dimanche 21 mars 2010

AUTECHRE- La Machine du Moulin Rouge


Prise de conscience tardive, une merde sans nom pour dénicher une place ou un moyen d'entrer, et voilà, pas loin de minuit, une veille d'élection, prêt à prendre Autechre dans les chicos. Non, BTN ne nous permet pas d'avoir des invitations. Haswell, avec qui Autechre partage GESCOM en premier (enfin après Didgits) pilonne un coup sec et suintant les oreilles non averties. Merzbow, de son japon, se sent petit face à l'agression saccadée. Haineux.
Comme quand Autechre monte sur scène d'ailleurs. Pas de mise en scène, rien. Dans le noir, ils prennant place et sans se soucier de savoir si la sono a fini de passer son disque les basses rugissent. Contrairement au Rex il y'a déja 2 ans, Booth et Brown sont en hauteur, ce qui confère à leur statut de légendes une certaine crédibilité ce soir. Le son est imposant, assez baveux et imprécis, si bien qu'une enceinte (comme chez DOOM) rend l'âme rapidement. Autechre raconte en interview qu'ils n'ont pas rallumer leurs machines de leur dernière tournée, si bien que leur set up est le même qu'il y'a 4 ou 5 ans, basé autour de l'ordinateur. La musique y parait bien plus froide, glaciale même, et brute que précédemment. L'écart avec Oversteps (qui m'attends sagement ce soir sur ma platine, pour une redescente nocturne tout en douceur, le privilège de bien s'entendre avec quelques disquaires livrés en temps et en heure!) est encore plus flagrant: ici pas de pauses, pas de longues progressions. Autechre fait de la dance pour déviants. Tout y est âpre, sec, maladif. De courtes séquences s'enchainent, destructurant en permanence les mesures instables, qui ne se répètent jamais. Une fessée auditive qui, définitivement, créée sur scène un fossé gigantesque avec l'élégance que l'on prête généralement à cette musique. Au milieu des casses-couilles déplacés en légion ce soir encore (pourquoi tu viens à un concert avec ta promise pour passer la soirée à lui hurler dans les oreilles des conneries sur ta vie et tes soucis au boulot si c'est pas pour justifier la rançon demandée pour ton droit d'accès à ce concert??? Je ne comprends pas... a moins que les lecteurs propres des Inrocks retombés en adolescence qui jouent au pogoteurs limités-une célèbre digression psychologique déja constaté lors du concert au rex-t'ai vraiment épuisé ce que je peux totalement concevoir) un illuminé lève les bras au ciel comme si son empereur lui avait proposé un chatiment privilégié. Crasse bénédiction.

PS: Oui, la photo reflète bien ce qui est écrit plus haut: Autechre joue dans le noir. Total.

PS2: Merci infiniment à Hachou (qui avait composé la chronique de Pig Destroyer l'an dernier). Il saura pourquoi.

5 commentaires:

CroCnique a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
CroCnique a dit…

Me voilà rassuré et bien content de ne pas y être allé : je m'étais suffisamment fais chier au Rex !

Anonyme a dit…

Nous on s'est pris la tete a l'entrée avec Mr physionomiste qui voulait nous faire poser nos fringues au vestiaire et nous faire passer obligatoirement par la case bar.

Alors finalement on s'est cassé a 22h30, plutot enervé. Visiblement on a rien loupé

idlewoodarian a dit…

Je me suis fait pilonner les oreilles par les deux gusses à Nantes, je m'y attendais pas trop, gardant en tête la tranquillité d'un Incunabula ou d'un Oversteps... Mais c'était cool

Macho))) a dit…

Ouias ben pas pour moi, trop cher la voyage a dam+la place+je suis sur que le packaging LP va me bluffer.