il demeure seul. Sa copine la timbrée? Elle bruite dans OOIOO quand il n'est pas d'humeur. Donc oui, il est seul, il lève les bras seul, il danse comme un crétin, les ampoules aux mains. Il est seul et cintré. Yamatsuka eYe est seul et cintré. Pourvu qu'il le reste.

ps: contrairement à ce qui est dit dans Noise, il existe une version CD de ce disque sur un label japonais. Le format de la pochette limite ainsi la possibilité d'une crise d'epilepsie.

WARP20- recreated


On avait parlé d'un live épique qui ferait sortir Boards of canada de sa cambrousse, il n'en fut rien. On a parlé d'un coffret qu'en fait seul un trader de la city peut se payer. Et 3 volumes issus de cette boi-boite pour les petites ressources. Le premier est une compilation, donc à l'intérêt limité, surtout que les compils pour les 10 ans étaient déja bien fourni (ou est donc "can U relate" de DJ MINK?). Deuxième volume: les reprises du catalogue warp par des artistes Warp. Voyez vous, cette chronique va être courte: c'est raté. A part les deux reprises de LFO qui me paraissent bien foutues (notamment celle de Vibert qui reprend plutot bien "LFO"), le reste est chiant à crever. Le pire? Sans conteste les reprises de Boards Of Canada: sans virer au fanatisme malsain, il me semble que les deux reprises ont raté un aspect essenciel de BoC. Les écossais ont formé leur musique sur l'équation d'un psychédélisme singulier (70's délavé) et un amour du hip hop quasi invisible sur les récentes productions mais qui se justifie largement. Ici, deux reprises plutot folk aéré. Etrange. Ceux qui s'attaquent à AFX ont aussi un soucis de compréhension, et personne (ou presque en fait) ne s'attaque à Autechre. Le reste manque souvent de corps, de substance. Et manque un petit Anti Pop Consortium ou un Battle pour compléter un catalogue qui semble en ruine avec ce triste objet. C'est pourtant un bon label... On attend vraiment les inédits?

MASSIVE ATTACK- Splitting the atom


C'est tombé aujourd'hui, après 3 ans de retard, l'album ne s'appelera pas weather undergound mais heligoland. Et la moitié de l'EP présent ici sera reproduit. Et la pochette sera moins belle que celle-ci. 4 titres, deux fois plus que les ajouts de la compilation de 2006, mais pas de traces de Marrakesh, Dobro etc...soit les morceaux distillés par le groupe depuis une bonne grosse année sur scène. Au sample lointain rapidement ejecté par les claviers, splitting the atom remet au gout du jour le massive en hibernation depuis 98: Daddy G et 3D accompagnés de Horace Andy assurent tous trois les voix. Le beat est dépouillé, simple, handclap et gros kick. Les claviers en contre temps me rappellent les Specials. 3D souffre du même syndrome que Bono: plus il vieilit, plus sa voix semble jeune. A l'inverse, G se creuse encore les cordes vocales pour un corps-à-corps direct avec la basse. Puis Adebimpe de TV on the radio pose tranquilement sur un long morceau à la complexe et progressive construction. Enfin, deux remixes: le premier est tiré d'un titre de l'album, Pysche, interpreté par Martina Topley-Bird, le second une version presque "techno" du morceau d'ouverture des lives du groupe. Psyché est un morceau étonnant grâce à Martina qui lors du refrain file un vertige énorme de par l'incroyable charisme de cette voix qu'on d"écouvrait il y'a déja 15 ans. En téléchargement (berk!) ou pour les plus fortunés, dispo contre la modique somme de 20£ en vinyl.

HYPERDUB- 5 years of hyperdub


Encore une fois, si le dubstep a un gout de crasse sale qui se répand sur la musique électronique des années 2000, Hyperdub semble bien être le représentant le plus fier aujourd'hui en activité. Peut-être même un des labels les plus excitants de musique électronique-tout court. Et la musique délivré par le label est loin des jeunes gens en fluo, tout content, tout heureux qui pullulent et polluent une musique qui ne cesse de sombrer. Chez Hyperdub, on sent comme un héritage de Basic channel, comme une suite logique à ce que fut la techno, avec ces sortis sans concessions, ces artistes qui réclament l'anonymat et qui fuient toute forme médiatique. La preuve? Quand libé veut faire un papier sur eux, la rencontre se fait après un périple laborieux, dans une cave d'un club en fin de vie. Pas à la "fabric" ou au rex club en somme. La crasse, elle est liée à la géographie-même du label: Brixton. Le sud de Londres. Je ne sais pas si elle y'est encore, mais il y'a quelques années, à la sortie de la bouche du metro de Brixton, un pick up dévasté servait de socle pour un panneaux à LED indiquant un message rassurant du type "si vous vous faites agresser, donnez tout, ne résistez pas, ne soyez pas une victime de la rue". Il n'y a probablement pas d'autres images plus claire pour envisager le quartier sud de Londres. Et comme un périple nocturne au coeur du quartier, les disques Hyperdub sont sombres, sinueux, grouillants, lourds. Les inédits de King Midas Sound, de Burial, de Kode9 promettent des jours pires encore. K Mart et sa nouvelle muse asiatique promettent aussi une jolie collaboration, tout en sonorités 8bit sur fond de beats dévastés et lacérés de strates de claviers. Les classiques qui sont exposés sur la seconde galette sont aussi bons. La reprise fantômatique de Ghost Town par Kode9 est une terrible expérience, gavé de basses profondes, tout comme l'excellent 9 Samouraï; Burial extirpe de ses albums les morceaux les plus émblématiques avec ses beats craquants et ses samples qui s'évaporent. Entre ses grands représentants, se cache de plus obscurs pépites encore. Un objet qui retrace au mieux un label bourré de réjouissances tout en s'éloignant du genre qui la vu naitre.

jeudi 19 novembre 2009

Pissed Jeans - King of Jeans

On a eu la reformation des jesus lizard. On les a même vus live. Ils nous ont même deboité. Ils nous ont fait penser qu'Iggy n'était qu'un satané faux crooner sur le retour. La relève venait du passé. C'était sans compter sur ce disque. Autant le dire, la formation ne m'excitait pas du tout avant. Mais alors là, ils assument le meilleur nom de groupe du monde. Avec une envie urticante de les enterrer, ils nous la font à l'envers. Le riffing est sans complexe, toujours plus rapide, toujours plsu ramolli, toujours plus bordélique, toujours plus braillard, toujours plus insolent. Pissed Jeans c'est un peu le même effet que lorsque t'as bu milles bières, que t'arretes pas de devoir secouer ta bite humidifiée partout , que ta vessie est en open source. King of jeans c'est surement le meilleur truc qu'il soit arrivé au punk depuis les jesus lizard. Ca meugle, ça envoit, c'est malheureusement (ou heureusement, on en sait foutrement rien en fait, et surtout on s'en tamponne) signé sur Subpop, et ça relève les lettres de noblesse du label. A l'heure où certains pisseux se pignolent sur les 20 ans d'un disque passéiste (Bleach de Nirvana), d'autres sortent leur disque majeur, qui fait l'effet d'un airwicks sur tes boules. Un putain de brin de fraicheur disrtordu, mélodique bluesy et noisy. Je comprends que l'iguane soit passé du côté merdique de la musique. Ses suiveurs l'ont définitivement enterré. Samedi, c'est bombe pipi.

jeudi 12 novembre 2009

MASSIVE ATTACK-Zenith


Troisième jour de cette trilogie qui finit bien. La dernière fois que j'ai mis les pieds au zenith, c'était pour me moquer de NIN, chose qui encore aujourd'hui me ferait rire si seulement je gardais le moindre souvenir clair de cette soirée, ce qui n'est presque pas le cas. La seule chose que je garde préciseusement en mémoire, mais pas seulement à l'issu de la blague de Reznor c'est que le zenith, et ce depuis 2006, dispose désormais d'un très bon système sonore. Entre Tool à l'été 2006 et le même groupe quelques mois plus tard dans la même salle, le fossé était considérable. Pour cause, il semble bien que la salle ait refait (elle-même avec ses petits bras?) sa sono. Depuis, chaque concert a été rigoureusement soutenu d'un son bon, voir très bon malgré la taille de la salle. Tool donc, mais aussi Beastie boys (2007), Portishead (2008), Prodigy (2009), NIN (idem) et Massive attack donc, disposaient d'un son limpide et fort agréable.

Bon, arrêtons là le constat et parlons un peu de Martina Topley Bird: la compagne que Tricky n'aurait jamais du laisser filer ouvre aujourd'hui pour Massive. Contrairement à mon collègue d'espagne, je ne trouve pas son set chiant, loin de là. Martina propose une sorte de cabaret électronique bien mené et fort agréable. Pour le coup, la voici accompagnée d'un ninja-troubadour-homme-à-tout-faire qui assure batterie, guitares, percussions, cascades, cajon, cymbales dépliée (??) et bruits-de-la-nature-recré-avec-des-objets-insolites. De son coté, de rouge vêtue, MTB assure piano, loopstation et guitare sur un dernier morceau en un seul riff au final. En français, elle nous explique surtout, en plein milieu de son set, que la semaine dernière est ressorti le "premier album auquel j'ai collaboré": bonheur absolu pour mes petites oreilles, et c'est pas faute d'avoir vu Tricky plusieurs fois, je vois enfin l'improbable à savoir Martina chanté "Overcome" (qui fera doublon avec "karma coma" qui sera plié quelques heures plus tard).

Massive Attack sur scène est désormais une puissante machine de guerre: de longues barres à LED en fond, une batterie éléctronique non assuré par le batteur classique de Massive, Andrew Small, mais par un jeune remplaçant nommé Julien Brown, une autre accoustique depuis 2006 tenu par Damon Reece, ex Echo and the bunnymen et ex Spiritualized. Un set de claviers tenu par John Baggott (portishead) cette fois, et une table pour les deux architectes du groupes. Enfin, les emplacements pour Winston Blissett (Basse) et Angelo Bruschini en plus des emplacements (micros & claviers) pour Robert Del Nadja, Grant Marshall, Horace Andy, re-Martina Topley Bird et une autre chanteuse qui n'est pas Nelson (ce qui est improbable vu qu'elle hait Massive, et qui fait donc ressortir Badu de ma platine, cqfd.) compose l'imposant plateau. Small et Baggott montent en premier et lance une séquence électronique d'une lourdeur étouffante, comme un Autechre sous drogue. Le beat est accompagné de sons défragmentés, entêtant, pendant que Baggott soutient derrière avec d'épaisses nappes: le début de concert n'a rien à voir avec le très fatigué false flags qui ouvrait il y'a 3 ans. Ici, dès les premières secondes, l'ambiance est plus apre, guerrière. Le début du set est orienté vers les morceaux de l'album à venir. D'après les set lists qui trainent sur le net, "bulletproof love" ou "babel" sont des titres des nouveaux morceaux éxécuté ce soir (et les autres). Le tempo semble s'être acceléré chez Massive sur ces nouveaux morceaux. Plus ramassé, plus tendu, la musique du groupe semble puisé vers le post punk et la new wave encore plus qu'au temps de Mezzanine. Un morceau me rappel aussi étonnament "Reflection", face B d'Inertia Creeps. On aurait presque pu rêver d'un superpredators qui n'aurait pas fait tache.

Au bout d'une poignée de nouveauté, MA se remet son public dans la poche en entamant Risingson, à mon sens un des meilleurs morceaux du groupe. Le son est maitrisé, puissant. Les tremolo de la guitare sont de magnifiques éclats au milieu du jeu complexe qui oppose les deux batteries et les différentes strates de sons. Grant Marshall pose sa voix grave en contraste complet avec celle, qui semble rajeunir, de son accolyte Del Nadja. Plus loin Futurproof a des allures de chaos indus, avec un final ultra noise. Derrière le spectacle musicale, les barres lumineuses alternent lumières, vidéos (assuré par un artiste français, exceptionnellement), donné chiffrés, actualités du jour ("Sarko roi du pipeau" et la salle s'enflamme: je savais bien qu'à 45€ la place de concert, j'allais être entouré de prolos). Devant, quand 3D ne semble pas être un jeune évadé de son asile, le groupe (c'est à dire le duo) s'ecclipse totalement laissant place aux éxécutants et invités le soin de faire vivre Massive Attack, comme sur Angel ou teardrop-par exemple.

Teardrop justement est encore retouché. La version présenté est moins pute que la version horriblement mielleuse joué en 2006. Sans Fraser mais avec Martina, le morceau semble être dépouillé, demeure seulement un squelette de dub minimal où la chanteuse assure de sa terrible voix les lignes chantés 10 ans plus tôt par la représentante des Cocteau Twins. Il est très curieux de voir Martina évolué au sein de Massive: la légende veut que lorsque Tricky ait rencontré la jeune femme (alors agé de 15 ans) il l'enregistre et fait écouter le résultat à Massive qui se montre complètement ininteressés. Tous ce beaux monde semble être revenu du Knowle West Boy (pourtant dans les loges d'après certains, sur le point de chanter avec ses ex-compagnons le lendemain d'après certaines rumeurs) ce soir. Puis Mezzanine, le morceau inquiétant qui donnait son nom à l'album de 98 est tout comme Risingson déclamé dans une matrise et une puissance dont la salle se délecte. Safe from harm est totalement méconnaissable avec sa fin où tout le monde s'en donne à coeur joie autour de Julien Brown qui semble seul chef d'orchestre sur cette version épique, alors que Inertia Creeps, justement, termine en beauté la première salve. Après cela, le groupe a joué un peu convaincant unfinished sympathy, pompeux et pas trop à sa place (sans parler des effets de voix et autres déhanchés embarassants), qui suivait un tout frais "splitting the atom", morceau étrange (et plutôt réussi à mon sens) qui rappel les Specials de GhostTown. Enfin, Marakesh, se termine avant de laisser place à un remaniement bancale de Karmacoma en second rappel. Presque deux heures de concert. En sortant, on resonge à ce que l'on vient de voir, et l'on observe les réactions. Entre ceux qui se demandent qui est "la fille en rouge qui chantait", et ceux qui soulignaient que "les chanteurs jouaient pour les musiciens et pas pour le public en tournant le dos", on constate surtout l'énorme tour de force du groupe: arrivé a être "grand public" sans jamais faire de compromis. Le chaos totalement bruyant qui s'est abbatu ce soir nous conforte-même dans l'idée que le prochain groupe à être aussi exigeant et qui pourra rameuter autant de monde à ses concert n'est pas encore formé.

ANTIPOP CONSORTIUM-maroquinerie


Deuxième jour d'une trilogie qui continue bien. Cette fois-ci c'est Antipop Consortium qui continue "musique volantes", et c'est encore à la maroquinerie que l'on va se délecter d'un des groupes légendaires du hip hop indépendant. Ca sent un poil moins la sueur et la bière que la veille dans la salle. Et encore une fois, je ne m'étendrais pas sur Apcsi, première partie un peu indigeste: visiblement, le duo a tout misé sur la chanteuse, à la voix impressionante, mais aux mélodies évidentes sur des beats fades (voir complètement récupéré, comme si elle faisait un mash up sur un mp3 de son camarade) quand le bonhomme au béret ne fait pas le MC par dessus pour plomber encore plus l'interet du truc. Au suivant.

L'horaire est quasiement la même que la veille, visiblement, l'organisation a bien tout préparé. Antipop Consortium est un des groupes les plus emblématiques du hip hop experimental de la fin des 90's, début 2000 au même titre que Company flow, Cannibal Ox, Scienz of life, Edan, Sebutones, Themselves et d'autres. Après une séparation de quelques années (2002-2007 je crois) ils se reforment et sortent un disque. Album d'ailleurs assez discuté ("leur musique est elle encore pertinente?") qui vient ici prendre toute son ampleur. Le Quatuor fait plaisirs à voir. Earl Blaize aux platines et au sampler, M Sayyid à la MPC, High Priest au clavier, et Beans au MK s'installent et pendant une intro électronique un peu molle et inquiétante, on se remémorre les différentes implications du groupes (Techno Animal en tête) dans la scène musicale. Puis tous se retournent (car organisé autour d'une table) et lance le premier morceau, tiré directement de Fluorescent Black. Ce qui ne semblait pas gagné d'avance nous explose alors au visage. Le son est colossal, massif, les 3 mc's sont en très grande forme, et prennent plaisirs à être là. Leur talent de MC's prend également toute son importance. Les flow sont impeccables, précis, aucun ne semblent perdu. Entre les morceaux joué (massivement issu du dernier album), le groupe oriente son set vers des passages électroniques. D'un coup, le groupe fait penser à deux formations qu'ils estiment de toute évidence: les Beastie boys et les Residents. Les premiers pour cette alternance entre morceaux hip hop et instrumentaux, à la différence qu'ici, batterie/basse/guitare sont remplacés par de l'électronique. Les Residents pour ce même gout des sons étranges, parfois cosmiques. D'ailleurs, cette référence se voit confirmer rapidement lorsque Priest et Sayyid laisse Beans seul abattre "Thundermouth" tiré de son dernier album, basé sur un sample de "mark of the molé" des globes occulaires.

Quand APC entame ghostlawn, l'ambiance devient brulante dans la salle, le public est ultra réactif au glorieu single du groupe. Puis une impro plus loin(amputé pour Beans qui semble bouder) est suivi d'un rappel formé d'un Ping Pong anthologique, sur-puissant dans le son et l'interprétation enragé de Sayyid qui crie dans un micro gavé d'écho. Après un second rappel où les 4 semblent vidés de la moindre idée (un morceaux obscure aux machines, un beat et des sons bazardés en 2 minutes), le concert se conclut, laissant un goût de satisfaction: si sur disque le groupe peut laisser perplexe, sur scène, APC fait assurément partie des rares formations réellement interessantes du genre à voir absolument sur scène.

OXBOW-maroquinerie


Premier jour d'une trilogie qui s'annonce bien. Oxbow à la maroquinerie, en tête d'affiche: un concert que je pensais éviter à cause de finances justes, mais le souvenir des concerts précédents m'a rappelé à l'ordre. Aquisition d'une place. Après tout, Oxbow mérite d'être en tête d'affiche et vu la qualité de leur prestations, la (fuck) fête est difficilement manquable.

La première partie est assuré par Pneu. Je n'ai absolument rien contre le duo, mais à force de voir leur nom souvent revenir, et de lire trop de chroniques s'extasier sur leur musique, je n'ai qu'une envie réelle-et un peu adolescente: fuir cette première partie. L'excuse est toute trouvée: pas envie de trainer après le concert, faut manger avant.

Alors que tout le monde s'est bien gentiment dirigé dans la fosse, nous nous posons à un endroit stratégique de cette magnifique salle parisienne: derrière la console. De ce point, il est possible de jouir du spectacle visuel (car la salle est petite, donc pas besoin de prendre ses jumelles) tout en profitant du son otpimal, et en pouvant s'avachir contre la barrière. Magnifique idée que voici puisque le groupe s'installe juste face à nous, à coté de la console pour entamer un set accoustique. Dan Adams troque sa basse contre son violoncelle, Davis occupe un kit syndical, Wenner une guitare sèche, et Robinson, costard-moustache arrive en fendant la foule pour assurer une prestation sans micro. Autour, les gens en contact avec Eugène n'osent le regarder, baissent les yeux quand il se raproche car tous savent qu'aujourd'hui, ils sont en danger. Une paire de morceaux plus loin -pendant lesquelles le groupe instaure une ambiance pendant qu'Adams semble se débattre difficilement avec son immaitrisable instrument- le quartet refait le chemin inverse et entame directement avec Down A Stair Backward de Narcotic Story, soit un des meilleurs riffs enregistré ces 10 dernières années sur un disque. A la console lumière, comme d'habitude dans ce genre de concert c'est du grand n'importe quoi mais le début est particulièrement porté sur les light rouges, choix judicieux qui donne à Eugène se déshabillant progressivement un aspect de prophète des enfers, avec ses svastikas et étoiles (ne serait-ce pas un aigle impérial sur le torse fraichement ajouté à la panoplie du "tatouage polémique"? Ou un simple pigeon?). D'ailleurs, dans le lot des scènes improbables qui n'arrivent qu'à un concert d'Oxbow, il faut désormais ajouter lorsque l'ami Gulo tente de monter sur scène (éjecté au bout de 4 longues secondes par l'aimable chanteur), me rappelant -pour une raison que j'ignore- la scène où Bateman se sent happé par un concert de U2 dans le livre d'Ellis, version absolu. Scène immortalisée chez le voisin d'un magnifique cliché laissant croire à une eternelle semi étreinte entre les deux hommes.

Alternant entre des titres de Narcotic story, Fuckfest (fraichement ressorti) et Let me be a woman (Sunday en rappel), le groupe est impressionant. Dan Adams est la force tranquile, il laboure la musique par sa basse précise et puissante. Il écrase de lourds accompagnements mélodiques de par un son totalement maitrisé, hallucinant de justesse et de pertinence. C'est particulièrement remarquable sur le morceau d'ouverture. Wenner, l'architecte sonore du groupe assure ses parties de guitares avec une assurance déconcertante. Au coeur des structures flottantes qui semblent se dessiner, il est toujours extrêmement précis, pose au mieux ses riffs alors même qu'il donne l'impression (fausse) d'être à coté. Pour preuve, le musicien replaque les larsens exactement de la même façon sur disque que sur scène, genre d'exercice technique assez aléatoire pour un lambda. Enfin, Davis reste le batteur complètement génial qui assure à Oxbow une des rythmiques les plus impressionantes de la scène rock sauvage. Comme Crover ou Signorelli, ses rythmes sont habités d'un feeling remarquable, d'une exactitude bluffante face à l'apparente instabilité des constructions orchestrales. Chaque roulement est savamment administré, chaque frappe, ultra puissante, est sure. Tous donne l'impression d'une maitrise instrumentale jouissive, pendant que Robinson ne se force pas à jouer au chanteur, tant la musique et les paroles guident son attitude, sa voix. Avant le rappel, le groupe semble s'orienter vers l'éxécution d'un Shine anthologique, qui est en fait plus proche du morceau disponible sur le tout frais "song for the french", accompagné d'un "french", justement.

Tout comme certains autres groupes dans d'autres genres (the locust), Oxbow pratique une musique que d'autres tentent aussi de jouer, mais avec une intelligence qui fait cruellement défaut à bien des formations, sans jamais sacrifier la musique au profit de la démonstration stérile. Un groupe qui demeure remarquable.

mercredi 11 novembre 2009

Mobb Deep - Hell on Earth

Un homme à terre. Clairement un des disques les plus fascinants que le hip hop ait livré. Il y a des classiques indétronables de ce type, des disques intemporels, marquants pour une scéne. On pourrait en sortir quelques uns, vraiment prenants de bout en bout, vraiment ambiancés. Un beastie Boys, peut être, le Ol dirty Bastard, le premier Wu Tang, un Dälek (pour pas faire fan 90's blasé).
Mais concrétement, ce Mobb Deep est un des brûlots hip hop urbains les plus noirs. Dälek, d'ailleurs pas forcément mal cité á l'écoute de ces samples issus de mondes musicaux divers. Je me souviens avoir parlé de Gravediggaz ici même, pour ce côté face dans le caniveau, et sourire du joker. Pour recentrer, hell on earth joue aussi dans le caniveau, les tactiques du zonard, mais avec aucun sourire, juste une profonde noirceur. Ce disque est rempli de nappes, de sonorités diverses, sur les deux flows d'havoc et prodigy, un violon par ci, un piano par là, sur un fond de crépitement de flammes. L'enfer est réellement sur terre.
Le constat est simple: avec the infamoux, mobb deep livre ses deux chefs d'oeuvre. Pourtant, les deux sont trés différents. Là où le precédent laissait encore place instrumentalement à la gaieté, ou au trip musical, voire dans les paroles a un espoir (relatif), ce hell on earth est sans aucune concession de bout en bout. Ambiance nocturnes des deux côtés, mais lumineux et endiablé sur ce second. Mobb deep joue énormément avec la répétition de samples stridents, abusément déglingués et bancals. Ceux ci agrémentent des rythmiques toujours pilon, axées sur pas mal de caisses claires.
Quant au flow, le duo s'échange aisément le micro, mais laisse aussi la place à quelques invités de marques: Method Man et Nas pour ne citer qu'eux. Dernier album avant de vendre son âme au diable, c'est surement l'effet que produit l'enfer sur terre.
Indispensable.

vendredi 6 novembre 2009

WHITE MICE- GANJAHOVAHDOSE


Nous sommes menacés par une terrible maladie depuis quelques temps. Une pandémie mondiale pire que tout. D'abord apparue en amérique, cette maladie gagne progressivement l'europe et inquiète de plus en plus. Avant tout, elle touche une certaine frange de musiciens, qui sont tous plus ou moins issu du hardcore et dérivé. Certains ont même eu une période neo metal, mais ne l'admettent qu'à demi-mot. Les symptômes? Ils sont très simples à décrire. Ils se manifestent d'abord par le port obligatoire de t-shirts noires à l'effigie d'un groupe de rock'n'roll, le plus obscur ou le plus culte possible (au choix). Cela va ainsi du classique "black sabbath" au plus osé -avouons-le- Corrupted (par exemple). Les plus avenants ont même commandé des vêtements à l'éffigie de groupes tellement sombres qu'ils n'ont sorti qu'une cassette démo. De plus, l'aquisition d'un tatouage est monnaie courante. Une carpe, des fleurs, un crane, un slogan en latin, tout est assez éloquent et loin du cliché bien entendu. Ces musiciens ont une tendance naturelle à tout ralentir, dramatiquement, comme pour souligner que tout le malheur du monde, à porter, mine de rien, c'est lourd. Les accords de guitares sont souvent scandaleusement simples, mais efficaces. Oui, issu du hardcore, n'oublions pas qu'être un piètre musicien, en plus ne de pas être une tare, est surtout un truc à cacher absolument. Le batteur, souvent le pire de la clique, se contente de jouer affreusement fort histoire d'au moins faire croire qu'il a de la "gouache" (terme qui est apparu dans son langage à l'epoque du collège, alors qu'il découvrait machine head, et qu'il a transmis jusqu'à son amour de neurosis). Vu que tous se sont évertués à dresser une ossature musicale digne de ce nom ils embellissent au mieux cette première idée. Disposant d'un seul et unique riff enrobé de sa basse et de sa batterie ils décident de broder autour de ce thème fort nauséeux, en l'allongeant (7 minutes est un temps convenable pour un morceau court) au maximum. L'arrangement est alors un travail très subtil: sans disto, avec disto, sans guitare, avec guitare, sans deuxième guitare, avec deuxième guitare, sur les toms, sans les toms, avec basse, sans basse, avec disto, sans disto. Les plus singuliers ont même achetés un korg avec lequel ils ajoutent une nappe inaudible dans un passage des plus lourds et "chaotique" (terme utilisé pour décrire 80% des idées soumises par le guitariste dans la plupart des cas, aujourd'hui remplacé par le très en vogue "psychédélique"), c'est à dire un passage avec basse-avec cymbales-avec disto-avec deuxième guitare. L'autre astuce judicieuse, pour ne pas perdre les auditeurs c'est de tout gaché le peu de talent purement musicale qu'il restait jusque là en administrant une dose de chant. Celui -ci est forcément beuglé, et pas que de trucs malins. "I'm so lonely in the darkness of my room" et autre conneries sur "l'amour, la mort, la colère, la frustration et tout ce qui habite le groupe"est hurlé pendant 4 minutes (ca fait une monté de 3 minutes instrumentales pour un morceau court, vous suivez bien sur ?!) pendant que les autres font au moins l'effort de rejouer ce qu'ils ont lentement mis en place pendant 5 répetitions avant. Parfois même, quand le chanteur a eu un bac L, il cite Bataille, Céline, Debord. Enfin, cette terrible maladie se traduit même jusque dans le choix des visuels, souvent composé de créatures humaines ou pas, relativement déformés (un bébé sans jambes, un loup qui bave, un tigre-&-dent-de-sabre aux yeux rouges, des tentacules, un sorcier sans visage...) sur fond noir.

Certains autres groupes ont arrêté de se poser des questions depuis bien longtemps et essayent de faire du bruit le plus efficacement possible, en gueulant comme goret Ingram sur le boucan le plus pesant. Pour éviter d'avoir a regarder l'air mauvais le photographe embauché pour la promo, ils ont même couvert leur visage avec des masques crades de souris. Histoire que dans 20 piges, leurs mômes ne leur demandent pas pourquoi ils avaient des poses embarassantes quand "papa faisait du rock".

mardi 3 novembre 2009

Der blutharsch - Flying High

Toi et moi on a pris des pierres philosophales ensembles. On a entrevu les confins de nos peurs, pour mieux les tuer dans l'oeuf. Ensembles. On est arrivés à incarner notre esthétique rock n roll ultime, dans un rock industriel bardé de wah wah, sorte de Jimi Presley defoncé, complétement debridé. Der blutharsch avait peu à peu cassé la glace, pour s'enfoncer de plus en plus dans une folie énergétique psychédélique.
You and I we're Flying high. Notre épitaphe. N'ais pas peur baby, tu ne te rends pas compte que l'on planne juste complet. Lily Marleen est enterrée, les soldats aussi, et nous marchons mains dans la main dans ce cimetière guerrier, complétement stones, complétement highs, avec un sourire plus grand que l'holocauste. C'est juste toi et moi, complétement defoncés.
C'est aussi une belle poilade, pas forcément évidente au début, laborieuse dans ses retranchements, difficile à se mettre en place, car porteuse de sens. On a vus nos limites humaines, spirituelles, les possibilités se sont ouvertes en même temps que notre cerveau. Décuplons les possibilités, mais assumons les angoisses qui vont avec. Si tu tiens fort ma main, rien ne se mettra au travers de nous.
Beau comme un ours abbatu, sale comme une bourgeoise s'asseyant sur un vélo sans selle, mortuaire comme une procession de fourmis portant une miette de pain, kitsh dans certains effets comme du depeche mode plus qu'assumé, punk comme iggy sous prozac, Flying High en somme.

[bleu] - Sincère autopsie de la finesse

Le bleu comme couleur du vide, le bleu en contraste avec le blanc, représentant surtout la mer et le ciel, par symbole, donc pas grand chose. Associations d'idées manquantes, abstraction pure, le bleu comme un élément clinique. "La vie se trouve ailleurs". Les lignes continues se superposent, en couches, jamais trop pleines, fières d'une linéarité additive. Un bleu à la Reich, plutôt Steve, axé sur l'itération de lignes brisées, avec en arrière plan ce piano entêtant.
Mais là où la pulsation était un prémice du futur mélange électronique, chez ce bleu là, l'electronique est un prémice de la future pulsation. Les armes sont différentes, le combat est clairement opposé. La digestion des contemporains leur permet d'orner leur rock. Alors c'est peut être là le péché mignon. L'ornementation à outrance. Pour ce premier jet, ils n'ont pas fait dans l'étron. Réfléchi dans les moindres recoins, les choix soniques ont été largement travaillés. Minutieux et surement pas minus(ieux) dans le labeur, bleu peut se targuer de quelque chose de clairement soigné. Pourtant, cette production irréprochable se file vers des contrées plus assumées lorsqu'avance l'animal. Bleu se livre au fil des morceaux. Leur temps temps temps temps temps est le single, agrémenté d'un clip vidéo magnifique, et cette façon stakhanoviste de jouer se délie petit à petit, vers quelque chose de plus personnel, plus fin et plus bas ventral. Soniquement parlant, ils jouent la carte de l'apocalypse bruitiste avec une attitude révérencieuse (l'hommage à Pierre Henry joue cartes sur table). Brumeuses est un brulôt complètement maitrisé, où le son gagne à être plus qu'indécent, où le piano n'est plus qu'une abstraction vivante, où bleu s'éloigne de la côte pour livrer un paysage désolé, proche d'un fennesz dernière période, où la batterie de manu (pas le malin) se fait moins retenue, moins cymbalistique, plus martiale.
Clairement l'effort peut être salué pour ce premier jet, entre dégueulis sonore soigné, sorte de vomis dans une soirée rallye, entouré de bons intellectuels. Bleu est passé à côté d'un effort sigur rosien passe partout, laminé par la baverie mièvre qui aurait pu en découler. Mais la qualité des choix, des ambiances, l'envie de bien faire, de maraver le rotary musical, pousse loin le bouchon d'une esthétique contemporaine qui prend aux trippes. Les choix des chants, du format, des contrées visuelles s'impose aisément.
Bleu l'a trés bien compris. Le duo a envie d'en découdre avec leur fascination pour la musique contemporaine, les écrits qui en découlent, les associations de malfaiteurs artistiques où tout s'accorde: visuels, écrits, et sons.
En didascalie l'attitude à adopter: déconnecter myspace (où leur démo est en libre téléchargement (içi), arrêter de squatter les channels intellectualisants, et continuer leur quète d'absolu artistique, sans aucune frontière, cette fois ci dans des prestations live debridées.
Car c'est là bas qu'on les attend, et que quelque chose d'encore plus prenant se passera.

mercredi 28 octobre 2009

Massive attack - Heinken Music Hall (Amsterdam)

Ca commence par Martina Topley Bird, invitée par Massive attack sur cette tournée pour interpréter certains chants. Franchement, autant Tricky a l'oeil sur ses disques, et ses vocaux sont sublimes sur Nearly god, ou maxinquaye, mais là, à part une sorte d'ersatz de björk en mode chiant, je ne peux penser qu'à Camille, du genre "je joue avec mon loop system, et putain qu'est ce que c'est fun".

Par contre Massive Attack, c'est la guerre promise. Déjà, je les plains du son, méga aigu, qui modelera leurs chansons vers certaines contrées qui ne leur correspondent pas trop, un manque de grave marquant sur les plus anciennes chansons. Mais sinon, de A à Z ils maitrisent leur sujet. En passant des contrées les plus électroniques et limites dansantes de leur discographie, au côté le plus sexuel de Mezzanine, en passant par leur aspect le plus enfumé (safe for harms ou Karmacoma), le groupe se ballade au gré des ambiances urbaines de leur musique du monde, synthétique et libre. D'une richesse inouïe sur le son, 3D se révèle le véritable chef d'orchestre de ce crew dejanté (quand même une douzaine de têtes au total, pour une orgie sonore à aucun moment proche de la bouillie).
On retient Horace Andy en tête des vocaux qui soufflent, avec une attitude classieuse pour un défoncé de la soixantaine, qui impose gestuellement autant que vocalement, avec une envie et une joie scénique. On oublie pas Shara Nelson qui livre une prestation endiablée qui renvoie Erykah Badu dans les platines de mon collégue. Quant à 3D et Daddy G, ils se passent aisément le flambeau, l'un en fond sonore permanent, l'autre en crooner endiablé.
Le crew en impose au long de ce concert bien carré, visuellement familial et plein de gaieté, et les nouveaux morceaux se révèlent bien plus électro, mais aussi bien plus chauds que sur 100th windows. A part splitting the atom, sublimée en live, on retiendra un morceau plein de claviers, proche d'un prodigy d'invaders must die, enveloppé d'une ambiance à la dälek.
Rêveuse, l'ambiance l'est clairement, bardé d'un fond bien sexuel, et surtout une nostalgie à toute épreuve á l'écoute de morceau comme riginson, angel ou inertia creeps.
Le bouchon est poussé encore plus loin lorsque le crew revisite un teardrop tubesque en une version plus epurée, plus intimiste, où l'on retrouve la martina topley au chant. Osé, mais gagnant, pour cette chanson devenu generationelle.
En conclusion, on aurait eu Tricky, ça aurait été le paradis.

jeudi 22 octobre 2009

DÄLEK & ODDATEEE- Mains d'Oeuvres


Pas énormément de changements depuis le dernier passage en mars du groupe; première fois qu'ils jouent dans cette salle il semble. Reprenez donc les deux reports du printemps dernier et vous aurez une idée plus précise. Toujours bon (pour peu qu'on adhère). Destructo Swarmbot n'est pas sur cette tournée, et Oddateee s'est trouvé un public de plus en plus réceptif.

En revanche, en allant aux nouvelles, on apprends que le prochain Dälek est presque prêt, qu'il y'a déja 26 morceaux, et que le groupe n'a pas prévu de les sortir sur un support physique dans un premier temps, mais de mettre à disposition 2 ou 3 nouveaux morceaux par mois sur le net d'ici quelques temps. Les nouveaux morceaux sont décrits comme violents, très minimaux, majoritarement basé sur la voix et la basse, accompagné de quelques sons par dessus. Un coffret sera dispo, en théorie sur la prochaine tournée européenne, qui aura peut-être lieu a l'automne 2010. Oktopus a aussi fini le mixage de This Immortal Coil, album hommage à John Balance, et à bidouiller les bandes d'un groupe français dont je n'ai pas retenu le nom. Enfin, il a fini d'enregistrer 2 nouveaux morceaux de Starkweather décrit comme "particulièrement agressifs".

Bien à vous.

vendredi 16 octobre 2009

YOUTH:KILL - 21


Le 21 est un bar sympathique de Paris, où s'organise de temps en temps des concerts plutôt hip hop de qualité, avec une absence de scène assez amusante et l'obligation d'un niveau sonore faible, ce qui l'est nettement moins (amusant). Fin 2007, il s'y était produit le très bon concert de Thavius Beck et Subtitle (plus une tripoté de loulous dont la femme de Dj VADIM en "première partie", Yara Bravo) à titre d'exemple.

Youth:Kill est le duo formé par K-the-I??? et Walter Gross. On a déja parlé du premier à l'occasion de son dernier effort sur Mush, l'an passé. Le second est un discret fabriquant de beats à base de samples, qui crée une musique hybride, une sorte de hip hop experimental et progressif ou les samples évoluent en permanence, au même titre que la structure de ses morceaux, de ses ambiances et ses climats. Le gazier n'a sorti que très peu de disques, tous très confidentiels, mais il avait offert il y'a quelques temps un disque fort complexe mais magnifique chez Hip Hop core (=> gØØgle).

Mine de rien, sans première partie, les deux compères vont occuper l'espace sonore pendant presque 3 heures. Walter Gross commence seul, derrière le bar. Sa musique me semble plus limpide, plus évolutive et progressive que le disque que je connaissais. Le chaos est ici avant tout sonore et les structures sont moins accidentées. Mais la musique n'en est pas simple pour autant. Les beats sont dépitchés, lourds et grassouillets, tandis que les samples se superposent pour amener à une construction sonore proche du travail d'Oktopus ou de Tenshun -avec qui il partage un disque- riche en saturations et en strates détériorées. Parfois, Gross interromp ses morceaux pour lancer un sample de pure hip hop, lui aussi revu à la baisse avec les flow qui se démènent dans le grave, tout semble se perdre dans la lenteur, avant de repartir dans une cascade d'agressions complexement tissée par le beat maker. Il se permet même de faire évoluer en permanence ses morceaux, en modifiant et improvisant le rythme sur une base qui se boucle, en triturant les samples.

K-the-I??? entame ensuite un set en solo et instrumental à son tour, et la musique semble plus proche de celle de Beck, plus dans la forme que dans le fond. Bien moins électronique que la musique distillée par Adlib, le MC propose ici une musique plus proche de Prefuse ou d'Edan sur the beauty and the beat: habité de samples d'une époque révolue, la musique résonne comme un hymne à la gloire d'un renouveau psychédélique. Plus monolithique, la musique me rappel énormément le travail de The avalanches, mais la folie du sample à tout va largement maitrisée.

Puis le duo se forme (ou le second prend le micro) et exécute les morceaux qu'ils ont composés et traffiqués ensemble, en laissant place aussi à quelques morceaux de l'album avec Thavius Beck ou Gross s'efface pour laisse K-the-I??? s'époumoner seul. Concert excellent, mais le manque d'un volume sonore digne de ce nom empêche de s'immerger complètement dans l'univers dense et bruyant dessiné par Gross. Dommage.
ps: Si vous avez l'impression de ne rien voir sur la photo, c'est normal.

mardi 13 octobre 2009

Saycet - One day at home

Roi des textures. Clairement l'onirisme musical à l'état brut, baigné par un parterre d'influences à applaudir, plus que digérées. La scéne électronisante française est décidemment plus que talentueuse. Saycet livre avec cet album une sorte de mini conte candide, bourré de textures musicales à tiroirs. Une sorte de voyage dans une poupée russe, où les sonorités s'imbriquent avec une richesse mais surtout une évidence mélodique plus que bienvenue dans une scéne ou le beat devient le maître. Saycet c'est un peu le conteur qui arrive à faire passer une histoire grise et noire pour quelque chose de cristallin et rassurant. Au gré des textures, au gré de cet album qui enveloppe et transporte, qui ne s'envole pas vraiment, mais s'enfonce à pleins de moments, au gré de glitchs stridents et de rythmiques tubulaires. C'est un peu une sorte de coma cotonneux vêtu de spasmes, peut être proche d'un ambiant à la Fennesz qui aurait copulé avec Coil pour son approche onirique, voire avec un Ez3kiel période Naphtaline pour son côté sous prozac. Clairement ambiancé au maximum, ce disque de Saycet se révèle au gré des approches, se montre sous des jours lumineux mais aussi nostalgiques, au gré de rythmiques saupoudrées sur des nappes célestes. Saycet c'est aussi une richesse dans l'architecture, où l'addition sonique se solde aisément dans un coton jamais spasmophilique. La douceur à l'état pur. L'écrin confortable.

mardi 6 octobre 2009

PAN SONIC- maroquinerie.


Lors de leurs précédents passages, Pansonic avait posé sauvagement ses beats électroniques avec puissance et brillance dans les oreilles parisiennes. Cette fois-ci, ils reviennent pour visiblement dire "au revoir" mais en rajoutant une bonne dose de saleté. Pansonic a joué avec nos nerfs ce samedi soir de nuit blanche culturelle (!) en terrassant ...Pansonic. Toutes les certitudes concernants le groupe et sa musique ont été détruites minutieusement par la paire. Premièrement, il y'a eu un début de contact avec le public, chose quasi-inconcevable jusque là. Un peu d'humour aussi quand Michel (Mika Vainio) fait les bras de poulets, se fou torse-nu, tend les pouces et sourit quand le son devient incrontrolable; idem quand Ilpo V regarde si sa machine a la moindre interférence avec le système lumineux. D'autre part, de longs passages totalement dénué de rythme, de bruits purs ont terrassé les squelettes rythmiques minimaux habituels. Enfin, un sens du spectacle inédit a fait son entré chez Pansonic avec un acharnement sur le matos qui semblait bel et bien dire "tout doit disparaitre''. Adieu.

mercredi 30 septembre 2009

Daïtro - Y

Ils le disent eux même.
"Et si jamais tu peux partir." On essayera pas de les en dissuader...










Ps : A tous ceux qui penseront que je la joue facile, dites vous que je pense pareil du groupe. A tous ceux qui se demandent pourquoi je prends la peine de poser cette tache comme article, dites vous que je suis allé jusqu'au bout du disque, ça méritait bien au moins ça.
Et au passage, à tous ceux qui lisent, bien le bonjour. (sick)

KING MIDAS SOUND- Dub heavy-Hearts & ghosts


La voix fantômatique de Robinson revient hanter les beats vaporeux de Kevin Martin sur 3 mouvements (du même morceau?), teaser de l'album qui se précise. Comme la pochette le suggère, Martin explore ici une face plus sombre et moins agressive de sa musique, les basses sont cotonneuses et profondes, les beats sont élégants et brumeux. Une pluie de larsens et de sons flottants s'abbatent méthodiquement sur la carcasse rythmique, lézardant le groove obsédé. Pas de son gras et distordus, juste une harmonie de chaos. Une plongée sans air dans un glacial bain de basses et de bruits satellites, une réussite qui porte indéniablement la marque KMART, celle qui oeuvrait magnifiquement sur le génial "dead man's curse" de Techno animal, déja en présence de Robinson, il y'a presque 10 ans. L'album arrive, patience.

mardi 29 septembre 2009

Ice - Bad blood

D'après vous, quels sont les meilleurs projets de Justin broadrick? Clairement ceux avec Kevin Martin. La question inverse est elle vraie? Peut être moins, mais clairement God, techno Animal ou Curse of the golden vampire sont autant d'exemples de collaborations plus que réussies, déjà cultes. Quant au projet Ice, sur ce dernier disque il s'éloigne des objectifs initiaux, et surtout de son grand poucet de frère qu'est God. Dans cet objet il y a tout, mais surtout ce que l'on y attendait pas forcément. Il y a les meilleurs côtés du groove rampant de l'ami broadrick, sorte de version dub et cradée d'un hip hop amollie au son des samples dejantés qui ravivent les hostilités à tous moments du disque. C'est un peu la version de Songs of love and hate in dub de Godflesh complétement ramollie au gré des joints del'ami tricky, et ravagée à coups de couteaux sur tous les détails. Ce groove lancinant est rehaussé par une production purement dantesque. Clairement un des meilleurs sons que j'ai entendu sur un disque etiqueté hip hop, la justesse du propos est déroutante, les percussions se font maladives, les samples et les attaques n'en deviennnent que plus frontales. Ce bad blood c'est un peu le batard qui te traque avec son cutter mais qui est trop defoncé pour te courser si jamais tu te mets à détaler. Alors ouais il est effrayant et edenté, mais qu'est ce qu'il rame. Et cette production est ravivée par pléthore d'invités, allant de El-P de Company Flow à Blixa de Neubauten ou Nick Cave. Alors a la fin ce groove, cette justesse sonique et ce malaise urbain encore plus puissant que celui de techno animal te laisse clairement KO. Ce disque est peut être une des meilleures choses auxquelles aura participé broadrick, et surement un des disques les plus menaçants que le hip hop ait pu écrire.

jeudi 24 septembre 2009

KICKBACK-No surrender


Kickback a un pouvoir incroyable: celui de faire pousser une paire de couilles à tous ceux qui tentent de chroniquer un de leurs disques. Vous n'avez jamais remarqué? Un mec qui tente de causer kickback se met toujours dans la peau du vicieux qui aime le sang dans la bouche, jouer avec ses excréments, enduire de sa semance ses compagnes (le chroniqueur devient polygame) et qui se roule dans ses différents fluides corporelles (putrides de préférence). Incroyable, alors que la plupart du temps, ceux qui prennent le temps d'écrire sur le groupe sont plutot les gentils qui restent à l'écart pendant un pit de peur de se faire fracturer les lunettes.
Le triple K donc, de retour après un EP qui date sévèrement, et un dernier album dont la date de sortie se calcul en décennie. La musique semble se préciser, s'éloigne de l'écrin sur-compressé que leur avait concocté Jamie Locke pour aller respirer plus encore que lorsqu'Ed Rose tritura la console. Kickback dispose désormais d'un groove certain, même si le batteur précédent avait déja largement ouvert la brêche rythmiquement. Il faut dire que le changement de Line Up ne change pas en profondeur la musique du groupe, même si les commentateurs ont remarqué l'arrivée d'un blackeux dans la troupe. Pourtant la communauté Black crie au scandale, ne perçoit pas la haine musicale qui se dégage de la musique administrée ici- préférant considérablement le blast beat sportif et le cri de ghoule sur basse en deuil. Kickback reste Kickback, même si on peut déplorer que les compositions prêtes vers 2002-2003 (rappel-toi le fameux concert au pulp), alors promises comme un croisement entre leeway et black sabbath ont disparues. Le rock de Kickback est dure, sombre, rageur, comme un black flag remodernisé en mode Parisien, ou un Gehenna fasciné par l'asie déviante. Oui, dans sa déviance, Kickback a un coté asiatique, rapellant la folie douce des Japonais les plus entamé, comme une mise en son urbaine de Suehiro Maruos, comme un Tetsuo ou Philosophy of a knive auditif. L'énorme progrès que la formation a ici accompli semble à mon sens son traitement des thématiques: les 150 passions étaient un disque musicalement riche mais aux paroles laborieuses, trop spontanées et non réflechies. Ici, Bessac semble avoir murement réflechi son propos, à tel point que la première phrase qui revient, qui ressort, et qui se retient de ce disque explique l'intention, et pourquoi Kickback reste Kickback, pourquoi le groupe demeure hérmétique et incompréhensible aux yeux de n'importe qui d'autres qu'eux-même: This is for us, this is not for you. Teigneux.

mercredi 23 septembre 2009

Om - God is good

Leur Allah Akbar. Le OM de Variations on a theme est loin, trés loin. Dieu est grand et partout. Encore une fois un format court pour cette nouvelle livraison. Le 7' sorti sur Subpop annonçait déjà la couleur de la nouvelle mouture avec Amos de Grails. Encore plus loin dans le pélerinage, dans la spiritualité. Ce god is good est surement le plus religieux des OM, mais aussi le moins OM des OM. Paradoxalement plus varié, plus senti, plus rempli, plus sirupeux et sinueux. Il nous perd d'ailleurs parfois. Thebes est surement le morceau qui rapporte tout seul les suffrages, dédale incantatoire qui s'ouvre sur des sonorités orientales (grande avancée et invention , surement apport d'Amos, de ce dernier disque). Thebes se termine d'ailleurs sur du OM pur jus, le OM que l'on avait découvert il y a de cela quelques années maintenant, et qui nous avait conquis par sa manière bien personnelle de jouer sur les itérations et les distortions.
Paradoxal serait finalement le mot. Car au fond ce God is good va plus loin que tous les précédents disques, et cela est surement un point fondamental dans l'avancée d'une entitée vouée à tourner en rond. Mais en allant si loin, en s'égarant sur divers sentiers, en se joignant a plusieurs pélerinages, en se convertissant, OM perd surement de son monolithisme et donc d'une partie de sa grandeur. On a à faire a un grand disque pour sur, musicalement accompli et abouti, mais à un disque qui de par sa grandeur frustre un peu. Car à la base OM est une transe, une extase mentale et sonique qui effraie par son coté initiatique. Içi on ère encore dans une formation religieuse, à tâtons, et mis à part le morceau d'ouverture, les autres sont des boutures sur lesquelles fleuriront surement d'autres idées, mais qui auraient gagné à être developpées, pour être abouties.

mardi 22 septembre 2009

BEASTIE BOYS & NAS- Too many rappers 12"


L'album est repoussé mais le maxi bande annonce demeure, délicatement gravé d'un seul morceau décliné en instrumental et a cappela, sur un élégant 180 grammes. Sur les quelques minutes offertes ici par les beastie, on croit sans trop hésiter ce que les gars ont affirmé en promo: un album plus étrange, avec des sons plus singuliers va caractériser le prochain long jet. Plus étrange en tout cas que le convenable to the 5 boroughs, dernière trace vocale des trois, qui était remarquablement old school dans son approche du tout au laptop. Ici le beat semble gras, travaillé, les basses massives et les sons rappel un peu la construction improbable que fut hello nasty, le fun en moins. Nas en invité y va de ses couplets ego trip qui accompagnent au mieux le flow calme des 3 quadras, tout s'annonce bien, et le petit passage à la basse fuzzé en break nous conforte dans l'idée que les gaziers ont un grand disque sous le coude. Malheureusement, le jour de la sortie du disque (limité et uniquement distribué à certains magasins indépendants rigoureusement choisis), Adam Yauch annoncait que tous les projets étaient suspendus dûs à des problèmes de santé. En attendant un primordial et prompt rétablissement donc...

jeudi 17 septembre 2009

PRODIGY- Rock en seine


Putain, un seul message en août? RTT?

Sérieusement, Rock en seine, le festival qui n'en est pas un invite encore gros cette année: FNM ('pas venu), Them crooked vultures ('pas vu), Eagles of Death metal ('pas entendu) Offspring/MGMT/groupe-hype-ou-vieille-gloire ('pas voulu), et Prodigy. Le problème c'est que le reste de la programmation n'invite pas a rester toute la journée, et l'impression d'être en colo avec stand haribo et levi's prédomine chez moi. Alors oui, j'ai intégré la fosse remplie de post-enfants (14 ans de moyen d'âge avant la fin de la première mesure. Oh mais dis moi, ta mère elle sait que tu fumes de l'herbe petite?) qui se sont fait massacré par la population de loulous trentenaires qui ne leur ont laissé aucune chance. Dès que le posse anglais débarque, le public blindé de limités pousse sans jamais se fatiguer et l'air devient vite irréspirable. Sur scène, Prodigy c'est toujours la guerre en mode "personne ne doit survivre" et tout s'enchaine très vite. La set list est un peu remanié mais pas trop, faudra attendre la prochaine tournée maintenant pour être un peu surpris. Certains morceaux s'enchainent un poil mal dûe à la compression de la set list (SMBU comme uncheveux sur la soupe) et d'autres donnent un peu l'impression que les gaziers pointent (firestarter sans conviction). De l'autre, des attaques gratuites qui filent le sourire aux responsables (voodoo people, World's on fire, breathe dubstep, toujours impeccable après le classqiue habituel) et qui martirisent un peu plus encore les "conduites accompagnés" sortis pour l'occasion. Niveau son c'est toujours colossal version "je suis dans le flou je respire plus" et dans les yeux c'est une crise d'épillepsie toutes les 15 secondes. Bref, une fessée.

La presse le lendemain était quasiment unanime. Ca change des avis autour du disque plus tôt dans l'année.